mercredi 12 juillet 2023

Dictature birmane : une bonne affaire pour banquiers et assureurs

 

Pour les profits, une dictature les garantit

 

 

Des ONG révèlent que le Crédit agricole et Axa proposent des placements dans des entreprises qui vendent des armes à la dictature birmane. Après s'être attaquée à la minorité Rohinga, chassant du pays des centaines de milliers de personnes, l'armée birmane s'est emparée du pouvoir en février 2021. Depuis elle réprime brutalement les opposants.

         Mais pour les banquiers, les assureurs et les industriels, une dictature, c'est un régime capable de mettre au pas sa population... et de garantir ainsi les profits !

mardi 11 juillet 2023

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 10 juillet 2023

 Dénoncer la démagogie du gouvernement, lutter pour changer cette société ! 

10/07/2023

« Que les parents tiennent leurs gosses », voilà ce qu’a déclaré le ministre de la Justice, Dupond-Moretti, à la suite des émeutes. Macron a surenchéri en évoquant une sanction financière contre les familles, reprenant à son compte la démagogie de la droite. « Une sorte de tarif minimum dès la première connerie », a-t-il ajouté, affichant le mépris social dont ce représentant des classes privilégiés est coutumier. Et Borne d’enfoncer le clou en déclarant que le gouvernement réfléchissait à « une amende forfaitaire pour les parents » en cas de délit de leur enfant.

Comme si les parents des quartiers populaires ne faisaient pas leur maximum pour leurs enfants ! La plupart se saignent pour leur payer des études et sont même parfois forcés de payer des cours privés pour pallier les absences des professeurs !

Et à qui la faute si bien des banlieues sont devenues de véritables ghettos où la pauvreté et la précarité conduisent certains jeunes, et parfois même des très jeunes, à tremper dans des trafics en tout genre ? À qui la faute si des policiers racistes s’amusent à provoquer tous les jeunes qu’ils croisent ?

C’est précisément de ces quartiers populaires que partent, tôt le matin, bien avant que les enfants soient levés, des cohortes de travailleurs pour aller faire le ménage, conduire les premiers bus ou prendre leur service dans les hôpitaux, quand ils ne travaillent pas de nuit.

En menant cette campagne odieuse contre les familles des milieux populaires, le gouvernement cherche à faire diversion pour masquer ses propres responsabilités et celle de la classe capitaliste dont il sert les intérêts.

Ceux qui, au sommet de l’État, prétendent se soucier de l’éducation des enfants des classes populaires ont fermé des classes dans les écoles pour faire des économies d’enseignants. Ils ont planifié et organisé la fermeture de services utiles à la population, fermant les bureaux de postes, sacrifiant les moyens des hôpitaux et de la santé.

Borne a expliqué qu’il n’était pas normal que les jeunes soient inoccupés avant même le début officiel des vacances. Mais là, encore, à qui la faute ! Et qu’y a-t-il d’organisé dans les quartiers pour proposer des activités à la jeunesse la plus défavorisée pendant ces grandes vacances ? Pas grand-chose ! 

Cette société est pourrie d’inégalités, fondée sur l’exploitation et une violence sociale permanente. Pour aider une minorité de possédants à s’enrichir toujours plus, pour continuer à verser aux grandes entreprises des milliards de cadeaux, Macron et ses ministres ont privé totalement ou partiellement des dizaines de milliers de travailleurs de leur allocation chômage et viennent de voler deux ans de retraite aux salariés, programmant ainsi la réduction de leurs pensions.

Tout l’appareil d’État est dressé à encadrer, réprimer et, au besoin, terroriser les plus pauvres, avec sa police gangrénée par le racisme. Pour « rétablir l’ordre » dans les quartiers populaires, le gouvernement a mobilisé des dizaines de milliers de policiers qui ont fait de nouvelles victimes parmi les jeunes. De son côté, la justice s’est déchainée contre les jeunes arrêtés au moment des émeutes et condamnés en comparution immédiate à des mois de prison ferme pour avoir tiré des mortiers d’artifice, mais aussi pour avoir volé des jeans, des baskets ou de la nourriture dans des supermarchés. Les tribunaux ne font pas preuve de la même sévérité et de la même rapidité quand il s’agit de juger des puissants qui enfreignent la loi, des industriels qui ont tué avec de l’amiante, du chlordécone ou en s’affranchissant des mesures de sécurité élémentaires sur les chantiers et ailleurs. 

Alors, oui, il y a de quoi être révolté ! Cette société n’a rien d’autre à offrir comme perspective au plus grand nombre que toujours plus de pauvreté et de violence.

Ouvriers, employés, quelle que soit notre entreprise ou notre activité, nous faisons tout tourner dans cette société, et cela nous donne une formidable force collective. En étant unis, quelles que soient notre origine et notre nationalité, dans une lutte commune pour renverser la classe de riches parasites qui domine la société, nous sommes les seuls à pouvoir offrir un autre avenir que cette plongée dans la barbarie et le chaos. C’est notre responsabilité, à nous, travailleurs, d’être capables d’offrir une perspective de changement et d’espoir à toute la jeunesse.

 

Les prochaines permanences prévues :

-jeudi 13 juillet, carrefour Babou, de 17 h.15 à 18 h.15.

 

Achetez notre hebdomadaire Lutte ouvrière (1,5 euro), et Lutte de classe (2,5 euros) n° n°233 en vente :

           -au Val d’Argenteuil-nord, bureau de tabac du Val-Nord (le journal seulement) et à la librairie « Le presse papier », avenue Gabriel Péri (On y trouve aussi la LDC) 

Drogue à Marseille : le fléau et le démagogue

                    Drogue à Marseille : le fléau et le démagogue

05 Juillet 2023

Macron, en tournée promotionnelle à Marseille, ne pouvait pas éviter la question de la drogue. Dans cette ville où la guerre des gangs a déjà fait 23 victimes cette année, le trafic est une véritable plaie pour les habitants des quartiers populaires.

Les familles y redoutent de voir leurs enfants embarqués dans une bande ou victimes d’une balle perdue.

Les solutions de Macron sont connues : davantage de policiers et d’amendes, des conseils gratuits et l’appel à une prétendue responsabilité collective. Si l’arrivée de la police disperse les dealers et les guetteurs, son départ les ramène immédiatement, le problème n’étant que provisoirement déplacé. En outre, lors de ses descentes, la police s’en prend souvent indistinctement à tous les passants, méprisant et brutalisant les plus jeunes, multipliant les bavures qui vont du passage à tabac aux violences mortelles. Exiger, comme le propose Macron, le paiement immédiat en liquide ou en carte d’une amende forfaitaire de 200 euros pour consommation de cannabis aura l’effet habituel des rodomontades administratives : retomber sur les plus démunis socialement, amuser trafiquants petits et grands, hérisser les fonctionnaires chargés d’appliquer cette mesure, sans aucun résultat quant à la consommation.

Le président a évidemment dit qu’il fallait protéger les plus jeunes et qu’on allait les prévenir dès l’école des dangers de la drogue et du trafic. Comme si parents, enseignants, éducateurs, militants associatifs et tout ce que la société compte d’adultes un tant soit peu responsables et crédibles ne le faisaient pas déjà. Enfin, l’ancien banquier a affirmé que, s’il y a une offre de drogue, c’est qu’il y a une demande et précisé qu’elle venait des beaux quartiers, où l’on ferait l’apologie du cannabis récréatif. Et d’en appeler à la responsabilité collective, expliquant une fois de plus les problèmes sociaux par la paresse des classes populaires, qui fournissent les dealers, et la perversité des intellectuels de gauche, qui seraient les consommateurs de drogue et ses propagandistes.

C’est cacher l’essentiel, en plus d’être ridicule. La consommation de drogue est depuis longtemps un phénomène massif dans l’ensemble de la société et, avant tout, dans les classes populaires, comme l’était et le reste la consommation d’alcool. Il y a encore à ce jour beaucoup plus de décès, crimes, victimes en tout genre de l’alcoolisme que de la consommation et du trafic de cannabis. La différence est que le trafic de drogue est illégal, alors que l’industrie de l’alcool est un des fleurons de l’économie nationale, tenu en main par quelques familles bourgeoises influentes.

L’État décidera peut-être un jour, à l’exemple de nombreux pays, de légaliser le cannabis. Cela, au moins, ruinerait les dealers de quartiers, mettrait fin à leurs fusillades et leur arrogance et soulagerait un peu la vie des cités populaires. Mais cela déplacerait sûrement le trafic vers d’autres produits et surtout ne réglerait aucunement la question de fond : comment vivre dans un monde qui n’a que des paradis artificiels à proposer à des dizaines de millions d’opprimés ?

                                                           Paul GALOIS (Lutte ouvrière n°2866)

Argenteuil, combat des femmes, Maison des femmes : contentement des édiles… et réalité

 

De l’activité ? Mais l’accueil, l’empathie…

 

Là, elle fut un temps un vrai lieu d’accueil, identifié, ouvert

À Argenteuil, l’adjointe au maire en charge de la Maison des femmes est très contente apparemment d’elle-même. Lors du dernier conseil municipal, deux ou trois fois à l’occasion des points concernant l’attribution d’une subvention à une association qui y intervient, elle a répété « La Maison des femmes n’a jamais été aussi active ».

         On n’en doute pas, mais que veut dire « aussi active » ? Il y a des services offerts en nombre ? Sans doute, mais est-ce cela une Maison des femmes ?

         Il n’y a plus d’accueil à la Maison des femmes. C’est pourtant cela dont les femmes en peine ont besoin, d’être accueillies, dans un lieu véritablement identifié, ouvert, comme dans une « maison », une Maison des femmes. DM

Argenteuil, « sans domicile » : témoignage sur l’importance d’un Centre d’Hébergement d’Urgence

De l’importance d’une telle structure

 

Ne vous y trompez pas. C'est un "sans abri".
 

Témoignage d’un ancien intervenant du Centre d’Hébergement d’Urgence

« À l'heure ou le centre d'hébergement d'urgence de la ville d'Argenteuil s'apprête à fermer ses portes, il n'est peut-être pas inutile de rappeler quelques-uns des services qu'il à pu rendre et aux sans abris, à la ville, au vivre ensemble.

Aujourd'hui, ceux qui survivaient dans les encoignures de la rue PVC, de la rue Jean Borderel, dans les coins isolés du parking de Géant Casino, sur les bords de seine, dans les "trous de souris" de la ville, sur les escaliers de la gare, dans les champs sur la route de Cormeilles, sont en grande partie sortis de la rue.

Vivre ensemble, car si les trottoirs de la ville appartiennent à tout le monde, encore faut-il que les flaques d'urines répandues sur les trottoirs n'empêchent pas les poussettes et les landaus de passer sereinement. C'est l'une des mauvaises aventures qui se passaient avant l'ouverture du centre.

Si trois jours suffisent à tomber, (propos d'un journaliste qui s'est volontairement mis à la rue), retourner vers un milieux ordinaire est un parcours d'obstacle trés difficile à surmonter pour celles et ceux qui ont étés poussés à la rue par les circonstances de leurs vies.

Santé mentale. Santé physique. Perte de ses titres d'identités. Perte de ses ressources. Perte de ses repères. Abandon de soi.

Si ce service public d'Argenteuil venait à disparaître, ce serait un à coup sur une perte pour la ville.

Ville qui semble avoir quelques peines à trouver ses marques avec cette nécessaire action : humanitaire, protectrice, citoyenne.

L'hébergement d'urgence d'Argenteuil à d'abord été porté par l'hôpital, par deux fois. Puis dans les locaux de l'ancienne gendarmerie de la rue Jean Allemane. Aux bains douches. Et enfin dans les locaux de l'ancien commissariat de police rue du Moulin.

Et demain ? La machine à reléguer dans ses encoignures celles et ceux qui n'ont pas ou plus les forces de résister et de se sortir des accidents de la vie, ne s'arrête jamais.

Transférer à une association départementale reconnue l'hébergement des actuels hébergés ne semble pas en soi une mauvaise solution. Mais ce sera à tout le moins une solution insuffisante car le champ d'action de ces associations et justement départemental et non local. Or c'est bien d'une présence locale qui permet une très bonne connaissance du tissu social de la ville et une prompte et nécessaire intervention sur ses situations.

Si ce service public local disparaît, il viendra à manquer. » Un agent de la Ville d'Argenteuil du CCAS qui s'était investi dans ce CHU