samedi 20 avril 2019

Argenteuil : des Atsem et des Asel en nombre totalement insuffisant


Que la municipalité embauche en nombre

 
Si loin d'un intérêt pour la condition ouvrière et pour les élèves

Lors du dernier conseil municipal, il a été beaucoup questions de chiffres. Parmi ces derniers, ceux des frais de personnel, et du côté des élus, quels que soient les tendances, plutôt pour s’en plaindre.
         Mais que savent-ils de la situation concrète des travailleurs de la Ville ?
         Nous allons éclairer leur lanterne au moins sur un point.
     Ils peuvent aisément imaginer le manque d’Atsem dans les écoles maternelles dont le nombre a été réduit ces dernières années. A cela s’ajoute l’insuffisance des agents Asel, chargés de la restauration du midi.
         Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que la municipalité veut orienter des Atsem vers la tâche d’Asel. On imagine mal effectivement de priver les enfants de manger, alors que dégrader un peu plus l’activité dans les classes de maternelle pose moins de problème… pour la municipalité, car pour l’avenir des enfants, c’est inadmissible.
         Comme si elle ne pouvait pas embaucher, et vite, des Asel comme des Atsem par ailleurs. Le problème dure depuis des mois. Alors qu’il y avait urgence, qu’a-t-elle fait ?

vendredi 19 avril 2019

Capitalisme : riches à milliards : Nathalie ARTHAUD chez RTL hier matin

Éducation : contre la loi Blanquer, les initiatives continuent


Vers le rendez-vous général du 9 mai





Et des panneaux sur la clôture de l'école maternelle Jean-Jacques Rousseau d'Argenteuil






Une manifestation régionale a eu lieu hier entre la Sorbonne et la rue du Bac. Une nouvelle fois, tout autant que la grève appelée le même jour, il s’agissait de refuser la loi Blanquer.
         Nous étions plusieurs centaines à manifester, dont une bonne dizaine d’Argenteuil. Heureux d’en être, de discuter sous le soleil printanier, dans un cortège certes réduit mais combatif.
         Les vacances vont arrêter dans certaines académies la multitude d’initiatives qui auront encore lieu demain. Dans les autres académies dont les cours reprennent mardi, les actions vont reprendre.
         Et tous ensemble, on se dirige vers la grande journée de mobilisation du 9 mai prochain.

Ile de France, sécurité dans les lycées : des moyens éducatifs, pas de police


Le lycée « bleu ». Bleu police ?

Alors que les lycées d’Argenteuil connaissent une nouvelle réduction de leurs moyens d’enseignement (qui se traduiront par une hausse des effectifs par classe et par la suppression de classes en demi-groupes), le lycée Jean-Jaurès va voir s’installer une des trois « brigades régionales de sécurité » crées par la Région Ile de France. Celle-ci pourra répondre aux appels des proviseurs des lycées du Val-d'Oise, des Hauts-de-Seine et des Yvelines.
         Comme il faut parfois en rire plutôt qu’en pleurer, nous avons une réponse à la question du choix de cet établissement d’Argenteuil.
         Quelqu’un a dû souffler à Valérie Pécresse que ce lycée était depuis toujours appelé localement le lycée « bleue ». Une couleur tout à fait prédestinée, sans doute pour elle !



Une brève de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n°2646 de cette semaine

Pécresse et ses quinze agents

La présidente LR de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a dépêché depuis le 8 avril ses propres équipes mobiles de sécurité, pour enrayer la violence sociale vécue par les élèves et le personnel dans certains lycées et collèges.
Elle a revendiqué sa volonté de « mettre un coup d’arrêt à un bordel organisé », voire de « rétablir l’ordre »… en embauchant quinze agents ! Pour régler les problèmes dans les huit départements de la région, pour environ 1,1 million de lycéens et collégiens, cela fait peu, même venant en renfort des quelques autres embauchés par les rectorats. Mais Pécresse a pu ainsi faire parler d’elle dans les médias, et c’était bien son but.
Pour ce qui est de lutter véritablement contre les violences scolaires et leurs causes, Pécresse n’a-t-elle pas, comme ses collègues LR, LREM ou PS, accepté sans broncher d’année en année les milliers de suppressions d’emplois d’adultes, enseignants, personnels de santé, de vie scolaire, d’entretien dans l’Éducation nationale ?
                                                        V. L. (Lutte ouvrière n°2646)

Mumia Abu-Jamal : 37 ans d’incarcération. Une bonne nouvelle


Une formidable nouvelle

Larry Krasner, Procureur de Philadelphie, renonce à contester la décision du juge Leon Tucker ouvrant le droit à Mumia Abu-Jamal de faire appel de sa condamnation.
Outre la reconnaissance de la partialité judiciaire dont Mumia a été victime depuis 37 ans, le retrait du recours du Procureur signifie que sa défense peut désormais saisir la justice de Pennsylvanie en révision pour défendre son innocence, ce qui lui a toujours été refusé.
Nul doute que ce retournement de situation est le résultat des initiatives multiples de mobilisation des soutiens à Mumia aux Etats-Unis durant la dernière période, à l’exemple du grand meeting qui s’est tenu en Californie avec la participation notamment d’Angela Davis et de Judith Ritter, l’avocate principale de Mumia. Tout comme la préparation de la marche qui aura lieu le 27 avril à Philadelphie.



  

Argenteuil, Lidl, butte d’Orgemont : la municipalité et le rétropédalage


Elle est dans le pétrin. Elle l’a bien cherché



La municipalité LR d’Argenteuil a traditionnellement des sympathies dans le quartier pavillonnaire d’Orgemont. Ce sont ces habitants qu’elle a pris à rebrousse-poil lorsqu’ils ont appris qu’un permis de construire pour l’installation d’un Lidl à la marge du parc de la butte d’Orgemont, à l’angle de la rue du Clos des moines et de l’avenue de Stalingrad. Georges Mothron l’a signé, puis est venu présenter le projet, en guise de « concertation ». Pour la municipalité, et c’est certes la loi du genre, on décide et « ensuite », on discute lorsqu’il n’y a plus à discuter.
         La majorité des habitants, hostiles à ce projet, se sont rebiffés, et aujourd’hui le maire d’Argenteuil, à un an des élections municipales, tente désespérément une opération de rétropédalage qui n’a rien à voir avec le vélo.
         Sauf que le permis de construire a été signé, et que, dans le meilleur des cas, cette affaire risque de coûter bonbon à la collectivité, donc aux habitants.
         Avant-hier, lors du conseil municipal, sur le sujet, les édiles n’en menaient pas large.
         (A suivre donc).

jeudi 18 avril 2019

Macron et son discours annulé : les attaques demeurent. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n°2646 à paraître


Macron annule son discours : les attaques demeurent

 « Nous avons décidé de transformer les colères en solutions », proclame le site de l’Élysée. Mais les « solutions » de Macron en réponse à la colère de la population travailleuse, qui s’exprime depuis mi-novembre, ne s’écarteront pas de sa ligne de conduite politique habituelle : tout pour le grand capital.
Le pouvoir d’achat qui s’effondre, la santé mise à mal, les services publics dégradés : il n’était pas besoin d’un grand débat pour savoir que là résident les causes de cette colère. Elle n’a d’ailleurs pas cessé après le discours de Nouvel An de Macron. La savante mise en scène présidentielle des prétendues solutions, consistant en un discours le 15 avril au soir et une conférence de presse deux jours plus tard, a été bouleversée par l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Mais une partie du contenu, délivré par avance aux médias, a fuité.
On peut donc juger de la pertinence des réponses. À ceux qui ont la hantise des fins de mois, l’Élysée parle vaguement de « baisser l’impôt pour les classes moyennes », en finançant cette mesure par la « suppression de certaines niches fiscales ». Tout dans le flou, et rien sur une baisse de la TVA, que chacun paye fort cher. Les retraites inférieures à 2 000 euros seraient réindexées sur l’inflation… en janvier 2020. Rien n’est suggéré pour rattraper la perte pluriannuelle de pouvoir d’achat, pas plus que pour augmenter les retraites de ceux qui doivent se débrouiller pour vivre avec moins de 1 000 euros. Rien non plus sur la hausse de la CSG, qui a déjà volé de plusieurs dizaines d’euros par mois des millions de retraités.
Les salariés aux payes insuffisantes, aux emplois précaires, aux temps partiels non choisis, devraient se contenter d’une pérennisation de la prime défiscalisée suggérée par Macron aux employeurs lors de son discours du Nouvel An : jusqu’à 1 000 euros chaque année, au bon vouloir de l’employeur. Voilà qui ne fait pas grand tort aux grands patrons, car peu de salariés ont touché cette prime, qui s’est limitée dans l’écrasante majorité des cas à quelques centaines d’euros en janvier dernier.
Macron prétend ne plus accepter « aucune fermeture d’école ni d’hôpital jusqu’à la fin du quinquennat ». Mais par contre il ne s’engage pas à revenir sur les dizaines de milliers de suppressions de postes programmées dans les années à venir ! Il ne dit rien sur les classes surchargées, les services d’urgence débordés, les Ehpad où le personnel ne sait plus où donner de la tête… Il y a aussi les attaques à venir sur les retraites. Que ce soit en retardant l’âge légal de départ en retraite ou autrement, elles viseront à réduire le montant des pensions. Sans parler des menaces de suppression de jours fériés, sous prétexte de financer la dépendance.
Alors, face à cette politique spectacle, au mépris des gouvernants, à la rapacité de la classe des riches, les travailleurs ont toutes les raisons de transformer leur colère en luttes massives.
                                          Viviane LAFONT (Lutte ouvrière n°2646)


LCI :  Débat avec Nathalie Arthaud
Ce soir jeudi 18 avril
À 22h00

Algérie : la pression populaire accentue la crise du régime. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n°2646 à paraître.


Algérie : la pression populaire accentue la crise du régime

17 Avril 2019

Ravaler la façade du régime avec des anciens du clan Bouteflika, organiser des élections présidentielles le 4 juillet, voilà la transition démocratique du chef d’état-major Gaïd Salah, que tente d’imposer Bédoui, le Premier ministre. Le bras de fer entre le régime et peuple algérien continue. Celui-ci a massivement rejeté ce qui est vécu comme une nouvelle manœuvre.
La contestation s’est amplifiée durant toute la dernière semaine. Mercredi 10 avril, à l’appel de l’intersyndicale de la fonction publique, les agents des différentes administrations, hospitaliers, enseignants, ont manifesté contre Bensalah, qui assure la présidence par intérim, et aussi pour dénoncer l’usage des canons à eau et à son, ainsi que les lacrymogènes utilisés la veille contre les étudiants.
Le jeudi 11 avril, répondant à l’appel à la grève des syndicats autonomes, des cortèges de travailleurs d’entreprises publiques ont sillonné les villes du pays. Ils étaient par exemple des centaines à Boumerdès et des milliers à Bejaïa. Pour éviter les infiltrations de policiers en civil ou de voyous manipulés, les travailleurs sont de plus en plus organisés dans des cortèges d’entreprise.
Vendredi 12 avril, des millions de personnes ont crié « Bensalah, Belaïz, Bédoui, dégagez tous ! Pouvoir au peuple ! » Gaïd Salah était aussi dénoncé : « Gaïd Salah, le peuple n’est pas dupe, on a dit : vous dégagerez tous ! » ou, s’adressant aux policiers : « Pacifique, pacifique, policier enlève ta casquette et rejoins-nous ! »
Durant sept semaines, des manifestations toujours plus nombreuses se sont déroulées pacifiquement sans aucune intervention policière. Vendredi 12, il en a été ainsi dans toutes les villes du pays, sauf à Alger où la police, usant de canons à eau et de lacrymogènes, a bloqué un point précis de la manifestation : le tunnel des facultés, baptisé par les manifestants le « tunnel du hirak ». Par ailleurs, les policiers ont procédé à des arrestations de manifestants ou de militants, qui ont tous été relâchés au bout de quelques heures. Cette attitude du pouvoir tranche avec celle des semaines précédentes. Bédoui veut à tout prix imposer sa transition démocratique et tente de reprendre le terrain perdu. En provoquant les manifestants, il veut tout à la fois décourager les nombreuses familles présentes et sans doute reprendre en main une police qui semble perméable au mouvement populaire.
Les manifestants ne veulent pas céder aux provocations policières, ils tiennent au caractère pacifique du mouvement. S’organiser, se coordonner, mettre en place des vigiles, ne pas céder aux provocations, c’est ce qu’ont décidé de faire les jeunes des quartiers populaires d’Alger ainsi que les étudiants lors de leurs assemblées générales des différents campus du pays. Mardi 16 avril, ces derniers étaient de nouveau dans la rue dans tout le pays et des milliers à Alger devant la Grande Poste. Les policiers présents en masse ont cédé le terrain.
Le nouveau gouvernement et l’élection présidentielle prévue le 4 juillet sont totalement contestés. Les magistrats et les maires refusent de s’impliquer dans son organisation. Chaque sortie de ministre en province donne lieu à des protestations de la part de la population. À Alger, le ministre des Travaux publics a dû rebrousser chemin. D’autres ont été chassés par la population à Bechar. Le ministre de l’Énergie était, lui, attendu à l’aéroport de Tebessa. Complètement rejetés, ils sont contraints de se cacher et ne peuvent plus sortir de leurs bureaux.
Dans ce contexte de crise politique, Belaïz, le président du Conseil constitutionnel, vient d’annoncer sa démission. La crise politique s’accentue. Les manifestants, méfiants après toutes ces manœuvres, refusent une transition qui vienne d’en haut. Dans ces conditions, les élections présidentielles auront-elle lieu ?
En tout cas, des appels à la grève sont relayés sur les réseaux sociaux et par les syndicats autonomes.
Une manifestation était prévue mercredi 17 avril, contre le secrétaire de l’UGTA, Sidi Saïd, qui vient d’annoncer lors d’un congrès qu’il ne se représentera pas à la tête du syndicat. C’est insuffisant, disent les travailleurs, « il va placer des hommes comme lui ». Ils veulent que le syndicat leur appartienne : « On en a marre de la politique de cooptation et de désignation des représentants des travailleurs par en haut. » Les manifestations du vendredi 19 avril s’annonçaient importantes et devant constituer une nouvelle étape pour ce mouvement qui conteste tout le système politique et ne veut pas se contenter de promesses et de faux-fuyants.

                                        Leïla Wahda (Lutte ouvrière n°2646)