samedi 26 juillet 2025

Reconnaissance de la Palestine et Macron

 

Une reconnaissance qui n’arrêtera pas les souffrances des Palestiniens

 

                                                      Photo : agence Wafa

Après s’être tenu aux côtés d’Israël dans toutes les guerres, y compris celle qu’il mène actuellement contre les Palestiniens, massacrés et affamés, Macron annonce que la France reconnaîtra l’État de Palestine lors de l’assemblée générale de l’ONU en septembre.

Cela ne changera rien à la politique d’Israël. Tout au plus Macron espère-t-il apparaître comme moins ouvertement du côté de Netanyahou que Trump et d’autres dirigeants du monde impérialiste.

Ce que l’État français s’apprête à faire, c’est à reconnaître un cimetière.

Congés : un droit toujours attaqué

 Congés : un droit toujours attaqué

Le 15 juillet, Bayrou a annoncé son projet de supprimer deux jours de congé, dans le cadre des 43,8milliards d’euros qu’il veut prendre dans les poches des travailleurs.

Publié le 23/07/2025  


Puis la ministre du Travail, Panosyan-Bouvet, a affiché sa propre version de la même idée : il s’agirait de revenir sur la cinquième semaine de congés payés.

La ministre parle en effet de « monétiser » cette semaine, un mot ronflant qui signifie simplement y renoncer et s’en faire payer le salaire, éventuellement avec une majoration. La ministre présente cette mesure comme non obligatoire et, bien entendu, en fonction du « souhait » des travailleurs. Or la faiblesse des salaires ou le « souhait » du patron pèsent bien plus.

Réduire les congés serait autant d’argent économisé par la classe patronale. Alors, le gouvernement mène campagne dans ce sens. Le président du Medef, Martin, lui a emboîté le pas, reprenant le fameux « travailler plus pour gagner plus », la vieille rengaine mensongère de Sarkozy. Bien des travailleurs ont fait l’expérience que dans la réalité, elle signifie plutôt : travailler plus pour gagner moins.

Le gouvernement, qui n’a que le mot travail à la bouche, sait pertinemment que la suppression de congés n’incitera en aucun cas les directions d’entreprise à embaucher, bien au contraire. Il sait aussi que la question des congés peut générer de la contestation, mais calcule sans doute qu’elle peut lui servir de chiffon rouge pour faire oublier les autres attaques annoncées : la saignée d’emplois dans la fonction publique, le doublement de la franchise sur les médicaments ou encore la non-revalorisation des pensions et des allocations.

La monétisation des congés existe en réalité déjà. Dans de nombreuses entreprises, dans les hôpitaux, il est possible de ne pas utiliser ses congés, qui sont stockés sur un compteur temps, et à la place de se les faire payer. Les modalités dépendent des conventions d’entreprise, et en dehors de celles-ci, le rachat de RTT est inscrit dans la loi depuis 2022. Mais bien des travailleurs constatent qu’il s’agit souvent d’un moyen de pression utilisé par leur direction pour limiter les congés.

Les congés payés ont été un des résultats de la grève générale menée par les travailleurs en juin1936. Cest la peur quavait eue le grand patronat face à la force de la classe ouvrière qui l’avait amené à céder cette mesure qui, contrairement à ce que prétend une certaine légende, ne figurait d’ailleurs même pas dans le programme de la coalition de Front populaire. C’est bien cette combativité ouvrière qui doit revenir à l’ordre du jour.

                                                Thomas Baumer (Lutte ouvrière n°2973)

Annonces Bayrou et réactions de travailleurs de l’automobile, une correspondance de travailleurs de l’usine Toyota d’Onnaing (59)

 Toyota – Onnaing : on veut travailler moins, et gagner plus !

Les annonces de Bayrou ont largement été commentées et discutées dans l’usine Toyota d’Onnaing, qui compte près de 4 700 salariés.

Publié le 23/07/2025

Les projets de suppression de deux jours fériés et de monétisation de la 5e semaine ont surtout été au centre des critiques. D’autant plus qu’en avril 2024, l’usine comptait 5 058 travailleurs et en mai 2025 seulement 4 653, soit 405 de moins.

Ce sont 8,5 % de productivité gagnée en un an au profit des actionnaires ! En effet, durant la même période, la production est passée de 1 224 voitures par jour à 1 236. C’est comme si on travaillait gratuitement deux jours par an, et les projets de la direction sont de faire monter la production journalière à 1 254 voitures dans les prochains mois. Ce serait encore trois jours de gains supplémentaires sur un an. Sur les 12 derniers mois, Toyota a ainsi réussi à gagner près de 10 % de productivité dans l’usine d’Onnaing. Comment s’étonner si, au bout du compte, le groupe Toyota a pu annoncer 30milliards deuros de bénéfice net lan dernier.

L’annonce de Bayrou en rajoute donc aux raisons de mécontentement. Est-ce que ce sera la goutte d’eau faisant déborder le vase ?

                                            Correspondant LO  (Lutte ouvrière n°2973)

Militants : Isaac Szmulewicz, la disparition d’un camarade avec lequel nous avons milité

 Notre camarade Isaac

Notre camarade Isaac Szmulewicz, que nous appelions Charron, connu aussi sous le nom d’André Victor, nous a quittés à l’âge de 84 ans.

Publié le 23/07/2025 

 

 

Fils d’un père déporté à Auschwitz et d’une famille juive venue de Pologne, Charron a commencé à militer dans notre organisation au début des années soixante. Il a contribué à la développer en province à Lyon puis à Marseille. Beaucoup d’entre nous l’ont connu au travers de la fête de Presles dont il supervisait le montage presque depuis les origines. Il était musicien à ses heures et maniait l’humour avec talent.

Malade depuis plusieurs années, il ne voulait pas baisser les bras. Sentant sa fin arriver, il nous a laissé cet adieu :

« De toute ma vie je n’aurai été qu’un modeste militant. J’espère avoir œuvré pour créer un jour un parti révolutionnaire. J’en ai terminé. Longue vie et succès aux vivants ! »

Nous ne t’oublierons pas, camarade.

                                                                                Lutte ouvrière n°2973

Argenteuil, urbanisme, Canopée, un projet qui fait fi de bien des contraintes

 

Nous aimerions tellement nous tromper

 

Avec l’espérance que ce ne soit pas une impasse

La municipalité d’Argenteuil s’est lancée il y a un an dans le projet Canopée de transformation de l’avenue Gabriel Péri, comme succédané à son projet Héloïse qui a abouti à un fiasco. Elle veut sa réalisation à marche forcée, au moins dans sa première tranche, pour la veille des élections municipales de mars prochain. Comme si c’était ce genre de chose qui pouvait peser véritablement.

         Nous avons écrit sur le coût d’un projet, une vingtaine de millions et plus, qui aurait sans doute pu et dû être utilisé ailleurs. Nous sommes pourtant dans un contexte qui exige bien des prudences.

         Les travaux sont engagés maintenant, avec des conséquences estivales négatives que nous avons commentées hier. Alors, nous souhaiterions que ce projet ne s’avère pas dans les années qui viennent la preuve d’un gâchis financier et d’une erreur d’aménagement.

         La justification de ce projet serait que la rénovation de la voie entraîne un nouveau développement commercial par l’installation de nouvelles boutiques de qualité capables d’attirer une clientèle aisée. Mais rappelons-nous la fin sans gloire de la portion piétonnière de la rue Paul-Vaillant-Couturier, et l’échec du centre commercial Côté Seine en tant qu’espace de « marques » s’adressant à ces bourses garnies.

         La municipalité n’a jamais voulu entendre et comprendre un problème géographique majeur pourtant évident. Lorsque je l’ai rappelé à l’adjoint-au-maire responsable du commerce lors d’une réunion publique, celui-ci s’est gaussé de mon argumentation. La marque sociale du problème est pourtant une réalité. Les habitants aisés de la Ville, d’Orgemont et des Coteaux en particulier, ne vont qu’exceptionnellement dans le centre d’Argenteuil. Même ceux proches du quartier du Temple ou du fond de la rue de Calais ont du mal à franchir la ligne des anciens remparts, celle du boulevard Léon Feix.

         C’est cette situation qui hypothèque le succès futur de la Canopée, une désignation bien pompeuse pour un projet très risqué. DM

vendredi 25 juillet 2025

“Travailler plus” : au seul bénéfice des patrons

 “Travailler plus” : au seul bénéfice des patrons

Bayrou et ses ministres martèlent sur tous les tons que l’on ne travaille pas assez en France et que la population va devoir se retrousser les manches.

Publié le 23/07/2025

Outre la suppression de deux jours fériés, il est question de faire pression sur les salariés pour qu’ils renoncent à une semaine de congés payés, en échange d’une petite hausse de salaire. Le gouvernement envisage également d’allonger la période de carence en cas d’arrêt maladie : actuellement de trois jours, cette période sans indemnisation pourrait passer à six. La visite médicale de reprise du travail après un arrêt de longue durée serait aussi remise en cause, Bayrou prétendant que « des dizaines de milliers de personnes qui souhaiteraient reprendre le travail en sont empêchées » par le manque de médecins du travail. Mais si c’était vrai, ne suffirait-il pas d’en embaucher ? Ce n’est qu’un mensonge parmi bien d’autres, comme celui qui consiste à faire croire que les entreprises n’arrivent pas à embaucher et qu’il faut donc réduire encore les conditions d’indemnisation des chômeurs pour les pousser à accepter n’importe quel emploi. Le gouvernement Bayrou envisage d’augmenter encore une fois la durée pendant laquelle il faudra avoir travaillé pour toucher une indemnité de chômage, et de limiter l’indemnisation après une rupture conventionnelle.

Tout cela serait justifié, selon Bayrou, par l’urgence d’une « reconquête de la production », la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet expliquant que la France « a le produit intérieur brut par habitant d’un pays en voie de paupérisation ». Mais qui contrôle la production et les embauches, si ce n’est le patronat ? Or, selon la CGT, près de 400 plans de licenciements sont en cours, menaçant quelque 300 000 emplois. En mai dernier, France Travail recensait 5,6millions de chômeurs inscrits, dont plus de 3millions en catégorie A, cest-à-dire sans aucune activité. Et l’État aggrave lui-même la situation en réduisant les effectifs des services publics : 3 000 suppressions de postes sont encore prévues dans le prochain budget.

Tandis que le chômage de masse s’aggrave, la pression sur ceux qui ont un emploi pour qu’ils produisent plus et plus vite ne fait que s’accroître. Alors la richesse du pays ne diminue pas : elle est simplement de plus en plus concentrée entre les mains de la bourgeoisie. Les seules entreprises du CAC40 ont fait 133 milliards d’euros de bénéfices en 2024, alimentant la fortune des plus riches, dont les 500 premiers possèdent collectivement 1 128 milliards d’euros.

Quand Bayrou déclare qu’« il faut que la nation travaille davantage », il faut comprendre en fait que les travailleurs en activité devraient s’épuiser encore plus à la tâche, venir travailler même malades et accepter de voir se réduire le nombre de leurs jours de repos, tandis que ceux qui sont au chômage s’enfonceraient encore plus dans la pauvreté. Ce plan d’attaques ne laisse au monde du travail que le choix de s’organiser et de se mobiliser pour imposer l’inverse : des embauches et une répartition du travail entre tous ceux qui ont besoin de travailler, en prenant sur les profits et les fortunes capitalistes pour assurer des salaires décents à tous.

                                            Claire Dunois (Lutte ouvrière n°2973)

 

Permanence de Lutte ouvrière, ce soir, de 17 h.15 à 18 h.15 au carrefour « Babou »