mercredi 6 mai 2020

Notre histoire : La dégénérescence du Premier État ouvrier


La dégénérescence du Premier État ouvrier



Pour nous qui nous réclamons de l’analyse de Léon Trotski de ce que nous appelons la dégénérescence de l’Union soviétique, celle-ci est l’œuvre des circonstances et de la montée d’une couche sociale qui soutient un pouvoir défendant ses intérêts.

         « Cette bureaucratie a commencé à se développer dans l'État ouvrier dès qu'a cessé l'exercice réel du pouvoir par la classe ouvrière elle-même, c'est-à-dire, en fait, dès le milieu de l'année 1918. Quelques années après, vers 1925, le "Thermidor soviétique" - c'est à dire, pour reprendre l'expression de Trotsky, "le passage du pouvoir des mains de l'avant-garde révolutionnaire aux mains des éléments les plus conservateurs de la bureaucratie" - a été accompli… » (Le terme de « Thermidor » reprenait celui des historiens de la Révolution française désignant le renversement du gouvernement de Salut public de Robespierre par des éléments désirant briser ce qui restait de l’élan populaire qui avait jusqu’alors entraîné la Révolution en avant). Ce Thermidor de l’été 1794 ne remettait néanmoins pas en cause les bouleversements sociaux qui avaient liquider la domination sociale de la noblesse).
         « Trotsky, tout en dénonçant "la dégénérescence bureaucratique monstrueuse", considéra cependant jusqu'à sa mort, en 1940, l'État soviétique comme un État ouvrier, dégénéré certes, mais ouvrier quand même. Tout en combattant la bureaucratie et ses représentants politiques comme des ennemis mortels de la révolution prolétarienne, il montra en quoi cette couche sociale - dont bien des éléments étaient psychologiquement et moralement proches des bourgeois grands ou petits, plus avides d'avantages individuels et crasseusement réactionnaires - avait des intérêts collectifs qui la distinguaient et, dans une certaine mesure, l'opposaient à la bourgeoisie…
         «… ses dirigeants conservèrent pendant plusieurs décennies le vocabulaire formel de 1917 et leurs privilèges restèrent liés à l'existence d'une économie étatisée. Mais par là-même ils barraient le chemin à la bourgeoisie quoique à contrecœur pour un grand nombre de bureaucrates.
         Dans la seconde moitié des années vingt, proches encore de la révolution, malgré le "Thermidor soviétique", malgré la politique de ses dirigeants, malgré "le socialisme dans un seul pays" qui constituait un reniement des idées du communisme, malgré une politique internationale de plus en plus timorée avant d'être franchement antirévolutionnaire, la Russie soviétique - devenue URSS en 1922 - resta un État à part, en ceci que la bourgeoisie ne s'y était pas réinstallée… » (éléments extraits du numéro 50 de novembre 1992 de notre revue Lutte de classe. À lire in extenso via le site « lutte ouvrière.org » 

Prochaine brève : L’Opposition de Gauche

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