mardi 25 novembre 2025

Accidents de travail : chiffres et réalité

3 morts au travail par jour ouvré

 

 

Selon l’Assurance maladie, les accidents de travail déclarés en France diminuent régulièrement, avec 26 accidents déclarés pour 1 000 salariés aujourd’hui (c’était 45 pour 1 000 il y a 25 ans). Mais bien des travailleurs connaissent des accidents de travail qui ne font pas l’objet d’une déclaration. En cause la rapacité du patron qui ne veut pas avoir à en rendre compte et le chantage qu’il peut exercer sur un salarié précaire qui en est victime.

         Les accidents de travail mortels, plus délicats à ne pas déclarer, continuent quant à eux de battre des records, avec plus de 3 morts au travail par jour ouvré.

         C’est la résistance collective à l’exploitation qui permettra aux travailleurs de mieux préserver leur santé et leur vie.

 

Total au Mozambique : coupable par essence !

 Total au Mozambique : coupable par essence !

Lundi 17 novembre, une plainte a été déposée contre TotalEnergies pour « complicité de crimes de guerre », au parquet antiterroriste de Paris.

Publié le 19/11/2025

Une ONG accuse la multinationale d’avoir financé et soutenu des militaires coupables d’assassinats et de tortures sur des civils.

Les faits remontent à l’été 2021, après plusieurs attaques par le groupe djihadiste al-Chabab de villages et d’une ville proches d’un immense site gazier appartenant entre autres à Total. Ces attaques avaient forcé la multinationale à stopper momentanément la construction et à évacuer ses employés français travaillant sur place. Total finançait alors directement une unité de l’armée mozambicaine pour protéger ses infrastructures et ce sont ces militaires qui ont alors séquestré durant des mois dans des conteneurs métalliques, affamé, torturé et assassiné des dizaines de civils fuyant les combats. Ils ont agi en toute impunité et ne semblent pas inquiétés depuis.

Il faut dire que le projet gazier, particulièrement alléchant pour les capitalistes, leur tenait plus à cœur que la vie de dizaines d’Africains pauvres. Les gisements découverts quelques années auparavant, en mer, au large du Mozambique, évalués à 5 000 milliards de mètres cubes de pétrole, pourraient être équivalents à ceux du Nigeria, par exemple. ExxonMobil, ENI, TotalEnergies et de nombreuses banques s’étaient jetées sur le projet, estimé à 60 milliards de dollars. En comparaison, le budget annuel de l’État du Mozambique est d’environ 4 milliards de dollars. Tous escomptaient des profits mirifiques, en sachant pertinemment qu’ils pourraient acheter à bas prix la complaisance des autorités de ce pays miné par la pauvreté et la corruption. À l’inverse, la découverte de richesses minières s’avérait une calamité pour les populations, comme d’habitude. Des villages de pêcheurs et de paysans avaient été vidés de leurs habitants. Et les bandes djihadistes pouvaient recruter dans cet océan de misère.

C’est une ONG qui a révélé la complicité de Total. L’European Centre for constitutional and human rights (ECCHR) accuse le groupe d’avoir reçu des rapports dès le printemps 2021 sur les crimes et la violence des mercenaires. L’ONG a la preuve que Total aurait fait licencier 200 soldats membres de cette unité, en septembre 2021, pour des « incidents » dont la nature n’est pas indiquée. Des primes n’ont pas été payées non plus pour des raisons similaires.

Malgré cela, Total a continué à travailler avec cette unité jusqu’en 2023 et, aujourd’hui, de loin, dans les bureaux confortables et tranquilles de la Défense, la direction du groupe nie avoir été au courant de ces exactions.

                                                                Marion Ajar (Lutte ouvrière n°2990)

Argenteuil, quartier du Val-Nord : « On n’est pas des racailles » : à voir, revoir, et réfléchir

Pauvreté, mais dignité et volonté de rester debout

 

 

Il y a 20 ans et un mois, le 25 octobre 2005, le futur délinquant et emprisonné de 20 jours Nicolas Sarkozy organisait une opération d’autopromotion démagogique sur l’esplanade du quartier du Val-Nord d’Argenteuil. 20 ans plus tard, un jeune d'alors, aujourd’hui en particulier journaliste, qui y a grandi à la Haie normande, y est revenu et réalisé le documentaire « On n’est pas des racailles ».

         Ce terme de racailles a marqué de nombreux jeunes du quartier de l’époque qui « ont eu l’impression de se faire insulter », que Sarkozy « mettait tout le monde dans le même sac ».

         Il y aurait beaucoup de choses à dire sur et autour de ce documentaire. Bien sûr le mieux est de le voir et de le revoir, et d’aller faire un tour sur l’esplanade, acheter une viennoiserie à la boulangère qui est une mémoire du lieu, et boire un café non loin chez le bureau de tabac-journaux-café-et correspondant pour les nombreux colis dont il est l’intermédiaire.

         Plusieurs choses m’ont frappé dans le reportage. C’est d’abord l’engagement d’animateurs-médiateurs, agents communaux, agissant dans le quartier. C’est celui des encadrants du club de boxe éducative qui se tient au Studio. Mais c’est aussi la coupure qui transparaît entre cette esplanade et le quartier des Musiciens du Val. Mais le réalisateur évoque l’école Anatole France qu'il a fréquentée qui n’était pas celle des Musiciens (en l’occurrence pour ce dernier, le groupe scolaire Romain Rolland où j’ai enseigné une année).

         Justement, puisque j’évoque l’École, la coupure entre cette dernière et le quartier me semble, en tout cas aujourd’hui, très importante, alors que la liaison entre l’intérieur scolaire et l’extérieur devrait être essentielle.

         Il y a l’évocation des familles monoparentales qui sont très nombreuses dans le quartier, avec cette rencontre très émouvante entre le réalisateur et une de ses anciennes camarades de classe, mère de deux enfants. Celle-ci exprime ses difficultés, le dilemme heures supplémentaires ou maintien des allocations, mais aussi sa volonté de rester debout, ce résultat auquel elle parvient avec détermination et courage.

         Et puis ces femmes, restées anonymes dans le documentaire, membres ou pas du Comité de quartier, évoquant la solidarité des voisins, leurs actions collectives auprès du bailleur pour éviter les expulsions de locataires, pour qu’il n’y ait personne qui n’ait rien à manger. 

            En tout cas, face à la montée de l'individualisme, que de belles résistances.

         Toute cette dignité et volonté donne du courage, et vraiment beaucoup d’espoir pour ceux qui comme nous espèrent et militent pour la renaissance aussi des réseaux politiques de l’union ouvrière si nécessaire dans un quartier qui comme le dit un des intervenants est un quartier de la « classe ouvrière ». DM

 

https://www.france.tv/documentaires/documentaires-societe/7711878-on-n-est-pas-des-racailles.html 

 

lundi 24 novembre 2025

TVA : À la recherche de la TVA perdue

À la recherche de la TVA perdue

Alors même que le budget de l’État et celui de la Sécurité sociale pour l’an prochain sont discutés par les députés, Amélie de Montchalin, ministre chargée de cette question, cherche dix milliards d’euros égarés par mégarde pour boucler les comptes de 2025.

Publié le 19/11/2025

 


Après avoir bien regardé sous tous les meubles de Bercy et vérifié les plus gros postes de dépenses, les aides aux milliardaires (270milliards), les intérêts de la dette (55milliards) et les affaires militaires (50milliards, hors retraites), la ministre a nommé une mission durgence pour, sinon retrouver le magot, du moins expliquer sa disparition. Il sagirait de dix milliards de TVA, sur les 200 que l’État collecte chaque année. Ils étaient espérés et calculés par les services du ministère mais ne seraient finalement pas rentrés. Or, la TVA est à la fois l’impôt le plus injuste et celui qui rapporte le plus à l’État. En effet, le malheureux qui dépense tout ce qu’il a pour manger la paye plein pot. Le milliardaire en revanche ne la paye pas sur ses actions, ses placements et les fortunes qu’il niche dans les holdings.

L’administration avance deux explications quant à ces dix milliards non recouvrés. D’une part, elle évoque l’inévitable perversité de l’industrie chinoise qui tricherait sur ses marchandises commandées sur Internet. Mais, pour expliquer un manque à gagner de dix milliards d’euros, il aurait fallu un tel flot de petits colis chinois que le ministère des Finances et la ministre elle-même disparaîtraient sous les sweats en acrylique et les peluches de collection.

L’autre explication, plus réaliste, est tout simplement que la consommation dite « des ménages », c’est-à-dire la consommation populaire, n’a pas augmenté, voire a régressé. Et, en effet, puisque les familles ouvrières sont contraintes de se serrer la ceinture et de regarder à deux fois en faisant leurs courses, la quantité globale d’achats diminue et la collecte de la TVA est réduite d’autant.

Ce sont ainsi les mêmes, ministres et conseillers, grands patrons et administrateurs, qui pressurent les classes populaires et s’étonnent de voir la consommation baisser. On rêve de voir leurs têtes et d’entendre leurs explications lorsque les travailleurs exigeront leur dû et que les capitalistes devront leur céder, de peur de tout perdre.

                                                      Paul Galois (Lutte ouvrière n°2990)