mardi 13 avril 2021

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 12 avril 2021

Il n’y a pas de vaccins contre les licenciements et la folie du capitalisme

12/04/2021

La crise sanitaire, les questions autour du confinement et de la vaccination saturent les médias et masquent une autre crise, tout aussi dangereuse et meurtrière pour le monde du travail : celle de l’économie capitaliste.

L’exploitation, les bas salaires, l’augmentation de la charge de travail font partie du fonctionnement normal du capitalisme. Mais les marchés saturés et la concurrence exacerbée ont fait basculer, depuis plusieurs décennies déjà, l’économie dans la crise.

Avec un million de chômeurs et de pauvres supplémentaires depuis un an, avec 150 000 commerces mis à l’arrêt plusieurs mois et des secteurs entiers sinistrés, l’épidémie a fait passer un nouveau cap à la crise.

Malgré les milliards d’aides publiques et le chômage partiel censé éviter les licenciements, les plans de suppression d’emplois se sont multipliés. Les plus importants sont souvent le fait de groupes qui ont touché le plus d’aides : 5400 suppressions d’emplois pour Air France, par exemple, 4600 pour Renault. Dans le Nord : en plus de la fermeture de l’usine de Bridgestone, le groupe PSA-Stellantis a programmé la mort du site de Douvrin où travaillent 1500 personnes.

Le gouvernement fait tout un cinéma autour du souverainisme industriel et du « made in France », mais des centaines de sites industriels sont condamnés à la fermeture sans qu’il bouge le petit doigt. Ce sont des fonderies, des sous-traitants de l’aéronautique ou de l’automobile, des sites de l’agroalimentaire comme cette usine Knorr d’Unilever dans le Bas-Rhin.

Des centaines de milliers de salariés mais aussi des travailleurs à leur compte ont perdu leur gagne-pain. Beaucoup d’autres sont menacés de le perdre. D’autres encore ont basculé dans le surendettement à cause du chômage partiel et de la perte de leurs primes. Qu’en dit le ministre de l’Économie ? Que l’essentiel a été sauvé !

Eh oui, « l’essentiel » pour un ministre, comme pour tous les dirigeants de cette société, ce sont les profits et les fortunes de la minorité capitaliste ! Et merci pour Arnault, Bettencourt-Meyer ou Pinault, ce monde-là se porte à merveille. Leur club de milliardaires s’est agrandi, passant de 39 à 42, et quand on additionne leurs fortunes, le total a presque doublé durant cette année de crise, atteignant 510 milliards d’euros.

Toutes les guerres ont leurs profiteurs, et celle contre le virus ne fait pas exception. Parmi eux, il y a bien sûr les Google et Amazon, les groupes pharmaceutiques ou encore la grande distribution. C’est le cas de Carrefour dont le PDG reconnaît que les résultats ont été exceptionnels l’année dernière. Mais il faut que les salariés fassent grève pour arracher ne serait-ce que la prime Covid !

La façon dont une minorité s’enrichit sur la crise sanitaire, alors que tous les sacrifices pèsent sur les travailleurs, montre la véritable nature de l’économie capitaliste : un système dont l’unique objectif est de faire de l’argent pour une poignée de parasites. C’est non seulement injuste et révoltant, mais cela nous condamne à la crise économique.

Tous les États se sont lancés dans des plans de relance. En France, Le Maire a mis 100 milliards à disposition du grand patronat. Et à quoi assiste-ton ? À une envolée mondiale de la spéculation, parce que les capitalistes ont bien plus à gagner en plaçant leurs capitaux au casino de la finance que dans les investissements productifs.

Pour tout un chacun, la pandémie est synonyme de souffrance et de morts. Pour les capitalistes, elle signifie une nouvelle ruée vers l’or avec les fameuses Biotechs dont les actions s’arrachent en Bourse. Miser sur Moderna, dont la valeur boursière a bondi de 500 % en un an, sur BioNTech (+200 %) ou encore sur Novavax (+1400 %), c’est le jackpot assuré… jusqu’à ce que la bulle explose.

La même spéculation frénétique fait rage dans l’économie dite verte. Un seul exemple, l’entreprise Tesla, spécialiste de la voiture électrique, qui vend moins de 500 000 véhicules par an, vaut quatre fois plus en Bourse que Volkswagen et ses 9,3 millions de véhicules produits. Voilà où finissent les milliards d’argent public et la plus grande partie des profits sués par les travailleurs !

Oui, l’argent qui manque cruellement dans les hôpitaux et qui pourrait servir à embaucher et augmenter les salaires, dans le public comme dans le privé, sert à jouer toute l’économie à la roulette russe. L’irresponsabilité vis-à-vis de la société sera la règle tant qu’une minorité pourra accroître sa fortune en faisant tout et n’importe quoi. Aucun vaccin ne nous immunisera contre cette folie, elle ne s’arrêtera que lorsque le monde du travail aura la conscience nécessaire pour renverser le pouvoir de la bourgeoisie.

 

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Attention : mes 5 articles du jour apparaissent sur deux pages voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de la première page sur « articles plus anciens). DM

 

Bonjour à tous, Nathalie ARTHAUD a peu de couverture médiatique. Mais l’hebdomadaire Le Point a accepté de l’interviewé. Le résultat est très intéressant. Une lecture donc à ne pas manquer sur le lien suivant :

https://www.lepoint.fr/politique/nathalie-arthaud-je-suis-favorable-a-l-expropriation-des-grands-laboratoires-pharmaceutiques-10-04-2021-2421541_20.php#

 

Argenteuil : avec l’épidémie, des perspectives, de l’action, de l’empathie, mais surtout pas de surcroît de morale !

 

Mal-être à surmonter, loin de Malettre

 

Une lettre du maire d’Argenteuil est actuellement distribuée sur la Ville. Pour l’essentiel, elle est un copié collé de bien des courriers antérieurs de l’auteur.

         Nous sommes pourtant dans une période difficile qui se traduit pour des dizaines de milliers d’habitants d’Argenteuil par un surcroît de difficultés et d’atteintes au moral. Des malades en nombre. Des jeunes muselés. Des travailleurs qui vont au travail la peur au ventre d’être contaminés. Des parents ayant à subir des contraintes supplémentaires avec le confinement. Des travailleurs privés d’emplois. Des familles aux revenus réduits… Et pour tous ces aspects, quoi qu’en dit le maire d’Argenteuil, la ville n’est pas « partagée ».

         Voilà pourtant les problèmes qui taraudent actuellement les habitants. C’est à cela que des édiles soucieux d’eux devraient répondre, en apportant réconfort et empathie, à défaut d’apporter des solutions qui pour l’essentiel (mais pas toujours) ne dépendent pas d’eux. Loin de là, ce dernier écrit du maire ressasse sa vieille litanie qu’il répète depuis vingt ans, celle des « incivilités » et de la morale à la manière du fameux « prêchi prêcha » totalement inefficace. Dans cette dernière lettre du maire, cela représente les neuf-dixième du texte.

         Bien évidemment, le large champ des manifestations de l’individualisme est une réalité qui ajoute un peu plus aux difficultés de tous. Mais pour les surmonter, il faudra bien autre chose que des leçons de morale ou une répression bien difficile à appliquer.

         En revanche, il y aurait des voies pour répondre au « Mal être » actuel. D’abord par un discours venant du cœur marquant fondamentalement l’empathie. S’adressant aux malades d’aujourd’hui et à tous ceux qui ont bien de mal à se remettre du Covid. En mobilisant les moyens, certes limités, de la commune pour organiser bien des initiatives s’adressant aux jeunes dans les quartiers. En marquant une sollicitude tout à fait particulière aux travailleurs, et pas seulement aux soignants, et en commençant par le personnel municipal malmené on ne peut mieux par la municipalité. En organisant des structures s’adressant aux parents gardant leurs enfants à la maison et qui auraient besoin d’un ou deux pour respirer. En dénonçant le sort fait à tous les travailleurs, les privés d’emplois, qu’ils soient chômeurs, travailleurs précaires, intermittents, de l’évènementiel comme du spectacle… En accroissant considérablement les moyens de l’aide municipale du CCAS…

         Chacun connaît la phrase du révolutionnaire Danton : « De l’audace, de l’audace, et encore de l’audace ! ». Mais pour commencer, de l’empathie et de la fraternité. En tout cas, pour nous, c’est cela qui soustend tout ce que nous disons, nos discours et nos actions. DM

Aides à domicile : parmi les « oubliés » du Ségur. La mobilisation est la seule voie…

 

En Vendée, à nouveau dans la rue

 

Une soixantaine de professionnels de l’accompagnement et du soin à domicile était rassemblée jeudi 8 avril, à l’appel de la CGT et de FO, devant les grilles du conseil départemental de Vendée. Ils réclament une prime de 183 € pour tous et l’augmentation de leur salaire. Comme les soignants, ils sont, eux aussi, les premiers de corvées et depuis le début de la pandémie ils ont continué leur travail confinement ou pas, couvre-feu ou pas.

         En juillet dernier, ils s’étaient déjà mobilisés au côté des soignants, pour avoir droit à une prime, dite Covid. En février, ils étaient à nouveau dans la rue pour dénoncer les oubliés du Ségur dont ils font partis. 75 % des établissements sociaux ou médico-sociaux de France sont des associations privées et les salariés ne bénéficient pas du Ségur de la santé, alors qu’ils font le même travail, qu’ils ont les mêmes qualifications et les mêmes diplômes que leurs collègues. C’est 183 € en moins par mois sur une fiche de paie qui atteint difficilement les 1 000 € par mois.

         Quant à l’augmentation de salaire, pouvant aller jusqu’à 15 %, promise par le gouvernement, elle ne concernerait, d’après le gouvernement lui-même, qu’un peu plus de 200 000 salariés sur un secteur qui compte plus d’un million de travailleurs. Pour financer cette mesure, l’État et les départements se renvoient la balle.