vendredi 25 octobre 2019

La Réunion : Les réunionnais en colère


Par la lutte, pas par les palabres



Ballons jaunes, manifestations et grèves ont salué l'arrivée de Macron sur l'île de la Réunion. Les habitants en ont assez de devoir payer tout plus cher alors que leurs revenus sont bien inférieurs à ceux de France.
Macron prétend répondre à cette situation en mettant en place un dispositif intitulé "Choose la Réunion" (choisir la Réunion), un forum pour inciter les investisseurs français ou étrangers à investir à la Réunion.
Mais les capitalistes n’ont que faire des conditions de vie de la population réunionnaise. Et Macron pas plus.

Handicap : des aidants pas vraiment aidés par le gouvernement


Que des miettes



Le gouvernement vient d’annoncer un plan de « mobilisation et de soutien aux « proches aidants ». Il s’agit d’aides aux personnes qui secourent un proche handicapé, malade ou âgé. Ces « aidants » se retrouvent trop souvent victimes d’épuisement ou d’isolement social.
Les moyens mis sur la table par le gouvernement s’élèvent à 400 millions d’euros sur 2 ans, somme dérisoire au regard des 11 millions de personnes concernées. Ce plan prévoit un congé indemnisé en faveur des « aidants » mais ce congé n’est que de trois mois sur toute une vie, alors que l’aide nécessite une disponibilité bien plus longue.
Le gouvernement fanfaronne avec ce plan mais il ne lâche que des miettes.

Argenteuil : défense de Jean Vilar, opération reconversion du précédent maire à la veille des municipales


Potion pour les amnésiques


Dans sa livraison de cette semaine, le journal local La Gazette revient sur le combat mené contre le projet Cap Héloïse. On trouve dans cette article le passage suivant :


Nous le répéterons tant qu’il le faudra. Voilà le genre de contes à dormir debout concoctés par l’ancien maire. Si ce qu’il déclare correspondait à la réalité, pourquoi est-il resté totalement muet pendant trois ans et demi, depuis mars 2016, au conseil municipal comme en dehors ?  Mais les élections approchent, et un siège vaut bien toutes les justifications très élaborées. Oui, un conte à dormir debout qui ne peut convaincre que les enfants et les disciples qui veulent bien l’être. DM



Argenteuil, défense des services publics utiles à la population, il faut se mobiliser !


Le 16 septembre à Argenteuil !



Comme toutes les villes populaires, Argenteuil est marquée par un recul majeur des services utiles et nécessaires pour la population, en particulier pour sa fraction la plus modeste. Que ces services soient publics ou privés. Ces derniers temps, notre blog « lo argenteuil » fourmille d’exemples de ce recul. Poste, Éducation, commerce, sécurité sociale, services bancaires, de santé, etc. Hier encore nous évoquions l’inquiétude des habitants face à la crainte qu’une agence importante du bailleur « social » AB-Habitat ferme.
         Comme les revenus, l’emploi, les conditions de travail, ce recul est un aspect de la dégradation plus globale de la situation du monde du travail.
         Il serait grand temps que cela cesse.
         Dans la perspective du 5 décembre, l’Union Locale des syndicats CGT d’Argenteuil a décidé un certain nombre d’initiatives, dont en particulier celle d’un rassemblement-manifestation pour la défense de ces services, le samedi 16 novembre prochain. Bien évidemment Lutte ouvrière-Argenteuil s’associe à cette initiative. DM

jeudi 24 octobre 2019

Retraites, l’inquiétude du patronat et du gouvernement. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître


Retraites : le gouvernement joue la prudence

23 Octobre 2019

Alors qu’il avait annoncé par avance qu’il mènerait la démolition des retraites tambour battant, le gouvernement cherche désormais à temporiser.
Édouard Philippe se veut rassurant : « Je ne suis pas du tout le pied sur l’accélérateur », « on a beaucoup, beaucoup de temps encore », a-t-il lancé lors d’un débat sur les retraites. Ajoutant même que le système actuel « est et a été à bien des égards un bon système », « à peu près équilibré financièrement. » On en viendrait presque à se demander pourquoi il veut en changer. S’il maintient bien sa volonté de le transformer en système par points, et de remettre en cause les régimes dits « spéciaux », qu’on ne s’alarme pas ! Rien n’est tranché, tout sera négociable… La réforme pourrait même ne toucher que les nouveaux entrants sur le marché du travail, épargnant les salariés actuels. Elle ne serait donc pleinement appliquée que dans 45 ans.
Pas de quoi s’inquiéter donc, et se mobiliser ! Car ce qui inquiète le gouvernement, lui, ce sont les réactions du monde du travail. C’est même pour cela qu’il joue plus volontiers du pipeau que du bâton en ce moment.
Déjà, le mouvement des gilets jaunes avait obligé Macron à en rabattre au printemps dernier. La journée de grève très suivie des travailleurs de la RATP en septembre, peu de temps après l’annonce de la réforme, a eu l’effet d’un avertissement.
Elle est venue rappeler qu’il y a 24 ans, en novembre-décembre 1995, le gouvernement de l’époque avait été obligé de remballer sa réforme des retraites face à la mobilisation des travailleurs, dans les transports et au-delà.
Dans ce contexte, l’écho favorable rencontré chez les travailleurs par la date du 5 décembre l’oblige à redoubler de prudence. Appelée par plusieurs syndicats de la RATP et de la SNCF et reprise nationalement par la CGT, FO, Solidaires et la FSU, la journée de grève du 5 décembre pourrait marquer une étape dans la lutte contre l’attaque du gouvernement.
Et le fait que le gouvernement tente de désamorcer la colère ne peut être qu’un encouragement à la mobilisation pour tous les travailleurs.

                                               Jacques Le Gall (Lutte ouvrière n°2673)
 




Chili : explosion de colère dans un pays parmi les plus inégalitaires du monde


Chili : explosion de colère

23 Octobre 2019

Une augmentation du prix du ticket de métro de Santiago a provoqué une révolte populaire dans tout le pays. Le président Sebastian Piñera a reculé. Il a annoncé, le 23 octobre, des mesures en faveur des plus pauvres, dont l’augmentation de 20 % du minimum retraite et le gel des tarifs de l’électricité.
Quand, pour la seconde fois cette année, Piñera a annoncé une augmentation du prix du ticket de métro de 800 à 830 pesos, la jeunesse des lycées et des facultés de Santiago s’est mobilisée. Le 7 octobre, elle a envahi les stations de métro, sautant par-dessus les tourniquets et bloquant la circulation des trains.
Or, dans cette capitale complètement saturée, le métro est utilisé chaque jour par trois millions d’usagers. Le coût du transport peut représenter 20 % du salaire ouvrier et près de 40 % de la pension de bien des retraités. Aussi la mobilisation des jeunes a tout de suite été populaire.
Et quand le gouvernement a envoyé la police dans le métro contre les jeunes, la colère a explosé. Le 18 octobre, une quarantaine de stations de métro ont été incendiées, ce qui a entraîné la fermeture de tout le réseau et un chaos général dans la capitale. Le soir même, le président Piñera instaurait l’état d’urgence, en application d’une loi sécuritaire datant de la dictature militaire de Pinochet (1973-1990). Le général Javier Iturriaga del Campo a déployé dix mille soldats dans la capitale.
Piñera pensait que les dégradations retourneraient l’opinion et que l’envoi de l’armée démobiliserait les manifestants. Il a obtenu le résultat inverse. Le déploiement des soldats dans les rues a réveillé le cauchemar de la dictature militaire. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Santiago, faisant retentir des cacerolazos, des concerts de casseroles, aux cris de « Dehors, les militaires ! »
Des manifestants brandissaient des photos de disparus de la dictature et saluaient le courage des jeunes qui avait effacé leurs propres peurs.
Les affrontements se sont multipliés, d’autres stations ont été incendiées, des bus brûlés, des entreprises privées envahies, comme l’immeuble de la société d’électricité Enel, succursale de Banco Chile, des supermarchés pillés, notamment ceux de l’enseigne nord-américaine Walmart.
La contestation s’est étendue aux communes autour de la capitale, puis à tout le pays.
Le samedi 19 octobre, Piñera, contraint de reculer, a annoncé l’annulation de la hausse du ticket de métro.
En même temps, le général Iturriaga annonçait un couvre-feu à partir de 22 heures.
Mais cette nouvelle provocation a rempli à nouveau les rues de manifestants : à Santiago, à Valparaiso, à Concepción, à Antofagasta et dans bien d’autres villes, où les incendies de bâtiments publics se sont multipliés.
Le couvre-feu a été étendu à de nombreuses villes, sans faire baisser la mobilisation.
Le 20 octobre, Piñera déclarait à la télé : « Nous sommes en guerre, contre un ennemi puissant, implacable, qui ne respecte rien ni personne. » Sept manifestants étaient morts et 1 500 arrêtés mais, pour le président, les manifestants étaient de « véritables criminels ».
Le 21, la Confédération étudiante, le syndicat des mineurs de la plus grande mine de cuivre du pays, La Escondida, et le syndicat des dockers de Valparaiso appelaient à la grève générale. Du coup, la Centrale unitaire des travailleurs, la CUT, et diverses fédérations syndicales se sont réveillées. Muettes jusqu’alors, elles ont dénoncé l’état d’urgence et appelé à la grève pour le 23.
Il y a quelques semaines, le président Piñera avait vanté le Chili comme une oasis dans une Amérique latine en ébullition.
Son intransigeance a fait exploser toutes les colères. Un « papillon », un tract de la taille d’une paume de main, qui circule ces jours-ci, titré : «Ce n’est pas seulement le métro mais la dignité de toute une société», dénonce tout ce qui ne passe plus dans un Chili très inégalitaire : « La santé, l’éducation, le logement, les prix de l’électricité et de l’essence, le salaire des parlementaires, les détournements d’argent des militaires et l’impunité du patronat. »
La privatisation générale de l’économie, démarrée sous Pinochet, y compris le système de santé, l’éducation et les retraites, avec pour conséquences des soins très peu remboursés, des études supérieures où on s’endette pour des dizaines d’années et des pensions de misère et un salaire minimum 32 fois inférieur à celui d’un parlementaire : c’est tout cela qui vient d’exploser.

Les piteuses excuses de Piñera, présentées le 23 octobre, ne suffiront sans doute pas à satisfaire la population.

                                                Antoine FERRER (Lutte ouvrière n°2673)

 
                                                                                                              Reuters

Chili : un pays parmi les plus inégalitaires du monde

23 Octobre 2019

Selon un rapport de 2015 de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le Chili est le pays le plus inégalitaire parmi les 34 nations les plus riches de la planète. L’économie chilienne est une de celles qui ont le plus progressé en Amérique latine depuis les années 1980. Mais cette richesse est accaparée par la bourgeoisie. En 2014, les cinq familles les plus riches du pays, dont la plupart des membres préfèrent vivre en Californie, se partageaient 16 % du PIB, parmi lesquelles la famille Piñera, celle du président chilien dont la fortune personnelle est évaluée à plus de deux milliards d’euros. C’est ainsi que 180 000 Chiliens, les plus riches, disposent de plus du quart de la richesse nationale tandis qu’à l’autre bout neuf millions, la moitié de la population, n’ont que deux malheureux pour cent à se partager !

                                                                                                                  J.F.

Classement Seveso : salariés en danger de mort


Profits, sous-traitants, salariés non formés, danger pour tous !



L'enquête sur les causes de l'incendie de l'usine Lubrizol près de Rouen révèle que le sous-traitant chargé de la mise en fût des produits n'avait pas formé ses salariés. Pratiquement aucun d'entre eux ne connaissaient les risques liés à ces produits, pas plus qu'ils n'étaient formés à la lecture des fiches de sécurité. Un tel défaut d’information a probablement provoqué la mort de deux travailleurs dans l’explosion d’une usine à Dieppe en février 2018.
Donneurs d'ordre comme sous-traitants jouent avec la vie des populations, et avant tout avec la vie de leurs salariés.

AB-Habitat, Argenteuil-Bezons, que se passe-t-il concernant l’agence d’Orgemont ?


Les locataires ont besoin du maintien de l’agence de proximité

          

La directrice de l’agence d’Orgemont d’AB-Habitat, le bailleur « social » de logements historique de la Ville, vient de partir en retraite. Mais elle est partie non seulement sans être remplacée, mais le directeur de l’agence du centre-ville assure des fonctions d’intérim, et son poste n’a pas été mis en recrutement.
         Depuis un certain temps, des bruits ont couru sur la suppression elle-même de l’agence d’Orgemont, pourtant installée au cœur d’un quartier populaire, avec une fraction notable d’anciens, qui mérite toutes les attentions et un soin de proximité particulier.
         Le départ de la directrice et son non-remplacement, serait-il le premier pas vers cette liquidation ?
         Les locataires ne l’entendent pas de cette oreille.
         Une association du quartier, « Les amis de Joliot-Curie » vient de lancer une pétition. Comme de bien entendu, Lutte ouvrière-Argenteuil est solidaire de cette initiative. DM