jeudi 6 novembre 2025

Shein : scandale et intox

Shein : scandale et intox

Samedi 1er novembre, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a saisi le procureur de la République.

Publié le 05/11/2025

La vente de poupées sexuelles à caractère pédopornographique a été constatée sur le site en ligne chinois Shein.

Suite au signalement de la DGCCRF, Shein a retiré ces produits de la vente, au moins pour la France. Mais, surfant sur l’indignation légitime que cette affaire a suscitée, le gouvernement en profite pour pousser un peu plus loin sa campagne protectionniste et antichinoise.

Qu’un site comme Shein ou Aliexpress revende de tels produits est bien sûr révoltant mais ce n’est guère étonnant dans un système capitaliste où tout s’achète et tout se vend. Les envolées du ministre de l’Économie, Roland Lescure, menaçant d’interdire la plateforme chinoise en France, sont donc des plus hypocrites. Il sait parfaitement que d’autres sites vendent de tels produits, comme Vinted ou e-Bay, et qu’avec très peu de moyens informatiques, n’importe quel malade ou pédocriminel peut contourner de telles interdictions.

La réalité, c’est que derrière l’emballement médiatique, il y a la concurrence chinoise que le patronat français cherche à endiguer. Depuis plusieurs mois, il mène une campagne de dénigrement contre Shein, Temu et quelques autres, dénonçant la qualité des produits, et même – ils osent tout – l’exploitation subie par les ouvriers chinois. Quand ces mêmes ouvriers produisent des articles pour Carrefour, cela ne suscite pas la même indignation ! Le patronat veut faire taxer les colis importés, et quand Shein s’est employé à contourner ces taxes en faisant un partenariat avec le BHV, en implantant ses propres boutiques, c’est le patron du BHV qui s’est retrouvé sous pression, quasiment accusé de collusion avec l’ennemi.

Shein est certes prêt à faire de l’argent avec tout. Mais est-ce aux champions de la vente d’armes de lui faire la morale ?

                                                      Serge Benham (Lutte ouvrière n°2988)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-vendredi 7 novembre : de 16 h. à 16 h.30, marché du quartier du Val-Nord ;

-puis carrefour Babou, de 17h.15 à 18 h.15. ;

-samedi 8 novembre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-de 11 h.15 à midi, devant Auchan au Val-Sud ;

-lundi 10 novembre, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien. (Sous réserve)

 

Essais nucléaires : un pas de plus dans l’escalade

Pas de limite dans l’horreur pour ce système de fous

 

Hiroshima en septembre 1945

Trump a annoncé la reprise des essais nucléaires américains, en pause depuis 30 ans. La première armée du monde est la seule à avoir déjà utilisé l’arme atomique, faisant plus de 250 000 victimes en 1945.

         Cette annonce rappelle jusqu’où l’impérialisme peut aller pour la défense des marchés et des profits. Il faut renverser ce système de fous avant qu’il ne provoque de nouvelles catastrophes planétaires !

 

Soudan : l'horreur dans les oubliettes de l'impérialisme

Horreurs et imbroglios cumulés

 

 

Au Soudan, la prise de la capitale du Darfour du Nord, El-Fasher, par des milices islamistes a provoqué massacres, viols et déplacements de populations. Les habitants essayent de fuir les exactions des islamistes ou de l’armée régulière, et cherchent à rejoindre des camps de réfugiés dans lesquels la famine se répand.

         Le Soudan est ravagé depuis des décennies par des guerres pour le pétrole et les terres cultivables. Les bandes armées sont soutenues par des puissances régionales, elles-mêmes alliées des pays impérialistes, qui essaient de tirer leur épingle de ce jeu de massacres, perpétuant ainsi la longue liste d’atrocités héritées de la colonisation.

 

Handicap à l’école : enfants et salariés sacrifiés

 Handicap à l’école : enfants et salariés sacrifiés

D’après la commission d’enquête parlementaire sur les défaillances dans la prise en charge du handicap et de la santé mentale, la situation des élèves handicapés se dégrade.

Publié le 29/10/2025

 

 

Près de 50 000 enfants sont en effet scolarisés sans l’aide d’un accompagnant.

Sur les 352 000 élèves devant bénéficier de la présence d’un AESH (accompagnant d’élèves en situation de handicap), 48 726 étaient sans solution à la rentrée 2025. L’année précédente, ils étaient déjà plus de 36 000 sans AESH, une hausse d’environ 35 %.

Depuis 2005 et la loi « pour l’égalité des droits et des chances », les gouvernements successifs n’ont pas été avares de grandes déclarations sur la nécessité de traiter les enfants handicapés comme tous les autres enfants. Aussi mal, auraient-ils pu préciser. Car « l’inclusion » vantée par le gouvernement s’est faite sans déployer les moyens nécessaires pour qu’elle soit autre chose qu’un mot creux, mettant en difficulté les enfants, les enseignants et les AESH.

La commission parlementaire pointe l’absence de transparence sur les résultats de l’école inclusive et « le décalage entre ces discours très volontaristes et la réalité qui est très différente, où on n’a pas de solution ». Le gouvernement répond qu’il peine à recruter et les députés s’interrogent sur les « fortes disparités territoriales » dans l’accompagnement des élèves. Mais il suffit de se pencher sur les conditions de travail et les salaires des AESH pour comprendre pourquoi beaucoup, même enthousiastes, renoncent.

Le salaire mensuel des AESH, en grande majorité des femmes, ne dépasse pas 1 500 euros net en début de carrière, pour atteindre 1 800 euros au bout de 30 ans. Encore s’agit-il d’un salaire théorique, car dans la pratique, la plupart de ces travailleuses sont en temps partiel imposé et leurs salaires plafonnent autour de 1 000 euros. Sans véritable formation ou statut, elles sont à la merci des mutations que l’Éducation nationale leur impose.

Quant aux conditions de travail, elles ne cessent de se dégrader. Faute de trouver des candidats à des emplois difficiles et mal payés, l’État a réorganisé le travail des AESH en créant des pôles d’accompagnement. Ces derniers ont pour effet d’élargir encore le périmètre sur lequel elles doivent intervenir. En zone rurale, la distance que doit couvrir une même travailleuse d’une école à l’autre peut aller jusqu’à 100 km. On imagine les dépenses en carburant, qui s’ajoutent à la fatigue. Quant aux difficultés, pour les AESH comme pour les élèves, qui résultent du fait de devoir jongler entre plusieurs élèves et plusieurs établissements, elles ne préoccupent pas plus le ministère.

Début octobre, l’académie de Rennes a d’ailleurs purement et simplement licencié 25 AESH qui refusaient d’élargir encore leur périmètre d’intervention, alors que, dans le même temps, 1 500 élèves du département d’Ille-et-Vilaine attendaient encore un accompagnant !

Voilà qui en dit plus long que toutes les commissions parlementaires sur la réalité d’un système qui n’a que faire des besoins des élèves, handicapés ou non, et attend de ses salariés qu’ils acceptent cette situation sans broncher.

                                                      Nadia Cantale (Lutte ouvrière n°2987)