lundi 8 juin 2020

Total-Hutchinson : Non aux suppressions d’emplois


D’immenses réserves dans lesquelles puiser

 


Hutchinson, une filiale du richissime groupe Total annonce, après d’autres, qu’elle va supprimer 9000 postes dans le monde, dont 6000 intérimaires. En France 1000 emplois en CDI sont concernés. Des milliers d’intérimaires s’y ajouteront. Et pourtant il y a deux mois à peine, le groupe Total versait le 3ème quart des dividendes de l’année 2019, soit 1,8 milliard d’euros.
C’est dire qu’avec les bénéfices accumulés par ce groupe depuis des années, il y a largement de quoi partager le travail entre tous les travailleurs, intérimaires compris, en prenant sur les profits pour maintenir les salaires.

Salaires : attaques tout azimuts


Pas touche aux salaires !

03 Juin 2020

Plusieurs entreprises ont annoncé le gel des salaires en 2 020, sous prétexte des pertes dues à la crise du coronavirus.
 
 
 

D’autres comme Ryanair font un chantage aux travailleurs : soit une baisse de salaire durant cinq ans, soit des licenciements. Chez Alstom, les augmentations négociées en début d’année, qui devaient être distribuées au mois d’avril, sont remises en cause. Même chose chez Michelin, où les augmentations prévues, entre 2 et 3 % selon les postes, sont suspendues jusqu’au « retour à la bonne fortune », c’est-à-dire jusqu’au retour du résultat de l’entreprise à son niveau de 2 019. GMD, un sous-traitant automobile, a annoncé le gel des salaires et la fermeture d’un site en région parisienne, à Lognes. Chez Derichebourg Aéronautique, la direction menace de supprimer 700 emplois, sauf si les travailleurs acceptent la suppression du 13e mois et d’autres primes. Ce chantage a pour but de faire accepter la diminution des rémunérations aujourd’hui, mais les engagements de la direction ne valent rien, et cela ne les empêchera pas de licencier demain.
Les capitalistes suppriment des centaines de milliers d’emplois d’un côté. Ils veulent prendre sur les salaires de l’autre et se servent du chômage comme d’un moyen de chantage. Mais les travailleurs n’ont rien d’autre pour vivre que leur salaire. Beaucoup ont déjà perdu des centaines d’euros avec le chômage partiel, et tout le monde a pu constater les augmentations de prix pendant le confinement. De plus en plus de travailleurs ont dû recourir à l’aide alimentaire pour vivre. Les salaires suffisaient déjà à peine, avant la crise, pour faire face à toutes les dépenses, et il n’y a pas de raison d’accepter qu’ils soient amputés ou bloqués alors que le coût de la vie continue à augmenter.
Les capitalistes mènent une véritable guerre aux travailleurs pour leur faire payer la crise de leur système. Ils n’hésitent pas à utiliser toutes les armes : licenciements, blocage ou baisse des salaires, intensification du travail, suppression de congés… La solution pour le camp des travailleurs est à l’inverse : il faut prendre sur les profits passés et actuels pour payer des salaires qui permettent de vivre.
                                             Hélène COMTE (Lutte ouvrière n°2705)

Voir ci-dessous aussi ce qui se passe dans le groupe aéronautique Dubreuil

Vol de salaires : mauvais plan de vol


Ces « deals » faits sur le dos des travailleurs

 


Le groupe vendéen Dubreuil a réussi à faire signer un « accord de performance collective » aux syndicats de ses compagnies aériennes (Air Caraïbes, Air Caraïbes Atlantique et French Bee), autorisant une baisse générale des salaires d’environ 10 %, à effet immédiat et pour une durée de deux ans, en échange du maintien des emplois. Un tel accord s’inscrit dans le cadre des Ordonnances Macron sur la réforme du Code du travail en 2017.
Le groupe Dubreuil est classé, par la magazine Challenges, au 142ème rang des fortunes professionnelles en France en 2019), avec une fortune estimée à 650 millions d’euros. Les profits et les fortunes accumulés ces dernières années ne se sont pas volatilisés. Cet argent doit servir à garantir l’emploi et le salaire de chaque salarié.

Apprentissage : open bar pour les patrons


Avoir un salarié… sans le payer…

 


Plus d’un milliard d’euros ! C’est ce que le gouvernement met sur la table « pour l’apprentissage ». Ce cadeau n’ira pas aux apprentis qui eux, continueront de ne toucher que de 27 % à 100 % du smic selon leur âge.
Cela signifie qu’entre juillet et février prochain, les patrons embauchant un apprenti mineur recevront, de l’Etat, 5000 euros et 8000 euros pour un apprenti majeur. Au point qu’un patron ne dépensera  que 175 euros par mois pour un apprenti ayant entre 20 et 25 ans et quand il aura moins de 20 ans, il ne dépensera… rien du tout. Et toutes les entreprises pourront  bénéficier de cette main-d’œuvre à bon marché, même les plus  grosses.
À ce niveau-là, ce n’est plus de l’aide au patronat, mais du gavage.

Argenteuil, Covid 19, comme ailleurs, l’épidémie n’est pas terminée…


La priorité demeure la protection des travailleurs

Nous ne savons pas si les deux magasins concernés, Action et Courir, rouvriront aujourd’hui dans le centre commercial Côté Seine à Argenteuil.. Ils ont été fermés il y a une dizaine de jours suite  à la découverte de cas de Covid 19 parmi les travailleurs de ces enseignes.
         À la différence de nombre de petits magasins, ce genre d’enseignes qui fonctionnent avec le minimum de salariés doit avoir bien du mal à faire respecter leur confinement, en particulier au niveau de la distanciation avec les clients.
         En tout cas, voilà une nouvelle preuve que pour les salariés, et pour tous, le respect de la protection personnelle demeure une priorité.
 


Quel bilan sur la Ville ?

De nombreux points à l’ordre du jour du conseil municipal de demain portent sur le Covid 19.
         Mais les habitants qui ont appris que le chiffre de décès dans la période a bondi sur la commune aimeraient avoir des informations plus précises sur le sujet.
         Combien de malades ? Combien de décès ? À l’hôpital ? En Ehpad ? Au domicile des malades ? Selon les différents quartiers ? Combien de salariés de la Ville l’ont attrapé ? Les âges ? Etc.
         Ce genre d’informations qui n’auraient rien d’exceptionnelles et ne relèvent de nulle nécessité permettrait en outre de couper court à toutes les rumeurs. DM

dimanche 7 juin 2020

Violences policières : manifestations contre le racisme et les violences policières : beaucoup de monde partout dans les rues hier


En France aussi, une police largement gangrénée par le racisme

 


À Lyon, 6000 personnes hier

En écho aux puissantes manifestations contre l'assassinat de Georges Floyd aux USA et à la manifestation de Paris réclamant justice pour Adama Traoré, décédé lors d'une arrestation musclée il y a 4 ans, de très nombreuses manifestations et rassemblements ont eu lieu hier et ces jours derniers. Elles ont rassemblé beaucoup de monde, dont une grande majorité de de jeunes.
En France aussi, la police est gangrenée par le racisme et lorsque l'on habite un quartier pauvre et que l'on a la peau foncée, on a peur de la police. Ici aussi, les policiers coupables d'exactions, s'ils agissent moins impunément qu'aux USA, sont traités avec beaucoup de complaisance par la justice, s’ils finissent par être poursuivis. Dans les quartiers ouvriers ou contre les Gilets Jaunes, on voit bien que partout la police est le bras armé d’un État et d’un ordre social injuste.

Hôpitaux : pas de retour à l’anormal !


Se mobiliser !

 


Plusieurs centaines de soignants ont manifesté à nouveau ce jeudi devant des hôpitaux publics de Paris pour réclamer des moyens pour l’hôpital, de l’embauche et de véritables augmentations de salaires.
« Pas de retour à l’anormal » ou « Ségur = Imposture » : leurs pancartes montrent bien qu’ils n’ont aucune confiance dans les boniments du gouvernement et son « Ségur de la Santé ». Pas plus qu’ils ne comptent se satisfaire d’une parade devant Macron et les généraux au 14 juillet…
Ils ont bien raison ! C’est avec l’ensemble des salariés hospitaliers mobilisés qu’ils pourront contraindre le gouvernement à lâcher des milliards pour la Santé plutôt que pour l’armée et le grand patronat.

Municipales, deuxième tour : rien à en attendre


Municipales : rien à en attendre

03 Juin 2020

Après bien des hésitations, le gouvernement a finalement décidé que le deuxième tour des élections municipales se tiendrait le 28 juin, si les conditions sanitaires le permettent, pour les 4 922 communes n’ayant pas élu leur conseil municipal au premier tour. Ces élections préoccupent fortement les politiciens et leur tenue a été l’objet d’une véritable bataille de chiffonniers.
Le maintien du premier tour, en pleine épidémie et à deux jours du confinement, avait provoqué de nombreuses critiques, provenant parfois des mêmes politiciens qui avaient poussé à l’organiser. Pour le second tour, le gouvernement a d’abord tenté de se prémunir contre une nouvelle polémique en proposant un débat parlementaire, histoire d’obliger les députés à s’impliquer avec lui. Le débat a été refusé par une grande partie desdits députés, trop contents de laisser le gouvernement choisir seul de convoquer le deuxième tour et risquer ainsi d’être accusé d’irresponsabilité en cas de contaminations pendant son déroulement.
Le gouvernement a donc marché sur des œufs, tiraillé entre le Conseil scientifique qui évoque des « risques sanitaires importants » inhérents à la campagne électorale, et les pressions contradictoires d’une partie du monde politicien. Une vingtaine de députés LREM, La France Insoumise, Debout la France ou UDI, qui n’ont que peu ou pas de candidats en lice après le premier tour, s’opposaient ainsi à la tenue du deuxième avant l’été. Le Parti socialiste et Les Républicains, souvent arrivés en tête le 15 mars, poussaient au contraire à sa convocation rapide, de manière à éviter de devoir refaire le premier tour, comme la Constitution l’exigerait passé un certain délai.
La pression venait aussi directement des maires et des élus. L’incertitude quant à la convocation d’un second tour ou l’éventualité de nouvelles élections municipales empêchaient la mise en place des conseils municipaux et intercommunaux, et notamment le lancement d’appels d’offres pour les marchés publics : entretien de la voirie, des bâtiments de la commune ou du regroupement de communes, ou autres. C’est bien sûr d’autant plus le cas dans les grandes villes dont le maire n’est pas encore élu et où les marchés publics sont encore plus un enjeu pour les entreprises.
Avec l’approfondissement de la crise économique, l’État pourrait diminuer encore les moyens des collectivités. Le chômage ne peut qu’exploser, du fait des licenciements prévus par les entreprises dans tous les secteurs et toutes les régions. Les nouveaux élus sont sous la pression des restrictions budgétaires et incités à accompagner les attaques qui se préparent contre les classes populaires.
De plus, lors de ce deuxième tour, nulle part on ne pourra entendre un programme défendant les intérêts vitaux des travailleurs. Autant dire que ces derniers n’ont rien à en attendre et doivent se préparer à se défendre sur un tout autre terrain que celui des élections.

                                                         Jacques Le Gall (Lutte ouvrière n°2705)