dimanche 24 août 2025

Argenteuil, affaire Jean Vilar, suite et pas fin, un communiqué de presse du Comité Jean Vilar

Depuis 2016, Lutte ouvrière soutient ce combat. C’est bien volontiers que nous diffusons in extenso ce communiqué. Le combat continue donc. Vive cette lutte ! Informons partout ! Soutien aux assignés ! DM

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU COMITÉ JEAN VILAR.

Argenteuil, 19 août 2025. 

COUP DE THÉÂTRE ! 

Le promoteur FIMINCO attaque à nouveau les associations engagées avec le Comité Jean Vilar, contre son projet « Cap Héloïse- Promenades ».

Il y a exactement un an, en août 2024, la société Fiminco assignait au tribunal les associations et la Mairie pour empêchement de réalisation d’un méga-complexe immobilier sur l’île Héloïse, et réclamait les 28 M € estimés de son préjudice, aux associations !

Après plusieurs reports d’audience, le groupe Fiminco se désista de cette procédure juridique annonçant au Tribunal qu’il ne mettait plus en cause le retard causé par les recours des associations, mais l’abandon du projet par la Ville, qui avait refusé de proroger la promesse de vente du terrain (zone UGP3). Le 1er mai 2025, le Comité Jean Vilar et les associations partenaires distribuaient donc, un tract titré : Le promoteur Fiminco renonce à poursuivre en justice les associations !

Coup de théâtre, ce 8 août 2025, les mêmes associations, seules, reçoivent une nouvelle assignation de la société Fiminco, leur imputant la cause de LEUR échec ! S’il n’y a pas eu de pose de première pierre pour « Cap Héloïse », comme pour « Promenades », Fiminco ne doit s’en prendre qu’à elle-même et à la Ville avec laquelle le projet a été conçu, et soutenu jusqu‘au 4 juillet 2024, jour de l’annonce par le Maire de l’abandon du projet. La responsabilité ne peut en en aucun cas être imputée aux associations. Elles ont contesté par des moyens légaux un projet pharaonique de 40 000 m2 de surface plancher, une muraille de béton entre la ville et la Seine, à la place de l’ensemble arboré qui entoure la salle des fêtes communale, véritable îlot de fraîcheur naturel, essentiel par temps de réchauffement climatique.

Année après année, refusant absolument toute concertation avec les habitants et les opposants au projet, la municipalité s’est enferrée, malgré deux faits qui auraient dû l’alarmer. Le premier fut le sondage commandité par elle-même à une entreprise idoine qui ne fit que confirmer l’opposition de l’énorme majorité des habitants au projet. Le second, fut le résultat de l’enquête publique qui se conclut par un avis négatif au projet. La municipalité n’a laissé comme possibilité à ceux qui contestaient son projet que la voie de la justice et de la loi.

Les recours des associations sont attaqués dans l’assignation comme « abusifs » et constitutifs d’une faute (article 1240 du Code civil) valant réparation financière du préjudice de la société immobilière. Ces recours, dont 2 non encore jugés, sont au contraire, l’expression légitime de l’opposition citoyenne à un projet urbain néfaste à l’avenir de la ville d’Argenteuil.

 

samedi 23 août 2025

Fierté ouvrière. Michelin–Cholet : “tête haute, poing levé, pas de regret !

 

Michelin–Cholet : “tête haute, poing levé, pas de regret ! ”

Alors que, dès début juillet, toute production avait cessé à l’usine Michelin de Cholet, dans le Maine-et-Loire, la direction a attendu le 18 juillet pour envoyer les lettres de licenciements, ne laissant alors qu’une semaine aux licenciés pour accepter leur congé de reclassement.

Publié le 20/08/2025

Sur les 955 salariés du site, seuls 300 ont un point d’atterrissage : pré-retraite, mutation vers un autre site Michelin ou CDI dans une autre entreprise. Aucune de ces « solutions » n’en est vraiment une : en pré-retraite, on perd un quart du salaire ; dans une autre usine Michelin, on n’est pas sûr qu’elle ne sera pas la suivante à fermer ; et les CDI retrouvés sont souvent moins bien payés.

Comble de l’absurde, certains travailleurs sont même censés revenir à l’usine en septembre : une quarantaine, proches de la préretraite, qui se demandent bien à quoi le patron va les occuper, et les 80 de l’atelier Z, qui ne sont pas enchantés à l’idée de passer leurs dernières semaines à nettoyer ce coin du site où ils produisaient de la gomme – un lieu spécialement sale.

Et puis, il reste des centaines de travailleurs sur le carreau, à qui le « plan d’accompagnement » signé entre Michelin et tous les syndicats (sauf la CGT) ne garantit aucun avenir. Le patron brasse de l’air avec ses « modules de formation » et ses « cellules de risques psycho- sociaux ». Mais la réalité, c’est le choix délibéré des actionnaires de bouleverser la vie d’un millier de salariés – en comptant les sous- traitants – pour accroître leurs profits.

Samedi 5 juillet, à l’initiative du comité de lutte, 80 personnes – ouvriers, conjoints, enfants et amis – s’étaient retrouvées sur le parking de l’usine pour un « barbecue de l’amitié ». Après des mois à se serrer les coudes pour tenter de faire plier le patron et de lui arracher des conditions de départ les moins indignes possibles, il n’était pas question que chacun reste dans son coin à broyer du noir. C’était aussi une manière de faire un pied de nez à la direction, qui se vantait dans la presse d’être aux petits soins pour les futurs licenciés et poussait le vice (et le ridicule !) jusqu’à les inviter à venir admirer le « dernier pneu » sorti de l’usine...

Entre le 21 et le 23 juillet, qu’ils aient répondu à leur lettre de licenciement par email, par courrier ou en remettant leur document en main propre, bien des travailleurs ont eu du mal à avaler l’obligation pour eux d’apposer leur signature sur un document détaillant leur congé de reclassement. Celui-ci est en effet loin des 120 000 euros de prime supra-légale adoptés comme objectif en assemblée générale ; et chacun appréhende les coups bas même après les adieux à l’usine, notamment le flicage des démarches de recherche d’emploi.

Cependant, ainsi que résumé dans une affiche fabriquée fin juin par l’un des animateurs du comité de lutte : « tête haute, poing levé, pas de regret ! ». Le pire aurait été de se laisser mettre à la porte en silence. Or à travers leur comité, les travailleurs ont montré qu’il était possible de s’organiser pour tenir tête au milliardaire Michelin. Ils n’ont pas gagné le bras de fer, mais la fierté d’avoir relevé la tête, et ça, cela compte.

                                                      Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2977)

Absence pour règles douloureuses : la censure des préfectures

Absence pour règles douloureuses : la censure des préfectures

Plus d’une cinquantaine de collectivités territoriales ont mis en place des dispositifs permettant, sur justificatifs, à leurs employées souffrant de règles incapacitantes, de disposer d’autorisations spéciales d’absence (ASA). Mais le gouvernement, via les préfectures, s’y oppose.

Publié le 20/08/2025

En l’absence d’un tel dispositif, les femmes concernées sont contraintes soit de prendre un arrêt maladie avec un jour de carence à la clé, soit de perdre un congé ou une RTT.

En février 2024, le Sénat avait retoqué une proposition de loi proposant la mise en place d’un congé menstruel de deux jours par mois, sans perte de salaire, pour les femmes aux règles douloureuses, en particulier en cas d’endométriose, cette pathologie qui touche deux millions de femmes en France.

Le gouvernement, après s’être déclaré favorable à cette mesure, fait le mort, alors que des pays comme l’Espagne, le Japon ou l’Indonésie l’ont déjà introduite.

Sans attendre, des collectivités ont mis en place de tels dispositifs, mais les tribunaux administratifs, saisis par les préfectures, les invalident tour à tour pour le même motif : l’absence de base légale.

Cela vient d’être le cas pour l’agglomération de Strasbourg, après Grenoble, Lyon ou Bordeaux. Et la Direction générale auprès des collectivités locales vient d’émettre une circulaire demandant aux préfets une « vigilance accrue » sur la légalité des ASA.

La décentralisation et l’autonomie de gestion ne valent visiblement que lorsqu’il s’agit d’imposer des restrictions.

                                                  Christian Bernac (Lutte ouvrière n°2977

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

-vendredi 29 août : carrefour Babou, de 17h.15 à 18 h.15, puis tous les vendredis.

-samedi 30 août, de 10 h.15 à 10 h.55 devant Monoprix ;

-puis de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

-de 10 h.30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie.

-dimanche 31 août : de 10 h.15 à 10 h.55 devant Intermarché du centre.

Puis de 11 h. à midi au marché Héloïse.