lundi 16 novembre 2020

De Gaulle : le grand homme du capitalisme français

 

De Gaulle : le grand homme du capitalisme français

11 Novembre 2020

À l’occasion des cinquante ans du décès de De Gaulle le 9 novembre 1970, une pléthore d’hommages, intéressés de la part de Macron, mais aussi de toute une partie de la classe politique, se sont concrétisés par des émissions spéciales, des feuilletons, etc.

C’était donc la semaine de Gaulle, le « grand homme », reconnu comme tel à droite, certes, mais aussi à gauche.

L’histoire de De Gaulle est celle d’un homme qui a cherché de tous côtés, de l’extrême droite à la collaboration avec le Parti communiste, à se placer comme serviteur de cette bourgeoisie française quelque peu décrépite.

Après la guerre de 1914-1918, de Gaulle a poursuivi sa carrière militaire. Il fut envoyé en Pologne en 1919 pour aider le gouvernement à combattre les bolcheviks, c’est-à-dire la révolution prolétarienne de Russie qui menaçait de s’étendre à l’ouest. Au début de la Deuxième Guerre mondiale, ayant entamé une carrière politique, il se plaça pour tenter de représenter la bourgeoisie française auprès de l’alliance anglo-américaine. Pétain se faisait, lui, le représentant de cette même bourgeoisie française, mais auprès de l’impérialisme allemand, vainqueur de la première manche. C’était l’aigle à deux têtes.

C’est le Parti communiste qui conféra à de Gaulle son image populaire et le crédit dont il avait besoin auprès des Alliés, en collaborant avec lui au travers de la Résistance jusqu’à entrer dans son prégouvernement en 1943. Le ressentiment populaire était ainsi tourné exclusivement contre le régime de Pétain. Il fallait assurer la reconstruction de la France, c’est-à-dire le maintien par la force de l’Empire colonial et la remise sur pied des forces productives au profit des capitalistes français, au prix des sacrifices de la classe ouvrière. La force de De Gaulle consista à savoir utiliser le crédit du PCF pour défendre les intérêts généraux de la bourgeoisie. Ce n’était pas un coup de génie personnel, mais une politique appliquée avec le même succès de l’Italie au Japon en passant par la Belgique, avec l’accord du grand frère américain et les bons offices de Staline.

Mais le rêve de De Gaulle était de réussir à instaurer un régime autoritaire et antiouvrier en France. C’est pourquoi, dès sa sortie du gouvernement d’union nationale, en 1946, il construisit un parti quasi fasciste faisant la chasse aux communistes, le RPF. Après d’éphémères succès électoraux, entre 1947 et 1954, le RPF s’effondra et de Gaulle disparut de la scène.

En 1958, de Gaulle se présentait comme un recours face à une IVe République instable et incapable de donner une solution politique à la guerre d’Algérie. L’armée d’Algérie, insurgée contre le gouvernement le 13 mai 1958, fit acclamer son nom par la foule des Pieds-Noirs. De Gaulle fut alors appelé à constituer un gouvernement et donc, de fait, porté au pouvoir par un putsch militaire.

Après une intensification de la guerre, il allait négocier l’indépendance de l’Algérie en imposant ses conditions. Il profita de ce succès pour instaurer le régime présidentiel fort qui prévaut encore aujourd’hui.

En mai 1968, la grève générale de la classe ouvrière, déclenchée par la jeunesse étudiante, allait précipiter la relégation du grand homme. Il dut partir moins d’un an plus tard, trahi par les politiciens de droite à l’occasion de son dernier référendum. Mais en 1968, encore une fois, de Gaulle avait su, avec son gouvernement, utiliser la coopération des dirigeants de la CGT et du PCF pour imposer la fin de la grève au moindre coût pour la bourgeoisie.

Au cours d’une très longue carrière militaire puis politique, sous divers oripeaux et dans des situations délicates, son autorité servit à garantir la stabilité et la continuité du pouvoir de la bourgeoisie française. Il est logique qu’il soit reconnu aujourd’hui comme un modèle par tous ceux qui font profession de servir les possédants. Pour les travailleurs, il n’aura été qu’un ennemi de classe de plus.

                                                     Paul SOREL (Lutte ouvrière n°2728)

  

Tournée des popotes durant la Guerre d’Algérie

Bonnes lectures du confinement 2. Seizième jour, Never mind, de Gwenaële Robert, éditions Laffont…

 

Retour sur la période de la Grande Révolution

 


Voilà un très bon livre pour ceux qui aiment les romans historiques, car en voici un de bonne facture, très bien écrit, donc qui se lit facilement.

         Le roman met en scène un épisode particulier, celui de la tentative d’assassinat du premier consul Bonaparte, rue Sainte-Nicaise, le 24 décembre 1800, autour du parcours et des états d’âme d’un de ses instigateurs, un petit noble breton, vous l’avez compris, c’est un chouan.

         Le roman porte plus profondément sur les grandes données politiques de l’époque. La contre-révolution royaliste qui voudrait revenir en arrière. Une aile jacobine radicale qui a perdu le pouvoir à l’été 1794, et qui voudrait que la société continue sa transformation. Et celui qui va installer son pouvoir de Bonaparte, Bonaparte lui-même, qui veut développer les bases bourgeoises de la société accouchée par la Révolution, donc sans revenir en arrière, mais sans aller non plus plus avant vers un pouvoir plus démocratique et plus égalitaire. DM

         À Argenteuil, la librairie Le Presse-papier n’échappe pas au confinement (le point presse en revanche continue de fonctionner). En revanche, l’achat de « livres à emporter » est possible.

         À l’étage librairie, on demande un livre, et on vous l’apporte. On peut aussi téléphoner pour commander au :

0139619395

lepressepapier@wanadoo.fr,

dimanche 15 novembre 2020

Commerce Argenteuil comme ailleurs, petits commerçants et marchands forains en butte à un confinement qui les atteint tout particulièrement

 

Détresse


Depuis trois semaines, suppression des stands non alimentaires

Des commerçants de la région, en particulier des marchés forains, ont apparemment l’intention de se rassembler ce matin aux abords du marché Héloïse. Ils ont besoin d’échanger entre eux sur une situation très difficile depuis des mois pour le petit commerce.

         Pour certains d’entre eux, c’est la catastrophe pure et simple.

         Cette situation concerne l’ensemble du monde du travail des entreprises à un double titre. Les travailleurs sont d’abord concernés comme clients. Les limitations du commerce des marchés forains populaires en particulier pèsent sur les budgets. En second lieu, dans les combats de demain, il faudra que les uns et les autres se retrouvent ensemble face à leur adversaire commun, le grand capital des banques et du grand commerce capitaliste. DM

 

Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de la semaine passée sur la situation des petits commerçants

 

Petits commerçants et artisans : victimes du grand capital

04 Novembre 2020

Le Premier ministre Castex, a annoncé que les grandes surfaces devraient fermer leurs rayons de produits non essentiels à partir du mercredi 4 novembre.

Après l’injonction gouvernementale de fermer boutique en raison du second confinement, il fait mine de faire une concession à la colère des petits commerçants des secteurs non alimentaires, relayée par des élus locaux, non sans arrière-pensées politiques pour certains. Cette limitation de vente dans les grandes surfaces est un piètre lot de consolation, car les petites boutiques resteront fermées. Les consommateurs pourront en outre se tourner vers le e-commerce, notamment Amazon, qui annonce le triplement de son bénéfice au troisième trimestre, qui s’élève à 5,4 milliards d’euros.

Pour tenter de limiter les conséquences de sa propre incurie, le gouvernement impose au petit commerce non alimentaire de fermer boutique, comme il impose aux salariés d’aller travailler coûte que coûte, puis de rentrer se confiner en leur interdisant toute vie sociale, ou de rester confinés en télétravail. Aucune restriction ni contrainte n’est imposée aux grandes entreprises pour que la machine à profit continue de fonctionner. À juste titre, les libraires, les fleuristes, les coiffeurs ont protesté à leur manière.

Les quelque 450 000 commerces de proximité sont dans des situations financières variées. Certains sont très à l’aise, d’autres vivent chichement de leur travail ou sont sur le fil du rasoir, même en dehors de toute crise. Beaucoup d’entre eux jouent leur survie après le premier confinement, alors que la crise économique, la montée du chômage et de la misère ne peuvent que compromettre la consommation, en particulier dans les villes et les quartiers populaires.

Pour justifier le choix de laisser fermés les petits commerces, le gouvernement a présenté la fermeture de certains rayons dans les grandes surfaces comme une mesure d’équité contre la concurrence déloyale. Mais les petits commerçants ne jouent pas à armes égales avec les Carrefour, les Auchan, ou les géants du e-commerce. Les choix du gouvernement face à la reprise de la pandémie démontrent justement qu’ils ne pèsent guère dans la balance.

Le ministre de l’Économie et celui chargé des petites entreprises verseront les larmes d’usage quand les faillites viendront, mais l’État défend les intérêts des gros capitalistes et leur destine la plus grosse part des aides censées sauver l’économie et la petite entreprise. L’activité des petits commerçants est certes étouffée par le Covid-19, mais ils sont surtout étranglés par le système capitaliste et l’État à son service. Dans la lutte contre ce système injuste, ils devraient devenir les alliés de la classe ouvrière.

                                                      Boris SAVIN (Lutte ouvrière n°2727)

Avec la nouvelle interface de Blogspot, malgré mes paramètres, mes 5 articles du jour apparaissent sur deux pages voire sur trois pages. Pour lire les 5 articles, cliquez en bas de page sur « articles plus anciens). DM