samedi 4 août 2018

Bonnes lectures de l’été (21) Je voulais te dire, Louisa Young, Livre de Poche


Je voulais te dire

 

Encore un très bon roman qui a comme toile de fond la Première guerre mondiale. Mais il vaut le coup. Et l’analyse du Livre de Poche me convient totalement. Alors autant l’utiliser.

« Londoniens issus de milieux très différents, Nadine et Riley sont amis depuis l’enfance. Au moment où leur complicité prend un tour plus intime, des considérations de classe leur font brusquement obstacle. La Grande Guerre éclate. Ils n'ont que 18 ans. Riley passe trois ans dans les tranchées des Flandres et de la Somme tandis que Nadine s'engage comme infirmière. À son retour, le jeune homme n’est plus le même. L’horreur des champs de bataille l’a changé à jamais. Il ne peut imaginer que Nadine puisse encore vouloir de lui et fait tout pour la repousser. Seulement, le destin ne va pas lui faciliter la tâche… Tout en décrivant avec éloquence la fin d’un monde, les dévastations morales engendrées par le premier conflit mondial, Louisa Young plonge le lecteur dans l’histoire d’un amour fusionnel que tout contrarie et dépeint avec subtilité les relations sociales dans une Angleterre en pleine métamorphose. » 

Je voulais te dire, Louisa Young, Livre de Poche, 7,90 euros

vendredi 3 août 2018

Hôpitaux et canicule, l’hôpital malade en surchauffe


Hôpitaux au bord de la crise de nerfs


Manifestation du 11 avril 2018 devant le Ministère des Solidarités et de la Santé (Fédération FO des services publics et de la santé, Flickr)

Des reportages sur les hôpitaux de Paris en cet été caniculaire ont de quoi inquiéter, tant du point de vue de la situation des patients que de celle des salariés. Entre climatisation inexistante ou en panne, pénurie de matériel et épuisement du personnel soignant du fait des sous-effectifs, l'hôpital est bien malade dans tout le pays.
Si la vague de chaleur accentue cette situation, le système de santé est au bord de l'explosion. C'est le résultat des politiques des gouvernements successifs qui ont tous cherché à faire des hôpitaux des établissements « rentables » et « profitables » selon une logique uniquement financière. C’est criminel.
Et le prix à payer, déjà lourd, est en passe de s'alourdir.

Canicule, réchauffement climatique, avenir sombre. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine


Canicule : pendant le réchauffement, les affaires continuent

La canicule actuelle ne touche pas que la France. Elle sévit dans tout l’hémisphère Nord, avec parfois des conséquences dramatiques. Au Pakistan, dès le mois d’avril, un record de température de plus de 50 degrés a été enregistré. Au Japon, des dizaines de milliers de personnes ont dû être hospitalisées. La sécheresse a attisé les incendies aux États-Unis, en Grèce, et même en Suède, où on a dépassé les 30 degrés, même au-delà du cercle polaire, événement sans précédent.
Bien sûr, la météo fluctue, et une situation météorologique particulière cette année explique en partie le phénomène. Mais les scientifiques y voient aussi ce que le réchauffement climatique nous promet pour l’avenir. Sous l’influence des émissions de gaz à effet de serre, gaz carbonique issu de l’industrie et des transports, et du méthane des activités agricoles, les températures moyennes à la surface de la Terre ont déjà augmenté de un degré en un siècle, et cela va en s’accélérant. Malgré les fluctuations annuelles, les dix années les plus chaudes à l’échelle de la planète depuis 1880 se trouvent parmi les douze dernières années !
Les climatologues voient là une confirmation de leurs prévisions et simulations informatiques, et avertissent que ces vagues de chaleurs exceptionnelles aujourd’hui préfigurent les étés moyens des années 2050. Les canicules amèneront alors, en France, des pics de température de plus de 50 degrés.
Le réchauffement aura bien d’autres conséquences inquiétantes, sur les calottes polaires, les océans et la diversité des espèces animales et végétales dont dépend notre alimentation. On sait aussi que ce seront les pauvres des pays pauvres qui paieront les premiers les conséquences de la montée du niveau des mers, de l’aggravation des sécheresses et du renforcement de la violence des pluies et des cyclones qui accompagneront le réchauffement. Aujourd’hui, les scientifiques qui avaient tiré la sonnette d’alarme il y a déjà une trentaine d’années constatent amèrement que ce qui se produit est proche du pire des scénarios qu’ils avaient envisagés, celui où tout continue comme avant. Les émissions de gaz à effet de serre continuent à progresser rapidement.
Pourtant, depuis, ce ne sont pas les discours qui ont manqué, comme au Sommet de Paris en 2016. Mais les mesures prises se sont limitées à culpabiliser les populations, prêcher la décroissance et à développer le capitalisme vert. L’économie capitaliste a continué sa marche aveugle, dominée par la soif du profit immédiat et maximum.
Dans ce domaine comme dans celui des autres catastrophes, encore plus immédiates, crise et guerres qui s’abattent sur les travailleurs et les pauvres aujourd’hui, tous ceux qui prétendent améliorer les choses sans arracher le contrôle de l’économie aux capitalistes nous mentent. Réorganiser l’économie, produire en fonction des besoins les plus urgents, sous le contrôle des travailleurs et de la population, voilà la seule issue pour l’humanité.
                                            Serge FAUVEAU (Lutte ouvrière n°2609)



Italie : le racisme au gouvernement


Salvini, semeur de haine !



Un nouvel acte raciste, cette fois envers une jeune athlète d'origine nigériane qui représentera l'Italie dans les compétitions internationales, soulève l'émotion dans ce pays.
Le ministre de l'Intérieur d'extrême-droite, Salvini, a certes condamné cette agression, pour la forme. Mais il continue à multiplier les déclarations xénophobes désignant l'immigration des dernières années comme la cause directe des actes racistes, une façon de les justifier, et d'alimenter un climat qui encourage des racistes à passer à l'acte.
Ainsi, en cette période de congés, il prétend partir en guerre contre les vendeurs à la sauvette sur les plages – vendeurs qui bien souvent sont des migrants d'origine africaine. Ce semeur de haine, parmi d’autres, cultive la division au sein des classes populaires… pour le plus grand profit des classes riches.

Argenteuil, stationnement, zèle, canicule et contraventions


On leur a dit de faire du chiffre ?

 
Au niveau de l'animation, il y a de quoi s'occuper utilement

Hier 2 août dans le quartier d’Orgemont, je me gare rue Pasteur, correctement, à la suite des voitures stationnées lelong du trottoir de droite. Trois heures plus tard, lorsque je reprends mon véhicule, je vois deux agents ASVP. Ils « verbalisent » dans la rue. J’ai moi-même une contravention. On me dit que je n’ai pas respecté l’alternance de stationnement dans cette rue… A confirmer. Nous écrirons.
         Voilà donc les agents ASVP de la police municipale d’Argenteuil à l’œuvre sous un soleil ardent. Depuis avant-hier 1er août, le stationnement est gratuit pour un mois dans les zones payantes du centre. Si l’on comprend bien, inoccupés dans le centre, ces agents ont été diligentés en mission dans les quartiers périphériques de la Ville pour la distribution… de papillon.
         Comme s’il n’y avait pas mieux à faire.
         Au choix :
         Renforcer les équipes d’animation à la piscine, aux parcs des Berges ou dans celui des Cerisiers !
         Aider à la distribution d’eau et au contact dans les résidences et cités où il y a tant de personnes âgées isolées confrontées à la canicule !
         Ou tout simplement, se mettre à l’abri du soleil ! Hier à 15 heures, le soleil tapait fort, et c’est vraiment mauvais pour la santé. Quand c’est trop, on arrête de travailler. DM

Bonnes lectures (20) : Le jeu de patience, Louis Guilloux, Gallimard


Le jeu de patience



Louis Guilloux fut un gigantesque écrivain. Bien évidemment, vous ne trouverez pas facilement ce roman Le jeu de patience, qui échoua de peu à obtenir le prix Goncourt en 1949 mais obtint cette année-là le prix Renaudot.
         En tout cas, cherchez-le, et vous allez finir par le trouver. Et puis, je prête mon exemplaire.
         Oui, un livre exemplaire.
         Bien évidemment, on est dans la ville et la région de Louis Guilloux, jamais citée, et il s’agit d’une longue chronique d’un réseau de relations, familial et amical, que l’on suit durant trois décennies -et pas n’importe lesquelles ! – de la Première guerre mondiale aux lendemains de la Seconde.
         La vie, la vie qui nous entraîne, et dans des directions que l’on choisit ou pas, l’amour, l’amitié, l’engagement, la réflexion, et bien d’autres choses sont au cœur de ce roman dense, qui rafraîchit dans ces temps caniculaires.
         Le livre neuf est le livre que l’on achète dans les librairies indépendantes. Et il faut voir si Gallimard n’a pas en stock un fond de livres neuf de ce roman. Sinon, exceptionnellement, on peut faire appel aux voraces de l’internet ! 

Le jeu de patience, Louis Guilloux, Gallimard, 811 pages

jeudi 2 août 2018

Feuilleton Benalla : un scénario bien faible. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître


Le feuilleton Benalla : un scénario bien faible

Depuis Eugène Sue et ses Mystères de Paris, écrits au milieu du 19e siècle, le roman-feuilleton avec ses aventures rocambolesques occupe une place de choix dans les journaux. L’affaire Benalla est bien partie pour être celui de l’été 2018.
Tous les ingrédients sont réunis : un personnage haut placé, Macron, qui s’acoquine avec un jeune, Alexandre Benalla, qui n’a d’autre richesse ou compétence que l’art du coup de poing et qui connaît une ascension sociale fulgurante, une intrigue parsemée de multiples rebondissements ; des coups fourrés qui finissent par être dévoilés, des aveux suivis de démentis et, pour couronner le tout, le personnage principal qui se tait, puis devient trop bavard, et qui tente de se sortir du marigot dans lequel il s’est fourré. Quel sera le prochain épisode qui, à vrai dire, est bien loin des préoccupations des classes populaires ?
En tout cas, ce feuilleton est bien à l’image des pratiques habituelles des hommes de pouvoir et de leurs protégés, et aussi de toute cette opposition parlementaire qui l’utilise pour se remettre au centre de la piste du cirque politicien.
Même si le phénomène existe depuis des siècles et que nombre de rois avaient eux aussi des tueurs à gages à leur service, la 5e République nous en a fourni des exemples et, il faut le dire, bien plus dramatiques que celui du ridicule Benalla. Le Service d’action civique (SAC) créé par de Gaulle était composé entre autres de tueurs qui exécutaient sur commande. Quant à Hollande lui-même, il a reconnu dans ses mémoires avoir commandé aux services spéciaux d’éliminer des djihadistes qui n’étaient pourtant pas passés aux actes, quatre selon lui, quarante selon les services secrets, bien placés pour connaître la vérité.

                                    Marianne LAMIRAL (Lutte ouvrière n°2609)



Migrants : le cynisme des politiciens. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière à paraître


Migrants : le cynisme des politiciens

Certains journalistes se demandent si la question des migrants sera au centre des prochaines élections européennes. En tout cas, elle est d’ores et déjà instrumentalisée par l’ensemble des forces politiques.
Collomb, le ministre de l’Intérieur de LREM, qui peaufine son image d’homme à poigne, se félicite qu’aux yeux du Conseil constitutionnel le franchissement irrégulier d’une frontière reste un délit. Cela n’empêche pas le Rassemblement national (ex-FN) et Les Républicains de réclamer plus de fermeté contre les migrants, telle Marine Le Pen qui parle de « l’immigration massive » en France.
La réalité est pourtant tout autre : la France n’a accueilli que peu de migrants ces dernières années, bien moins que l’Allemagne ou l’Italie, sans parler de la Turquie, qui accueille 3 millions de réfugiés. D’après la Cimade, le nombre de « non-admissions sur le territoire français » (de refoulements donc) a dépassé les 85 000 en 2017, 34 % de plus par rapport à 2016.
À gauche c’est le bal des hypocrites. Les dirigeants du PS, d’EELV, de Génération.s proclament tous, sans honte, que la fraternité est désormais une valeur constitutionnelle. Ils ont pourtant tous été membres d’au moins un des gouvernements de Hollande qui a poursuivi la chasse aux sans-papiers et l’expulsion de dizaines de milliers d’entre eux. L’équilibriste Mélenchon tente, lui, de marier accueil des migrants et défense des frontières, histoire de faire des clins d’œil électoraux à 360°.
Tous ces politiciens ont un point commun : le sort des femmes et des hommes qui meurent en pleine mer ou sont arrêtés ou torturés lors de leur périple est le dernier de leur souci. Ils ne parlent de ce sujet que pour tenter de se distinguer des concurrents, de se forger une image qui plaira aux électeurs... et surtout pour ne pas avoir à aborder le scandale qu’est l’enrichissement sans limite des groupes capitalistes.

                                                Stéphane FORT (Lutte ouvrière n°2609)