mercredi 12 novembre 2025

Nice : comme partout, la sécurité des femmes : pas une priorité

Intervention de l’État à géométrie variable

 

Photo de Mika Baumeister sur Unsplash

Mardi 4 novembre, un homme a poignardé à mort son ex-femme et gravement blessé sa fille adolescente dans le quartier des Moulins à Nice. Il avait pourtant déjà été placé en garde à vue et même jugé, après de nombreuses plaintes que cette femme avait déposées, mais ni la police, ni la justice n'avait jugé bon de le condamner.

         Les amies de la victime décrivent pourtant un homme « fou » que les autorités n’ont pas voulu arrêter. L’une d’entre elles, indignée, dénonce : « On porte plainte aujourd’hui et ils sont relâchés ». C’est un cri de colère qui éclate, dans un quartier où policiers et politiciens viennent régulièrement se montrer, prétendant lutter contre les dealers : « La police est là, la presse, mais c’est avant qu’il fallait intervenir pour elle ».

 

Guerre : Ils préparent la prochaine !

Capitalisme = bis repetita

 

 

Ce 11 novembre a été commémorée la fin de la Première Guerre mondiale. Avant 1914, elle fut précédée par une montée des budgets militaires, des poussées de fièvre mettant aux prises les puissances capitalistes européennes. Au nom de la « défense de la patrie », la mobilisation générale avait été préparée par les États pour trancher qui des industriels et banquiers français, anglais, allemands, dominerait la plus grande partie du monde.

         Il est désormais commun de parler de « boucherie » pour la Première Guerre mondiale. Mais les puissances capitalistes en préparent une nouvelle, à moins que la classe ouvrière les en empêche en faisant sienne cet objectif : Travailleurs de tous les pays, unissons-nous !

 

Argenteuil, 1975-2025, petit retour sur l’histoire personnelle d’un militant communiste révolutionnaire sans frontière. Anniversaire.

Un demi-siècle en tout cas de révolte et d’obstination

 

1975, telle l’esplanade à 100 mètres de Paul-Éluard 1

En novembre 1975, de retour à Argenteuil, je commençais à enseigner dans un cours préparatoire qu’on m’avait confié à l’école primaire Paul-Éluard 1 dans le quartier du Val-Nord.

         Je revenais alors vraiment à Argenteuil où j’étais né 23 ans plus tôt, en 1952. Paul-Langevin, Paul-Vaillant Couturier, puis trois années d’École normale d’instituteurs à Versailles. Il y avait eu Mai 68. J’avais 16 ans tout juste. J’en avais été. Mon bac en juin 1970. Puis, plusieurs années quelque peu tourmentées où je m’étais construit en surmontant des difficultés.

         J’allais connaître une première année d’enseignement merveilleuse. Un beau début dans la profession. 19 élèves à une époque particulière où le quartier du Val-Nord était plus ensoleillé de plein emploi et d’associations. J’avais été accueilli par des chaleureux : la directrice, Madame Fouché, Christian Buono, un militant qui avait été un cadre du Parti Communiste Algérien. Je saurais bien plus tard qu’il était le frère de Maurice Audin. Nous n’étions pas loin de Mai 68.

         J’avais décidé que ma vie serait celle d’un militant. Militant de Lutte ouvrière j’étais, militant je resterais.

         À l’époque, cette organisation était bien petite. Elle avait existé à la Sagem. Elle existait de l’autre côté du pont à la Snecma-Gennevilliers avec un petit groupe de militants. Mais elle n’était rien face à un PCF totalement hégémonique sur la Ville avec ses cadres, ses centaines de militants, et ses milliers d’adhérents, qui animaient une vie politique et culturelle dynamique.

         À Argenteuil, les groupes d’extrême-gauche qu’on appelait gauchistes existaient aussi, mais bien plus faibles que le PCF.

         Moi, j’étais finalement très seul de Lutte ouvrière. Il fallait construire, développer, partager. Ce fut le début d’une longue histoire, celle également pour moi d’une nouvelle histoire. Elle dure jusqu’à ce jour autour de la même espérance, toujours aussi forte. DM

 

mardi 11 novembre 2025

Spéculation boursière : la bulle qui grossit

 Spéculation boursière : la bulle qui grossit

Les Bourses mondiales connaissent l’euphorie, battant record sur record. Cette ébullition ressemble fort à celles qui ont annoncé de précédentes crises.

Publié le 05/11/2025

L’indice principal de la Bourse de New York a vu sa valeur doubler depuis 2022 et connaît une envolée spectaculaire depuis le mois d’avril. Cette hausse est d’abord celle des modestement intitulées « sept magnifiques » : Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft, Nvidia et Tesla, qui ont progressé de 60 % en six mois. Cette euphorie repose largement sur l’espoir de profits liés au développement de l’intelligence artificielle et à son utilisation. Ces entreprises espèrent se partager ce marché censé révolutionner l’économie et augmenter la productivité du travail.

Mais ce n’est pour l’instant que chanson d’avenir. Selon le journal Les Échos, de plus en plus d’analystes financiers se demandent comment on va trouver une rentabilité à des entreprises d’IA qui ont des coûts de fonctionnement trois à cinq fois plus élevés que leurs revenus.

La société OpenAI, qui a conçu ChatGPT, valorisée à près de 500 milliards de dollars en Bourse, elle, ne versera pas de dividendes avant 2029. La société Palantir, géant américain de l’analyse de données, dispose d’une capitalisation boursière représentant 250 fois son chiffre d’affaires. On peut comprendre avec un minimum d’intelligence, artificielle ou biologique, que cette situation ne peut conduire qu’à l’éclatement de la bulle.

Mais cela ne modère pas l’appétit des spéculateurs. La raison première est la masse de richesses que détient la bourgeoisie mondiale et qu’elle cherche à placer. Faute de rentabilité dans la production de biens et d’infrastructures utiles à la population, des milliers de milliards affluent dans les secteurs s’ils promettent une rentabilité financière immédiate élevée, même reposant largement sur du vent, c’est-à-dire sur la simple conviction que le cours de l’action va continuer à monter.

En 2007, juste avant l’éclatement de la crise des subprimes, une bulle immobilière, Charles Prince, PDG de Citigroup, expliquait : « quand la musique s’arrêtera, les choses se compliqueront en termes de liquidités. Mais tant qu’il y a de la musique, il faut se lever et danser. » Peu de temps après, Citigroup licenciait 17 000 employés, malgré un plan de sauvetage public de 300 milliards. C’était à l’image de l’ensemble de la classe capitaliste, dont l’économie mondiale explosait en vol.

Aujourd’hui, les mêmes capitalistes ou leurs descendants continuent de danser… sur le volcan.

                                                       Christian Bernac (Lutte ouvrière n°2988