samedi 29 octobre 2022

Inspecteur du travail en butte au patronat : la sanction contre l’inspecteur du travail Anthony Smith est annulée

Les gouvernants veulent laisser les mains libres au patronat

 

 

Le 23 octobre le tribunal administratif de Nancy a annulé l’arrêté de déplacement d’office pris à l’encontre d’Anthony Smith. Il va pouvoir demander sa réintégration dans son département d’origine.

Lors de la première vague de Covid au printemps 2020, alors que le pays était confiné, cet inspecteur du travail de la Marne avait demandé en référé qu'une association employant des aides à domicile adopte des mesures de protection pour ses salariés (fourniture de gel, de masques, etc.) Il n’avait fait que son travail, qui consiste notamment à contrôler que les employeurs garantissent la santé de leurs salariés dans le cadre de leur activité professionnelle.

Mais la politique du gouvernement était alors de remettre les salariés au travail au plus vite, quels que soient les risques encourus, à un moment où on manquait de tout pour se protéger contre le virus. Anthony Smith avait immédiatement été mis à pied par sa direction avec le soutien de la ministre du travail d’alors, Muriel Pénicaud. Elisabeth Borne, qui lui avait succédé au ministère du travail, avait ensuite transformé cette sanction en une mutation dans un autre département. C’est cette mutation qui vient d’être annulée.

Deux ans et demi après les faits, ce jugement rétablit Anthony Smith dans son bon droit. Mais, cette année encore, des dizaines de postes d’inspecteurs du travail ont été supprimés. En réduisant leurs moyens d’action, les gouvernants veulent laisser les mains libres au patronat. C’est la lutte des travailleurs qui pourra réellement mettre un frein à l’exploitation.

 

Crit’Air de classe

 

Et pendant ce temps-là, le jet privé de Bernard Arnault…

 


 

D'ici à 2025, les véhicules les plus polluants, identifiés par la vignette Crit'Air, ne pourront plus circuler dans 45 métropoles, quasiment toutes les grandes villes en France. Des mesures de restriction de circulation existent déjà, mais la contrainte va s'étendre et se durcir au nom de la sauvegarde de l'environnement. Une amende de 68 euros sera imposée pour dissuader d'entrer dans une « zone à faible émission ».

Or les propriétaires des véhicules les plus polluants, les diesels les plus anciens, sont les plus modestes, incapables de se payer les véhicules électriques ou hybrides malgré les aides de l'État. L'achat forcé d'un véhicule sera une nouvelle saignée financière imposée aux travailleurs.

Pendant ce temps, aucun Crit'Air n'empêchera Bernard Arnault d'utiliser son jet privé...

vendredi 28 octobre 2022

Budget de la Sécurité sociale : tout pour les patrons

 Budget de la Sécurité sociale : tout pour les patrons

26 Octobre 2022

Le recours au 49.3 pour faire adopter le budget de la Sécurité sociale jeudi 20 octobre a occulté les attaques contre les travailleurs qu’il contient.

Le premier projet prévoyait ainsi de mettre en concurrence les laboratoires pharmaceutiques sur un même médicament, de n’en retenir que les moins chers et de dérembourser les autres. Mais la levée de boucliers de l’industrie du médicament a fait immédiatement enterrer cette idée. Et, en gage de bonne volonté, le ministre de la Santé François Braun a même promis de revoir à la baisse un impôt sur la vente des médicaments remboursés.

À l’inverse, les attaques pleuvent contre les travailleurs. Ainsi le gouvernement prévoit 1,1 milliard d’économies sur le remboursement des médicaments, c’est-à-dire sur les malades les moins fortunés.

Après avoir vanté la télé­consultation, le gouvernement, qui a déjà cessé en octobre de la rembourser à 100 %, refuse maintenant d’indemniser les arrêts maladie pris en téléconsultation s’il ne s’agit pas du médecin traitant ou d’un médecin déjà vu dans l’année. Et de ressortir le mythe de la fraude aux arrêts maladie. Mais nombre de personnes n’ont pas de médecin traitant, ne consultent que gravement malades et ont recours à la téléconsultation faute de mieux. Alors, c’est encore une manière de faire pression sur les salariés pour qu’ils ne s’arrêtent pas.

Parallèlement, le texte s’attaque aux travailleurs de l’hôpital en interdisant l’intérim aux jeunes diplômés, et ce pendant une durée qui sera fixée prochainement par décret. Nombre d’infirmiers ou d’aides-soignants pratiquent l’intérim pour se qualifier en explorant plusieurs services et aussi pour augmenter leur salaire. Pour beaucoup de soignants, c’est aussi un remède pour fuir certains services où la charge de travail est trop lourde.

Finalement, un amendement au budget stipule que les prestations sociales hors retraite ne pourraient plus être versées sur un compte non européen, prétendument pour lutter contre la fraude aux allocations. C’est une manière hypocrite de désigner les immigrés comme les fraudeurs et en tout cas leur compliquer la vie.

Ainsi, ce budget se résume à des cadeaux pour les patrons, un nouveau coup de rabot aux droits des ­assurés et à l’habituel ­ramassis de préjugés contre les travailleurs, particulièrement s’ils sont sans emploi ou immigrés.

                                                            Aline URBAIN (Lutte ouvrière n°2830)

 

Nos prochaines permanences prévues :

-aujourd’hui vendredi 28 octobre, de 15 h. 40 à 16 h.40 au marché du Val-Nord ;

-et de 17 h.15 à 18 h.15 au carrefour Babou.

-samedi 29 octobre, de 10 h. à 10 h.30 au marché des Coteaux ;

-et de 11 h. à midi au marché de la Colonie.

-dimanche 30 octobre, de 10 h.15 à 10 h.55 devant l’Intermarché du Centre ;

-et de 11 h. à midi au marché Héloïse 

-lundi 31 octobre, de 18 à 19 heures, centre commercial des Raguenets à Saint-Gratien.

-mercredi 2 novembre, de 11 h. à 11 h.30 au marché des Champioux.

 

 

Achetez notre hebdomadaire Lutte ouvrière (1,5 euro), et Lutte de classe (2,5 euros) n° 226, en vente :

           -au Val d’Argenteuil-nord, bureau de tabac du Val-Nord (le journal seulement) ;            

         -librairie « Le presse papier », avenue Gabriel Péri (On y trouve aussi la LDC)

Motions de censure, 49.3, et cirque parlementaire

 

Ce n’est pas au Palais-Bourbon que l’on obtiendra satisfaction

 

Deux 49.3 et trois motions de censure ont animé le cirque parlementaire cette semaine. La gauche crie au déficit démocratique ; l'extrême droite, fine connaisseuse, parle de dictature ; la droite préserve l'avenir du côté des partisans du pouvoir en place. Chaque écurie politicienne joue son rôle, à des années-lumière des préoccupations des classes populaires.

         Ce n'est pas au Palais Bourbon que se régleront les problèmes de bas salaires, de la dégradation des services publics, de la recherche d'un emploi ou d'un logement. La seule censure qui vaudra sera le coup de colère collectif de l'ensemble du monde du travail contre le capital et ses valets.