Gaza : pas la paix
éternelle mais l’oppression permanente
Lors du sommet de Charm el-Cheikh, qui célébrait
le 13 octobre les premières étapes de son plan de paix pour Gaza, Trump a
affirmé en toute modestie qu’une « paix éternelle » commence au Moyen- Orient «
pour la première fois depuis 3 000 ans » !
Publié le 15/10/2025
La libération des derniers otages israéliens
détenus par le Hamas, de quelque 2 000 prisonniers palestiniens enfermés
en Israël, l’instauration d’un cessez-le-feu effectif à Gaza, un très léger
repli de l’armée israélienne et la levée du blocus de l’aide humanitaire, ont
permis à Trump de mettre en scène son triomphe. Ce sont bien les pressions de
Trump qui ont obligé Netanyahou, d’un côté, les dirigeants du Hamas, de
l’autre, à valider son plan et à négocier l’échange de prisonniers.
Si Netanyahou n’a pas eu d’autre choix que
d’interrompre la destruction complète de Gaza, c’est bien parce que l’armée
israélienne a un besoin vital des armes et du soutien des États-Unis pour mener
ses guerres. Le massacre perpétré depuis deux ans n’aurait pu avoir lieu sans
l’aval américain. Quant aux dirigeants du Hamas, ils sont dépendants du
soutien, ne serait-ce que diplomatique, de plusieurs États voisins, la Turquie,
le Qatar, l’Arabie saoudite, eux-mêmes remis dans le jeu par Trump, en même
temps que l’Égypte, frontalière de Gaza et elle aussi sous perfusion américaine.
Le plan de Trump vise à contrebalancer, un peu,
l’hégémonie acquise par Israël au Moyen-Orient en donnant un rôle aux riches
monarchies du Golfe dans la reconstruction éventuelle de Gaza et en impliquant
la Turquie et l’Égypte dans la création d’une hypothétique « force
internationale de stabilité ». La présence autour de Trump des dirigeants turc,
égyptien, qatari était d’autant plus notable que ni Netanyahou ni aucun
représentant du Hamas n’étaient présents. Les Palestiniens, jamais consultés
alors qu’il s’agit de leur sort et de leur avenir, étaient représentés par
Mahmoud Abbas, président sans pouvoir de l’Autorité palestinienne. Quant à
Macron, Starmer et Meloni, dirigeants impérialistes de second rang qui comptent
de moins en moins au Moyen-Orient, ils tenaient à apparaître sur la photo pour
montrer qu’ils sont prêts à servir.
Reste que, malgré l’autosatisfaction de Trump, la
paix ne sera ni « éternelle » ni même simplement durable. Il ne peut y avoir de
paix tant que perdurent la spoliation et l’oppression d’un peuple. Rien n’est
réglé pour les Palestiniens, ni à Gaza, désormais un champ de ruines privé de
toute infrastructure, ni en Cisjordanie, un territoire livré aux colons
israéliens. D’une façon ou d’une autre, à un moment ou à un autre, de nouvelles
révoltes ou soulèvements armés se produiront et les dirigeants impérialistes,
qui en sont très conscients, se donnent les moyens de les réprimer.
L’armée israélienne occupe toujours la bande de
Gaza pour une durée indéterminée et elle peut y reprendre, à tout moment et
sous n’importe quel prétexte, les bombardements. Elle a longtemps fait de Gaza
une prison à ciel ouvert, et elle est prête à continuer. Quant au Hamas, non
seulement il n’envisage pas de désarmer contrairement à ce que stipule le plan
Trump. Mais le cessez-le feu lui permet d’éliminer ses opposants et les bandes
armées qui ont prospéré sur les pénuries engendrées par le blocus, en ayant
même la bénédiction explicite des dirigeants américains. Interrogé sur cette
reprise en main brutale, accompagnée d’exécutions publiques, Trump a déclaré : «
Ils veulent résoudre les problèmes, ils l’ont dit ouvertement et ils ont notre
accord pour une période. » Sous-traiter l’encadrement de la population
gazaouie au Hamas, Israël et les États-Unis l’ont fait entre 2007
et 2023, et ils pourraient continuer à le faire, de façon plus ou moins
cachée, en attendant d’administrer Gaza comme un protectorat auquel les États
arabes seraient associés. Le plan concocté par Trump pour les Palestiniens
s’apparente plus à l’oppression permanente qu’à la « paix éternelle ».
Xavier Lachau (Lutte ouvrière
n°2985)
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