lundi 21 juillet 2025

Sénégal : départ en trompe-l’œil

 

L’impérialisme toujours

 

 

L'armée française a quitté les deux dernières des six bases militaires dont elle disposait au Sénégal depuis des décennies et qui lui servaient de base arrière pour ses interventions armées sur le continent.

Avec ce départ, le président Ousmane Sonko se pose à peu de frais en défenseur de la souveraineté africaine et sénégalaise. Mais dans les faits, l'accord entre les deux pays prévoit que la France continuera à former des officiers de l'armée sénégalaise.

Quant à l'emprise économique des entreprises françaises, elle ne s'en trouvera pas écornée, les deux gouvernements étudiant même « les perspectives de renforcement » de leurs « liens économiques ». Seuls les travailleurs pourront en finir avec la Françafrique.

Aide alimentaire : des conséquences catastrophiques

 

Absurdité criminelle

 


 

La presse américaine a révélé que des tonnes de biscuits à haute valeur énergétique, destinés aux enfants souffrant de la faim dans les pays pauvres, vont être incinérées. Bloqués dans un entrepôt par le démantèlement de l’USAID, l’agence américaine pour l’aide au développement, ces biscuits ont en effet dépassé la date de péremption et doivent être détruits. Il est à craindre que cela se reproduise, car tous les pays riches ont diminué le montant alloué aux aides aux pays sous-développés.

Une absurdité criminelle, à l’image de ce système, qui veut que, lorsqu’on est trop pauvre pour payer, on peut crever de faim à la porte d’entrepôts pleins de nourriture.

Argenteuil, élections ou pas, faire entendre le camp des travailleurs

 

Aucune illusion à avoir sur le municipalisme

 

 

Les prochaines élections municipales prévues en mars 2026 approchent. Un certain nombre de listes putatives ont commencé à Argenteuil à montrer le bout de leur nez, depuis des mois même, voire davantage.

         Avec les meilleurs militants dévoués, y compris avec la mobilisation de la population, si une liste de militants s’adressant au monde du travail, soucieuse de ses intérêts, réussissait à conduire une municipalité, ses possibilités de résultats seraient extrêmement limitées. L’environnement capitaliste et de l’État à son service crée des contraintes devant lesquelles la meilleure volonté peut bien peu de choses.

         Qu’une liste de militants communistes révolutionnaires l’emporte n’est pas aujourd’hui dans tous les cas une hypothèse sérieuse. Mais nos idées doivent être présentes dans ces élections pour faire entendre les analyses et les intérêts de notre classe. Des élus feraient la même chose au sein du conseil municipal.

         À Argenteuil comme dans de nombreuses villes, il y aura donc une liste Lutte ouvrière. À Argenteuil, la liste comprendra 55 candidates et candidats. La rejoindre, c’est aider à faire entendre la voie militante de Lutte ouvrière et à permettre aux habitants qui souhaitent voter pour elle de pouvoir le faire.

         Avant tout, il s’agit de réfléchir à ce que sont les municipalités, et le bilan de ce qui s’est passé sur ce plan à Argenteuil depuis les dernières élections municipales de 2020 qui eurent lieu au lendemain du confinement ce qui leur donna un caractère particulier. C’est ce que nous allons faire dans les semaines qui viennent. Nous allons en avoir le temps, avant septembre où bien d'autres questions auront la priorité. DM

 

dimanche 20 juillet 2025

Après Macron, Bayrou la guerre aux travailleurs

 Après Macron, Bayrou la guerre aux travailleurs

Mardi 15 juillet, comme annoncé, le Premier ministre a dévoilé la première mouture du budget 2026, deux mois avant l’heure de sa discussion par les députés. Il s’agit à la fois d’annoncer la couleur à la population et de se laisser le temps de trouver un accord de non- censure.

Publié le 16/07/2025


 

La prestation était sobrement intitulée « Le moment de vérité ». Bayrou a affirmé que « le pronostic vital du pays est engagé » et, pour faire bonne mesure, il était ravitaillé en eau par un militaire en uniforme bardé de décorations.

C’est d’ailleurs par la question de la guerre, dans le droit fil du discours de Macron, que Bayrou a commencé. Puisque le président a annoncé, du haut de son Olympe, plus de 3,5 milliards d’augmentation du budget militaire, le Premier ministre s’exécute et prétend trouver non pas 40 mais bien 44 milliards d’économies.

Sans surprise, celles-ci seront faites exclusivement aux frais des classes populaires, les seules concernées par les annonces concrètes et chiffrées dans un flot des banalités cent fois répétées. Ainsi l’État va supprimer 3 000 postes et contraindre ses opérateurs à faire de même, un fonctionnaire sur trois partant à la retraite ne sera pas remplacé. Bayrou ne l’a pas dit, mais cela se traduira inévitablement par l’aggravation de la situation dans les hôpitaux, les écoles et tous les services publics.

Les salaires des fonctionnaires, les prestations sociales, les retraites, les allocations chômage seront bloqués en 2026. Bayrou en attend sept milliards d’économies. Il compte sur cinq autres milliards d’économies en faisant passer le plafond du reste à charge des médicaments de 50 à 100 euros par an, en s’attaquant à la prise en charge des affections de longue durée (ALD), en déremboursant des médicaments, en demandant aux patients d’aller moins souvent consulter. Il va aussi augmenter les impôts des retraités en supprimant pour certains l’abattement de 10 %.

Les économies à faire sur les hauts revenus, les fraudeurs fiscaux, les niches fiscales des milliardaires, l’optimisation fiscale des grandes fortunes sont évoquées, dans un flou aussi artistique que vide. C’est à l’étude, affirme Bayrou, et manifestement, ceux qui en profitent n’ont rien de sérieux à craindre.

Le deuxième volet du plan consiste en une incitation à travailler plus. Là encore, le plan se décline selon les classes sociales. Pour les travailleurs, on utilise la contrainte, par la suppression de deux jours de congé, par une négociation, c’est-à-dire une nouvelle baisse sur les allocations chômage, et par une « modification du droit du travail » (au profit des employeurs, on s’en doute), etc. Pour les capitalistes, Bayrou annonce des incitations financières et son plan d’économies comprend là des dépenses nouvelles. Il s’agit par exemple de la fourniture d’énergie bon marché aux industriels, d’un milliard d’aide à l’investissement, de simplifications réglementaires décidées par ordonnance afin que les entrepreneurs n’aient pas à attendre, etc.

Dans ce cadre, Bayrou n’a pas pu ne pas parler des 211 milliards d’aides annuelles aux entreprises, comptabilisés à peine une semaine auparavant par le Sénat, aides dont l’État ne connaît ni la destination, ni l’utilité, ni même le montant exact et sur lesquelles personne n’a de contrôle. Majoritairement versées aux très grandes entreprises, renouvelées année après année à fonds perdus (pas pour tout le monde), ces aides expliquent pourtant pour une large part le déficit que Bayrou prétend combattre. Il promet benoîtement d’examiner la question et pense pouvoir économiser un milliard par-ci par-là sur les 211 offerts en toute simplicité aux grandes familles propriétaires. Et voilà toute la contribution qu’apporteront pour sauver le pays les Arnault, Dassault, Bolloré et tous ceux dont jamais le Premier ministre n’a évoqué les fortunes, les bénéfices ni les rentes de situation servies par l’État !

Côté face, Macron joue les chefs de guerre, côté pile, Bayrou annonce la guerre aux travailleurs et les deux méritent la monnaie de leur pièce.

                                                               Paul Galois (Lutte ouvrière n°2772)

Allemagne : expulsions révoltantes

 

Complices et démagogues

 

 

Le gouvernement Merz, qui allie conservateurs et sociaux-démocrates, a décidé l’expulsion de 81 Afghans vers leur pays d’origine où ils risquent la mort aux mains des talibans. Des centaines de milliers de réfugiés ayant échappé à la guerre civile syrienne il y a dix ans sont désormais menacés du même sort. 

Ces dirigeants « démocratiques » ne sont en rien gênés par les régimes les plus sanguinaires et les plus barbares.