mercredi 6 mai 2020

Revenus et crise du Coronavirus : une baisse prise de plein fouet par de larges secteurs du monde du travail


L’exigence de la compensation pour tous de cette baisse

 

Il y a des millions familles qui sont à la peine par la diminution des revenus occasionnés par l’arrêt de l’activité due à la crise. Ils sont ouvriers, employés, intermittents du spectacle, étudiants ayant besoin de travailler, travailleurs sans papiers, travailleurs non déclarés mais ayant absolument besoin de revenus durant la période actuelle, commerçants, cafetiers, restaurateurs, commerçants des marchés forains, certaines professions libérales… Et la liste est très longue.

         En tout cas, cela concerne le monde du travail. Celui de la bourgeoisie n’a pas ces problèmes qui, de semaine en semaine, deviennent de plus en plus cruciaux pour les travailleurs, et en particulier pour les plus modestes d’entre eux.

 

         Les marchés forains pourraient reprendre. Ce qui avait été mis en place juste avant le confinement convenait. Le préfet du val d’Oise a donné de nouvelles autorisations la semaine passée. Il pourrait les étendre à nombre de marchés populaires d’Argenteuil et de Bezons.

 

Des commerçants qui doivent tirer la langue dans le centre d’Argenteuil :

Avenue Gabriel Péri :

Le Presse-papier

Nature et cacao

Produits italiens

Tous ouverts seulement le matin

 

Sur commande :

Un marchand de fruits et légumes du marché Héloïse qui livre : Mohamed 0783890022

« Le bout du bar », plats à emporter sur commande : 0628464819

Notre histoire : La dégénérescence du Premier État ouvrier


La dégénérescence du Premier État ouvrier



Pour nous qui nous réclamons de l’analyse de Léon Trotski de ce que nous appelons la dégénérescence de l’Union soviétique, celle-ci est l’œuvre des circonstances et de la montée d’une couche sociale qui soutient un pouvoir défendant ses intérêts.

         « Cette bureaucratie a commencé à se développer dans l'État ouvrier dès qu'a cessé l'exercice réel du pouvoir par la classe ouvrière elle-même, c'est-à-dire, en fait, dès le milieu de l'année 1918. Quelques années après, vers 1925, le "Thermidor soviétique" - c'est à dire, pour reprendre l'expression de Trotsky, "le passage du pouvoir des mains de l'avant-garde révolutionnaire aux mains des éléments les plus conservateurs de la bureaucratie" - a été accompli… » (Le terme de « Thermidor » reprenait celui des historiens de la Révolution française désignant le renversement du gouvernement de Salut public de Robespierre par des éléments désirant briser ce qui restait de l’élan populaire qui avait jusqu’alors entraîné la Révolution en avant). Ce Thermidor de l’été 1794 ne remettait néanmoins pas en cause les bouleversements sociaux qui avaient liquider la domination sociale de la noblesse).
         « Trotsky, tout en dénonçant "la dégénérescence bureaucratique monstrueuse", considéra cependant jusqu'à sa mort, en 1940, l'État soviétique comme un État ouvrier, dégénéré certes, mais ouvrier quand même. Tout en combattant la bureaucratie et ses représentants politiques comme des ennemis mortels de la révolution prolétarienne, il montra en quoi cette couche sociale - dont bien des éléments étaient psychologiquement et moralement proches des bourgeois grands ou petits, plus avides d'avantages individuels et crasseusement réactionnaires - avait des intérêts collectifs qui la distinguaient et, dans une certaine mesure, l'opposaient à la bourgeoisie…
         «… ses dirigeants conservèrent pendant plusieurs décennies le vocabulaire formel de 1917 et leurs privilèges restèrent liés à l'existence d'une économie étatisée. Mais par là-même ils barraient le chemin à la bourgeoisie quoique à contrecœur pour un grand nombre de bureaucrates.
         Dans la seconde moitié des années vingt, proches encore de la révolution, malgré le "Thermidor soviétique", malgré la politique de ses dirigeants, malgré "le socialisme dans un seul pays" qui constituait un reniement des idées du communisme, malgré une politique internationale de plus en plus timorée avant d'être franchement antirévolutionnaire, la Russie soviétique - devenue URSS en 1922 - resta un État à part, en ceci que la bourgeoisie ne s'y était pas réinstallée… » (éléments extraits du numéro 50 de novembre 1992 de notre revue Lutte de classe. À lire in extenso via le site « lutte ouvrière.org » 

Prochaine brève : L’Opposition de Gauche

mardi 5 mai 2020

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 5 mai 2020






« Travailleurs, sauvons-nous nous-mêmes ! »
        

Le déconfinement se fera-t-il le 11 mai ? Les écoles rouvriront-elles ? Retrouverons-nous notre liberté de mouvement ? À une semaine de l’échéance, le gouvernement est incapable de l’assurer. On se demande d’ailleurs bien ce qu’il est capable de faire ! 

Les hôpitaux et la chaîne de soins ont fait face à la première vague de l’épidémie grâce à la conscience professionnelle et au dévouement des personnels. Mais pour ce qui dépend de l’État, on ne voit qu’incurie, mensonges et improvisation. 

La semaine dernière, le gouvernement a même réussi l’exploit de publier une carte du déconfinement truffée d’erreurs, alors qu’il ne s’agissait que d’établir l’état des lieux département par département !

Il y a une semaine, le mot d’ordre était « dépister, tracer et isoler ». Les autorités sanitaires en sont toujours incapables. Le ministre de la Santé visait 700 000 tests par semaine à partir du 11 mai. Où en sommes-nous ? À 150 000 ? 250 000 ? Impossible de le savoir car les tests effectués sur le terrain ne sont pas centralisés et comptabilisés. 

Quant à la gestion des masques, elle est révoltante. Pour nier la pénurie, le gouvernement a d’abord menti sur leur utilité. Et les voilà devenus obligatoires dans les transports en commun. Obligatoires et… payants ! Encore une fois, pour la population, ce sera : « Débrouillez-vous ! » 

Irresponsabilité vis-à-vis de la société et mépris pour les plus pauvres, voilà comment le gouvernement gère cette crise. Et on peut en dire autant de la bourgeoisie et de ceux qui dirigent les grands groupes industriels et financiers. Et pour eux, il ne s’agit ni d’incompétence ni d’impuissance techniques. On le voit avec les enseignes de la grande distribution qui vendent maintenant des masques chirurgicaux. 

Après avoir lancé leurs commandes il y a une douzaine de jours, elles annoncent déjà disposer de 400 millions de masques. Dans la guerre des masques, elles battent l’État à plate couture ! 

Mais quand ces masques étaient une question de vie et de mort pour les soignants et les salariés envoyés au front, alors que des centaines de milliers de femmes et d’hommes s’organisaient pour en fabriquer avec leurs moyens artisanaux, ces enseignes n’ont pas bougé le petit doigt. Elles se réveillent maintenant, pour en tirer profit !

Ce drame sanitaire montre la faillite des classes dirigeantes. Il faut donc être conscient que notre vie et l’avenir de la société dépendent de nous-mêmes, de notre monde, celui des travailleurs.

L’épidémie de coronavirus nous plonge dans une situation inconnue sur les plans sanitaire et économique. Mais une chose ne change pas : le grand patronat raisonne et agit pour les actionnaires, pour les intérêts d’une mince couche de privilégiés qui s’enrichit sur notre dos. Et toute la politique du gouvernement consiste à le soutenir. Alors, la première des choses est de ne pas faire confiance à tous ces dirigeants. 

Même dans les entreprises où de beaux protocoles sanitaires existent, il revient aux salariés eux-mêmes, à partir de la réalité de leurs postes de travail, des cadences et des pressions à la productivité, d’imposer les conditions de sécurité qu’ils jugent nécessaires. Même les consignes édictées par le gouvernement ne seront appliquées que si les travailleurs les font respecter. Nous travaillons pour gagner notre vie, pas pour la perdre, alors il faut imposer le contrôle ouvrier sur nos conditions de travail !

Derrière la lutte contre le coronavirus, la lutte de classe continue : vol de congés payés et de RTT, renvoi d’intérimaires et de sous-traitants. Et ce n’est là que le début, cette lutte va s’exacerber au fur et à mesure que la crise économique s’aggravera. 

Les grands groupes qui vont toucher des millions, voire des milliards de la part de l’État au nom de la sauvegarde des emplois, vont en supprimer des milliers. Airbus, Air France, Safran ou la SNCF ne le cachent pas. Mais combien d’autres sont en préparation ?

Il faut être conscient de ce qui nous attend pour y faire face. Car les travailleurs aussi peuvent écrire l’histoire. Dans cette crise sanitaire, ils ont fait preuve d’initiatives, de dévouement et d’esprit collectif. La bourgeoisie et son gouvernement ont fait la démonstration inverse. 

Il n’y a pas à accepter qu’une couche sociale privilégiée dont les intérêts sont aux antipodes de la société dicte sa loi. L’écrasante majorité de la population a intérêt à ce que les travailleurs prennent la direction de la société. C’est forts de cette conscience que nous pourrons combattre efficacement pour sauver nos emplois et nos salaires et aller jusqu’à changer le monde.

Dassault-Argenteuil, les échos de l’entreprise du bulletin Lutte ouvrière




On est prévenu
     La semaine passée,  200 d’entre nous travaillaient sur le site, et la direction va faire en sorte de faire monter l’effectif. Plus nous serons nombreux et plus le risque de contamination sera présent, mais la direction a prévenu : pas de test, pas de prise de température et « elle préfère que l’on évite les transports en commun ». Elle  ajoute même que l’on doit se montrer responsable.
     Bref en cas de contamination, elle s’en lave les mains par avance. C’est son geste barrière ?

Un travailleur prévenu en vaut deux
      Trappier, le P.D.G. nous a envoyé à chacun un SMS afin de nous informer que dorénavant il allait communiquer avec chacun d’entre nous par ce moyen. Bref, pour battre le rappel la D.G. se met en ordre de marche, elle piétine d’autant plus que sans nous rien ne …marche. Mais ce  qui  importe avant tout, c’est d’éviter toute contamination pour nous et notre famille.
     Pas question de la laisser prendre des risques avec notre santé. Les gestes barrières on y tient.

Le virus dans la mer ?
       Dassault-Aviation a fièrement annoncé avoir été capable de livrer, mi-avril un avion de reconnaissance marine ATL2 dans les délais initialement prévus. On ignorait que c’était le genre de livraison indispensable au fonctionnement de la société pendant la pandémie.
      Le virus des affaires n’a pas disparu chez les actionnaires

derrière les masques
     Depuis le début de la crise sanitaire, les soignants doivent multiplier les risques à cause de la pénurie de masques. Ils arrivent maintenant en grand nombre dans les supermarchés, et même ici, pour produire des avions, il y a pléthore de masque, y compris des ffp3.
     Visiblement, quand ils servent les affaires, les masques tombent.

Mascarade
     Le gouvernement a plafonné le prix des masques chirurgicaux à 95 centimes… soit dix fois plus qu’avant la crise. Quant aux masques en tissu, parfois vendus 15 euros pièce, leur prix n’est pas encadré. C’est délirant. Et c’est socialement injuste.
     En effet, à partir du 11 mai, il faudra porter un masque, au moins dans les transports, au travail, etc. Du coup, on estime que pour une famille avec deux enfants, le budget masques pourra atteindre 200 euros par mois !
     L’État devrait fournir ces masques gratuitement puisqu’il en impose le port. Il sait bien aider les patrons !
     Mais il est en dessous de tout dès qu’il s’agit de la population. Et il ne s’oublie pas au passage : sur chaque masque, l’État prélève 5,5 % de TVA.

La santé des profits
     C’est la saison des dividendes pour les actionnaires de nombreuses entreprises.
     Le groupe Korian, qui gère plus de 800 Ehpad dans le monde avec 50 000 salariés, a, lui, préféré ne pas verser de dividendes cette année. Il a craint que cela ajoute au scandale avec les nombreuses personnes âgées mortes du covid-19 dans les Ephad qu’il gère. Car, rentabilité oblige, les soignants et les résidents n’y ont pas été protégés comme il aurait fallu.
     Dans un autre domaine de la santé, en revanche, Sanofi, un géant du médicament, va verser près de quatre milliards de dividendes à ses actionnaires.
     La vieillesse, les épidémies sont une aubaine pour ces trusts qui tirent profit de la mauvaise santé des gens !

Toujours plus
     Le Medef et la CPME, les deux principales organisations patronales, viennent de demander au gouvernement qu’il finance le chômage partiel au-delà du 1er juin.
     Faire payer par l’État, et au final par les classes populaires, les salaires de 10 millions de travailleurs au chômage partiel, le patronat y prend goût.
     Et pourquoi se gênerait-il quand le gouvernement déverse sur les entreprises, donc dans la poche de leurs propriétaires et actionnaires, des crédits, des aides, des exemptions fiscales à grands flots ?

Concurrence déloyale ?
     Cela ressemble à une blague. Le gouvernement vient de créer un site spécial, Désinfox, qui est censé lutter contre les fausses nouvelles concernant le coronavirus.
     En matière de bluff, il en connaît un rayon. Entre les masques, qu’il disait inutiles, puis commandés mais introuvables, et les tests pas nécessaires devenus utiles, etc., il n’a pas lésiné sur le baratin.
     Mais qui peut encore le croire ?