lundi 2 juin 2025

Bernard Arnault : le poids des milliards

 

Bernard Arnault : le poids des milliards

Bernard Arnault, PDG de LVMH, première fortune de France et une des plus grandes dans le monde, a été auditionné mercredi 21 mai par une commission sénatoriale, qui enquête sur les aides publiques versées aux grandes entreprises.

Publié le 27/05/2025 

 

Arnault a commencé par attaquer Fabien Gay, rapporteur communiste de la commission sénatoriale et directeur du journal L’Humanité. La une de ce quotidien titrait le jour de l’audition sur les suppressions d’emplois dans le luxe, dont 1 200 chez Moët Hennessy, la filiale Vins et spiritueux du groupe LVMH. Il a prétendu que le titre était mensonger, car ce ne serait pas des licenciements, mais des départs non remplacés. Comme si ce n’était pas pour autant des emplois en moins pour ceux qui en cherchent.

Mais pour Bernard Arnault, l’État n’a rien à dire sur les suppressions d’emplois, et il doit se contenter de remercier LVMH d’embaucher des dizaines de milliers de personnes en France, comme s’il leur faisait un cadeau. Il s’est aussi vanté d’être à la tête du groupe qui paye le plus d’impôts en France, 15 milliards en dix ans. Mais cela ne représente qu’une goutte d’eau pour ce groupe qui a fait 85 milliards de chiffre d’affaires et autour de 13 milliards de bénéfices en 2024, en exploitant ces dizaines de milliers de salariés.

Réagissant à la demande d’Emmanuel Macron aux chefs d’entreprises de faire preuve de patriotisme en suspendant leurs investissements aux États-Unis, Arnault a aussi déclaré : « Chaque fois que l’État se mêle des affaires privées, cela conduit à la catastrophe ».

Pour Bernard Arnault, les patrons investissent où ils veulent, embauchent ou licencient s’ils veulent, sans que l’État ait son mot à dire. En revanche, il trouve tout à fait normal que l’argent public revienne dans ses poches sous forme de subventions et aides diverses.

Une façon de rappeler aux sénateurs qui décide dans la société capitaliste… et qui obéit.

                                                         Hélène Comte (Lutte ouvrière n°2965)


Pesticides, que la population crève mais que vivent les profits

 

Duplomb dans l’aile

 

Photo : France Nature Environnement
 

Examinée à l’Assemblée nationale, la loi Duplomb veut réintroduire des pesticides tueurs d’abeilles estimés dangereux pour l’homme, étendre des mégafermes d’élevage, développer les mégabassines, simplifier les règles d’épandage, etc. Elle est taillée sur mesure pour les gros patrons du secteur agricole que défend la FNSEA.

         Justement, le sénateur républicain Duplomb, producteur laitier, est lui-même ex-président FNSEA d’une Chambre d’agriculture. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même...

Éducation, inclusion, la catastrophe. Une grève à l’école Cézanne de Pontoise

 

Quand la direction académique veut imposer sa loi

 

 

La loi oblige l’inclusion dans les classes « normales » de tous les élèves qui subissent un handicap, lequel peut être très lourd. Le problème est que les moyens humains mis à disposition pour aider les élèves sont en nombre très insuffisants.

         Les personnels dédiés à ce travail très important et qui demande un engagement de tous les instants, les AESH, ont un salaire qui ne leur permet pas de vivre, sont sous-formés, et maintenus dans une situation très difficile. Dans une école de Pontoise, l’école Cézanne, les personnels, les AESH, les parents d’élèves, ont décidé de dire non à une décision unilatérale prise par la direction de l’éducation du Val d’Oise. Une journée de grève et d’action aura lieu demain 3 juin sur cette école.

         Selon la CGT-Éducation du Val d’Oise, « … la hiérarchie tente de passer en force contre le collectif de travail et contre la CGT Educ'action 95. En effet, le DASEN, en trahissant ses propres engagements, souhaite implanter une ULIS-TSA sans l'aval des collègues, sans aucune concertation, aucune préparation, sans respect des cadres de discussion habituels et alors que l'École accueille déjà un grand nombre d'enfants en situation de handicap ou à besoins particuliers. En réalité, la hiérarchie souhaite à travers cette manœuvre faire exploser le collectif de travail et préfère jouer la politique de la terre brûlée face à une équipe qui sait exercer sa souveraineté au travail et construire des liens forts avec les parents du quartier.

         Autour de cette affaire, en réalité se font face deux visions de l'inclusion. L'une froide, déshumanisée, inefficace et sans moyen. L'autre réellement inclusive, qui s'appuie sur l'expertise des praticiens/praticiennes, par un vrai travail de concertation et de coopération, avec des moyens humains et matériels pour une vraie prise en charge de la difficulté scolaire. »

 

DAEN : direction académique

ULIS-TSA : l'ULIS (Unité Locale d'Inclusion Scolaire), conçue pour l'accueil en milieu scolaire d'enfants souffrant de troubles du spectre autistique (TSA), a pour objectif de permettre à de jeunes collégiens (8 élèves maximum) d'accéder au système scolaire avec un projet éducatif adapté.