dimanche 19 octobre 2025

Grèce : grève contre les journées de 13 heures

 

La seule liberté qui vaille : celle de la lutte collective

 

 

En Grèce un mouvement de grève a mobilisé des dizaines de milliers de travailleurs. Ils s'opposent au projet du gouvernement de légaliser les journées de 13 heures de travail pour un même patron. C'est une nouvelle étape dans la guerre féroce que le patronat et les gouvernements successifs ont menée contre les travailleurs.

         Contrairement à ce qu'affirme la ministre du Travail, les travailleurs ne seront pas libres de refuser. Avec près d’un tiers de la population grecque qui vit dans la pauvreté, des contrats précaires devenus la norme, et des salaires moitié de ce qu’ils sont en France, bien des travailleurs sont déjà obligés de faire de longues heures en exerçant deux emplois.

         Alors de quelle liberté bénéficieraient les travailleurs face au patronat ? La seule qui reste est celle de la lutte collective !

Argenteuil, résidences municipales pour les anciens : l’attente de la rénovation n’a déjà que trop duré


Des mots plus faciles à écrire qu’à concrétiser

 

Résidence Ambroise Croizat 

Les résidences pour les anciens construites naguère par les municipalités PCF d’Argenteuil sont essentielles pour ceux qui ont pu les rejoindre. Depuis des années, une rénovation profonde est annoncée. Si la gestion dépend de la Ville d’Argenteuil, le bâti appartient et relève d’AB-Habitat. Au vue de la situation de ce dernier, on comprend que les choses n’aient pas avancé pendant des années.

         Si la rénovation a bien commencé dans l’une des deux résidences, celle du Perreux, la résidence Jean Baillet, pour ce qui est de la résidence Ambroise Croizat dans le centre-ville, il n’y a que l’ombre du début d’un commencement de véritables travaux. Seul "l'appartement-témoin" a été installé.

         Pourtant, l’enthousiasme municipal et d’AB-Habitat les conduit à avancer plus vite que la musique, au moins sur le papier.

         Dans le dernier mensuel Ma ville « … la réhabilitation globale des deux résidences a commencé… ». Quant à l’initiative très louable d’AB-Habitat et du CCAS municipal, celle de la brochure destinée à expliquer les travaux aux résidents d’Ambroise Croizat, il y est affirmé « septembre 2025 démarrage des installations de chantier » et « octobre 2025 démarrage des travaux ». Pourtant, d’installations de chantier, que nenni en ce mi-octobre à la résidence Croizat.

         Un retard certes, mais qui vient après de très nombreuses années d’attente dans des résidences actuellement à moitié vides, alors qu’elles pourraient accueillir avec bonheur bien des habitants âgés qui ne demandent que cela. DM


samedi 18 octobre 2025

Gaza : pas la paix éternelle mais l’oppression permanente

 Gaza : pas la paix éternelle mais l’oppression permanente

Lors du sommet de Charm el-Cheikh, qui célébrait le 13 octobre les premières étapes de son plan de paix pour Gaza, Trump a affirmé en toute modestie qu’une « paix éternelle » commence au Moyen- Orient « pour la première fois depuis 3 000 ans » !

Publié le 15/10/2025

 

 

La libération des derniers otages israéliens détenus par le Hamas, de quelque 2 000 prisonniers palestiniens enfermés en Israël, l’instauration d’un cessez-le-feu effectif à Gaza, un très léger repli de l’armée israélienne et la levée du blocus de l’aide humanitaire, ont permis à Trump de mettre en scène son triomphe. Ce sont bien les pressions de Trump qui ont obligé Netanyahou, d’un côté, les dirigeants du Hamas, de l’autre, à valider son plan et à négocier l’échange de prisonniers.

Si Netanyahou n’a pas eu d’autre choix que d’interrompre la destruction complète de Gaza, c’est bien parce que l’armée israélienne a un besoin vital des armes et du soutien des États-Unis pour mener ses guerres. Le massacre perpétré depuis deux ans n’aurait pu avoir lieu sans l’aval américain. Quant aux dirigeants du Hamas, ils sont dépendants du soutien, ne serait-ce que diplomatique, de plusieurs États voisins, la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite, eux-mêmes remis dans le jeu par Trump, en même temps que l’Égypte, frontalière de Gaza et elle aussi sous perfusion américaine.

Le plan de Trump vise à contrebalancer, un peu, l’hégémonie acquise par Israël au Moyen-Orient en donnant un rôle aux riches monarchies du Golfe dans la reconstruction éventuelle de Gaza et en impliquant la Turquie et l’Égypte dans la création d’une hypothétique « force internationale de stabilité ». La présence autour de Trump des dirigeants turc, égyptien, qatari était d’autant plus notable que ni Netanyahou ni aucun représentant du Hamas n’étaient présents. Les Palestiniens, jamais consultés alors qu’il s’agit de leur sort et de leur avenir, étaient représentés par Mahmoud Abbas, président sans pouvoir de l’Autorité palestinienne. Quant à Macron, Starmer et Meloni, dirigeants impérialistes de second rang qui comptent de moins en moins au Moyen-Orient, ils tenaient à apparaître sur la photo pour montrer qu’ils sont prêts à servir.

Reste que, malgré l’autosatisfaction de Trump, la paix ne sera ni « éternelle » ni même simplement durable. Il ne peut y avoir de paix tant que perdurent la spoliation et l’oppression d’un peuple. Rien n’est réglé pour les Palestiniens, ni à Gaza, désormais un champ de ruines privé de toute infrastructure, ni en Cisjordanie, un territoire livré aux colons israéliens. D’une façon ou d’une autre, à un moment ou à un autre, de nouvelles révoltes ou soulèvements armés se produiront et les dirigeants impérialistes, qui en sont très conscients, se donnent les moyens de les réprimer.

L’armée israélienne occupe toujours la bande de Gaza pour une durée indéterminée et elle peut y reprendre, à tout moment et sous n’importe quel prétexte, les bombardements. Elle a longtemps fait de Gaza une prison à ciel ouvert, et elle est prête à continuer. Quant au Hamas, non seulement il n’envisage pas de désarmer contrairement à ce que stipule le plan Trump. Mais le cessez-le feu lui permet d’éliminer ses opposants et les bandes armées qui ont prospéré sur les pénuries engendrées par le blocus, en ayant même la bénédiction explicite des dirigeants américains. Interrogé sur cette reprise en main brutale, accompagnée d’exécutions publiques, Trump a déclaré : « Ils veulent résoudre les problèmes, ils l’ont dit ouvertement et ils ont notre accord pour une période. » Sous-traiter l’encadrement de la population gazaouie au Hamas, Israël et les États-Unis l’ont fait entre 2007 et 2023, et ils pourraient continuer à le faire, de façon plus ou moins cachée, en attendant d’administrer Gaza comme un protectorat auquel les États arabes seraient associés. Le plan concocté par Trump pour les Palestiniens s’apparente plus à l’oppression permanente qu’à la « paix éternelle ».

                                                    Xavier Lachau (Lutte ouvrière n°2985)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-Aujourd’hui samedi 18 octobre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-de 11 h. à 11 h.45 devant Auchan ;

-dimanche 19 octobre, de 10 h.25 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse ;

-lundi 20 octobre, centre commercial, cité des Raguenets, St-Gratien.

Une grève victorieuse chez Maison du café – Saint-Étienne la grève a payé !

 Maison du café – Saint-Étienne : la grève a payé ! 

Après plus de 15 jours de grève pour 250 euros brut par mois pour tous, les travailleurs de l’usine Maison du café à Andrézieux, près de Saint-Étienne, ont repris le travail. Ils ont arraché 160 euros brut par mois d’augmentation et une prime de 1 500 euros qui va couvrir les jours de grève.

Publié le 15/10/2025

 

Depuis le 23 septembre, la quasi-totalité des embauchés en production étaient en grève, rejoints au bout de quelques jours par les techniciens de maintenance. Ils ont tenu un piquet de grève, tous présents sur leurs horaires de travail, 24 heures sur 24, sept jours sur sept, et les barbecues, les parties de pétanque et l’ambiance fraternelle ont contribué à souder les liens.

Cette usine de 500 personnes appartient au groupe JDE Peet’s, géant mondial qui possède aussi L’Or, Senseo, etc. L’argent ne manque pas pour ces capitalistes : 250 millions d’euros de dividendes ont été versés l’an dernier, et cet été, 16 milliards ont été mis sur la table par le groupe Keurig Dr Pepper (Schweppes, Canada dry…) pour racheter JDE Peet’s.

La première proposition de la direction, 50 euros brut par mois, a été prise comme du mépris et a renforcé la grève. Le patron a ensuite essayé la menace judiciaire lorsque les grévistes ont commencé à bloquer les camions, mais mal lui en a pris. Car même sans blocage, la production ne sortait pas, la grève étant quasiment unanime. La justice, craignant de renforcer la colère des grévistes, n’a pas répondu aux desiderata du patron et a ordonné une médiation.

Mercredi 8 octobre, la direction a fini par céder 160 euros et une prime. Les grévistes ont alors décidé en assemblée générale de reprendre ensemble le travail, convaincus que sans la grève, ils n’auraient jamais obtenu autant. Unis, ils ont tenu tête à la direction, sans céder à la provocation ou aux tentatives de division. Dans l’avenir, si le patron ou certains hauts cadres pensent pouvoir revenir à leur mépris d’avant, « on connaît la recette », disait un gréviste.

                                             Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2985)

Madagascar : les militaires prennent le pouvoir

Madagascar : les militaires prennent le pouvoir

À Madagascar, le président de la République, Andry Rajoelina, a quitté le pays le 13 octobre à bord d’un avion militaire français. Une fraction de l’armée s’est ralliée aux manifestations de la jeunesse pour finalement prendre le pouvoir pour elle-même.

Publié le 15/10/2025

 

 

Depuis le 25 septembre, les étudiants manifestent quotidiennement dans la capitale, Antananarivo, et dans les principales villes. Le mouvement parti de l’université réclamait à l’origine la fin des coupures d’eau et d’électricité qui durent douze heures par jour et pourrissent l’existence de la population. La seule réponse du pouvoir a été une répression sauvage menée par la gendarmerie et la police, qui a fait jusqu’à présent au moins 22 tués et plus d’une centaine de blessés. Cette violence n’a pas découragé les jeunes, qui sont descendus de plus en plus nombreux dans les rues, déjouant les barrages pour accéder au centre de la capitale. Le mouvement, né sur les réseaux sociaux sous le nom de Gen Z, s’est rapidement étendu dans le pays et a adopté des revendications politiques : fin de la corruption, démission du Premier ministre puis du président. La tentative de Rajoelina de calmer les étudiants en nommant le 6 octobre un nouveau Premier ministre, le général Zafisambo, n’a eu aucun effet et les manifestations ont continué de plus belle.

Le tournant du mouvement a eu lieu le samedi 11 octobre lorsque des soldats ont rejoint les cortèges, les plus importants depuis le début du mouvement. Une unité de l’armée malgache, le Capsat, a appelé à refuser les ordres de tirer sur les manifestants. Les soldats ont ouvert le feu sur un véhicule de la gendarmerie et se sont adressés aux autres corps de l’armée, déclarant : « Braquez vos armes sur ceux qui vous ordonnent de tirer sur vos frères d’armes ». Des véhicules chargés de soldats armés ont alors rejoint les manifestants, acclamés par la foule.

Déjà, en 2009, le Capsat, cantonné dans une importante base proche de la capitale, avait contribué à renverser le président alors en place pour porter Rajoelina à la tête de l’État. L’armée malgache est traversée par différents courants politiques et les seuls corps véritablement fidèles à Rajoelina étaient la gendarmerie et la police, qu’il avait choisies pour exercer la répression. À partir de la mutinerie du Capsat, les ralliements de chefs militaires se sont multipliés. Un nouveau chef d’état-major a été nommé par le Capsat, le général Pikulas, qui a pris ses fonctions en présence d’une soixantaine de hauts gradés.

Les soldats applaudis par la foule pour leur mutinerie ne pouvaient qu’être fiers de ne plus assister sans rien dire aux tueries perpétrées par la gendarmerie, mais les intentions de leurs chefs étaient infiniment moins désintéressées. Cela s’est clairement vu le 13 octobre lors d’un rassemblement où tous les premiers rangs étaient occupés par des chefs militaires qui ont tenté, en vain, de reléguer la GenZ à l’arrière, comme le racontait le lendemain une participante interviewée par Radio France internationale. Une manière de dire « vous avez été merveilleux, mais maintenant laissez-nous faire ». C’était une opération classique de ravalement de façade du régime, ressemblant à ce que l’on a vu au Bangladesh, au Népal, au Sri Lanka, et il n’a pas fallu longtemps pour que les intentions des chefs militaires se confirment. Mardi 14 octobre, après que l’Assemblée nationale a voté la destitution de Rajoelina, ils ont annoncé qu’ils prenaient le pouvoir.

La jeunesse, flouée du mouvement qu’elle a lancé, n’a pourtant pas dit son dernier mot. Aucun des problèmes pour lesquels elle s’est mobilisée n’est réglé. Quant à la classe ouvrière surexploitée, elle aurait toutes les raisons d’entrer à son tour dans le mouvement.

                                                            Daniel Mescla (Lutte ouvrière n°2985)