lundi 7 décembre 2020

Génocide au Rwanda, historiens sélectionnés, rôle de la France

 

Condition : se mettre au garde-à-vous

 


En avril 2019, Macron avait créé une commission qui devait examiner les archives concernant le rôle de la France dans le génocide de 1994 au Rwanda, où plus de 800 000 personnes avaient été massacrées par les milices du régime soutenu par la France. De multiples témoignages, y compris de militaires français, montrent que l'armée française a largement été complice de ce génocide.

Mais Le Canard enchaîné a révélé que cette commission a été constituée sous le contrôle de Franck Paris, le "monsieur Afrique" de Macron, ancien de la DGSE et ancien membre du cabinet de Le Drian. Il avait imposé une historienne payée par l'armée (démissionnaire depuis) tout en refusant deux autres spécialistes accusés d'être "ouvertement hostiles à l'armée".

Pour cacher son rôle, les gradés choisissent des « historiens » au garde-à-vous.

Renault, les projets de Renault pour l’usine de Flins, et les intérêts des travailleurs

Pas un travailleur sans emploi !

 


L’usine Renault de Flins, dans les Yvelines, a vu débarquer le 26 novembre le nouveau directeur général Luca de Meo, flanqué du président Jean-Dominique Senard. Ils ont tenu un double discours, termes ronflants et creux à usage de l’extérieur, et paroles crues et méprisantes destinées aux travailleurs, qui fabriquent pourtant leur paye et leur portefeuille d’actions.

Transformer l’usine de Flins en un vaste hangar aux trois quarts vide, abritant des activités de bricole et un vague pool de PC construisant en 3D des projets zéro carbone destinés à pomper quelques subventions gouvernementales, voilà ce que les travailleurs ont compris des intentions de Renault.

Il n’y a aucune raison d’accepter que les emplois soient supprimés et les salaires rognés. Il faut répartir le travail entre tous, de Bursa à Novo Mesto en passant par l’ensemble des usines en France, mettre un terme aux cadences de dingues, aux épuisants horaires d’équipes, aux prolongations de la journée et de la semaine de travail. L’argent existe, et il n’a rien de magique : les 25 milliards d’euros de profits accumulés en dix ans l’ont été sur le travail de tous les salariés.

 

Inde : une mobilisation massive

 

Inde : une mobilisation massive

02 Décembre 2020

Le 26 novembre, une grève générale était organisée en Inde, à l’appel de dix syndicats, soit l’ensemble des organisations, à l’exception du syndicat BMS, proche du pouvoir. Deux cent cinquante millions de travailleurs étaient appelés à cesser le travail, ce qui a valu à ce mouvement d’être qualifié de « plus grande grève du monde ».

         Les banques, les transports, la sidérurgie, les ports et docks, les télécommunications, l’énergie, les mines, le pétrole et le gaz étaient appelés à faire grève, ainsi que la santé et les services sociaux. Cette grève a-t-elle été effectivement suivie, et par combien de salariés dans cet immense pays ? Elle semble avoir été peu importante à Delhi, la capitale. Mais, malgré l’arrestation de syndicalistes la veille, elle a été largement suivie dans les États du Kerala, du Tamil Nadu et du Bengale. Des affrontements ont eu lieu avec la police. Dans l’Assam, des travailleurs des plantations de thé ont brûlé l’effigie du Premier ministre Modi.

La grève était organisée contre la politique antiouvrière du gouvernement. Les organisateurs ciblent en particulier des textes adoptés en septembre au Parlement : la flexibilisation du marché du travail qui facilite les licenciements ; une réforme du Code du travail qui rend plus difficile la formation de syndicats, qui doivent désormais représenter 51 % des effectifs d’une entreprise pour être reconnus, et qui oblige les travailleurs à annoncer une grève deux semaines à l’avance pour qu’elle soit légale.

Au-delà de ces réformes, la pandémie s’est traduite en Inde par une dégradation brutale des conditions d’existence des classes populaires. Alors que plus des trois quarts des actifs relèvent de l’économie informelle, le confinement a eu pour conséquence que quelque 140 millions d’Indiens auraient perdu leur emploi en mars dernier, tandis que de nombreux autres ont vu leurs revenus s’effondrer, et redoutent le retour des famines. Le pays traverse la pire crise économique depuis des décennies et les organisations syndicales demandent également des aides alimentaires et le versement d’allocations de secours.

Par ailleurs, des milliers d’agriculteurs ont convergé vers la capitale du pays, Delhi, en particulier depuis le Pendjab, grenier à riz et à blé du pays. Ils protestent contre la libéralisation des marchés imposée par le gouvernement. En effet, jusqu’à présent, une partie des agriculteurs vendent leur récolte sur des marchés régionaux (mandis) régulés par les autorités locales, avec des prix fixés par elles. La loi élargit désormais la vente à prix libre aux entreprises, qui pourraient stocker et spéculer, et les paysans redoutent une chute de leurs revenus.

Quelles que soient les arrière-pensées des organisateurs et la portée de ces mobilisations, il est avéré que la politique du gouvernement Modi, en place depuis 2014, est tout entière dévouée à la bourgeoisie du pays, qui s’est enrichie ces dernières années par une exploitation féroce des travailleurs indiens.

                                              Michel BONDELET (Lutte ouvrière n°2731)