Mesures
sanitaires : contre le virus, communication à haute dose
10
Février 2021
Jeudi 4
février, lors de la conférence de presse maintenant hebdomadaire consacrée à
l’épidémie de Covid-19, le Premier ministre, Castex, a déclaré qu’il n’avait
rien à annoncer. Parler pour ne rien dire est tout un art qu’il maîtrise
parfaitement.
La
ligne du gouvernement pourrait se résumer ainsi : si la situation
sanitaire s’aggrave, c’est que la population n’a pas assez respecté les gestes
barrières, et c’est elle qui sera responsable d’un éventuel reconfinement. La
posture est d’autant plus choquante que, en dehors de la mesure de couvre-feu à
18 heures qui conduit à s’entasser dans les transports en commun des grandes
agglomérations, à allonger les files d’attente dans les magasins et à grossir
les embouteillages quand l’heure fatidique arrive, le gouvernement ne fait pas
grand-chose pour lutter vraiment contre la pandémie. En particulier, il n’a mobilisé
aucun moyen supplémentaire en faveur du système de santé.
L’irresponsabilité
gouvernementale est illustrée par l’augmentation des clusters en
hôpitaux : Compiègne, Dieppe, Le Havre, Niort, Quimper, Menton, Créteil,
Rennes, Pau… À l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), 71 foyers
épidémiques étaient recensés début février. Les hôpitaux comme les Ehpad sont
des terrains très favorables à la propagation de la maladie, parmi le personnel
et les patients. C’est aujourd’hui une évidence. Mais, depuis la première
vague, le gouvernement n’a rien fait qui permette une meilleure défense face au
virus là où il est censé être combattu en première ligne.
Ces
derniers jours, le gouvernement insiste davantage pour que les entreprises
développent le télétravail « sans délai » dans tous les métiers qui
le permettraient. La ministre du Travail, Élisabeth Borne, a annoncé un
renforcement des contrôles. Mais le gouvernement n’a ni les moyens ni la
volonté d’imposer au patronat quoi que ce soit qui viendrait gripper la machine
à profits. D’ailleurs, il n’évoque jamais les conditions de travail dans les
usines de production, sur les chantiers dont il faut maintenir l’activité
« coûte que coûte ». Le seul au gouvernement à avoir un bilan
tangible à présenter est le ministre de l’Intérieur, Darmanin, qui, avec son
air d’éternel satisfait, égrène le nombre de contrôles après couvre-feu et
celui, croissant, des verbalisations pour sa violation.
Du
bla-bla, des contraventions, c’est souvent à cela que se résume la politique
sanitaire du gouvernement depuis le début de l’épidémie.
Boris SAVIN (Lutte ouvrière n°2741)
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