mardi 26 août 2025

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 25 août 2025 : Préparons-nous à lutter pour défendre notre droit à l’existence !

Préparons-nous à lutter pour défendre notre droit à l’existence !

25/08/25

Alors que l’argent dégouline au sommet de la société, que les 500 plus riches du pays cumulent plus de 1100 milliards d’euros de fortune, Bayrou part en campagne pour voler 44 milliards aux classes populaires.

Cette attaque suscite des réactions légitimes. Toute une agitation est en train de se développer pour la journée du 10 septembre. Des appels divers et variés circulent sur les réseaux sociaux appelant à « tout bloquer ». Ici et là, des réseaux de gilets jaunes se réactivent. Des syndicats locaux ont d’ores et déjà lancé des appels à la grève ce jour-là.

Une chose est sûre : il est nécessaire d’engager le combat contre cette nouvelle offensive qui menace nos conditions d’existence. Le plan Bayrou est une déclaration de guerre à tous les travailleurs, qu’ils soient en activité, en arrêt maladie, en invalidité, au chômage ou à la retraite.

Il veut rallonger le temps de travail en supprimant des jours fériés, voire des congés payés. Il veut imposer à tous des jours de carence supplémentaires en cas d’arrêt maladie. Il veut encore baisser les indemnités chômage et durcir les conditions pour les percevoir. Il veut réduire l’accès aux soins et les remboursements médicaux. Il veut bloquer les pensions de retraites, les allocations et le salaire des fonctionnaires.

Cette attaque s'inscrit dans une longue série, dont le recul de l’âge de la retraite à 64 ans. Dans ce système capitaliste en crise, où la concurrence est de plus en plus féroce, les profits du grand patronat ne peuvent être sauvegardés qu’en s’attaquant aux travailleurs.

Aujourd’hui, ils veulent nous faire travailler plus en gagnant moins. Demain, ils nous enverront mourir sur des champs de bataille pour garantir marchés et matières premières aux capitalistes français.

Cette attaque est portée par Bayrou et Macron, qui cristallisent la colère. Mais cette politique au service des capitalistes est celle de tous les politiciens qui aspirent à diriger l’État, y compris ceux, qu’ils soient de gauche ou d’extrême droite, qui s’apprêtent à voter la censure contre Bayrou. Si une véritable lutte s’engage et débouche seulement sur la chute de Bayrou ou Macron, nous n’aurons rien gagné.

La seule façon de préserver notre droit à l’existence est d’affronter ceux qui donnent les ordres, et pas seulement leurs larbins du gouvernement. Ce sera eux ou nous : les profits des capitalistes ou la vie des travailleurs qui produisent tout et font fonctionner toute la société !

Tous ceux qui refusent d’être sacrifiés doivent, sans attendre, se réunir dans leurs ateliers, leurs services, leurs entreprises. Car il faut commencer à réfléchir à ce qui constitue notre force et à nos objectifs. Il faut comprendre qui sont nos vrais ennemis et nos faux amis et se donner les moyens de diriger nous-mêmes notre combat, sans nous laisser récupérer par qui que ce soit.

Ainsi, les dirigeants de la gauche, de LFI aux écologistes, relaient les appels au 10 septembre, mais c’est pour dévier le combat sur le terrain parlementaire. Quant aux chefs des confédérations, ils attendent le 1er septembre - un mois et demi après les annonces - pour faire connaître leur plan d’action. Comme lors de la lutte contre la retraite à 64 ans, ils veulent décider du calendrier et garder le contrôle du mouvement.

Nous ne devons faire confiance à personne d'autre qu'à nous-mêmes. Si nous entrons en lutte, il nous faudra avoir nos propres comités de lutte, élus par nous pour décider de nos actions et de leurs objectifs.

Si les attaques de Bayrou menacent l’ensemble des classes populaires, y compris les petits commerçants ou artisans, les travailleurs salariés, concentrés dans les entreprises, ont un rôle décisif à jouer.

La force des travailleurs est qu’ils produisent tout. Par la grève, ils peuvent arrêter cette machine à fabriquer des profits, ce que ne permettront ni les pétitions en ligne, ni les boycotts, ni même des défilés dans les rues, si réussis soient-ils.

Le patronat licencie et le gouvernement stigmatise les chômeurs et ceux qu’ils traitent d’assistés : contre le chômage, il faut répartir le travail entre tous, sans perte de salaire. Contre la vie chère, il faut imposer une augmentation des salaires, des pensions et des allocations et leur indexation sur les prix.

Toutes ces mesures doivent être entièrement financées par les profits patronaux. Pour prouver que cet argent existe, il faut faire sauter le secret des affaires et l’opacité qui règnent dans les comptes des entreprises et ceux de leurs propriétaires.

Rien ne changera dans la société si la classe ouvrière n’affronte pas la classe capitaliste, à la fois pour défendre ses conditions de vie et pour arracher la direction de la société à ces prédateurs.

                                                                                    Nathalie Arthaud

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-vendredi 29 août : carrefour Babou, de 17h.15 à 18 h.15, puis tous les vendredis.

-samedi 30 août, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

-puis de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie.

-dimanche 31 août : de 10 h.15 à 10 h.55 devant Intermarché du centre.

Puis de 11 h. à midi au marché Héloïse.

 

Ukraine : pendant les pourparlers, la tuerie continue

 Ukraine : pendant les pourparlers, la tuerie continue

« Tout le monde est très heureux de la possibilité de la paix pour la Russie et l’Ukraine » a fanfaronné Trump, content de soi et de sa politique comme d’habitude, au soir du sommet de Washington.

Publié le 20/08/2025 

 

 

« C’est loin d’être fini, vous l’aurez compris » a commenté Macron. Cela se veut plus réaliste, de la part d’un président français qui n’a de toute façon, avec ses homologues européens, eu d’autre rôle que de jouer les utilités dans un scénario voulu par Trump avec l’accord de Poutine.

Car c’est à Anchorage, en Alaska, que trois jours plus tôt, l’un et l’autre avaient arrêté cette ébauche d’un plan de paix, présentée ensuite au président ukrainien, Zelensky, ainsi qu’aux dirigeants européens.

On n’y parle plus de ce « cessez-le-feu » que présentaient comme un préalable les dirigeants européens, ukrainiens et Trump jusqu’à récemment : il n’y aura de cessez-le-feu que lorsque sera signé un accord de paix. Et il n’est plus question de refuser toute modification des frontières de l’Ukraine, cette règle dite intangible du droit international. Les dirigeants occidentaux nous en rebattaient les oreilles, eux qui, de l’époque coloniale jusqu’au dépeçage de la Yougoslavie se sont toujours assis dessus quand leurs États y trouvaient leur compte ! Non, l’insistance des Macron, Starmer et autres à dire haut et fort qu’ils allaient à Washington exiger des garanties pour la sécurité de l’Ukraine n’avait d’autre raison que de faire « oublier » qu’ils avaient pris acte que tout accord sur la fin de la guerre en Ukraine passerait par des concessions territoriales.

Sans entrer dans le détail, Kiev allait devoir évacuer totalement les cinq oblasts déjà occupés en tout ou partie par l’armée russe. Toute la question est désormais de le faire accepter. D’abord à Zelensky, et pas seulement parce qu’il continue de répéter que la Constitution ukrainienne lui interdit de céder des portions de territoire, mais aussi parce qu’il joue sa place dans cette affaire. En effet, il s’est coulé depuis des années dans le personnage d’intraitable garant de l’intégrité territoriale ukrainienne. Y renoncer serait donner des armes à des rivaux au sein de l’appareil d’État. Quant à l’état-major ukrainien, en refusant par avance tout abandon de territoire, il est bien dans son rôle de grand défenseur de la « patrie ». Mais il se peut aussi qu’il ne veuille pas vérifier quelles pourraient être les réactions d’une population ukrainienne à laquelle les milieux dirigeants n’ont cessé de présenter toutes sortes de sacrifices, dont celui de la vie de centaines de milliers de militaires, comme indispensables à la défense de ladite patrie.

Alors, pour rendre la chose plus présentable, sinon acceptable à la population ukrainienne, et donc, pour que Zelensky et les siens aient des « arguments » pour continuer à la berner, Macron, Starmer, Merz vont devoir mouiller la chemise. Et Trump, pourvu que cela ne coûte rien à l’État américain, dit lui aussi s’engager à fournir de « solides garanties de sécurité » à l’Ukraine à l’avenir. Lesquelles ? La présence de troupes franco- anglaises sur son sol ? Ou, à proximité immédiate, en Pologne et en Roumanie, comme il en est question ?

Évidemment, rien de cela n’est encore réglé, même si, sur le fond, Trump a déjà fait passer dans les faits, sinon dans le droit, le principe d’un partage de l’Ukraine. Et, de façon ô combien brûlante, rien n’est réglé non plus pour les populations civiles qui, pendant que les dirigeants et diplomates discutaient, continuaient à voir tomber sur elles bombes et missiles.

Qu’un traité de paix, et de partition, soit conclu ou pas, le résultat en sera à l’image de ce que connaît la Corée, qui vit divisée et sur le pied de guerre soixante-dix ans après la fin d’une guerre que lui avait imposée l’impérialisme américain. On en a un autre exemple, plus près de nous, avec ce qu’il est advenu voici trente ans de Yougoslavie, en particulier de certaines de ses républiques.

Ce qui attend l’Ukraine, car c’est ce que négocient en secret les camps en présence, c’est un accord de brigands, dans lequel les peuples n’auront pas leur mot à dire et où, pour toute forme de paix, l’ordre impérialiste mondial ne leur accordera qu’un intermède précaire avant une prochaine guerre.

                                                  Pierre Laffitte (Lutte ouvrière n°2977)

Villes touristiques se protégeant contre les pauvres : des mesures révoltantes

 

Ségrégation et cynisme

  

 

Des communes touristiques ont interdit l’accès de certaines zones aux personnes sans-abri, sous prétexte de lutte contre les « troubles à l’ordre public ».

Alors que le nombre de personnes sans domicile en France est passé de 141 500 en 2010 à 333 000 en 2023, soit plus du double en 13 ans, certains politiciens, par démagogie et mépris social, s’en prennent aux plus pauvres en les chassant des centres-villes.

Il est vrai que c’est plus facile que de s’attaquer aux racines du problème : un système économique et social fait pour les seuls intérêts des plus riches.

À propos du 10 septembre. Face aux attaques gouvernementales au profit du grand patronat, il faut l’affirmation des revendications nécessaires

 

Un programme pour la lutte

 

 

Les attaques gouvernementales visent à économiser sur tous les budgets dits sociaux, de réduire l’accès aux soins, les pensions de retraite et les allocations-chômage, de réduire le nombre des fonctionnaires et de bloquer leurs salaires, mettant un peu plus à mal les services publics indispensables à la population et, carrément, d’imposer deux jours de travail gratuit à tous les salariés.

Face à cette attaque en règle contre les travailleurs et en faveur de la très mince couche des grandes familles capitalistes qui veulent maintenir et même augmenter leurs profits malgré le marasme économique, il faut dès maintenant que les revendications du monde du travail soient partout discutées, car personne ne réglera jamais les problèmes des travailleurs à leur place.

Les revendications essentielles se résument facilement : depuis l’augmentation et l’indexation des salaires, pensions et allocations, jusqu’au contrôle des travailleurs sur la production en passant par la répartition du travail entre tous, aux frais des capitalistes.

Discuter et mettre au point les moyens de la lutte, c’est-à-dire avant tout de la grève, qui frappe au cœur le capital, et surtout son contrôle par les travailleurs eux-mêmes. Cela ne pourrait être le fait que de comités de lutte, réunis dans les entreprises et les quartiers, afin de préparer réellement et dès aujourd’hui la contre-attaque si longtemps attendue.DM. À suivre. Des comités de lutte dans les entreprises et les quartiers.