mardi 30 mars 2021

Génocide au Rwanda : les autorités françaises étaient responsables

 

Mitterrand et Cie demeurés aveugles face à la préparation de la tuerie…

 


Pour la première fois, le rapport officiel d'une commission d'historiens français a reconnu que les gouvernants français ont sciemment soutenu le régime « raciste, corrompu et violent » qui a massacré 800 000 Rwandais en 1994. Celui-ci était le protégé de la France qui est « demeurée aveugle face à la préparation » de la tuerie et a choisi de poursuivre « la livraison en quantités considérables d'armes et de munitions au régime ».

         Le rapport met surtout en cause l'Élysée de François Mitterrand, tout en disant que « rien ne vient démontrer » que Paris était complice – ce qui est jouer avec les mots.

         Cette reconnaissance partielle, 37 ans après les faits, est un choix diplomatique de Macron pour établir de meilleurs rapports avec les dirigeants rwandais actuels. Mais elle donne une idée des crimes perpétrés par l'impérialisme français en Afrique pour y asseoir sa domination.

150 ans après, l’actualité de la Commune de Paris de 1871. Un exposé du Cercle Léon Trotsky (6). Aux origines de la Commune, L’Association internationale des travailleurs

Comme vous le savez, nous n’avons pas pu tenir le Cercle Léon Trotsky qui devait aborder le 150ème anniversaire de la Commune de Paris. Le texte de cet exposé intitulé « 150 ans après, l’actualité de la Commune de Paris de 1871 » est néanmoins disponible sur notre site lutte-ouvrière.org. Nous vous le proposerons jour après jour en « feuilleton » le présent blog « lo argenteuil »

 

Aux origines de la Commune

L’Association internationale des travailleurs

Parallèlement aux différentes tendances et, d’une certaine manière, dans le but de les fédérer, l’Association Internationale des travailleurs (AIT), qu’on appela l’Internationale, avait été fondée en septembre 1864 à Londres.

Marx rédigea ses statuts et son Adresse inaugurale à la demande des militants qui en avaient pris l’initiative. On y confrontait les idées. Petit à petit, des conceptions plus modernes, en lien avec les luttes du prolétariat, gagnèrent du terrain, par exemple la reconnaissance de la nécessité des grèves, que Proudhon contestait. L’Internationale se donna pour but la collectivisation du sol, des mines, des moyens de transport. Affirmant la nécessité de l’émancipation des travailleurs par les travailleurs eux-mêmes, elle s’efforça de créer des sections dans les villes ouvrières: en France à Paris, Lyon, Marseille, Narbonne, Lille, Saint-Étienne, Le Creusot, etc. En 1868, le Russe Bakounine adhérait à son tour à l’Internationale.

Les premières sections parisiennes de l’AIT furent fondées début 1865 : 200 travailleurs y adhéraient alors. Varlin, le jeune ouvrier relieur, était l’un d’eux. Leur nombre ne cessa d’augmenter, jusqu’à dépasser un millier de cotisants et bien plus de sympathisants. Les sections se fédérèrent: elles avaient de multiples liens et ramifications parmi les ouvriers, notamment à travers les chambres syndicales. LInternationale soutenait les grèves et animait des coopératives, où les travailleurs se liaient en discutant des idées socialistes. Ses militants visaient en définitive l’organisation politique du prolétariat.

Pour les possédants, qui cherchaient un responsable à la multiplication des grèves et à l’esprit de révolte des prolétaires, l’Internationale devint le coupable idéal. On la rendait responsable de tout. Ses membres étaient poursuivis et, à Paris, trois grands procès lui furent intentés en trois ans, qui eurent pour principal résultat d’accroître sa renommée.

Engels a écrit plus tard que la Commune avait été un «enfant spirituel de l’Internationale», bien que celle-ci n’ait pas été directement à l’origine de son action. La Commune ne fut pas un événement fortuit. Deux décennies de transformation économique et sociale et, plus encore, des années de luttes ouvrières et de volonté d’organiser le prolétariat préparèrent son avènement. À la veille de la Commune, une partie du prolétariat et de la petite bourgeoisie des grandes villes aspirait déjà à ce qu’on appelait la République sociale universelle, la République des travailleurs.

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Le congrès de Genève, 1866, de l’Association Internationale des Travailleurs

(Demain, Aux origines de la Commune,  De la guerre contre la Prusse à la proclamation de la République)

Le texte de cet exposé du Cercle Léon Trotsky « 150 ans après, l’actualité de la Commune de Paris de 1871 » vient de paraître en brochure. 2 euros. Nous pouvons vous la transmettre. DM

lundi 29 mars 2021

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise de ce lundi 29 mars 2021

 Méprisant avec la population, À genoux devant le Big Pharma !

29/03/2021

Avec plus de 45 000 nouveaux cas quotidiens, des hôpitaux forcés de déprogrammer des opérations, ce qui est déjà une forme de tri des patients, l’épidémie flambe à nouveau. Mais cette fois, il n’y a pas de surprise, puisque cette troisième vague avait été annoncée par les prévisionnistes. La responsabilité immédiate de cette nouvelle catastrophe incombe au gouvernement Macron.

Sans avoir augmenté les places en réanimation et embauché le personnel nécessaire et sans même être capable de vacciner en masse, Macron s’est enorgueilli de ne pas reconfiner et de garder les écoles ouvertes. Il prétendait avoir trouvé un chemin qu’aucun autre gouvernement n’avait vu : il nous a menés au fond de l’impasse ! 

Mais, pour Macron, il n’y a pas d’erreur, « aucun mea culpa à faire, aucun remords, aucun constat d’échec ». Et quand les enseignants ont envoyé des SOS parce que le nombre de cas explosait dans leurs établissements, Blanquer, le ministre de l’Éducation, expliquait que « l’école c’est la santé ». Autrement dit, « circulez, il n’y a rien à voir » !

C’est exactement ce qui se passe dans nombre d’entreprises où le patron fait semblant de ne pas voir les clusters. Car Macron, avec son côté hautain, est à l’image de toute la classe dominante. Il ne fait que refléter le fonctionnement hiérarchique d’une société basée sur la domination sociale.

Il y a, en haut, ceux qui savent – les chefs, les dirigeants, les ministres – et en bas ceux qui doivent obéir – les travailleurs, la population. En haut, ceux qui décident des restrictions, des contraintes et des sanctions… pour ceux d’en bas ! Et les initiatives de la base n’ont pas lieu d’être : il faut se soumettre aux ordres même quand ils sont stupides et que les dirigeants mentent de façon éhontée.

Le mépris social imprègne toute la société. C’est logiquement qu’il marque la gestion sanitaire. Il frappe les soignants qui se sont vu refuser toute embauche et réelle augmentation de salaire. Il frappe les premiers de corvée, les auxiliaires de vie, les employés de grande surface, juste bons à trimer au péril de leur santé, pour des bas salaires. Il frappe les commerçants forcés de refermer leurs portes en dépit de tout bon sens. Il frappe le personnel de l’Éducation à qui le ministre n’a de cesse de faire la leçon, et même les épidémiologistes qui, aux dires de Macron, se seraient souvent trompés !   

Mais, comme tous les gouvernants avant lui, Macron rampe devant ceux qui détiennent le vrai pouvoir, les capitalistes. C’est ce qui le rend impuissant à freiner l’épidémie et à vacciner massivement.  

Les vaccins sont le nerf de la guerre, tout le monde le sait et… tout le monde attend. Imagine-t-on une guerre menée sans que l’État se charge de l’armement et en contrôle la production ? Imagine-t-on des officiers préparant des plans d’attaque sans savoir quand et combien d’avions, de canons et de munitions seront à leur disposition ? Eh bien, c’est ce qui se passe dans leur prétendue guerre contre le virus : les vaccins arriveront selon le bon vouloir du Big pharma !

Mais l’intérêt des multinationales de la pharmacie n’a rien à voir avec l’intérêt général. Pfizer, AstraZeneca ou Moderna ont intérêt à garder le monopole des brevets et l’exclusivité de la production, même quand ils n’arrivent pas à honorer leurs contrats. Ils ont intérêt à fournir au plus offrant pour encaisser le maximum de profits. En leur laissant le monopole, les gouvernements se résignent à la pénurie et à la désorganisation.

Et c’est sans parler du pillage des finances publiques ! Car les vaccins comme les millions de tests réalisés ont un coût. Un simple test salivaire coûte 60 €, un test antigénique 32 €. Tout cela, ajouté aux vaccins, va donner une facture salée !

Tous les gouvernements savent réquisitionner. Dans cette crise, ils ont d’ailleurs réquisitionné des infirmières ou des étudiants en médecine. Il leur arrive même d’exproprier des petits propriétaires quand ils ont besoin de leur terrain. Mais, dès qu’il s’agit de toucher à un cheveu du grand capital et de remettre en cause les sacro-saintes lois du profit et du capitalisme, il n’y a plus personne. 

Alors, maintenant, les États en sont à se voler des doses, quitte à déclencher, comme le dit Macron, une « guerre mondiale d’un nouveau genre ». On est loin du cinéma sur la coopération et solidarité internationale, mais c’est ça la réalité du capitalisme : la concurrence et la guerre pour qu’une minorité s’enrichisse au détriment de l’intérêt collectif.

Les bourgeois et leurs serviteurs politiques ont intérêt à ce que ce système perdure. Pour les travailleurs, pour l’ensemble de la société, c’est tout le contraire !  

Birmanie : dictateurs et exploiteurs

La journée de samedi a été une des plus meurtrières depuis le coup d’État de l’armée birmane, 90 morts en une seule journée lors des manifestations de protestation contre le putsch… Ci-dessous un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière sur les bonnes affaires des capitalistes français en Birmanie.

Birmanie : dictateurs et exploiteurs

24 Mars 2021

Le 1er février, l’armée birmane prenait le pouvoir, balayant le semblant de décorum électoral mis en place depuis 2011. La diplomatie française, si prompte d’habitude à donner des leçons de démocratie, a attendu un mois avant d’émettre une timide protestation.

 


C’est seulement le 20 mars, alors que la répression des manifestations populaires en Birmanie a déjà fait des centaines de morts, alors que des milliers de combattants contre la dictature sont en prison et que des secteurs de la classe ouvrière commencent à se soulever, qu’EDF a suspendu provisoirement son projet de construction d’un barrage en Birmanie.

Le projet de barrage, comme tous les projets industriels de ce pays que l’état-major considère comme sa propriété personnelle, n’avait pu se conclure qu’avec la bénédiction des militaires. Il nécessite même leur participation active, car ce sont les soldats qui se chargent de faire évacuer les villages promis à la noyade. EDF ne pouvait l’ignorer. Il est vrai qu’il n’est ni le seul ni le premier groupe français à avoir bénéficié des faveurs des militaires.

Le groupe Total, par exemple, n’a toujours rien déclaré sur le coup d’État. Il est un des premiers investisseurs et a même été, en 2017, le premier contribuable étranger en Birmanie. C’était un prêté pour un rendu, puisque le régime militaire lui avait fourni de la main-d’œuvre quasi servile pour construire son gazoduc et exploiter en toute tranquillité le champ gazier birman.

Le groupe Accor, autre fleuron du capitalisme français, est également muet sur le massacre des manifestants, éventuellement assassinés jusque devant son hôtel de luxe de Rangoun. Il est vrai qu’il s’agit d’un investissement commun effectué avec un groupe financier lié à l’armée, et qu’un groupe hôtelier de taille mondiale se doit de ne pas cracher dans la soupe.

Depuis la pseudo-démocratisation de 2011 et sous l’égide du ministère des Affaires étrangères, les relations économiques entre la France et la Birmanie se sont renforcées. En 2012, la France exportait pour 19 millions d’euros vers la Birmanie et en importait pour 66 millions de marchandises. En 2019, ces chiffres étaient respectivement de 150 et 400 millions d’euros, dont 90 % en produits textiles fabriqués par les jeunes ouvrières birmanes. Les conditions de travail imposées par les patrons et les militaires dans les usines du pays ont donc fait le bonheur des Carrefour, Auchan, Leclerc et autres.

Les tardives protestations démocratiques des autorités françaises masquent mal leur souci de voir continuer les bonnes affaires de leurs capitalistes.

                                                                         Paul GALOIS (Lutte ouvrière n°2747)

 

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