Galonnés
cherchent chair À canon !
1er décembre 2025
Trente ans après la fin de la conscription
obligatoire, Macron veut rétablir le service militaire. Ce sera un service de
dix mois, après quoi les jeunes devront servir dans la réserve opérationnelle
pendant cinq ans et seront les premiers mobilisés en cas de guerre.
Cette fois, ni le gouvernement ni l’armée ne
parlent de « brassage social ». Une solde de 800 € attirera
évidemment d’abord et surtout les jeunes des classes populaires.
Il ne s’agit pas, non plus, de leur apprendre un
métier. Le but affiché est de fournir de la chair fraîche à l’armée face aux
menaces qui pèseraient sur le pays. C’est une étape supplémentaire dans la
marche à la guerre.
Pour l’instant, ce service est au volontariat.
Mais combien de temps cela durera-t-il ? Déjà certains politiciens et
chefs d’état-major regrettent que ce service ne soit pas obligatoire et que ces
futurs soldats ne puissent pas être envoyés en opérations extérieures.
Dans un discours très martial, Macron a demandé
aux jeunes de se tenir « prêts à se lever pour la patrie ». À
la différence du général Mandon, il n’a pas ajouté qu’ils devaient se tenir
prêts à mourir, mais c’est bien l’idée !
Cet appel peut susciter des vocations. Car c’est
une qualité de la jeunesse d’être capable de s’engager par générosité et
idéalisme pour une cause qui la dépasse. Et l’idée qu’il faut défendre les
siens en fait partie.
Mais quand nos dirigeants appellent à défendre la
patrie, ils ne pensent pas à défendre la veuve et à l’orphelin mais leur ordre
social injuste et inégalitaire.
Ils ont toujours le mot « patrie » à la
bouche. Mais où est la patrie pour les travailleurs quand les plus riches ont
tous les droits, celui d’exploiter la classe ouvrière et de la maintenir dans
le besoin, celui d’échapper à l’impôt et, bien souvent, à la loi ?
Peut-on parler de patrie quand des centaines de
milliers de personnes sont mal logées ou sans domicile fixe, alors qu’il existe
des centaines de milliers de logements vacants ? Quand une partie de la
population est soumise aux discriminations et au racisme qu’attisent nos
dirigeants ?
Des milliers de jeunes, en danger dans des
familles maltraitantes, sont abandonnés par la justice et les services sociaux
privés de moyens. D’autres, exclus précocement de l’école, sont livrés au
désœuvrement et aux trafics de drogue dans des quartiers minés par la
pauvreté, le chômage, et désertés par les services publics. Ils devraient se
transformer en soldats pour défendre cette patrie qui n’a rien fait pour eux,
sauf les enfoncer dans la galère ?
La patrie, dont Macron et les politiciens nous
rebattent les oreilles, est celle des milliardaires, non celle des travailleurs
et de leurs enfants.
Tous les jours, le courage et l’abnégation des
Ukrainiens sont donnés en exemple de ce qu’il faut faire pour défendre sa
patrie.
Mais que peuvent penser les soldats ukrainiens qui
ont souffert et sacrifié presque quatre ans de leur vie à faire la guerre,
quand ils voient Trump et les puissances européennes se partager avec Poutine
les richesses de leur pays ? Quand leur pays, en partie détruit et endetté
pour des générations, est devenu complètement dépendant des Occidentaux ?
Que pense la population ukrainienne privée
d’électricité et livrée au froid glacial, quand elle découvre que des
dirigeants proches de Zelensky ont détourné d’énormes sommes des entreprises
énergétiques publiques déjà éprouvées par les bombardements russes ?
Comme l’a écrit Anatole France après la Première
Guerre mondiale, « on croit mourir pour la patrie, on meurt pour les
profits des industriels » !
Il n’y a aucune confiance à avoir dans des
dirigeants qui passent leur temps à attaquer nos conditions d’existence, nos
droits au travail, à la santé, à l’éducation. Aucune confiance à avoir dans des
dirigeants qui ont fomenté une multitude de guerres pour défendre les intérêts
des capitalistes et leur domination sur des pays, voire des continents.
Aujourd'hui encore, la campagne belliqueuse contre
une Russie qui menacerait la France, alors que son armée ne parvient même à
Kiev, est de la propagande mensongère.
Ce n’est pas en s’alignant derrière les
politiciens bourgeois, leur État et leur armée que l’on défendra la justice, le
droit des peuples et ceux des travailleurs. Les jeunes qui veulent se battre
pour des justes causes doivent regarder dans la direction opposée et s’engager
derrière les idées révolutionnaires et internationalistes pour renverser
l’ordre social actuel et construire un nouveau monde.
Nathalie Arthaud