lundi 14 mars 2022

Argenteuil, chronique du marché Héloïse de ce dimanche

Elle manque. C'était ma rencontre du dimanche.

« Ciel ! Que faisons-nous là ? »

À quatre semaines du premier tour des élections présidentielles, les représentants des candidats ont apparemment boudé le marché. Bien évidemment, la représentant chaque semaine, j’étais présent pour notre candidate Nathalie ARTHAUD. Mais j’oubliais, il y eut un groupe de partisans de Macron qui donnaient l’impression de ne pas savoir pourquoi ils étaient là, restant en groupe, pas du tout en phase avec les travailleurs qui passaient. On le comprend. Quand vers 11 heures 15, quelques gouttes sont tombées, apparemment, c’en était trop. Ils ont filé, peut-être vers des ciels plus bourgeois…

 

Promesses électorales et objectifs de lutte

A, M et N. sont passés. Il y eut une bonne discussion également avec un jeune travailleur favorable à l’union de tous les candidats « de gauche » selon sa formulation. Bien sûr derrière Mélenchon… Son argumentation était la suivante : vous avez le même programme, et comme vous êtes sûrs de ne pas être élus… Apparemment, dur de faire comprendre la différence existant entre un programme électoral et un programme de lutte. Le premier, abandonné en cas de victoire par un candidat de « gauche » pressé de toutes parts par les forces de l’Etat et du capital si ce n’est consentant, et un programme indiquant les objectifs nécessaires que seuls les combats du monde du travail pourront imposer. Enfin, nous avons pris langue, la discussion a commencé et doit se poursuivre…

 

Travailleurs et commerçants, les deux bouts d’une même difficulté

Mais ce qui est encore plus notable sur le marché, c’est une montée palpable de la pauvreté et de la misère dans ce marché le plus populaire, où il s’agit pour les acheteurs de payer le moins cher possible dans cette situation de stagnation des salaires alors que les prix bondissent. Et les prix augmentent, même lorsqu’ils sont bas.

         Et notable également, ce marchand de fruits que la hausse du gasoil étrangle, lui qui va à Rungis plusieurs fois par semaine pour acheter des produits dont le prix monte également car le gasoil qui pèse sur lui pèse de la même façon sur les transporteurs. Au point qu’il m’a dit : « J’aurais bien envie d’arrêter. Mais je continue, pour mes clients que je tiens aussi à garder. » DM

 


Thales, Dassault etc. : danse de mort à la Bourse

 

Thales, Dassault etc. : danse de mort à la Bourse

09 Mars 2022

L’Ukraine est sous les bombes, la Russie sous la botte. Les populations d’Europe se préparent aux pénuries et aux hausses de prix, celles des pays pauvres doivent s’attendre aux famines liées à l’explosion des prix des céréales. Même la menace atomique est brandie.

Il existe pourtant un secteur où la joie et le champagne coulent à flots : l’industrie de l’armement fête la flambée du cours de ses actions en Bourse. Les fonds de placement rapaces, les banquiers avides et les rentiers sans vergogne se précipitent sur les actions des marchands de mort. Dassault et Thales en France, Lockheed-Martin et Northrop Grumman aux États-Unis, leurs collègues britanniques et allemands, sont en effet confiants dans l’avenir de leur industrie et de leurs profits. Non seulement les crédits militaires augmentent dans tous les pays, mais le vrai pactole s’annonce avec la guerre en Ukraine, promettant un feu d’artifice de dividendes. Et la suite s’annonce fastueuse, les commandes de Rafale se multiplient, la Pologne commande deux frégates équipées par Thales, les militaires de tous les pays sortent leur carnet de chèques et on prépare psychologiquement les populations. On prépare même, aussi, la bonne conscience, puisque, dans le langage moderne, tout cela sert à mettre sur pied des « forces de maintien de la paix » !

Anatole France disait à propos de la Première Guerre mondiale : « On croit mourir pour la patrie, et on meurt pour les industriels. » Rien n’a changé.

                                                                            PG (Lutte ouvrière n°2797)