mardi 24 mars 2020

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise du lundi 23 mars 2020


La santé des travailleurs ne doit pas se jouer à la roulette russe !


Avec le sinistre décompte du nombre de décès et de malades, chacun d’entre nous mesure la gravité de cette épidémie et l’enjeu à respecter les mesures de confinement pour se protéger et protéger les autres.
Cela nécessite des sacrifices, surtout pour les familles ouvrières. Mais le pire est de voir toutes ces précautions anéanties parce que patronat et gouvernement veulent que les affaires continuent.
Le week-end, les travailleurs sont sommés de se cloîtrer, ils sont regardés de travers quand ils se permettent de faire le tour du pâté de maisons avec leurs enfants. Et le lundi, ils doivent prendre les transports, franchir à plusieurs centaines les mêmes tourniquets et se confiner à 50, 100, 200 dans un atelier où ils se partageront les outils, les uns à côté des autres à Airbus, Amazon, La Redoute…
Le gouvernement met en danger la vie de millions d’ouvriers, d’employés, de techniciens et prend le risque d’affaiblir l’efficacité du confinement général. Pourquoi ? Uniquement pour assurer la continuité des profits de la bourgeoisie !
Parce que ce n’est pas en fabriquant des hélicoptères de combat, des paquebots de croisière ou du rouge-à-lèvres que nous allons combattre le virus ! Pénicaud a poussé les capitalistes du BTP à redémarrer. Si c’était pour lancer la construction d’hôpitaux de campagne, comme la Chine a su le faire, on comprendrait, mais ce n’est pas le cas !
Faire tourner les entreprises à l’heure où le personnel de santé supplie que nous respections un confinement strict est une décision criminelle. Et cela n’a rien d’inconscient, c’est volontaire et réfléchi : c’est un choix de classe. Depuis le début de l’épidémie, chaque décision gouvernementale est pesée, calculée en fonction des intérêts des capitalistes. Quant à la vie des travailleurs, elle ne compte que pour suer des profits ! 
Alors, il n’y a pas « d’union nationale » qui tienne ! Il faut que les travailleurs se défendent et refusent de servir plus longtemps de chair à profits pendant que les dirigeants et les actionnaires sont planqués à l’arrière. Il faut obtenir, collectivement, l’arrêt immédiat des entreprises non indispensables à la lutte contre l’épidémie et à la vie sociale.
Et il faut que tous les moyens possibles soient mis à la disposition de la lutte sanitaire. Nous payons aujourd'hui les fermetures d’hôpitaux, les suppressions de lits et de personnel de ces dernières décennies. Autour de 2011, le ministère de la Santé a décidé d’abandonner le stockage de masques pour économiser 60 malheureux millions d’euros par an ! On mesure combien toutes ces économies sont criminelles. Tout cela ne se rattrapera pas. 
Mais cela fait plus de deux mois que l’on voit arriver la catastrophe et alors que Macron a mobilisé tout le pays pour mener la guerre sanitaire, les troupes médicales continuent de manquer de masques et de tests ! Les aides à domicile soignent des personnes à risques sans même savoir si elles ne sont pas elles-mêmes porteuses du virus. Que doivent-elles faire ? Croiser les doigts pour ne pas répandre l’épidémie ? Alors oui, le personnel de santé a courageusement répondu à l’appel. Mais il est envoyé au front dans des conditions révoltantes et le paye déjà par plusieurs morts. 
Quant à la santé des caissières, des éboueurs, des électriciens, des camionneurs, des conducteurs de bus, des postiers… appelés à assurer les activités essentielles, le gouvernement s’en est moqué jusqu’à ce que les protestations et les droits de retrait se multiplient. Maintenant, il propose à leur employeur de leur verser une prime de 1000 €. Pour acheter leur santé et celle de leur famille ? C’est grossier !
Les travailleurs qui œuvrent dans les domaines vitaux font la démonstration de leur conscience collective. Mais ils n’ont pas à accepter de jouer à la roulette russe avec leur vie ! À l’Assemblée nationale, les micros sont nettoyés après chaque intervenant par les huissiers… eh bien les petites mains indispensables à la vie sociale n’ont pas à être traitées moins bien que les députés et les sénateurs !
Et ceux qui ne travaillent pas n’ont pas à payer le confinement avec leurs journées de congés payés ou de RTT, comme le gouvernement veut le rendre possible avec l’état d’urgence sanitaire.
Cette crise sanitaire est un miroir grossissant des inégalités et du mépris de classe de notre société. Elle jette une lumière crue sur l’incurie de nos gouvernants et sur l’irresponsabilité de notre organisation sociale. Eh bien, faisons aussi en sorte qu’elle soit un électrochoc et qu’elle nourrisse la révolte contre cet ordre social conçu pour que quelques-uns s’enrichissent avec la peau de la grande majorité !

Faire prendre des risques à des travailleurs, alors que leur travail n’est pas socialement nécessaire dans la période actuelle : vidéo d’un ouvrier des Chantiers de l’Atlantique qui fabriquent des bateaux de… croisière !

L'urgence absolue est de protéger la population et les salariés

Une prise de position de l’Union Départementale CGT et de trois autres syndicats de Seine maritime relayée par l'UD CGT du Val d’Oise




Argenteuil Dassault : en première ligne… pour ses profits


 
Par temps d'épidémie, il la faut vide de travailleurs

Dassault : coûte que coûte pour ses profits

Écho d’entreprise

23/03/2020

La direction de Dassault-Aviation fait le forcing afin de faire reprendre la production, « coûte que coûte » selon l’expression de certains directeurs de site,. Il s’agirait de maintenir selon ces derniers « l’image de la société et son chiffre d’affaire ». Après avoir été contrainte par les travailleurs de fermer les usines le 17 mars dernier, elle projetait alors de les rouvrir dès cette semaine. Depuis, plusieurs cas de coronavirus sont apparus parmi les travailleurs de différentes usines, dont un très grave à Argenteuil, alors Dassault tente d’y mettre les formes en envisageant une reprise progressive la semaine prochaine pour les « priorités ». Elle parle de volontariat, mais ce sont les chefs de services qui font pression en envoyant des mails individuels à certains ouvriers. En fait elle souhaite étaler la reprise, et l’organise les uns après les autres afin d’éviter un nouveau mouvement de colère qu’elle a bien raison de redouter, tellement son comportement est révoltant. Elle parle de conditions de sécurité réunies avec un équipement adéquat, mais où donc l’a-t-elle trouvé ? Alors qu’il fait défaut au personnel médical, en première ligne pour lutter contre l’épidémie.
En pleine période de confinement, Dassault n’a d’autres priorité que d’assurer ses profits en mettant en péril la santé et la vie de ceux qui font sa fortune.

L’Afrique menacée par le coronavirus… et ravagée par l’impérialisme !


Un bilan tragique de la colonisation de ce continent



Le continent africain est encore aujourd’hui le continent le moins touché par l’épidémie de coronavirus, mais d’après l’Organisation mondiale de la Santé, l’OMS, les conséquences y seront probablement les plus graves. Elle envisage même un taux de mortalité proche de 10 %.
         En cause, l’absence quasi-totale de moyens de santé : très peu de centres de dépistage (une quarantaine pour tout le continent), des pays entiers sans service de réanimation, un personnel soignant sous-équipé qui sera atteint en premier par le virus.
         L’Afrique paiera une fois de plus les conséquences d’un gigantesque pillage, passé et présent, par les grandes puissances, entre autres de la France. Tel est le tragique bilan de la colonisation de ce continent.

lundi 23 mars 2020

Éditorial des bulletins Lutte ouvrière d’entreprise de ce lundi 23 mars 2020


La santé des travailleurs ne doit pas se jouer à la roulette russe !




Avec le sinistre décompte du nombre de décès et de malades, chacun d’entre nous mesure la gravité de cette épidémie et l’enjeu à respecter les mesures de confinement pour se protéger et protéger les autres.

Cela nécessite des sacrifices, surtout pour les familles ouvrières. Mais le pire est de voir toutes ces précautions anéanties parce que patronat et gouvernement veulent que les affaires continuent.

Le week-end, les travailleurs sont sommés de se cloîtrer, ils sont regardés de travers quand ils se permettent de faire le tour du pâté de maisons avec leurs enfants. Et le lundi, ils doivent prendre les transports, franchir à plusieurs centaines les mêmes tourniquets et se confiner à 50, 100, 200 dans un atelier où ils se partageront les outils, les uns à côté des autres à Airbus, Amazon, La Redoute…

Le gouvernement met en danger la vie de millions d’ouvriers, d’employés, de techniciens et prend le risque d’affaiblir l’efficacité du confinement général. Pourquoi ? Uniquement pour assurer la continuité des profits de la bourgeoisie !

Parce que ce n’est pas en fabriquant des hélicoptères de combat, des paquebots de croisière ou du rouge-à-lèvres que nous allons combattre le virus ! Pénicaud a poussé les capitalistes du BTP à redémarrer. Si c’était pour lancer la construction d’hôpitaux de campagne, comme la Chine a su le faire, on comprendrait, mais ce n’est pas le cas !

Faire tourner les entreprises à l’heure où le personnel de santé supplie que nous respections un confinement strict est une décision criminelle. Et cela n’a rien d’inconscient, c’est volontaire et réfléchi : c’est un choix de classe. Depuis le début de l’épidémie, chaque décision gouvernementale est pesée, calculée en fonction des intérêts des capitalistes. Quant à la vie des travailleurs, elle ne compte que pour suer des profits !  

Alors, il n’y a pas « d’union nationale » qui tienne ! Il faut que les travailleurs se défendent et refusent de servir plus longtemps de chair à profits pendant que les dirigeants et les actionnaires sont planqués à l’arrière. Il faut obtenir, collectivement, l’arrêt immédiat des entreprises non indispensables à la lutte contre l’épidémie et à la vie sociale.

Et il faut que tous les moyens possibles soient mis à la disposition de la lutte sanitaire. Nous payons aujourd'hui les fermetures d’hôpitaux, les suppressions de lits et de personnel de ces dernières décennies. Autour de 2011, le ministère de la Santé a décidé d’abandonner le stockage de masques pour économiser 60 malheureux millions d’euros par an ! On mesure combien toutes ces économies sont criminelles. Tout cela ne se rattrapera pas.  

Mais cela fait plus de deux mois que l’on voit arriver la catastrophe et alors que Macron a mobilisé tout le pays pour mener la guerre sanitaire, les troupes médicales continuent de manquer de masques et de tests ! Les aides à domicile soignent des personnes à risques sans même savoir si elles ne sont pas elles-mêmes porteuses du virus. Que doivent-elles faire ? Croiser les doigts pour ne pas répandre l’épidémie ? Alors oui, le personnel de santé a courageusement répondu à l’appel. Mais il est envoyé au front dans des conditions révoltantes et le paye déjà par plusieurs morts.  

Quant à la santé des caissières, des éboueurs, des électriciens, des camionneurs, des conducteurs de bus, des postiers… appelés à assurer les activités essentielles, le gouvernement s’en est moqué jusqu’à ce que les protestations et les droits de retrait se multiplient. Maintenant, il propose à leur employeur de leur verser une prime de 1000 €. Pour acheter leur santé et celle de leur famille ? C’est grossier !

Les travailleurs qui œuvrent dans les domaines vitaux font la démonstration de leur conscience collective. Mais ils n’ont pas à accepter de jouer à la roulette russe avec leur vie ! À l’Assemblée nationale, les micros sont nettoyés après chaque intervenant par les huissiers… eh bien les petites mains indispensables à la vie sociale n’ont pas à être traitées moins bien que les députés et les sénateurs !

Et ceux qui ne travaillent pas n’ont pas à payer le confinement avec leurs journées de congés payés ou de RTT, comme le gouvernement veut le rendre possible avec l’état d’urgence sanitaire. 

Cette crise sanitaire est un miroir grossissant des inégalités et du mépris de classe de notre société. Elle jette une lumière crue sur l’incurie de nos gouvernants et sur l’irresponsabilité de notre organisation sociale. Eh bien, faisons aussi en sorte qu’elle soit un électrochoc et qu’elle nourrisse la révolte contre cet ordre social conçu pour que quelques-uns s’enrichissent avec la peau de la grande majorité !

Italie : Se défendre du virus, mais aussi de l’après-virus, un article de nos camarades italiens de l’Internazionale, liés à Lutte ouvrière et à d’ordres organisations au sein de l’Union Communiste Internationaliste


Italie : Se défendre du virus, mais aussi de l’après-virus

18 Mars 2020

Cet article émane de nos camarades de l’Internazionale (Italie – UCI)

Le coronavirus, exigerait, étant donné sa diffusion mondiale, la mise en commun des connaissances et des moyens des laboratoires de tous les pays du monde. Cette affirmation n’est pas particulièrement originale mais relève du simple bon sens. Qu’est-ce qui l’empêche ? Deux piliers de l’ordre social mondial : les États nationaux et une économie basée sur le profit dans laquelle les grandes entreprises, y compris celles du secteur pharmaceutique, sont occupées à faire la guerre les unes aux autres.
Il est vrai que la recherche d’un vaccin a mis en branle les centres de recherche du monde entier. Mais ce grand travail essentiel, dans lequel sont impliqués les meilleurs scientifiques, est freiné par les limites des moyens que chaque État, aussi riche soit-il, peut y consacrer. D’après le fonds de gestion AB Bernstein, quatre grandes entreprises multinationales se partagent 85 % du marché mondial des vaccins. La mise au point d’un vaccin, comme le Gardasil pour le papillomavirus, par le groupe germano-américain Merck, lui rapporte plus d’un milliard de dollars par an. On comprend donc que pour protéger leurs brevets, les géants pharmaceutiques restent le plus possible sur la réserve quant aux progrès réels de leurs laboratoires de recherche.
De leur côté, les gouvernants et les classes dirigeantes en général sont préoccupés par les désordres que l’expansion de l’épidémie pourrait provoquer. Par ailleurs, le virus ne semblant pas disposé à les épargner eux-mêmes, ils le perçoivent comme une menace les concernant directement. Comme face à toutes les catastrophes naturelles, ils cherchent aussi à créer un climat d’unité nationale pour renforcer le pouvoir du gouvernement et mettre en sourdine les difficultés sociales que plusieurs années de crise économique ont entraînées pour les travailleurs et les couches les plus pauvres des différents pays. Cet appel à la solidarité nationale est de plus en plus souvent accompagné d’attaques contre « les autres ». En Italie, certains s’en prennent aux autres pays européens, comme la France et l’Allemagne, auxquels ils souhaitent quasi ouvertement une propagation du virus aussi virulente qu’elle peut l’être ici.
Mais il faut bien faire face à la réalité. En Italie, les coupes budgétaires de 37 milliards en dix ans dans le secteur de la Santé ont représenté 70 000 lits supprimés, 359 secteurs fermés et de nombreux hôpitaux petits et moyens fermés. Comme l’a dit le spécialiste des maladies infectieuses Massimo Galli dans une interview télévisée : « On ne peut pas refuser d’acheter un parapluie au prétexte qu’il ne pleut pas parce que, tôt ou tard, il finira par pleuvoir ».
Des journalistes bien payés tentent maintenant d’expliquer que les économies sur la Santé sont le résultat des mesures prises par les différents gouvernements pour soulager la pauvreté : des quatre-vingt euros du gouvernement Renzi au revenu de citoyenneté et à la possibilité de prendre sa retraite à 60 ans avec 40 annuités du gouvernement Ligue-5 Étoiles. Mais cela ne représente que quelques miettes par rapport aux énormes profits et à l’accumulation démesurée de richesses par la minorité privilégiée du pays. Mais comme d’habitude, et toujours grâce à la collaboration active des « éditorialistes », les profits et les rentes sont exclus de toutes les analyses et de tous les raisonnements tandis qu’on nous répète jusqu’à la nausée que « chacun doit faire sa part ».
Le dernier décret du Conseil des ministres a étendu à toute l’Italie les mesures restrictives limitées à l’origine à la Lombardie et aux régions du Nord. De nombreuses voix s’élèvent maintenant de toutes parts pour réclamer le blocage total des activités économiques et commerciales, à l’exception de celles liées à l’alimentation et au secteur pharmaceutique et sanitaire. Les dégâts économiques sont d’ores et déjà énormes et le gouvernement promet différentes formes de « soutien » à ceux qui restent sans revenus.
Les travailleurs, en particulier ceux des petites entreprises, doivent exiger la réalisation de ces promesses. L’interdiction de rassemblement du décret gouvernemental ne doit pas empêcher l’organisation et la vigilance des travailleurs. Pendant quelques semaines, il ne sera pas possible de se réunir, ni d’organiser des assemblées générales. Mais la technologie nous donne les moyens de nous retrouver et d’échanger des informations.
Nous devons empêcher que se prépare un « après-épidémie » payé par les travailleurs, avec plus de travailleurs licenciés et des droits encore plus restreints pour ceux qui restent au travail.

                                                  11 mars 2020 L’Internazionale

État d'urgence sanitaire : au bon vouloir des patrons ? Pas question !


Prendre sur les profits accumulés de la bourgeoisie





Le gouvernement vient de faire adopter l'état d'urgence sanitaire. Entre autres dispositions, ce texte prévoit que les patrons pourront imposer « unilatéralement » à leurs salariés d'utiliser leurs congés pendant la période de confinement. C’est une façon de faire reposer les conséquences de cette crise sanitaire exclusivement sur les travailleurs.

         Les travailleurs doivent se voir garantir le paiement à 100 % de leur salaire. Et pour financer cette mesure, il faut prendre sur les profits accumulés des grands actionnaires et des bourgeois.