Aide
humanitaire : une baisse aux conséquences dramatiques
Le 17 juillet, le Sénat
américain a définitivement voté la suppression de 9 milliards de dollars
d’aide aux populations des pays les plus pauvres, comme Trump l’avait annoncé
dès sa prise de fonction il y a six mois.
Publié le 23/07/2025
Deux semaines après l’adoption
d’un budget dont Trump s’est vanté qu’il porte les dépenses militaires à 1
000 milliards de dollars l’an, sa porte-parole s’est félicitée de
l’économie de ce qu’elle a appelé « 9 milliards de conneries ». Les
conséquences de cette réduction drastique du budget humanitaire des États-Unis
se font sentir dès à présent. Dans plusieurs pays d’Afrique, des ruptures dans
l’approvisionnement de médicaments pour le traitement des principales maladies,
comme le paludisme, sont apparues. Le Programme alimentaire mondial a dû
réduire ses opérations en Mauritanie, au Mali et en Centrafrique, et a averti
qu’en l’absence de renfort, ses stocks de nourriture seraient épuisés d’ici à
septembre dans les sept pays d’Afrique de l’Ouest où il intervient.
Le gel des financements, avant
leur suppression officielle, a déjà empêché 500 tonnes de biscuits à haute
valeur énergétique de parvenir aux enfants afghans et pakistanais souffrant de
malnutrition. Ces biscuits, stockés dans un entrepôt de Dubaï, se sont périmés
faute d’être acheminés et devraient être détruits, dans un gâchis criminel.
L’aide américaine n’a jamais été
dénuée d’arrière- pensées impérialistes. C’est ce qu’a reconnu le secrétaire
d’État américain Marco Rubio qui s’est plaint que les pays destinataires de
cette aide n’aient pas voté à l’ONU systématiquement comme le leur demandaient
les États-Unis. D’après lui, les pays d’Afrique ont reçu 165 milliards de
dollars d’aide depuis 1991, mais ne se sont alignés sur le vote des États-Unis
que dans 29 % des résolutions soumises à l’Assemblée générale de l’ONU, soit «
le taux le plus bas du monde ». C’est donc pour en punir les populations de
ces États que la maladie, la faim, le manque d’eau et d’éducation vont encore
plus sévir.
Les pays européens réduisent aussi
leurs budgets d’aide, amplifiant la crise humanitaire qui frappe l’Afrique,
l’Amérique latine et une bonne partie de l’Asie. La France de Macron a baissé
ce budget de deux milliards d’euros cette année, mais elle peut le faire
honteusement, tant elle est couverte par le bruyant cynisme d’un Trump.
L. D. (Lutte ouvrière n°2973)