dimanche 14 juillet 2019

De Rugy : un écologiste qui consomme sans modération… aux frais de la princesse


Et la « princesse », c’est nous !



Petites bouffes entre amis à base de homards et de grand crus aux frais de l'État ; dressing à 17 000 euros pour son logement de fonction dans le chic hôtel de Roquelaure à Paris ; logement à caractère social près de Nantes, sa ville d'origine : les révélations de Mediapart sur François de Rugy s'accumulent. Le ministre de la transition écologique, ex-dirigeant des Verts, ex-candidat à la primaire de la gauche rallié opportunément à Macron, n'est visiblement pas un adepte de la décroissance, même pas de la sobriété !
Plein de délicatesse, il a licencié d'un claquement de doigt sa cheffe de cabinet dès que la presse a révélé qu'elle était logée dans une HLM. Mais lui refuse de démissionner, soutenu, pour l'instant, par Macron et Philippe qui avaient eu du mal à remplacer Hulot à ce poste.
Outre la mesquinerie du personnage, cette affaire montre, une fois de plus, comment le personnel politique singe les grands bourgeois qu'il sert dans les ministères.

Budget 2020 : les grands patrons bien servis


Des preuves d’amour concrètes au Grand capital



Dans son projet de budget pour 2020, le gouvernement avait promis qu’il diminuerait les « niches fiscales » afin, disait-il, de renflouer les caisses de l’Etat.
Le budget prévoit certes des baisses de la dépense publique, mais uniquement dans des domaines affectant la population laborieuse : diminution des APL et du nombre d’emplois aidés, sans parler des économies qui seront faites en indemnisant moins bien les chômeurs et en taillant dans les pensions de retraite.
Mais pour ce qui est de mettre fin aux « niches » dont profite le grand patronat, le gouvernement, sans surprise, estime qu’il est urgent d’attendre. Ainsi les cadeaux faits aux patrons via le mécénat et le crédit impôt recherche (CIR) vont rester à peu près en l’état. Et c’est sans compter le CICE, qui coûtera autour de 20 milliards d’euros.
L’Etat est au service des capitalistes, à qui les déclarations d’amour ne suffisent pas. Il leur faut aussi des preuves concrètes d’amour. Et elles ne manquent pas.

Armement : nouveaux sous-marins programmés = 90 000 logements = 200 lycées = des dizaines d’hôpitaux, etc.


Des milliards jetés par-dessus bord



Le nouveau sous-marin à propulsion nucléaire que Macron inaugure a coûté très cher : 9 milliards d'euros pour 6 exemplaires déjà programmés.  C'est le prix, dit-on « du « maintien de la France dans le club des grandes puissances nucléaires et navales ».
Avant même d'être mis à l'eau, la première chose que ce sous-marin aura contribué à couler, c'est le budget de l'État. Avec ces milliards, on aurait pu construire des choses utiles : plus de 90 000 logements, ou 200 lycées, ou des dizaines d'hôpitaux.
Mais pour répondre aux besoins vitaux des plus modestes, il n'y a pas d'argent. Il y en a par contre pour satisfaire les galonnés de la marine, l'industrie de l'armement et permettre à l’impérialisme français de jouer les fiers à bras.

Argenteuil, services publics… et privés, les pauvres, premières victimes de la non embauche de jeunes pendant l’été


Peu d’argent, et difficile de le récupérer

 
Maillot noir sur le Tour, noir à Joliot-Curie

Pour les habitants du quartier Joliot-Curie, l’agence du Crédit Lyonnais du centre commercial de la cité joue depuis longtemps un rôle important, en particulier les jours de marché.
         Hier samedi, jour de marché justement, ils étaient très nombreux à s’être « cassés les dents » contre les portes de cette agence. Fermée du samedi 13 juillet au 3 août, puis du 16 au 23 août ! Et cerise pourrie sur le gâteau, la tirette n’était pas approvisionnée ; une longue queue devant celle de la Poste en conséquence !
         Ils se sont retrouvés très décontenancés devant cette fermeture qui apparemment n’avait même pas été véritablement annoncée de longue date !
         Les travailleurs du quartier, les retraités, les anciens comme les plus jeunes, ont déjà bien du mal à finir le mois avec leur argent, mais en plus, ils ont donc bien du mal à le récupérer, et en plus, à résoudre leurs éventuels problèmes avec leurs banquiers !

Un lieu qui devrait rester ouvert aux mêmes horaires

La Maison de quartier Guy Moquet Orgemont-Joliot Curie est fermée toutes les après-midi de la semaine durant les vacances.
Cela complique la vie des habitants, et rend inoccupés des espaces publics qui, en particulier durant les vacances, devraient proposer des activités supplémentaires s’adressant aux jeunes comme aux anciens du quartier, qui, les uns et les autres, sont très nombreux à ne pas partir en vacances.

Bonnes lectures de l’été (2) : le lambeau, de Philippe Lançon, chez Gallimard


Un récit roboratif passionnant

Philippe Lançon est journaliste. Le 7 janvier 2015, alors que plusieurs des journalistes et d’autres personnes sont assassinées (1), il survit à l’attaque contre Charlie Hebdo, mais il est grièvement blessé. Une balle en particulier lui fracasse la mâchoire. Trois ans plus tard, Le Lambeau paraît. C’est ce très beau livre que je viens d’achever.
         Très beau livre car il revient sur cette journée fatale avec une émouvante sobriété. Très beau livre car il nous fait partager ce qu’est l’univers hospitalier extraordinaire, le face-à-face entre le patient et ses soignants. Un très beau livre, car c’est un récit de la reconstruction sur tous les plans du terme.
         Un drame, mais un récit qui continuellement fait réfléchir et qui nous fait partager l’activité roborative de l’auteur. Et c’est toujours bon lorsque l’on regarde vers un avenir autrement radieux.



1. (Ce 15 janvier 2015 « Les victimes de la tuerie sont les dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinski, la psychanalyste Elsa Cayat, l'économiste Bernard Maris, le policier Franck Brinsolaro qui assurait la protection de Charb, le correcteur Mustapha Ourrad, Michel Renaud, cofondateur du festival Rendez-vous du carnet de voyage invité pour l'occasion, et Frédéric Boisseau, un agent de la société Sodexo, chargée de la maintenance du bâtiment. Un gardien de la paix, Ahmed Merabet, est tué sur le boulevard Richard-Lenoir par l'un des deux criminels, au cours de leur fuite. Le bilan final est de douze personnes assassinées et de onze blessées, dont quatre grièvement. » (Wikipédia)

samedi 13 juillet 2019

Traité commercial Ceta : combattre les traités c’est une chose, combattre le capitalisme en est une autre


Un arbre qui cache la forêt



Le traité commercial entre l'Union européenne et le Canada, le Ceta, est examiné ces jours-ci à l'Assemblée nationale. Négocié depuis 2009, le Ceta devrait être adopté au Parlement puisque Macron y est favorable, donc sa majorité aussi. Il est taillé sur mesure pour les grands groupes industriels des deux côtés de l'Atlantique et a été rédigé en secret dans le dos des populations.
Mais faire du Ceta un cheval de bataille, comme le font le PCF ou la France insoumise (LFI), n’ouvre aucune perspective. Pire, cela dédouane les capitalistes européens et ceux dits français présentés comme vertueux face à ceux d’outre-Atlantique. Or Trump, par exemple, a suspendu l'accord commercial avec l'Union européenne : les travailleurs s’en portent-ils mieux ?
Car c’est la propriété privée des moyens de production et d'échange, et pas tel ou tel traité, qui conduit l’économie vers le chaos. L’arbre des traités entre capitalistes rivaux et concurrents ne doit pas cacher la forêt, ou plutôt la jungle, capitaliste !

Israël : en Israël aussi, « Black Lives Matter » (les vies noires comptent)


Les vies noires comptent


Tel Aviv 2015, lors d'une précédente manifestation (photo : Harvey Sapir)

Lundi 8 juillet, des dizaines de mères juives d’origine éthiopienne ont manifesté dans les rues de Tel Aviv, pour dénoncer les violences policières contre leurs enfants.
Le 30 juin, un de ces jeunes a en effet été tué par un policier, et ce n’était pas une première. Depuis l’arrivée massive en Israël de Juifs en provenance d’Éthiopie dans les années 1980, ils n’ont jamais cessé de subir harcèlement et discrimination. Mais depuis dix jours, les victimes sont en révolte et ont bloqué de grands axes routiers.
Ce mouvement social rappelle qu’en Israël, la fraction palestinienne de la société n’est pas la seule à être discriminée.

Aide sociale à l’enfance : abandonnée par l’État. Un article de notre hebdomadaire


Aide sociale à l’enfance : abandonnée par l’État

Depuis des mois, les travailleurs de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), éducateurs spécialisés, assistantes sociales, infirmières puéricultrices, animateurs, protestent contre la dégradation de leurs conditions de travail, et contre la baisse des moyens consacrés à la prise en charge des mineurs.
Des débrayages ont eu lieu aux quatre coins de la France, avec des manifestations devant les conseils départementaux, dont dépend l’ASE.
Dans la foulée d’un documentaire accablant sur l’un des plus gros foyers d’accueil de France, qui avait fait scandale en janvier dernier, une députée LREM avait lancé une mission sur l’ASE, qui vient de rendre son rapport, et le gouvernement prépare une loi d’ici la fin de l’été pour réformer l’institution. Mais les parlementaires font des propositions qui ne coûtent pas forcément très cher, avertit la rapporteuse. Le secrétaire d’État à la protection de l’enfance, Taquet, enfonce le clou : « Je n’aime pas qu’on prenne un problème en partant des moyens. » Il affirme vouloir « une culture de l’évaluation et de la performance » : autrement dit, faute de mettre des moyens pour l’ASE, il compte mettre la pression sur les travailleurs, les rendant responsables de son mauvais état.
Résultat, une assistante l’a dénoncé dans la presse, les mesures annoncées sont dérisoires. 341 000 mineurs sont actuellement pris en charge, dont la moitié placés dans des familles d’accueil. Or il n’y a ni assez de foyers, ni assez de familles d’accueil. En outre, les dispositifs de prise en charge sont saturés ou inexistants. Pour prendre un exemple, en Seine-Saint-Denis, la durée moyenne entre un premier signalement à l’ASE et le début d’une intervention éducative à domicile est de… trois ans ! En novembre 2018, dans une tribune, des juges du tribunal de Bobigny déploraient d’être devenus « des juges de mesures fictives ».
Un éducateur a de 20 à 30 enfants à sa charge en moyenne, jusqu’à 60 dans certains départements. Il manque des moyens pour acheter des vêtements, mettre en œuvre les prises en charge thérapeutiques, organiser des vacances, acheter des jeux et du matériel pour les activités des enfants, etc. Ainsi, d’après les statistiques, les deux tiers des enfants placés sont en retard scolaire d’un an au moins à l’entrée en sixième et, à 17 ans, presque un quart ne sont plus scolarisés. Un quart des SDF de moins de 25 ans sont issus de l’ASE : la plupart ne sont pris en charge que jusqu’à 18 ans, après ils se retrouvent sans logis, sans ressources, victimes de la loi de la jungle qui règne dans la société capitaliste.
                                                 Pierre MERLET (Lutte ouvrière n°2658)