vendredi 18 février 2022

Travailleurs français, travailleurs immigrés, même combat ! Pas de divisions entre travailleurs

Le poison de la division entre travailleurs, de Marx à nos jours

16 Février 2022

Partagé sur Twitter, un extrait du meeting parisien de Nathalie le 12 février, sur les migrants et leur appartenance au camp des travailleurs, a suscité entre autres commentaires une réponse faisant le parallèle entre ce que Nathalie dit sur les migrants et ce que Marx écrivait en 1870 à propos des prolétaires irlandais et anglais.

À un siècle et demi de distance, les travailleurs sont en effet confrontés aux mêmes tentatives de division et de diversion. On trouve ce texte de Marx, L’Internationale et un pays dépendant, l’Irlande, sur le site Internet marxist.org.

« En raison de la concentration toujours plus grande des exploitations agricoles, l’Irlande fournit sans cesse un excédent de main-d’œuvre au marché du travail anglais et exerce, de la sorte, une pression sur les salaires dans le sens d’une dégradation des conditions matérielles et intellectuelles de la classe ouvrière anglaise.

Ce qui est primordial, c’est que chaque centre industriel et commercial d’Angleterre possède maintenant une classe ouvrière divisée en deux camps hostiles : les prolétaires anglais et les prolétaires irlandais. L’ouvrier anglais moyen déteste l’ouvrier irlandais, en qui il voit un concurrent qui dégrade son nouveau de vie. Par rapport à l’ouvrier irlandais, il se sent membre de la nation dominante et devient ainsi un instrument que les aristocrates et les capitalistes de son pays utilisent contre l’Irlande. Ce faisant, il renforce leur domination sur lui-même. Il se berce de préjugés religieux, sociaux et nationaux, contre les travailleurs irlandais. Il se comporte à peu près comme les Blancs pauvres vis-à-vis des Noirs dans les anciens États esclavagistes des États-Unis. L’Irlandais lui rend avec intérêt la monnaie de sa pièce. Il voit dans l’ouvrier anglais à la fois un complice et un instrument stupide de la domination anglaise en Irlande.

Cet antagonisme est artificiellement entretenu et développé par la presse, le clergé et les revues satiriques, bref par tous les moyens dont disposent les classes dominantes. Cet antagonisme est le secret de l’impuissance de la classe ouvrière anglaise, malgré son organisation. C’est le secret du maintien au pouvoir de la classe capitaliste, et celle-ci en est parfaitement consciente. »

                                                         (Lutte ouvrière n°2794)

 


Ehpad, contre les travailleurs, contre les anciens, la scandaleuse recherche de l’« or gris ». À Neuville-sur-Oise la grève continue

de l’« or gris ». À Neuville-sur-Oise la grève continue

 

Ehpad de Neuville-sur-Oise : une grève salutaire

16 Février 2022

Depuis le 3 janvier, des salariées de l’Ehpad privé du Château de Neuville-sur-Oise, dans l’agglomération de Cergy, sont en grève.

 


Cela fait des mois que ces infirmières et aides-soignantes dénoncent le manque de personnel, les emplois du temps démentiels, les congés qu’elles ne peuvent prendre, le manque de linge, de garnitures, de douches, et même de nourriture pour les résidents !

Certaines de ces travailleuses avaient déjà fait l’objet de plusieurs mesures d’intimidation, allant jusqu’à des tentatives de licenciement. Fin décembre, c’est un changement arbitraire d’emploi du temps, envoyé par courrier recommandé de la direction, qui a fait déborder le vase et provoqué la grève d’une partie du personnel.

L’Ehpad de Neuville appartient à un groupe tenu par la famille Liogier, de Compiègne, qui possède quatre établissements de ce type dans la région. Lors des séances de négociation avec les grévistes, sous l’égide de l’inspection du travail, la direction s’est montrée arrogante. Elle a même répondu aux grévistes : « Vous êtes bien contentes d’avoir un salaire ! »

Il y a trois semaines, la sortie du livre Les Fossoyeurs et le scandale autour des pratiques des groupes Orpea et Korian ont conforté les grévistes, présentes tous les jours devant l’Ehpad et déterminées à dénoncer les mauvais coups de leur patronne. Elles ont reçu le soutien de la CGT, des familles de résidents, des riverains et d’anciens collègues. Le 3 février, Nathalie Arthaud est venue apporter son soutien et ses encouragements.

Le profond mépris de la direction à l’égard du personnel et des résidents est de la maltraitance, conséquence de la recherche du profit dans ce commerce sordide de l’« or gris », arrosé abondamment par de l’argent public. Face à ces patrons cupides, les travailleuses et les travailleurs de l’Ehpad se battent pour faire valoir leurs intérêts comme ceux des personnes résidentes !

                                                       Correspondant LO (Lutte ouvrière n°2794)

 

Argenteuil, développement durable… aussi durables que les profits des promoteurs qui s’imposent en premier ressort

Des engagements sur le papier, à foison, c’est sans conséquence !

(Le « blockhaus » prévu, plus de 40 mètres de hauteur)

Elément de comparaison : photos prises à La Garenne-Colombes


 

Avec 27 mètres, cela donne déjà cela

Lors du dernier conseil municipal, un point portait sur situation de la Ville d’Argenteuil en matière de développement durable. Ce genre de discussion fait partie de celles obligatoires où il s’agit de se prononcer sur des perspectives… sur le papier. Un petit tour de mains qui se lèvent, et puis plus rien.

         La conseillère d’opposition, Marine Chailloux a largement résumé la situation : “Cette présentation du rapport est une obligation, vous avez d’ailleurs commencé par cela : on comprend le manque de cœur à l’ouvrage ! Vous vous cachez derrière le travail de l’EPT et de la Métropole sans en respecter les préconisations. Nous avons tous approuvé le Plan de l’EPT, mais ici c’est ‘faîtes ce que je dis, pas ce que je fais !’. Entre chartes non contraignantes et bétonisation, entre ‘ville parc’ annoncée sur la Porte Saint Germain et plan ultra-bétonné… Vous voulez raser les arbres historiques sur l’île Héloïse et prétendez ‘protéger les cœurs d’îlot végétalisés’. On frise le ridicule ! dans cet exercice imposé de communication. Études, chartes, plans (et désormais vidéos 3D), mais pas grand-chose de réalisé en 3 mandats ! … ».

         Il faut seulement ajouter qu’au-delà du dynamisme de telle et telle équipe d’édiles, au final, ce ne sont pas eux qui mènent la danse, mais les bétonneurs eux-mêmes et leurs réseaux d’influence. Aux premiers, il reste les discours… DM