Nous
trouvons dans une brochure éditée par Lutte ouvrière en juin 1982 l’introduction
et la conclusion suivante.
Moyen-Orient
: les dirigeants sionistes font la guerre aux Arabes… et au peuple israélien
(La guerre du Liban)
Publié le 25/06/1982
Le 4 juin, Israël a engagé au
Liban une guerre sans scrupule et sans pitié, une guerre totale. Rien que dans
les deux premières semaines, selon la Croix Rouge et la police libanaises,
l'offensive israélienne au Liban a fait 14 000 morts et 20 000 blessés. La
plupart des victimes. étaient des civils, libanais ou palestiniens, morts lors
des attaques aériennes de l'armée d'Israël. Le chiffre est considérable. Pour
faire quatorze mille morts en quinze jours de guerre, en occupant une région du
Liban qui comporte en temps normal à peine plus d'un million d'habitants, il
fallait que les militaires israéliens aient fait consciemment le choix de
détruire et de massacrer, sans distinguer ni les vieillards, ni les femmes, ni
les enfants, ni les civils des combattants. II est établi maintenant que
l'armée israélienne a utilisé des bombes à fragmentation, particulièrement
meurtrières. Son but était de frapper de terreur, le plus vite possible, le
plus profondément possible, la population de cette région du Liban que 100 000
hommes de troupe israéliens allaient ensuite occuper : près d'un soldat pour
dix habitants, hommes, femmes et enfants.
…………………………….
L'annonce
d'un avenir dramatique ?
Voilà pourquoi, bien sûr, on
pourrait dire aujourd'hui que la guerre du Liban, malgré toute sa cruauté,
n'est après tout qu'une guerre de plus dans ce Moyen-Orient qui en a déjà connu
quatre. On peut se dire qu'elle est due aux conditions locales, à l'existence
de cet État sioniste qu'est Israël, à la tension permanente dont il est la
cause dans la région. Tout cela est vrai ; il y a d'abord, dans la cinquième
guerre du Moyen-Orient, la suite logique de la quatrième et des précédentes,
qui étaient elles-mêmes la suite logique de l'implantation sioniste en
Palestine. On peut se dire alors que, bien sûr, la solidarité si possible
active des prolétaires européens doit aller au peuple palestinien, au peuple
libanais, et aussi au peuple israélien contre le régime odieux de Begin et de
Sharon, mais qu'au fond les prolétaires européens ne sont pas directement
impliqués dans ce nouveau conflit du Moyen-Orient.
Mais justement, cela n'est pas
sûr. La cinquième guerre israélo-arabe est à la fois la suite de la précédente,
et en même temps bien plus que cela. Elle implique un choix irréversible de la
bourgeoisie israélienne, un choix qui se révélera peut-être, plus tard, comme
le début d'un enchaînement catastrophique.
Lorsque, avant la Seconde Guerre
Mondiale, le Japon a envahi la Mandchourie en 1931 ou lorsque l'Italie fasciste
en 1935 a déclenché une expédition coloniale en Éthiopie, ces conflits
semblaient des conflits limités. Et pourtant, les choix politiques faits alors
par la bourgeoisie japonaise et la bourgeoisie italienne se plaçaient dans le
contexte de la crise économique que connaissait alors le monde entier et qui
finalement a conduit à la guerre mondiale.
En ce sens, la guerre du Liban
annonce peut-être un dramatique avenir pour tous les peuples de la région. Mais
elle annonce peut-être encore pire : la guerre à l'échelle planétaire. Et elle
signifie en tout cas qu'il est plus urgent que jamais de préparer dans tous les
pays et d'abord dans le nôtre, la révolution socialiste. Il est peut-être
malheureusement déjà très tard pour que la classe ouvrière israélienne puisse
s'opposer aux entreprises de guerre de ses dirigeants, bien que certaines
réactions, comme les manifestations contre l'agression au Liban, montrent qu'en
Israël même un mouvement d'opposition conséquent à la politique de Begin et
Sharon n'est pas complètement exclu. Mais en tout cas, il n'est pas trop tard
pour la classe ouvrière des pays européens, de France, ou des États-Unis. Il
n'est pas trop tard pour qu'elles luttent, pour qu'elles se préparent à se
battre et à vaincre leur propre bourgeoisie, pour l'empêcher de leur imposer
des choix analogues à ceux qu'impose la bourgeoisie d'Israël à sa classe ouvrière
et à son peuple. Il n'y a en tout cas pas d'autre voie que la voie
révolutionnaire pour stopper de-main la marche à la guerre dans laquelle le
monde entier vient de faire un pas.
Cette brochure complète est accessible
en ligne sur lutte-ouvriere.org
Les prochaines permanences et rendez-vous prévus à Argenteuil et la région
:
-Aujourd'hui mercredi 2 octobre, de 11 h. à 11 h.30 marché des Champioux ;
-Vendredi 4 octobre, de 17 h.15 à 18 h.15 « carrefour Babou ».