jeudi 16 mai 2024

Argenteuil, des édiles si loin de la population (suite et fin)

De l’autosatisfaction, si loin d’un bilan de la vie des habitants

 

Juin 2023 à Argenteuil : rien à en dire ?

Malgré le fait qu’il y aurait encore bien d’autres choses à dire, je vais en terminer avec la série de brèves écrites en commentaire à l’entretien accordé par la Gazette du Val d’Oise à Georges Mothron, maire d’Argenteuil. Je terminerai par ce qui me semble le plus frappant. Il ne parle jamais de son bilan en rapport avec ce qui devrait être le principal, la situation des habitants.

         Il n’en est pratiquement nulle part question, sauf quand il « assaisonne » les courageux et obstinés militants du Comité Jean Vilar. C’est tout dire. Même lorsqu’il évoque la question des transits, il ne se rend même pas compte que l’essentiel des transits qui lui restent sur l’estomac concernent des habitants d’Argenteuil, de la périphérie ou du centre de la ville dont la destination est hors Argenteuil, pour le travail ou les loisirs.

         Un bon bilan serait de commencer par s’intéresser aux habitants eux-mêmes : vont-ils mieux grâce à notre action ? Connaissent-ils plus ou moins de problèmes ? Qu’en est-il de la jeunesse ? Des anciens ? Des femmes ? Des familles ?…

         Nous le répétons, les édiles peuvent peu de choses. Des contraintes surdéterminantes limitent leur action. Mais au moins qu’ils le disent, et qu’ils évoquent ce qu’ils ont réussi et là où ils ont échoué. Et cela vaudra nettement mieux qu’une autosatisfaction à propos de projets qui ne s’inscrivent même pas dans une vision d’ensemble et dont la réalisation, elle aussi, se heurte à bien des contraintes.

         Certes, la priorité pour la vie de la population est celle de militants du monde du travail. Elle n’est certainement pas celle des édiles qui sont des notables loin de ce monde. Rien d’étonnant donc. DM

 

 

 

Au Comité Jean Vilar d’Argenteuil, certains membres sont particulièrement sensibles aux arbres. La fête de Lutte ouvrière et moi-même ont pensé à eux… DM

 


mercredi 15 mai 2024

Nouvelle-Calédonie : Colère contre le mépris colonial

L’impérialisme français veut garder ses possessions dans le Pacifique

 

 

Alors qu’à Paris, à 17 000 km de Nouméa, les députés discutent d’élargir le corps électoral en Nouvelle-Calédonie, ce qui permettrait aux partis non-indépendantistes de l’archipel d’assurer leur domination sur les institutions locales, des milliers de manifestants se sont rassemblés le 13 mai à l’appel des partis indépendantistes pour protester contre la continuation de la colonisation sous couvert de démocratie électorale.

         Lorsque l’impérialisme français a colonisé la Nouvelle-Calédonie, il y a 170 ans, il a d’abord massacré les Kanaks au point qu’ils soient minoritaires dans leur propre pays. Depuis, les Kanaks sont toujours les plus pauvres, les plus au chômage et les plus mal logés.

         Des jeunes se sont affrontés avec la police et ont mis le feu à des bâtiments et des voitures. Pour une partie d’entre eux, la coupe est pleine. Le pouvoir a décrété un couvre-feu et l’interdiction des manifestations. Darmanin a décidé d’envoyer en urgence 400 militaires et policiers de plus depuis la France.

         L’impérialisme français veut garder ses possessions dans le Pacifique et se moque bien de la volonté des populations.

Nouvelle-Calédonie :! Un ordre colonial et impérialiste. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de décembre 2021 qui éclaire sur la situation présente, en attendant vendredi la nouvelle livraison de celui-ci

 

Capture d'écran

Nouvelle-Calédonie : la situation coloniale demeure

Publié le 15/12/2021

Si Macron s’est félicité de la victoire du non à l’indépendance dimanche 12 décembre, le scrutin a surtout été marqué par une abstention de 56 %, démontrant que l’appel à l’abstention des indépendantistes kanak a été largement suivi par leur communauté.

Malgré les demandes de report du référendum par les Kanak, pour cause de pandémie et de deuil dans les familles, le gouvernement a voulu en maintenir la date, pressé qu’il était d’en finir avec ces scrutins et escomptant une victoire du non. Il entérine donc le rejet de l’indépendance sans que les principaux concernés ne se soient exprimés. Dans la province des Îles, où ne vivent que des Kanak, la participation a été de 4 % et dans celle du Nord, elle a été de 16 %. Elle n’a été élevée, à 60 %, que dans la province Sud, celle de Nouméa « la Blanche », en majorité peuplée par les Caldoches, descendants des colons, et par ceux qui sont plus récemment venus de métropole, où le non à l’indépendance a fait presque autant de voix qu’en octobre dernier lors du deuxième référendum.

Cette profonde division entre communautés est en Nouvelle-Calédonie l’héritage de 168 ans de domination coloniale. Sur ces terres, c’est la bourgeoisie française et caldoche, habitant essentiellement dans le Sud, qui s’approprie l’essentiel des richesses, réservant aux travailleurs chômage et bas salaires, encore plus quand ils sont kanak ou des îles voisines du Pacifique. Ainsi, 20 % des 270 000 habitants vivent sous le seuil de pauvreté, parmi lesquels 70 % sont kanak, une fracture qui est allée en s’aggravant ces dernières années. En 2020, 3 000 travailleurs, pour beaucoup des jeunes et des Kanak, ont perdu leur emploi, faisant monter la proportion officielle de chômeurs à plus de 13 %, dont sept sur dix sont kanak. Et pour ceux qui ont un travail, la vie est dure. Le salaire minimum est plus de 20 % inférieur à celui de France alors que les prix sont plus élevés de 33 %, et jusqu’à 73 % pour l’alimentaire.

Aussi, quand Macron a déclaré dimanche 12 décembre que « ce soir, la France est plus belle car la Nouvelle-Calédonie a décidé d’y rester », il a réagi à la fois en responsable de l’impérialisme français, satisfait de pouvoir réaffirmer sans difficulté sa présence dans cette région du monde, et en politicien, content d’afficher une victoire. Et quand il a dit que « la majorité des Calédoniennes et Calédoniens ont choisi de rester français », « librement », ignorant délibérément les Kanak, il a affiché son mépris à la fois social et colonial.

Dans les mois qui viennent, l’État français va engager avec les partis nationalistes kanak et les partis loyalistes caldoches des pourparlers sur l’avenir des institutions de l’archipel.

Ces discussions ne changeront en rien la domination de la bourgeoisie française et caldoche en Nouvelle-Calédonie, mais occuperont nombre de politiciens de toutes les communautés.

                                                       Serge BENHAM (Lutte ouvrière n°2785)

 

 

 


Liste Lutte ouvrière-Le camp des travailleurs dans les élections européennes du 9 juin 2024 : Le piège du protectionnisme

 


Notables à Argenteuil. Pour les départager, un match Georges Mothron-Philippe Doucet à la Plataneraie ? Mais qu’ils nous laissent tranquilles

 

Rivalités dans les sphères politiciennes des notabilités

 

Chacun a le droit d’avoir des rancœurs voire des haines tenaces, mais sur ce plan le maire d’Argenteuil en a des profondes à l’encontre de son prédécesseur de 2008 à 2014.

         Pourtant, sur le plan du projet le plus controversé de cette dernière décennie, le projet Fiminco, pourtant refusé par l’énorme majorité de la population, l’un et l’autre se sont retrouvés unis en 2016. Philippe Doucet l’ayant concocté en secret avant cette date, et Georges Mothron, l’ayant trouvé dans les cartons des services municipaux, et s’en étant emparé sans demander l’avis de la population.

         Oui, le projet le plus décrié à Argenteuil, et ils se retrouvaient pour le soutenir sur la même longueur d’onde !

         Cela en dit long. En tout cas, une situation qui donne vraiment à réfléchir sur les limites des oppositions et autres duels de pacotille. DM

L’activité des militants de Lutte ouvrière dans les entreprises : le cœur de notre activité de communistes révolutionnaires. De nombreux débats à la fête de Lutte ouvrière à Presles samedi, dimanche, et lundi prochain