samedi 1 août 2020

Répression syndicale : SNCF et ministère du travail unis pour le licenciement d’Éric Bezou


SNCF : décision inacceptable

29 Juillet 2020

Après un an de procédure disciplinaire, la SNCF vient d’obtenir le licenciement d’Éric Bezou, militant syndical de longue date sur la région de Saint-Lazare. Le prétexte de ce licenciement, s’être agenouillé devant sa hiérarchie pour protester contre la soumission qu’on exigeait de lui, est grotesque. L’inspection s’est d’ailleurs opposée à deux reprises à ce licenciement. Mais, véritable fait du prince, le ministère du Travail a choisi de désavouer l’inspection du travail et a permis à la SNCF de radier ce cheminot.
Ce licenciement fait partie de la guerre que la SNCF mène pour démolir les droits des travailleurs. En licenciant, sous les prétextes les plus futiles, nombre de militants ou de grévistes, elle cherche à intimider les dizaines de milliers de cheminots qui ont montré, en particulier lors de la dernière grève contre la réforme des retraites, qu’ils ne baissent pas la tête.
C’est bien l’intérêt de tous les travailleurs du rail de s’opposer et dénoncer ce licenciement arbitraire.

                                     Christian BERNAC (Lutte ouvrière n°2713)

Un rassemblement de défense précédent (ph. Révolution permanente)


Argenteuil, poste de police du Val-Nord, l’espoir de la députée et le ministre qui sait la faire marcher


On ne la fera pas marcher par hasard ?

 
La "Dalle" des temps heureux, avec services publics !

Le poste de police du Val-Nord est fermé depuis la mi-mai suite aux incidents consécutifs à la mort dans un accident de moto du jeune Sabri, et à une tentative d'incendie. Il aurait très bien pu être rouvert néanmoins dans les jours qui ont suivi.
         Aujourd’hui, la députée du cru supplie le ministre de l’intérieur qu’il soit rouvert dans les meilleurs délais.
         Elle a obtenu certes de bonnes paroles réconfortantes de ce dernier… mais comme chacun sait, entre les paroles et les actes, il y a souvent une grande différence.
         On mesure là la portée des paroles fortes du gouvernement sur la présence de la « république » dans les territoires et plus particulièrement ceux des quartiers populaires, quand celui-ci se permet de fermer un lieu où la population pouvait par exemple déposer plainte à proximité.
Pour les choses sérieuses, il est vrai, qu’en cas de gros problèmes, ses escadrons sont prêts à quitter leurs casernes pour arriver à la demande dans ces mêmes quartiers. Il n'y a alors pas d'entrave pour cela.
         La députée fait d’autant plus grise mine qu’elle se vantait d’avoir fait obtenir pour Argenteuil un surcroît d’effectif de 15 policiers de sécurité du quotidien (PSQ) pour le centre-ville.
         Elle rend pourtant des services, cette dame, en votant tout ce que le gouvernement lui demande de voter. Rien n’y fait. Quel manque de gratitude en retour. À suivre donc. DM

vendredi 31 juillet 2020

Assurance chômage : Castex à l’attaque


Assurance chômage : Castex à l’attaque

29 Juillet 2020

Alors que le Premier ministre avait annoncé à grand renfort de publicité, le 18 juillet, un report du deuxième volet de la réforme de l’assurance chômage, le projet de décret, transmis aux syndicats par le ministère du Travail quelques jours plus tard, ne fait pas mention du report du volet sur les nouvelles conditions d’accès au chômage.
Les représentants des confédérations syndicales qui avaient été conviés à cette réunion ont tous fait mine de découvrir le pot aux roses.
La suppression du volet concernant les nouvelles conditions d’accès au chômage, qui en durcit les conditions et est entré en vigueur le 1er novembre dernier, ne sera donc pas rétroactive pour les personnes ayant perdu leur emploi entre le 1er novembre 2019 et le 1er août 2020, au prétexte que cela aurait obligé Pôle emploi à recalculer leurs droits, chose paraît-il techniquement impossible.
Par ailleurs, au 1er novembre 2019, il fallait avoir travaillé six mois au cours des 24 derniers mois pour prétendre à une indemnisation, contre quatre mois au cours des 28 derniers mois auparavant. De ce fait, entre novembre 2019 et février 2020, plus de 20 000 demandeurs d’emploi se sont vu refuser une ouverture de droits chaque mois, selon une estimation de l’Unedic. Or, si le retour aux quatre mois de travail est bien validé, ce sera toujours sur une base de 24 mois, et non 28. Ce seul écart de quatre mois empêche l’ouverture des droits au chômage pour nombre de travailleurs. Enfin, le seuil permettant un rechargement des droits sera de quatre mois alors qu’il était d’un mois avant le 1er novembre.
En annonçant le report de la réforme de l’assurance chômage, Castex cherchait surtout à gagner du temps, à ne pas allumer d’incendie social au moment où le chômage frappe de plus en plus de travailleurs.

                                                    Aline RETESSE (Lutte ouvrière n°2713)

Fruits et légumes : les prix flambent


Le Covid 19, le prétexte pour que les distributeurs se sucrent

 


Une association de défense de consommateurs a fait le constat que les prix des fruits et légumes frais ont explosé, l’augmentation pouvant atteindre 17 % pour certains fruits, du jamais vu, souligne  cette association.
La faute au Covid 19 nous disent les commentateurs... Sauf qu’on constate qu’entre les prix des producteurs et ceux des produits dans les grandes surfaces, ceux-ci sont multipliés par 4 ou 5. Pas besoin d’être un grand mathématicien pour en conclure que ces distributeurs se sucrent abondamment.
Les classes populaires ne doivent payer ni la crise sanitaire ni la spéculation de la richissime grande distribution : il faut augmenter les salaires et pensions et les indexer sur les prix !

Chômage partiel et patrons fraudeurs : un secteur en forte croissance


Une deuxième nature chez les patrons

 


La nouvelle ministre du Travail Élisabeth Borne vient de révéler que sur l’ensemble des contrôles effectués sur les entreprises ayant bénéficié du chômage partiel, 1400 fraudes avaient déjà été constatées.
Les patrons étant entièrement indemnisés pour mettre leurs salariés en chômage partiel, pour beaucoup la tentation était forte de faire travailler en plus en télétravail tout en se faisant payer par l’État ; il faut dire qu’ils sont tellement habitués à être arrosés...
Il y a un mois le nombre de suspicions de fraudes était de 850 entreprises, aujourd’hui de 1400… On peut dire qu’en ce moment, le seul secteur capitaliste en croissance, c’est la fraude !

Police : quand Macron fait la tournée des popotes


Pour le pouvoir, choyer la matraque, une vieille histoire

 


Macron a visité des commissariats parisiens et à cette occasion il a annoncé le déblocage de 10 millions d’euros pour le travail de nuit des policiers, 10 millions qui s’ajoutent aux 75 millions annoncés il y a quelques jours pour renouveler leur matériel.

C’est sûr qu’avec l’aggravation du chômage, de la misère, le gouvernement essaye de choyer, chichement il est vrai, ceux qui doivent maintenir l’ordre social.

Mais quelques dizaines d’euros en plus pour les policiers, des milliards pour les actionnaires… même pour ceux qui ont pour rôle de maintenir un ordre social inique, la balance n’est pas égale.

Argenteuil : quand SFR responsable de l’installation de la fibre se moque du monde… et de la municipalité


Un message… d’impuissance

 
Joli siège, superprofits, mais service minimum

Georges Mothron a consacré aux problèmes liés à la « fibre » sur la Ville sa première « lettre du maire » de la nouvelle mandature.
         Selon ce qu’il nous en dit, l’installation et le fonctionnement de celle-ci n’a rien de réjouissant sur la commune : « … Déploiement sans cesse retardé, installation bâclée, armoires insuffisamment sécurisées et vandalisées sont le lot quotidien d’un grand nombre d’habitants ». Sombre tableau effectivement !
         Les grands opérateurs de communication se sont répartis le territoire du pays, et Argenteuil est revenu dans l’escarcelle de SFR. Mais, au niveau de l’installation et du fonctionnement, il s’en montre incapable, « comme si cet opérateur avait fait l’impasse sur Argenteuil » affirme l’élu. Le grisbi d’accord ! Mais que ça marche est une toute autre histoire.
Bien évidemment, cette situation n’a rien d’étonnant, d’autant plus que les autres opérateurs et de très nombreuses entreprises sous-traitantes sont concernés par l’installation et le fonctionnement de la fibre à Argenteuil.
         Le maire d’Argenteuil peut s’époumoner et assigner SFR devant les tribunaux, tout cela à toutes les chances de n’y rien changer.
         La privatisation des télécommunications a donné un gigantesque pouvoir aux opérateurs privés qui font dans ce secteur, depuis des années, d’énormes profits. Même avec la crise du coronavirus, SFR a vu ainsi ces derniers mois ses affaires prospérer.
         Il faudra un jour se débarrasser de ces parasites, de leur soif de profits et du mépris qui l’accompagne.
         Les télécommunications sont le genre de domaine où la concurrence n’apporte manifestement rien. Une seule entreprise contrôlée par le pouvoir de la population permettrait non seulement de faire d’énormes économies, mais supprimerait tous les dégâts liés aujourd’hui à la domination de ces gigantesques trusts que sont les opérateurs de téléphonie et qui agissent comme ça leur chante. DM

jeudi 30 juillet 2020

Explosion du chômage : la guerre du capital contre le travail. Un article de notre hebdomadaire


Explosion du chômage : la guerre du capital contre le travail

29 Juillet 2020

Les chiffres de Pôle emploi confirment la gravité de la guerre que le patronat impose au monde du travail. Au deuxième trimestre 2020, le nombre de chômeurs a bondi de 815 000, soit 25 %, une hausse jamais connue depuis des décennies.
 


Le nombre de chômeurs de catégorie A en métropole, qui n’ont exercé aucune activité dans le mois, concentre la hausse et atteint le triste record de 4,2 millions de chômeurs. En fait des centaines de milliers de travailleurs précaires, intérimaires, CDD, qui alternaient périodes de chômage et d’activité se retrouvent aujourd’hui privés de tout emploi. Ils s’ajoutent à ceux qui perdent un emploi qu’ils espéraient stable. Il est impossible de faire la liste des plans de licenciements, mensongèrement nommés plans de sauvegarde de l’emploi (PSE). Rien qu’en une semaine, le ministère du Travail a recensé 32 nouveaux plans de licenciements concernant la suppression de 43 300 emplois. Et combien de licenciements sont invisibles, car ne concernant que quelques salariés d’une entreprise, ou bien d’entreprises de moins de 50 salariés, qui ne font l’objet d’aucun plan ?
Enfin, l’augmentation du chômage concerne les jeunes arrivant sur ce que les économistes baptisent « le marché du travail », forts de leur formation, de leurs études, mais qui ne trouvent aucun emploi, aucun acheteur de leur force de travail, aucun secteur où mettre en œuvre leurs compétences.
Un système qui laisse ainsi en friche et jette au rebut les femmes et les hommes qui en sont les forces productives alors que les besoins sont immenses, que ce soit dans la santé, l’éducation, la construction et la rénovation de logements, d’infrastructures de transport, est un système en faillite.
Dans bon nombre de cas, les licenciements ou le refus d’embauche sont le fait de groupes richissimes, comme Sanofi ou Renault. Dans d’autres cas, il peut s’agir de sous-traitants ou bien encore de petits patrons réellement pris à la gorge par les groupes industriels et financiers. Mais quels que soient les laissés pour compte de la concurrence entre possesseurs de capitaux, ce sont toujours les travailleurs qui payent les pots cassés, eux qui n’ont que leur emploi pour gagner leur vie.
Seul le travail humain crée de la richesse. Priver d’emploi un individu, c’est non seulement un gâchis pour lui-même mais pour la société privée de son apport. Face à la folie destructrice du capitalisme, les travailleurs doivent imposer que tout individu en âge de travailler dispose d’un emploi et d’un salaire digne.
Il s’agit donc de recenser d’une part tous les bras et cerveaux disponibles et tous les besoins productifs de l’autre et de répartir le travail entre tous, sans aucune perte de salaire. Le temps de travail hebdomadaire ainsi calculé pourra diminuer au fur et à mesure des gains de productivité.
Le monde capitaliste marche sur la tête. Il faut mettre l’économie sur ses pieds : produire tous ensemble pour la satisfaction des besoins de tous et non pour les profits d’une minorité de parasites.
                                                Christian BERNAC (Lutte ouvrière n°2713)