dimanche 14 février 2021

Argenteuil, covoiturage et vacuité municipale

 

Un problème jamais pris localement à bras-le-corps

 


Nous avons écrit ces jours derniers sur les plaintes des élus LR d’Argenteuil, mécontents que l’État ne leur ait pas demandé leur avis sur la réservation de la voie de gauche de l’A15, dans le sens province-Gennevilliers, entre Franconville et Gennevilliers. Pour une fois que l’État prend une initiative heureuse, il faut que ces messieurs et ces dames tapent du pied et fassent leur petite crise.

         La question des transports est marquée par la nature de la société. Le capitalisme, marqué par l’anarchie de la production et de l’activité sociale conduit logiquement à l’anarchie de la localisation des habitations, des déplacements, et de l’organisation des transports. La liquidation du capitalisme conduira en revanche à la maîtrise de l’humanité sur son devenir, et en particulier à la maîtrise de l’organisation spatiale, du rapport entre la ville et la campagne, des déplacements afférents, et des moyens de transports, et cela à toutes les échelles de l’espace.

         Justement, pour n’en rester qu’à l’échelle locale où un pouvoir local a tout de même des moyens pour influer sur la question des transports, qu’ont fait les municipalités successives d’Argenteuil ? Aucune campagne pour défendre le tramway comme nous l’avons rappelé dernièrement. Un réseau indigne de voies cyclables dans la ville. Quant à la question du covoiturage, le néant.

         Dans la zone industrielle du Val, il y a bien des espaces qui pourraient servir de lieux intermédiaires de covoiturage pour des travailleurs venant du Val d’Oise. Pareil pour les habitants d’Argenteuil eux-mêmes, où il serait possible d’inventer en se creusant des espaces de covoiturage, en en réservant un par exemple dans l’espace de la porte Saint-Germain en voie de rénovation. En tout cas, la réflexion autour de ce thème n’a jamais été menée.

         C’est cela qui doit leur faire mal, aux édiles LR susmentionnés. Cette voie pour covoiturés de l’A15, la preuve de leur immense vacuité sur la question. DM

Le Pen/Darmanin : benêt blanc et blanc benêt

 

Des ennemis communs contre le monde du travail


 

Le Pen et Darmanin avaient été invités à s’exprimer durant deux heures en prime time sur France 2 (rien que cela !), bien sûr dans la perspective avouée de la prochaine présidentielle qui approche.

À propos de la loi dite contre le « séparatisme »  chacun s’  la paternité des mesures  anti-immigrés ouvertement xénophobes et racistes au nom de la lutte contre les violences perpétrées par Daesch et les terroristes islamistes radicaux. Darmanin a même  jugé Le Pen trop « molle » à un moment du débat. Quant à la cheffe du RN, elle a promis une politique faite de « brutalité » et s’est posée en défenseure de la liberté des familles et des religions, entre autres,  des milieux intégristes catholiques.

Rivaux électoraux, mais ennemis communs et complices contre le monde du travail !

samedi 13 février 2021

“Séparatisme” : une loi au nom de quelles valeurs ? Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine

 “Séparatisme” : une loi au nom de quelles valeurs ?

10 Février 2021

Le débat parlementaire autour de la loi « confortant les principes républicains » se poursuit. D’un côté, le gouvernement pérore sur la prétendue nécessité de cette loi pour lutter contre l’incitation au terrorisme ; de l’autre, les députés de toutes les nuances de la droite y vont de leur surenchère dans ce qui est en fait une campagne dirigée contre les musulmans.

La plupart des 70 articles de la loi, aussi emphatiques que creux, affirment et réaffirment la nécessité de respecter les « valeurs républicaines ». Au passage, certains articles mettent d’ailleurs dans le même sac tous ceux qui critiquent ladite république. Si, officiellement, il s’agit de cibler les islamistes radicaux incitant à la haine, voire au terrorisme, la loi aura comme conséquence concrète d’accroître la méfiance envers l’ensemble de la population musulmane, suspectée de les soutenir.

Certains députés ont saisi l’occasion pour exiger l’interdiction du voile dans les lieux publics, à l’université, etc. D’autres débattent longuement sur le fait d’imposer aux associations des déclarations formelles de respect de l’égalité des sexes. La droite catholique a même réagi contre le projet, y voyant une attaque contre ses propres associations et écoles, on ne peut plus imbibées de préjugés religieux.

Les députés de la France insoumise ont voté pour le rejet complet de cette loi, puis ils ont refusé de voter certains articles, dénonçant à juste titre la stigmatisation d’une partie de la population.

Cette loi démagogique proposée par le gouvernement pour ne pas se laisser distancer dans la démagogie antimusulmans, voire raciste, prétend ancrer l’idée que le respect des « valeurs républicaines », des lois de la République, serait une protection contre le développement des intégrismes en tout genre. Et pourtant c’est au nom de cette République qu’ont été commis des massacres de populations, bien des conquêtes coloniales, des guerres comme celle d’Algérie et, aujourd’hui encore, les interventions militaires pour la défense des chasses gardées de l’impérialisme français.

Les frustrations, les révoltes, les haines que cela suscite, fournissent le terreau sur lequel prospère l’islamisme radical et réactionnaire, y compris dans sa version djihadiste ou terroriste.

Cette loi, même rebaptisée loi confortant les principes républicains, ne fera qu’exacerber un peu plus ces divisions et ces haines. Ce n’est pas au nom de valeurs bien frelatées que l’on peut combattre les idées réactionnaires, dont l’islamisme intégriste n’est qu’une version, mais au nom de la lutte contre l’impérialisme et la barbarie qu’il engendre.

                                                                                      Marion AJAR

 

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Argenteuil, malbouffe, inertie sociétale et municipale

 

Les habitudes alimentaires révélatrices des inégalités sociales et de l’abandon des quartiers populaires

 


L’ouverture il y a quelques jours sur l’avenue Gabriel Péri d’une nouvelle boutique-« fast-food » vendant des « burgers » pas chers a entraîné de nombreuses réactions de protestation contre l’aggravation de problèmes de circulation routière sur une voie déjà difficile, mais surtout contre la tendance à la « kébabisation » des commerces du centre-ville. Cela s’aggravant alors que d’autres commerces s’adressant à d’autres habitants peu friands de « burgers » disparaissent. Lire à ce propos ce que nous écrivions hier à propos de la fermeture de la boutique « Nicolas ».

         Cette situation amène à réfléchir à différents niveaux.

         Il y a celui de l’évolution des goûts et des habitudes alimentaires. La jeunesse actuelle en général est plus attirée par la cuisine « fast-food » que par le pot-au-feu. Au-delà du problème de goûts différents, c’est certes un problème de santé publique. Les victimes de la « malbouffe » seraient en nombre plus important que celles dues au tabagisme. Et que fait l’École pour l’éducation de tous sur ce plan ? Le site internet de la Ville a beau régulièrement parler de la nécessité de la lutte contre l’obésité, les actes ne suivent guère.

         Sur ce plan, la responsabilité des collectivités locales est majeure. Le collège et le lycée pourraient être des moments de cette éducation alimentaire nécessaire, d’autant plus qu’il y a des établissements scolaires où ce sujet est au cœur des préoccupations. Je pense au lycée Georges Braque de la Ville. Mais la remise au privé d’une partie de la restauration scolaire du secondaire ne va, en revanche, pas dans le bon sens. Et n’oublions pas que les jeunes d’aujourd’hui sont les enfants des deux générations précédentes déjà éduquées aux enseignes de fast-food.

         À Argenteuil, ce que nous reprochons à la municipalité, c’est que cette question n’est ni au cœur de sa réflexion ni au centre de ses actes.

         Elle nous parle de sa volonté de redynamiser le commerce local. Soit, mais jusqu’à présent aucune réflexion n’a été menée publiquement sur le sujet qui nous intéresse présentement : quelle ville commerciale nous voulons ? Quelle ville de la diversité alimentaire ? Qu’en est-il localement du drame de la malbouffe ?

         Avec AB-Habitat qui dispose aussi de coques commerciales, la municipalité a le pouvoir de permettre l’ouverture de tel ou tel commerce, de l’encourager en particulier. La réalité de son action est loin des problèmes que nous soumettons ici.

         Ce ne sont pas les initiateurs de ces commerces décriés qui sont à blâmer, et encore moins les consommateurs. Le premier coupable est un environnement social et politique que ces problèmes n’intéressent pas vraiment. Il est vrai qu’ils concernent notre classe et ses différentes fractions, de génération, ou d’origine.

         Pour terminer, il m’est arrivé de manger un bon « burger-maison » avec de la bonne viande, dans le seul restaurant du centre-ville s’adressant à toutes les clientèles et à tous les goûts. Mais il fallait y mettre le prix. Certes, il était servi à table. Mais entre 15 ou 16 euros et les 2 ou 2,40 euros pour un « burger », il y a une sacrée différence… sociale de revenus.

         Vive la bonne alimentation pour tous ! Vive les salaires qui la permettent ! Que vive demain une société vraiment soucieuse de la santé de tous ! DM (demain, retour sur la question des transports et du « covoiturage »)