samedi 22 février 2025

Groenland : entre la peste et le cholera

 

Tous brigands et prédateurs

 

 

Au Groenland, l'extraction de la cryolite, un minerai précieux pour le traitement de l'aluminium, aurait rapporté l'équivalent de 54 milliards d'euros à l'État danois et à l'entreprise chargée de l'extraction, entre 1847 et 1987. D'autres entreprises étrangères en ont aussi bien profité, mais très peu les habitants de cette ile immense.

Le Danemark, en bon état colonial, a toujours prétendu que le Groenland lui avait davantage coûté que rapporté. Le voilà pris la main dans le pot de confiture.

Les États européens, qui s'indignent des prétentions américaines sur le Groenland, sont tout autant des brigands que leur parrain prédateur d’outre-Atlantique.

Chirurgie de l’obésité à Argenteuil, une suppression que le gouvernement veut toujours maintenir

 

Le « cause toujours tu m’intéresses » de ces gens-là

 

 

Ce mardi, le député LFI d’Argenteuil-Bezons, Paul Vannier, a posé une question orale à l’assemblée nationale, demandant que le gouvernement revoie la décision de l’Agence Régionale de Santé d’Ile de France de suppression de l’activité de chirurgie de l’obésité à l’hôpital d’Argenteuil. La ministre de la santé n’étant pas là, c’est celle du travail qui lui a répondu.

         Très sûre d’elle, cette dame lui a déclaré qu’il n’y avait pas péril en la demeure puisque l’hôpital d’Eaubonne-Montmorency a également un tel service de chirurgie, qu’une organisation représentant les malades d’obésité au niveau national n’y voit pas malice, et que l’hôpital d’Eaubonne n’est qu’à 9 kilomètres de celui d’Argenteuil ! Fermez le ban.

         Il importe donc à cette ministre que l’hôpital d’Eaubonne ne pourra pas traiter tous les patients, que ces représentants patentés ne représentent qu’eux-mêmes, et que la proximité immédiate d’une population de milieux très populaires est un facteur surdéterminant pour le suivi de ce genre de pathologie !

         Le député a donc été renvoyé dans les cordes, comme on imagine que le seront les initiatives épistolaires en particulier des édiles d’Argenteuil et de la région destinées à l’ARS.

         Il restera la force essentielle sur laquelle il faut compter, la véritable mobilisation des agents hospitaliers et de la population. Celle-ci n’a pas encore vraiment eu lieu, tout comme l’information préalable de l’ensemble de la population concernée. DM

vendredi 21 février 2025

Nouveau Front Populaire : chamailleries entre marchands d’illusions. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n°2951

 Nouveau Front populaire : chamailleries entre marchands d’illusions

Dimanche 16 février, Jean-Luc Mélenchon a inauguré une nouvelle saison de la série « les aventures du NFP ». Le leader de La France insoumise (LFI) caractérise désormais son alliance avec le PS comme « toxique ».

Publié le 19/02/2025

 


 

« Je me suis lourdement trompé, les socialistes n’ont jamais eu l’intention d’être nos partenaires. Ils voulaient se servir de nous » a déclaré Mélenchon. Il a pourtant atteint l’âge de 73 ans, dont 55 de vie politique, a été élu sénateur socialiste pour la première fois en 1986 et a occupé depuis quasiment toutes les fonctions imaginables. Il a été dirigeant du PS au pouvoir et dans l’opposition, puis chef de son propre parti et candidat à l’élection présidentielle. Mais Mélenchon n’en serait pas moins un naïf, un innocent, le ravi de la crèche politicienne que des socialistes machiavéliques auraient trahi. À d’autres !

Le NFP a été constitué par LFI, le PS, le PCF, les écologistes et quelques mouches du coche plus ou moins décoratives le 10 juin 2024 en vue des élections législatives, après la déroute de leurs listes concurrentes à l’élection européenne et l’arrivée en tête de celle du RN. Cette alliance avait un seul ciment, le dégoût légitime des électeurs de gauche devant la montée de l’extrême droite, et une politique : constituer un cartel électoral pour sauver le maximum de sièges. La suite a été, après le premier tour, le front républicain, c’est-à-dire le désistement, même pas toujours réciproque, en faveur des macronistes et de la droite. C’est ainsi que le NFP entra dans la carrière en appelant à voter pour ceux qui aujourd’hui étranglent les travailleurs, de B

orne à Darmanin en passant par les amis de Retailleau et ceux de Bayrou. Et chacun, au NFP, revendique comme un titre de gloire ce tour de passe-passe qui a consisté à transformer des ennemis ouverts des travailleurs en sauveurs et contribue à repousser des millions d’électeurs populaires vers le RN.

Aujourd’hui les calculs immédiats des divers larrons divergent. En particulier le PS, parti qui sert fidèlement le grand capital à chaque passage aux affaires depuis plus d’un siècle, fait ce qu’il faut pour que le gouvernement Bayrou perdure, de façon, dit-il, à stabiliser la vie politique. Le PS n’a donc pas voté les deux dernières motions de censure proposées par LFI, s’attirant ce procès en trahison. Les écologistes, qui ont voté la censure, plaident pour le maintien de l’unité, PS compris. Le PCF se divise entre ceux qui n’ont pas voté la censure et les autres, et attend de savoir de quel côté va tomber la pièce. Le spectacle a tout de la comédie car tout ce petit monde se réconciliera d’une façon ou d’une autre dès que de nouvelles nécessités électorales se feront sentir, à commencer par les élections municipales de 2026.

Pendant ce temps, le grand patronat impose sa politique, les sommets de l’État la mettent en œuvre et le gouvernement l’enrubanne d’un discours de plus en plus réactionnaire et xénophobe qui n’a pas grand-chose à envier à celui du RN. Dans cette situation, le NFP, loin de défendre les intérêts des classes populaires, comme il le prétend, a contribué à les désarmer en leur faisant prendre des vessies pour des lanternes ; Darmanin et Retailleau, pour des remparts contre l’extrême droite ; les lois du marché, pour la loi éternelle. Et les quatre partis qui le constituent continuent à le faire, ensemble ou séparément.

                                              Paul Galois (Lutte ouvrière n°2951)

 

Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région :

Aujourd'hui vendredi 21 février, de 17 h.15 à 18 h.15 au « carrefour Babou » ;

Samedi 22 : de 10 heures 30 à midi, centre commercial de la cité Joliot-Curie ;

-et de 11 heures à midi au marché de la Colonie ;

Dimanche 23 février, de 11 h. à midi, au marché Héloïse ;

Lundi 24 février, de 18 à 19 heures, centre cl des Raguenets à Saint-Gratien.

Productivité en progression à la mesure de celle de l’exploitation

 

La productivité progresse ? L’exploitation augmente !

 

 

Le dernier rapport de l'OFCE note l'augmentation de la productivité du travail. Elle a pris 2% en 2024. En regardant le détail, elle est le fait notamment des suppressions d'emploi, et donc de la répartition de la même charge de travail sur un nombre restreint de salariés.

Du point de vue des travailleurs, cela s’appelle de l’exploitation !

Michelin : l’obstination des travailleurs futurs licenciés pour obtenir des indemnités à la hauteur du préjudice subi

 Michelin – Cholet : “Même si Michelin le veutpas, nous on est là !”

Jeudi 13 février autour de midi, une trentaine d’ouvriers de l’usine Michelin de Cholet, dans le Maine-et-Loire, ont organisé une opération « péage gratuit » pour s’adresser à d’autres travailleurs.

Publié le 19/02/2025

 

 

Pendant une heure et demie, ils ont maintenu levées les barrières du péage autoroutier entre Cholet et Angers, afin de discuter de leur combat avec un maximum d’automobilistes. L’accueil a été chaleureux, et pas seulement parce que leur action faisait baisser le coût du voyage ! Bien des travailleurs ont exprimé leur soutien, et aussi le sentiment qu’une lutte plus générale serait la bienvenue vu l’offensive patronale contre le monde du travail. La distribution de tracts s’est poursuivie en début d’après-midi sur un rond-point proche de l’usine, où les travailleurs ont mesuré une fois de plus la popularité de leur cause.

En lutte depuis le 5 novembre 2024 contre la fermeture de leur usine et de celle de Vannes, et contre les 1 250 licenciements qu’elles impliquent, ils cherchent à multiplier les occasions de faire parler de leur combat – pour tenter de contrer la direction du groupe qui, au contraire, voudrait que cette destruction massive d’emplois se fasse sans vagues et au moindre coût pour les actionnaires.

Le bilan des « négociations » entre représentants des syndicats et du patron, qui se répètent depuis la mi-décembre, est maigre pour l’immense majorité des futurs licenciés : Michelin ne propose toujours pas plus de 40 000 euros d’indemnité de licenciement, alors que les assemblées générales de travailleurs ont fixé leur objectif à 120 000 et que l’intersyndicale, dans un premier temps, visait 70 000 euros.

Il y a deux semaines, les 25 membres de l’intersyndicale (dont neuf seulement issus des sites de Cholet et de Vannes) ont revu leur revendication à la baisse, à 50 000 euros. Cela n’a fait que renforcer chez les travailleurs en lutte la conviction que, comme dit le slogan, c’est pas dans les salons qu’on obtiendra satisfaction.

Mardi 18 février, les syndicats appelaient à faire grève et à se rassembler à Cholet pour soutenir les négociateurs réunis au siège de Michelin à Clermont- Ferrand. Mais au rassemblement de 10 heures, pas un délégué de Solidaires ou de la CFDT n’était présent, seuls ceux de la CGT étaient là. Une fois de plus, le comité de lutte élu par les travailleurs eux- mêmes, syndiqués ou pas, a eu à son actif d’être à l’initiative de l’action, à savoir le blocage de l’usine dès 5 heures du matin. Dans la journée, des travailleurs de Wibaie – actuellement en lutte pour une augmentation des salaires – sont passés apporter leur soutien au piquet, et une action commune a été envisagée la semaine suivante.

Michelin vient de dévoiler ses bénéfices avant impôts pour 2024 et, malgré un tassement des ventes, ils sont confortables : 3,37 milliards d’euros, contre 3,57 milliards en 2023 et 3,39 milliards en 2022. La valeur du dividende va même augmenter, à 1,38 euro par action contre 1,35 en 2023 et 1,25 en 2022. Oui, ces vautours peuvent et doivent lâcher beaucoup plus que des miettes !

                                                      Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2951)