mardi 23 avril 2019

Européennes 2019, « contre le grand capital, le camp des travailleurs » (1). Une liste sur laquelle je suis candidat. Dominique Mariette


Présentation par Nathalie Arthaud

Lutte ouvrière présente une liste que je conduirai à l’élection des députés au Parlement européen du 26 mai 2019.
Ouvriers, techniciens, employés, enseignants, retraités, les candidats et les candidates de Lutte ouvrière se présentent pour faire entendre le camp des travailleurs, ses exigences, ses revendications et les perspectives de changement de l’ordre social capitaliste qu’il est le seul à pouvoir incarner.
Lutte ouvrière dénonce le faux débat entre les partisans et les adversaires de l’Union européenne dans lequel les grands partis de la bourgeoisie veulent enfermer les électeurs. C’est un piège pour les travailleurs.
Toutes les institutions actuelles, celles de l’Union européenne comme celles des États nationaux, sont des instruments au service des intérêts des classes possédantes, de la minorité de riches bourgeois qui tirent leur fortune de l’exploitation des travailleurs. C’est la course au profit des gros actionnaires des groupes capitalistes, leur dictature sur toute l’économie qui sont responsables du recul catastrophique des conditions de vie des salariés et des classes populaires.
L’union des peuples d’Europe liés par mille liens et interdépendants est une nécessité vitale depuis plus d’un siècle. Les peuples ont payé par deux guerres mondiales l’incapacité de la classe dirigeante à la réaliser. Ils continuent à la payer, car c’est sur les exploités que les capitalistes en concurrence font peser la compétitivité de leurs entreprises. À l’époque de la mondialisation, l’impuissance de la classe dominante à unifier même les peuples entremêlés d’Europe montre qu’elle n’est plus capable de faire quoi que ce soit de progressiste pour la société.
Libérer la société de la domination de la grande bourgeoisie, mettre fin à l’organisation capitaliste de l’économie où le grand capital écrase la vie de la société, est une nécessité pour les travailleurs. Elle l’est aussi pour la grande majorité de la population qui subit de plus en plus durement les méfaits de ce système en crise permanente depuis des décennies.
Aucun des problèmes de la société, depuis les menaces sur l’environnement et le climat jusqu’aux besoins élémentaires de se loger, de se soigner correctement, ne pourra être résolu sans renverser le pouvoir politique du grand capital sans exproprier les grands groupes capitalistes et les banques pour les soumettre au contrôle de la collectivité.
Les candidats de Lutte ouvrière opposeront l’internationalisme à toutes les formes de démagogie nationaliste. Ils affirmeront que les travailleurs, quelles que soient leur nationalité, leur origine ou leur religion, appartiennent à la même classe, avec les mêmes intérêts et un même combat à mener pour leur émancipation.
Ils affirmeront que le camp des travailleurs constitue la seule force capable de mener ce combat jusqu’au bout et d’offrir ainsi une perspective de progrès à l’ensemble de la société.

                                             Nathalie ARTHAUD


Protectionnisme qui ne protège pas : chez Saint-Gobain comme chez tant de multinationales


Le protectionnisme ne peut servir les intérêts des travailleurs



De passage en Lorraine, Ian Brossat, tête de liste du PCF aux élections européennes est venu devant l’usine de Pont-à-Mousson, sur laquelle pèsent des incertitudes depuis que le groupe Saint-Gobain prépare une cession de sa filiale PAM.
Selon lui : « Dans les marchés publics, il devrait y avoir une clause de proximité, c’est-à-dire qu’on privilégie les productions qui sont à proximité de là où le produit va être utilisé. Cela permettrait de remplir davantage le carnet de commandes ».
Cette perspective qui semble frappée au coin du bon sens ne peut être une protection pour les travailleurs des usines de Saint-Gobain PAM qui produisent essentiellement pour l’exportation. Elle n’est qu’une nouvelle présentation du protectionnisme, dans lequel les travailleurs n’ont aucun intérêt à se laisser entrainer.
Ce n’est pas contre les travailleurs des autres pays mais contre les capitalistes et leur système basé sur la concurrence que les travailleurs doivent lutter. Comme l’affirmaient déjà Marx et Engels dans le Manifeste du parti communiste en 1848, il y a de cela plus de 130 ans, « les ouvriers n’ont pas de patrie », et ils concluaient en proclamant : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

Trou noir : première mondiale d’une image, résultat de la collaboration pendant des années d’une soixantaine d’équipes de vingt pays. Un article de notre hebdomadaire


Première image d’un trou noir : la science est sans frontières

Une équipe d’astronomes a dévoilé mercredi 10 avril la première image jamais obtenue d’un trou noir, situé au centre d’une autre galaxie, à une distance de 50 millions d’années-lumière.
L’image montre un halo brillant autour du trou noir qui, lui, n’est pas visible, puisque c’est un objet tellement massif et dense que la lumière ne peut pas s’en échapper. Mais en attirant toute la matière autour de lui, le trou noir l’échauffe et la rend visible. On voit donc un anneau avec une forme bien particulière liée aux conditions extrêmes qui règnent autour du trou noir, qui courbent les rayons lumineux.
Ce qui semblait de la science-fiction devient réalité. Les trous noirs avaient été prévus comme une conséquence de la théorie de la relativité d’Einstein, il y a un siècle, mais pendant longtemps on les a considérés comme une hypothétique curiosité. Puis, on en a eu des preuves indirectes. Les astronomes ont observé des émissions de rayons X particulièrement intenses au centre des galaxies, dont la nôtre, et on a compris qu’elles révélaient probablement la présence de trous noirs géants. En 2016, on avait capté les ondes gravitationnelles émises par la collision de deux trous noirs lointains. Mais c’est la première fois qu’on en a une image directe.
Cette première est très importante pour les scientifiques, car les trous noirs restent des objets très mystérieux et donnent accès à des conditions impossibles à reproduire dans des laboratoires.
C’est grâce à la collaboration pendant des années d’une soixantaine d’équipes de vingt pays, au travail en commun de 200 chercheurs et des équipes indispensables qui les entourent, que ce projet a pu aboutir. Il a fallu imaginer un dispositif aussi précis qu’une lunette permettant de lire un journal à New York depuis Paris. On l’a réalisé en synchronisant avec une précision extrême un réseau de huit observatoires répartis sur quatre continents, en Arizona, au Chili, en Espagne, au Mexique, à Hawaï et jusqu’au Pôle Sud, formant ainsi une sorte de télescope géant à l’échelle de la Terre. Il a fallu stocker les données dans des piles de disques durs spéciaux pour les transporter en avion, la quantité d’informations nécessaire à la fabrication de l’image étant bien trop volumineuse pour passer par les tuyaux d’Internet.
Les réseaux sociaux ont donné à la découverte le visage de Katie Bouman, jeune scientifique enthousiaste, auteure d’un des programmes informatiques ayant permis de construire l’image. On ne peut que partager sa joie devant un succès qui illustre la marche en avant de l’humanité, et donne un aperçu du monde sans frontières qui devrait être le nôtre aujourd’hui. Le capitalisme, avec l’argent et l’individualisme pour seul idéal, ses injustices et ses barbelés, n’en apparaît que plus choquant.

                                       Serge FAUVEAU (Lutte ouvrière n°2646) 
 

Les participants au Premier congrès Solvay de physique, en 1911. Trois ans avant la guerre...

Pour ne citer que ceux qui sont assis (de g. à dr.) : Walther Nernst, Marcel Brillouin, Ernest Solvay, Hendrik Lorentz, Emil Warburg, Jean Baptiste Perrin, Wilhelm Wien, Marie Curie et Henri Poincaré.

Commerce de centre-ville populaire : certes un combat difficile mais…


Et à Argenteuil, l’absence d’une volonté politique

 
S'ils nous lisent, salut et fraternité à eux !

La municipalité parle beaucoup du commerce dans le centre-ville lors des conseils municipaux, et pendant ce temps, ce dernier ne cesse de se dégrader. Il a été une nouvelle fois question de ce thème lors du dernier conseil municipal où la fermeture récente de la fromagerie de l’avenue Gabriel Péri a été évoquée.
         A ce propos, la question de celle de la boucherie Bernard, opérée il y a plusieurs années est revenue sur le tapis. L’ancien maire, Philippe Doucet indiquant que dans les semaines qui suivirent cette fermeture le fromager en question vit son chiffre d’affaires chuter de 40%.
         Certes, on veut bien le croire. Lorsque ce genre de commerces ferment, les chalands qui ont bien du mal à venir dans le centre d’Argenteuil mais qui avait une occasion de le faire le désertent à nouveau.
         L’ancien maire a oublié simplement une chose. C’est que lorsque cette boucherie annonça son départ, il fut à l’unisson de son successeur. L’un et l’autre demeurèrent totalement passif. Le premier était encore député, il pouvait se mobiliser. Il n’en fit rien, laissant les initiateurs de cette pétition dont nous étions se débrouiller pour faire entendre leur voix avec leurs petits moyens.

lundi 22 avril 2019

Algérie : le bras de fer continue


Maintenir la pression et renforcer leur organisation

 


Pour le 9° vendredi consécutif, des millions d'Algériens ont manifesté dans toutes les villes du pays. Ils réclament le départ de « tout le système » et refusent les élections prévues le 4 juillet par les proches de Bouteflika, sous l'égide de Gaïd Salah, chef de l'armée. "Gaïd Salah, on n'est pas des cons. On a dit dégagez, ça veut dire dégager !" ont clamé les manifestants.
La révolte a enclenché un réveil politique qui touche de multiples catégories et fait émerger des revendications sociales ou sociétales. Alors que le chef de l'armée souffle le chaud et le froid, que la police oscille entre la bienveillance et l'usage de canons à eau, la population cherche à imposer son droit à s'exprimer, à se réunir et à s'organiser.
Les travailleurs, en particulier dans le secteur public, sont mobilisés. Les grèves, les assemblées générales, les cortèges d'entreprises se multiplient. Les travailleurs veulent choisir eux-mêmes leurs représentants. Cette semaine, ils ont réclamé devant le siège de l'UGTA la démission immédiate de Sidi Saïd, son secrétaire général lié au régime.
Maintenir la pression et renforcer leur organisation est la meilleure arme des travailleurs !

Rupture conventionnelle : collective ou individuelle, une rupture conventionnelle reste un licenciement… et deux photos d’hier des Gilets jaunes


Des lois utilisées à fond par le patronat

 


Instaurées en 2017 par les ordonnances Macron, les ruptures conventionnelles collectives se multiplient. Elles permettent aux grands patrons - car ce sont les entreprises de plus de 250 salariés qui y ont le plus recours - de se débarrasser de travailleurs « au volontariat » et de façon plus expéditive. Il n'est en effet pas nécessaire d'invoquer la moindre difficulté économique.
Dans une interview au journal Le Monde, un PDG qui a licencié 80 salariés grâce à ce dispositif, déclare « nous avons mené une restructuration en famille, sans expert ni procédure d'information-consultation ». « En famille » ose-t-il dire. Comme si « ses » salariés étaient ses enfants. Le patronat qui utilise à fond les lois faites pour le servir, mérite une sévère correction mais pas familiale, collective. 

Deux photos des Gilets jaunes, merci à H. 


Retraites : le Medef en position de combat


Préparer la contre-offensive

 


La mise en scène pour préparer une attaque contre les retraites se poursuit. Après 18 mois d'une prétendue consultation conduite par Jean-Paul Delevoye, le président du Medef a déclaré qu'il fallait relever l'âge de départ légal en retraite de 62 à 64 ans. Il y a quelques semaines, la ministre de la Santé et le Premier ministre avaient suggéré « à titre personnel » qu'un report à 65 ans de l'âge légal de départ était envisageable.
Chacun avec sa formule, dans un choeur bien orchestré, patronat et gouvernement déclarent, sur cette question, la guerre aux travailleurs. Plus encore que l'âge réel du départ, leur objectif est de baisser le montant des pensions.
Pour ne pas se tuer au travail et ensuite mourir de faim avec une retraite de misère, il faut préparer la contre-offensive.

Vinci, Eiffage : le jackpot des autoroutes


Pouvoirs publics en situation de faiblesse… volontaire

 


Un rapport de la cour des comptes rappelle à quel point la privatisation des autoroutes a assuré d'énormes profits à Vinci ou Eiffage. Outre la collecte des péages dont le prix ne cesse d'augmenter, ces sociétés obtiennent de l'État des compensations financières supplémentaires pour des travaux qu'elles devaient assurer, ou encore une prolongation de la durée de leurs concessions. Pour la dernière prolongation, ce sont 15 milliards de recettes supplémentaires qui tomberont dans leurs caisses.
Le rapport note que lors des négociations : « les pouvoirs publics sont souvent apparus en situation de faiblesse ». En la matière, l'État ne se montre ni faible ni laxiste, il montre sa vraie nature : une institution au service des grands groupes capitalistes.