Inflation : le compte
n’y est pas
Publié le 10/09/2025
Selon l’Insee, en ce mois d’août, l’augmentation
générale des prix à la consommation a atteint le rythme de 0,9 % en un an. Dans
le monde des statistiques, l’inflation semble donc un lointain souvenir… Mais,
dans les rayons des magasins, celles et ceux qui font les courses racontent une
tout autre histoire.
C’est la rentrée et les zones commerciales sont
arpentées par des familles qui achètent les fournitures scolaires, en plus des
courses habituelles de la semaine. L’inflation a cessé ? Il n’y a qu’à voir le
prix d’une calculatrice, d’une trousse ou d’un cartable pour en douter. Et ce
n’est pas la prime de rentrée scolaire qui suffit à couvrir tous ces frais,
d’autant que, pour beaucoup, elle sert à payer le loyer et à éviter le
découvert, au moins pour ce mois. Alors, dans les quartiers populaires, dans
les parcs, les parents échangent les bons tuyaux pour acheter moins cher.
Le chiffre de l’inflation a beau être faible, il
n’en demeure pas moins positif, ce qui signifie une nouvelle augmentation des
prix. Sans oublier que celle-ci s’applique à des produits dont les prix ont déjà
largement augmenté ces dernières années. Car cela fait cinq ans que les prix à
la consommation flambent.
Les géants de la grande distribution disent que la
hausse des prix est due à la guerre en Ukraine ou aux mauvaises récoltes.
Peut-être, mais ça ne les empêche pas de se servir au passage comme les
montants de leurs bénéfices le montrent. Le chiffre qui l’illustre le mieux est
celui de la rentabilité des magasins calculée par mètre carré d’hypermarché.
Elle a augmenté de 15,8 % entre 2020 et 2024 alors que les volumes d’achats
baissaient de 4 % sur la même période.
L’inflation n’est pas un phénomène naturel, c’est
aussi un racket organisé par les Carrefour, Auchan, Leclerc, etc.
Joséphine Sina (Lutte ouvrière
n°2980)