jeudi 19 mars 2020

Interdiction des licenciements : l'heure est grave... mais pas à ce point !


Voilà une situation « totalement satisfaisante » pour les travailleurs



Interrogé sur France 2, Édouard Philippe a déclaré : « Je ne crois pas que l'interdiction des licenciements soit une solution totalement satisfaisante ». Il n'est bien sûr pas question pour un gouvernement au service de riches d'imposer aux grandes entreprises de prendre sur les bénéfices accumulés depuis des années pour maintenir les emplois. Une mesure qui serait, selon lui, rendue inutile par la prise en charge par l'État du chômage partiel. Comme si cette mesure allait empêcher les suppressions d’emplois !
         Verser des milliards pour que les entreprises, ou plutôt leurs actionnaires, ne boivent pas la tasse, voilà qui n'a rien de nouveau. Mais les salariés, eux, resteront sur la sellette comme à chaque fois, comme variable d’ajustement. C’est ce que rappelle avec force ce valet des riches.
         Cette revendication, on ne compte pas sur lui et les siens pour l’imposer, mais sur la lutte !

Coronavirus ou pas : la loi patronale


Solvay - Saint-Fons (Rhône) : Business as usual (Comme d'habitude)

Quand rien n’est indispensable à la société…



Mardi 17, la direction de Solvay a annoncé que la production allait continuer tant que c’était possible. L’usine produit de la vaniline et divers produits chimiques intermédiaires, donc rien de particulièrement indispensable pour la société.
         Des travailleurs sont donc contraints de venir s’entasser dans des salles de contrôle où ils se succèdent sur les mêmes claviers en équipes successives, sans aucun moyen supplémentaire pour le ménage et la désinfection des salles de travail, sans protection particulière, sauf quelques lingettes. Et comment respecte-t-on les fameux « gestes barrière » quand on est confiné à 7, 8, 9, 10 salariés durant 8 heures en salle de contrôle ?
         Si les capitalistes, avec le nez rivé sur leurs profits, sont incapables d’être responsables, que les travailleurs leur enlèvent la direction des usines !

PSA Vesoul : un cynisme sans limite

Pas question !

Chez PSA Vesoul, toutes les réunions sont annulées et se font par Skype ou visioconférence.
         Par contre les entretiens préalables à sanction ou licenciement sont maintenus. La direction demande aux salariés convoqués de rester à 2 mètres de distance pendant l’entretien !
         Quand la colère explosera ce n’est pas à 2 mètres qu’elle devra se tenir.

Dassault Argenteuil : non à la priorité pour les profits sur la santé




Un débrayage mardi 17 mars

                                                                     

Avant-hier mardi 17 mars, il y a eu un débrayage à l’usine Dassault d’Argenteuil à l’appel des syndicats. La direction de l’usine tente de maintenir la production des Rafale, présentée comme « vitale », mais les travailleurs de l’établissement tiennent surtout à leur santé et ne veulent surtout pas perdre leur vie à la gagner. Plus de 200 d’entre nous se sont donc regroupés pour imposer l’arrêt de l’usine, et que les autres ne travaillent plus. Aujourd’hui, alors que le gouvernement est contraint d’imposer des mesures de bon sens, Dassault veut imposer sa priorité : ses profits d’abord, le reste il s’en fout. Pour nous, pas question n’y laisser ni  notre santé ni nos vies, et c’est le virus de notre lutte qui l’imposera.
 

Bonnes lectures du « confinement » (1) : Propriété privée, de Julia DECK


Les évadés par la lecture



Durant cette période, la lecture de romans est un excellent moyen d’évasion.
         À Argenteuil, l’entretien qui devait avoir lieu à la librairie du Presse-papier mardi a bien évidemment été annulé. Il devait avoir lieu avec Julia DECK, auteure d’un excellent roman, Propriété privé, paru aux Éditions de minuit.
         Ce roman avec une belle intrigue romanesque a pour cadre les « écoquartiers » qui sont à la mode. Ces derniers marquent un incontestable changement de la construction de logements destinés à un milieu aisé affichant une volonté de préservation de la planète. Mais changer de type de logement ne veut pas dire apparemment échapper à l’individualisme qui nous guette… « Propriété privée » de Julia Deck est propice à de nombreuses réflexions sur le sujet. Une belle soirée d’évasion en perspective par ces temps quelque peu troublés.

          Je dispose de ce roman. Si vous habitez Argenteuil, je peux le laisser quelque part à votre disposition, à l’occasion d’une promenade, bien sûr autorisée, salut et fraternité.

mercredi 18 mars 2020

Arlette LAGUILLER, du 18 mars 1940 au 18 mars 2020, 60 ans d'engagement militant. Salut et fraternité !

Bonjour, tout le monde n'a pas la chance de naître un 18 mars, jour anniversaire de notre glorieuse Commune de Paris. Bon anniversaire Arlette, Arlette LAGUILLER, notre camarade.
        Toujours là, durant toutes ces décennies, ne faiblissant pas, une militante, une constructrice avec d'autres d'une organisation qui est restée communiste et révolutionnaire, ne cherchant pas les succès opportunistes, mais construisant sans cesse pour reconstruire ce que le réformisme et le stalinisme ont détruit.
          La période actuelle est propice à réfléchir... aux idées qui ont conduit à l'engagement d'Arlette, et qui sont plus que jamais d'actualité.           
             Bon anniversaire Arlette, et salut et fraternité !



Situation dans les entreprises et réactions de travailleurs : une vidéo de Jean-Pierre MERCIER, travailleur chez PSA

Hurchinson-Chalette sur Loing (Loiret), un exemple de réaction de travailleurs


Droit de retrait et recul du patron



Lundi 15 mars, à Hutchinson, la direction refusait de fermer l’usine, invoquant des commandes importantes à honorer et suspendait toute décision au discours de Macron.
         La déception suscitée par l’absence de contrainte vis-à-vis des industriels qui ne produisent rien de vital a vite laissé place à la colère. Mardi, le droit de retrait s’est répandu à trois ateliers, malgré les pressions et menaces de l’encadrement. Une délégation d’une cinquantaine de travailleurs a interpellé la direction pour exiger la fermeture pure et simple de toute l’usine. Certains lui ont rappelé la récente attaque du réseau informatique de l’usine par un virus. Elle avait alors réagi promptement en fermant du jour au lendemain un atelier.
         Sous la pression, la direction annonçait la fermeture partielle de l’usine et la mise en place prochaine des moyens de protection (gel et masques) ! C’est un premier recul qui encourage à continuer la mobilisation pour la fermeture totale.
         Pour se protéger du coronavirus et de la rapacité patronale, les travailleurs ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

Crise du coronavirus - Sanofi-Pasteur à Marcy-l'étoile (Rhône) : les cadres, les chercheurs… et les ouvriers et techniciens de production


Deux poids et deux mesures



Le site Sanofi-Pasteur de Marcy l'Etoile produisant des vaccins et regroupant des laboratoires de recherche, il est compréhensible qu'il continue à fonctionner malgré l'épidémie. Le télétravail est certes privilégié. Mais il sert surtout aux cadres ou aux chercheurs. Pour les ouvriers et de nombreux techniciens de production, le télétravail n'est pas possible. Obligés d'aller bosser, ils subissent de plein fouet le manque d'effectifs, accumulé depuis des années. Riches à milliards, Sanofi aurait pu embaucher, mais dans la pharmacie comme ailleurs, c'est le profit des actionnaires avant tout. Aujourd'hui, ces économies peuvent être criminelles.
         Macron a dit qu'on était en guerre contre l'épidémie. En effet, comme à la guerre, les officiers donnent leurs ordres de loin et les soldats se prennent les balles en pleine tête.