La
concurrence capitaliste : un virus plus menaçant que le Covid !
8 février 2021
Le capitalisme, la concurrence,
la propriété privée ont l’art de gâcher les plus belles découvertes, et c’est
encore ce qui se passe aujourd'hui avec la vaccination.
Les scientifiques ont fait leur
travail. En trouvant des vaccins efficaces, en dix mois, ils ont réalisé un
exploit que beaucoup estimaient impossible. L’enjeu est maintenant de fabriquer
vite et en masse pour sauver des vies et pour ne pas être rattrapé par des
variants qui échapperaient aux vaccins.
Cela nécessiterait une
mobilisation générale des industriels de la pharmacie, un partage de leurs
connaissances, une mise en commun de leurs chaînes de fabrication et de leurs
efforts pour en installer de nouvelles. Cela exigerait de mobiliser ouvriers,
techniciens et ingénieurs, dont certains sont aujourd’hui condamnés au chômage.
Au lieu de cela, les labos se
mènent une concurrence féroce et protègent jalousement leurs
brevets. S’ils acceptent de sous-traiter une phase de leur production,
c’est toujours en gardant le contrôle de leurs secrets de fabrication parce
qu’il n’est pas question, pour eux, de partager la poule aux œufs d’or. Et tant
pis si l’on perd un temps précieux !
D’immense espoir, la vaccination
est devenue l’objet de toutes les tensions et de toutes les bassesses :
labos qui encaissent l’argent mais ne fournissent pas ; mesquineries comme
celle de Pfizer qui fait payer la sixième dose trouvée au fond des
flacons ; surenchères autour des commandes qui les rendent inaccessibles
aux pays pauvres. Du côté des États, c’est le déchaînement des égoïsmes
nationaux, les chamailleries pour être servi en priorité et les stupides
trompettes nationalistes.
L’organisation capitaliste de la
société, avec la concurrence et la recherche du profit, est vantée pour son
efficacité et sa capacité d’innovation. En fait, elle freine, dénature et gâche
les immenses possibilités de la société. Avec le nucléaire et la bombe
atomique, on a vu qu’elle est capable de retourner de formidables progrès
contre l’humanité elle-même !
Une illustration du gâchis
capitaliste est la condamnation au chômage de millions de femmes et d’hommes.
Ce sont des bonnes volontés, des dévouements, des compétences que la société
capitaliste gaspille pour des raisons de rentabilité, de concurrence et par
rapacité.
Les défenseurs invétérés du
capitalisme expliquent que l’appât du gain et la concurrence ont accéléré les
découvertes de vaccins. Ils confondent tout. Les profits promis par la
vaccination anti-Covid ont donné à la recherche l’allure d’une ruée vers l’or,
mais ce n’est pas ce qui a motivé les chercheurs à travailler nuit et
jour !
Si les épidémiologistes, les
biologistes ou les généticiens passent leur vie à étudier, sans garantie
que leurs travaux aboutiront un jour, ce n’est certainement pas pour s’enrichir
personnellement et encore moins pour grossir les fortunes d’une poignée de
parasites. Et pour eux, la concurrence et le secret ne sont pas des
avantages : ils freinent l’avancée des connaissances et entravent la réflexion
collective.
Les dirigeants de la société, ses
politiciens et ses intellectuels ne sont pas aveugles. Ils sont forcés de
reconnaître qu’une telle pandémie impose d’unir toutes les forces disponibles à
l’échelle mondiale. C’est pourquoi même les plus respectueux des intérêts de la
bourgeoisie expriment la nécessité de faire tomber les brevets dans le domaine
public ou de réquisitionner certaines chaînes de fabrication.
Poussé par l’urgence de la
situation, Macron lui-même avait promis de « sortir
les vaccins des lois du marché ». Il n’en est pas capable. Ni lui, ni
aucun gouvernement futur, car les politiciens qui candidatent pour gérer le
système sont trop liés et soumis aux intérêts du grand capital pour être
capables de lui imposer quoi que ce soit.
Pour faire du vaccin un bien
commun, il faudrait démolir le monopole des trusts pharmaceutiques. Il faudrait
réquisitionner ces sociétés, mettre leurs moyens de recherche et de production
en commun et les faire fonctionner avec l’objectif de répondre aux besoins de
toute la population.
Appeler à la réquisition, la
collectivisation et la planification sera une déclaration de guerre contre les
capitalistes, car ils ne sont pas prêts à abandonner ne serait-ce que la moitié
de leurs profits ou de leur pouvoir. Partout où il y a des actionnaires, ils en
veulent pour leur argent, a fortiori quand ils ont misé sur le bon cheval.
Seuls les travailleurs, les
exploités qui n’ont que leurs chaines à perdre ont intérêt au fonctionnement
collectif de la société. C’est utopique ? La pandémie montre que c’est,
pour des millions de femmes et d’hommes, une question de vie ou de mort.
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