mercredi 26 février 2025

Argenteuil, « La Seine pour horizon », priorité au devenir des habitants et des travailleurs d’hier et d'aujourd’hui

 

L’impression d’une vision très loin de l’humain qui y vit

 

 


Le maire d’Argenteuil s’affirmant urbaniste parle beaucoup des lieux et des espaces. Nous avons ainsi noté dans une des réponses de son « grand » interview deux affirmations. La première : « À proximité de la Seine, nous avons le Centre technique municipal, qui n’est pas une porte d’entrée très valorisante pour la ville ». La seconde : « Il faut aussi repenser le foyer des travailleurs Adoma, en accord avec le propriétaire ».

         Entre nous, le Centre technique municipal n’est ni une entrée de ville ni n’intéresse beaucoup les conducteurs de la RD311 qui ont tout de même autre chose à regarder. Mais là n’est pas l’essentiel. Si l’édile s’intéresse aux lieux et aux espaces, il y a une donnée qui ne semble pas l’intéresser particulièrement, celle de leurs habitants et des travailleurs qui y œuvrent.

         Au bout du boulevard Karl Marx, le foyer Adoma est dans une sorte d’angle mort, proche du centre mais très loin de sa vie sociale. Il abrite pourtant nombre de travailleurs seuls, âgés, de « Chibanis » comme on les nomme affectueusement, qui ont participé, célibataires, à l’élan des dites Trente glorieuses. Ils mériteraient attention et gratitude. Avant leur « propriétaire », c’est leur devenir qui doit préoccuper.

         Quant au CTM, les agents municipaux y travaillent dans des locaux dignes d’un autre siècle, et ils n’ont eux aussi jamais trop préoccupés les édiles successifs de la Ville.

         Alors les lieux et les espaces d’accord, mais priorité à ceux qui y vivent et y travaillent ! DM

mardi 25 février 2025

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 24.02.25. Alliance atlantique ou européenne : même brigandage

 Alliance atlantique ou européenne : même brigandage

24/02/25

 

La réconciliation spectaculaire de Trump avec Poutine, sur le dos des Ukrainiens, sidère nombre de commentateurs. Les dirigeants européens se sentent lâchés par la première puissance impérialiste.

Faisant mine de compter dans ce jeu, alors que la France est une puissance de seconde zone, Macron s’agite. Prétendant que la Russie serait une menace existentielle pour l’Europe, il se pose en chef de guerre, prêt à envoyer des troupes en Ukraine et surtout à doubler les dépenses militaires.

Pour dégager ces 60 ou 80 milliards d’euros supplémentaires qui viendront remplir les coffres de Thales, Dassault et autres marchands de canons, Macron le dit sans fard : « On va devoir revisiter nos priorités nationales ». Autrement dit, les milliards supplémentaires pour l’armée seront pris sur les logements, les écoles, les hôpitaux… Le passage à l’économie de guerre justifiera de rallonger le temps de travail, reporter l’âge de départ à la retraite, supprimer des jours de congés. Macron a d’ailleurs vanté le Danemark où le départ en retraite va être porté à 70 ans pour financer l’armée.

Il a pourtant trouvé le soutien immédiat de tous les partis, ceux de gauche en tête : Bompard, pour LFI, s’est félicité que « le président utilise le terme de non-alignement » tandis que Roussel, du PCF, répète que « la France doit faire entendre sa voix ». Au nom de la défense de la souveraineté nationale, ces politiciens se mettent au garde-à-vous devant les généraux et les marchands de canons. Ils participent par avance à l’union nationale pour la guerre.

Face à la volonté de domination américaine affirmée avec le cynisme et la brutalité d’un Trump, les dirigeants européens tentent de se faire passer pour les gardiens des valeurs démocratiques. Mais c’est une posture hypocrite et mensongère.

De l’Afrique au Moyen-Orient, ils n’ont cessé de se répartir des zones d’influence, de fomenter des guerres, de tailler des frontières au milieu des peuples ou de soutenir des dictateurs qui leur étaient utiles, avant de les lâcher du jour au lendemain.

S’ils s’offusquent parce que les brigands Trump et Poutine se réconcilient pour se partager les richesses de l’Ukraine, c’est uniquement parce qu’ils sont écartés du butin. Ils seront privés de l’accès à de précieux minerais, aux riches terres agricoles et au marché de la reconstruction d’un pays détruit.

Les relations entre les États-Unis et les pays européens ont toujours été des relations entre puissances inégales luttant sans pitié pour accaparer les marchés.

Le revirement américain en Ukraine prend les Européens à contre-pied. Mais l’objectif de Trump est le même que celui de Biden : assurer l’hégémonie américaine sur le monde. Les moyens pour y parvenir changent, au gré de l’évolution des rapports de forces.

Depuis trois ans, les États-Unis ont trouvé de multiples avantages à prolonger cette guerre, menée avec la peau des Ukrainiens et des Russes : ventes massives d’armes, test de leur matériel, mainmise sur les ressources du pays, affaiblissement des oligarques russes. Cette guerre leur a aussi permis d’affaiblir les capitalistes européens, privés du gaz russe et contraints de réorganiser leurs marchés.

Si, aujourd’hui, Trump lâche les dirigeants ukrainiens, ce n’est ni parce qu’il est fou ou sous l’emprise de Poutine ni parce qu’il voudrait apporter coûte que coûte la paix dans le monde. C’est parce que, après trois années de guerre, l’impérialisme américain fait ses comptes.

Alors que le front en Ukraine n’évolue guère, que les cartes ont été rebattues au Moyen-Orient par les coups de l’armée israélienne, Trump et sa bande estiment utile de faire la paix avec Poutine. Ils veulent qu’il cautionne et participe à leur domination sur le monde, rôle que le Kremlin a joué de nombreuses fois dans le passé, en Asie, en Europe ou au Moyen-Orient.

Dans le renversement des alliances qui s’effectue sous nos yeux, dans ce bras de fer entre brigands, les travailleurs ne doivent pas serrer les rangs derrière leurs dirigeants politiques ou leurs généraux.

Qu’ils défendent la souveraineté nationale, une défense européenne ou le maintien d’une alliance avec les États-Unis, les politiciens qui se disputent le pouvoir sont tous d’accord pour défendre les intérêts des capitalistes. Quelle que soit l’option qu’ils défendent, ils nous la feront payer, par des sacrifices financiers aujourd’hui, au prix du sang demain.

S’opposer à l’avenir sanglant que le capitalisme nous prépare commence par refuser l’embrigadement derrière nos dirigeants et les sacrifices qu’ils nous promettent.

                                                                      Nathalie Arthaud               

Assassinat de Mulhouse, un tour de plus dans l’engrenage de la démagogie

 

Un malade est un malade qui aurait dû être soigné, sauf pour les démagogues

 

 

L’assaillant qui a tué un homme et blessé grièvement des policiers municipaux à Mulhouse présente un « profil schizophrène », et l’acte a une « dimension psychiatrique », selon le ministre de l’Intérieur lui-même. Mais celui-ci préfère insister sur le fait que le meurtrier est algérien, sans-papier, « sous obligation de quitter le territoire » et que l’Algérie a refusé de l’accueillir au moins à dix reprises...

Retailleau utilise ce drame, présenté comme un nouvel attentat islamiste, pour imposer l’amalgame entre immigration, musulmans et terrorisme. Il veut sa couronne de lauriers anti-immigrés pour plaire à la droite de la droite. Ne tombons pas dans son panneau !

Valls, la colonie et ses défenseurs

 

Avec ces colonialistes qui n’apprendront jamais rien

 

 

EPA-EFE/Ludovic Marin

« Ici c’est la France !» : c’est par ce cri que Manuel Valls, ministre des Outre-Mer, a été accueilli en Nouvelle-Calédonie. Ceux qui lui ont réservé cet accueil voudraient que les descendants des colons et les populations non kanakes conservent leur statut privilégié dans l’île, alors que la population autochtone, les Kanaks, est la plus pauvre et la plus méprisée. 

Nul doute qu’ils sauront se faire entendre de Valls, représentant de l’État français qui a tué plusieurs personnes et en a arrêté des milliers d’autres afin de mettre fin à la révolte des Kanaks au printemps dernier.