lundi 20 octobre 2025

Budget : une déclaration de guerre aux classes populaires

Bayrou ou Lecornu, copié-collé contre le monde du travail

 

 

Derrière l’enfumage sur la suspension de la réforme des retraites, qui a permis à Lecornu de sauver son gouvernement, se cache un budget de combat contre les classes populaires : gel des revalorisations des retraites déjà grevées par l’inflation, gel des prestations sociales, hausse des franchises médicales... Ceux qui survivent avec le RSA ou l’allocation adulte handicapé, ceux qui ne peuvent boucler les fins de mois qu’avec les allocations familiales, vont encore s’appauvrir.

         Que le plan d’économies s’appelle Bayrou ou Lecornu, c’est la même politique qui profite aux milliardaires.

 

Israël : les armes et leurs dividendes

 Israël : les armes et leurs dividendes

« Alors que la vie à Gaza est anéantie et que la Cisjordanie subit une escalade des attaques, […] le génocide israélien se poursuit : parce qu’il est lucratif pour beaucoup », déclarait, en juillet, Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur les territoires palestiniens occupés.

Publié le 15/10/2025 

 


Selon les données du Sipri, l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, entre 2020 et 2024, les armes américaines ont représenté environ les deux tiers des importations d’armes israéliennes. L’Allemagne a fourni presque l’autre tiers des armes utilisées par Israël, principalement des frégates et des torpilles, mais aussi des véhicules blindés, des camions, des armes antichars et des munitions.

Parmi les entreprises américaines qui ont fourni à l’État d’Israël des engins de mort, on trouve Lockheed Martin. Israël a été le premier pays, en 2025, à utiliser ses avions F-35, lors de bombardements aériens qui seraient responsables de la mort ou des blessures de plus de 179 000 Palestiniens, selon un rapport présenté par Francesca Albanese. Le nom de l’armateur danois A.P. Møller-Mærsk ressort également pour son rôle dans l’acheminement des pièces de F-35 vers Israël. Leonardo, le second groupe industriel italien, a expédié en Israël en 2024 et 2025 des hélicoptères, des canons navals, des radars, des drones et des composants d’avions militaires. Les commandes continuent d’affluer pour Leonardo grâce aux interventions de l’État italien. Ainsi le protocole d’accord signé il y a vingt ans entre l’Italie et Israël, prévoyant une coopération en matière de défense, d’armement, de recherche technologique et de formation des forces armées, a été discrètement renouvelé en juin.

Quant à la France, elle continuait à livrer en juin, selon le média Disclose, des équipements pour mitrailleuses vers Israël. Un rapport du réseau militant Progressive International, basé sur les données d’importation des douanes israéliennes, accuse le gouvernement français de livrer de manière « régulière et continue » du matériel militaire à Israël. Sébastien Lecornu, ex-ministre des Armées, s’était – bien mal – défendu en déclarant : « Dans le contexte de la guerre à Gaza, la France ne livre pas d’armes à Israël », mais « des composants ayant vocation en particulier à être intégrés dans des systèmes défensifs ou à être réexportés vers des pays tiers. » On mesurera toute la nuance.

Les financiers injectent aussi des fonds dans des sociétés « partenaires » de la guerre menée par Israël. C’est le cas des fonds BlackRock et Vanguard, qui apparaissent comme les investisseurs les plus importants des sociétés d’armement, « pivot dans l’arsenal du génocide d’Israël », selon le rapport de Francesca Albanese. Deux entreprises françaises ont été épinglées pour de tels investissements : l’assureur Axa et BNP Paribas. BNP Paribas a par exemple des participations au capital d’Elbit Systems, une entreprise israélienne d’armement, à qui elle a accordé des prêts.

D’autres sociétés sont impliquées dans le financement d’infrastructures dans les colonies israéliennes, selon Médiapart.

Si un génocide est une occasion de faire des profits, pourquoi s’en priver ?

                                              Aline Retesse (Lutte ouvrière n°2985)

Martinique : succès pour les travailleurs de la SAUR

Martinique : succès pour les travailleurs de la SAUR

Le 11 octobre, au bout de deux mois, la grève des travailleurs de la SAUR Martinique s’est terminée par une victoire.

Publié le 15/10/2025

 

La direction s’est engagée à verser à l’ensemble des salariés les 1 500 euros qu’elle devait de la « prime de bienvenue » de 3 000 euros. Cette prime était prévue lors du contrat d’attribution du marché signé entre le groupe SAUR et la communauté d’agglomération CAP NORD.

La direction a accepté également, « au titre de réparations de tous les préjudices subis », le paiement d’une prime de partage de la valeur (PPV) de 5 000 euros brut à tous les travailleurs, grévistes et non-grévistes. Selon l’accord, la reprise du travail a été fixée au lundi 13 octobre.

Les 5 000 euros ne font pas le compte des jours de grève, mais les travailleurs ont considéré malgré tout que leur lutte se soldait par une victoire. Ils ont fait au cours du mouvement une expérience majeure, celle de la solidarité et de l’efficacité du comité de grève, comme la plupart d’entre eux l’ont exprimé lors du sympathique pot organisé dimanche 12 octobre sur le piquet de grève. Pour les travailleurs, les acquis de la grève vont au-delà des primes. Ils sont fiers aussi d’avoir vu la population touchée par les perturbations de distribution d’eau les soutenir malgré les difficultés. Tout en étant convaincus qu’ils auront d’autres luttes à mener face à leur direction, ils ont repris le travail la tête haute.

                                                Marianne Tibus (Lutte ouvrière n°2985)

 

Argenteuil, élections municipales de mars 2026 : la présence d’une liste « Lutte ouvrière-Le camp des travailleurs »

Faire entendre notre classe loin des appétits des apprentis notables

 

Un débat avec Nathalie ARTHAUD lors du dernier banquet à Argenteuil

Les élections municipales de mars prochain approchent. Y être candidats, c’est donner l’occasion pour tous ceux qui le souhaitent, en particulier de notre classe, de se prononcer pour notre programme comme nous le faisons dans toutes les élections (quand nous le pouvons et qu’aucun obstacle ne s’y oppose). C’est aussi un élément essentiel dans le cadre du développement de nos réseaux locaux, essentiel sur la voie de la construction du parti des travailleurs révolutionnaires.

         En conséquence, nous ne militons vraiment pas dans la même cour que les différentes listes de gauche, pour ne parler que d’elles. Elles proposent une gestion alternative à la gestion actuelle, avec peut-être un accent plus favorable aux milieux les plus modestes de la Ville. Avec beaucoup d’illusions, car il leur faudra affronter les services et les comptes de l’État, les banques, les promoteurs, sans oublier la population à qui ils auront fait des promesses.

         À longueur d’année, nous évoquons du point de vue de notre classe les heurts et malheurs de la municipalité à son encontre. Mais lors de ces élections, il s’agit pour nous de tout autres enjeux. D’analyser la situation générale dans laquelle nous sommes, la montée de la réaction, celle des tensions que les rivalités capitalistes engendrent, qui peuvent conduire demain à un conflit généralisé. Sur cette base, nous voulons affirmer que seul le monde du travail qui fait fonctionner la société peut donner une issue à l’impasse actuelle du capitalisme. Il faudra qu’il prenne le pouvoir, aux côtés des autres travailleurs du monde. Rejoignez-nous, aidez-nous à nous faire entendre en mars prochain. DM