Côte d’Ivoire :
continuité au service de l’impérialisme
En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara a été élu pour
un quatrième mandat à la présidence de la République. Il pourra ainsi continuer
à servir les intérêts de l’impérialisme français et des classes aisées
ivoiriennes.
Publié le 29/10/2025
Cette victoire a été acquise d’autant plus
facilement que Ouattara avait pris soin d’éliminer au préalable ses principaux
concurrents du scrutin. Ceux-ci, Laurent Gbagbo, Tidjane Tiam, Guillaume Soro,
n’ont pas manqué de se plaindre du manque de démocratie. Mais quand eux-mêmes
étaient au pouvoir, comme président de la République, Premier ministre ou
ministre, ils ont tous mené la même politique, faite de complaisance envers les
intérêts des capitalistes français ou ivoiriens et de brutalité envers les
classes populaires.
À Abidjan, la capitale économique du pays, les
quartiers populaires sont systématiquement démolis pour faire place à des
immeubles destinés aux classes aisées. Lors de ces « déguerpissements », les
habitants voient arriver à l’aube les bulldozers encadrés par les forces de
répression, et n’ont qu’un bref répit pour embarquer leurs affaires et se
réfugier chez des amis ou parfois simplement dans la forêt. L’exploitation n’a
pas de limite. Dans leur journal Le pouvoir aux travailleurs, nos
camarades de l’Union africaine des travailleurs communistes internationalistes
(UATCI – UCI) donnent ainsi l’exemple de ce qui se passe dans une petite usine
de la zone industrielle de Yopougon où l’on broie les bidons en plastique : «
Nous travaillons du lundi au samedi, parfois le dimanche. Sur le papier, nous
travaillons huit heures mais sur le terrain, ça dépend de l’arrivage des
bidons. Donc, nous savons quand commence le travail mais personne ne sait quand
il se terminera. Cela dépend uniquement du bon vouloir du patron… Nous
travaillons tous au noir, sans contrat de travail. On n’a ni équipement de
protection, ni vestiaires. La plupart d’entre nous travaillent sous le soleil
et la pluie. C’est l’exploitation à ciel ouvert. » Et quand les
travailleurs revendiquent, on leur envoie les forces de répression.
Cette exploitation des classes pauvres, les trusts
français en profitent largement. Leur influence n’a fait que croître depuis le
premier mandat de Ouattara. On compte aujourd’hui 1000 entreprises
françaises implantées en Côte d’Ivoire contre seulement 600 en 2011. Auchan,
Carrefour, Decathlon sont omniprésents. Bouygues construit le métro d’Abidjan
aux côtés d’Alstom et de Keolis. Le tapis rouge est déployé pour les trusts
français. C’est en quelque sorte un retour d’ascenseur de la part de Ouattara,
qui doit son accession au pouvoir en 2011 à l’intervention de l’armée française
dont les hélicoptères avaient bombardé pendant plusieurs nuits le palais
présidentiel où s’était réfugié son rival Gbagbo, à l’issue d’une guerre civile
qui avait coupé le pays en deux et fait des milliers de morts dans la
population civile.
À l’issue de ces élections, c’est toujours le même
président, mais surtout toujours la même dictature contre les pauvres.
Daniel Mescla (Lutte ouvrière
n°2987)