dimanche 29 juillet 2018

Bonnes lectures de l’été (17), Le dernier gardien d’Ellis Island, de Gaël Josse, J’ai lu


Le dernier gardien d’Ellis Island

 


Nous avons déjà évoqué ces jours derniers Gaëlle Josse. Nous avons également aimé d’elle Le dernier gardien d’Ellis Island, un roman au cœur de l’actualité d’aujourd’hui.
         L’espérance a toujours été au cœur du départ définitif pour un ailleurs porteur d’une vie meilleure, que ce soit pour échapper aux guerres qui déciment, à la misère, ou aux impasses d’une société sans espoir. La France fait partie de ces grands pays qui attirèrent des millions d’émigrants.
         Mais sur ce plan, les Etats-Unis représentent l’exemple-type de la terre d’immigration de ces deux derniers siècles.
         La porte d’entrée pour ce Nouveau monde plein d’espérances fut New York. Et le sas pour la rejoindre, à une encablure du succès pour l’émigrant, fut l’île Ellis, la mythique Ellis Island, de 1892 à 1954.
         Le roman porte sur elle, via la mémoire du dernier responsable du lieu où il fallait être en bonne santé et fournir les bons documents pour obtenir le merveilleux sésame pour tous ceux qui en avaient tellement rêvé.
         Par ces temps où migrer lorsque l’on vient de l’horreur économique ou guerrière est une gageure, ce livre est très roboratif. 

Le dernier gardien d’Ellis Island, de Gaël Josse, J’ai lu, 6 euros

samedi 28 juillet 2018

Affaire Benalla : la grosse commission, c’est donc fini !!


C’est donc fini !!

 


Les députés de droite LR et ceux de la France Insoumise reprochent à la présidente (LREM) de la commission d’enquête de l’Assemblée sur l’affaire Benalla de protéger Macron en triant les personnes à auditionner dans un sens favorable au pouvoir. Ce qui crève les yeux. Critiquant la « mascarade » de cette  commission, le « déni de démocratie », ils s’en sont retirés, suivis par ceux du PS, du PCF et par Le Pen.
Ils parlent de mascarade, et c’en est une !  Une de plus pourrait-on dire. Chacun joue son rôle dans ce feuilleton autour de ce qu’ils appellent l’édifice démocratique, qui va du Parlement à l’Elysée. Sans remonter plus loin, de Gaulle et Mitterrand, et même Hollande, disposaient de barbouzes de tout poil. Il n’est pas  nouveau que les chefs d’Etat  s’entourent d’hommes de main plus ou moins officiels pour leurs basses œuvres. Ils invoquent des lois qu’ils ont eux-mêmes fait voter, mais ils se situent allégrement hors- la loi quand ils le décident. La pratique du pouvoir sous Macron est dans la continuité de ses prédécesseurs, favoritisme et scandales politiques.

Argenteuil-Bezons : les migrants et une députée parlant dans le vide


Elle ne s’est pas demandé ce qu’elle faisait là ?

 J’ai fait un effort et j’ai écouté les 5 minutes d’intervention de la députée d’Argenteuil-Bezons à l’occasion en deuxième lecture sur la loi « asile immigration intégration » finalement votée.
La députée n’avait vraiment pas grand-chose à dire. Du blabla, de la langue de bois. Pour résumer son discours : il faut des frontières qui ne soient pas des murs. (Mais le rêve du gouvernement est justement que les frontières soient des murs infranchissables pour tous ceux qui le souhaitent). La droite est encore plus à droite sur le sujet. La question des enfants dont les parents sont en centre de rétention est vraiment un problème. Pour résumer.
         Mais l’important dans cette intervention n’était pas là.
         La députée obtiendra certes dans nosdéputés.fr une occurrence d’intervention supplémentaire. Mais, sincèrement, elle ne s’est pas demandé ce qu’elle faisait là ? Sincèrement ?
         Elle a pris la parole, mais ce n’était pas une discussion. Elle n’avait personne à convaincre. Et les convaincre de quoi ? L’hémicycle était quasiment désert, et cela ne doit pas être facile de parler ainsi dans le vide.
                                                                      
Au moment de l'intervention de Fiona Lazaar
         Discourir lorsque tout est ficelé, loin des députés, voilà un résumé du système législatif en vigueur, où les députés peuvent collectionner les dossiers, prendre la parole devant les caméras, mais certainement pas discuter et décider véritablement de quoi que ce soit.
         Une fois son intervention terminée, la député ne s’est pas dit : « Vraiment, mais qu’est-ce que je fais là ? ».
 
De notre dessinateur Lupo
 
                                                                      


Migrants, liberté de circulation, un point c’est tout


 Vive la liberté de circulation !

 

600 migrants Africains ont pénétré de force jeudi dans l’enclave espagnole de Ceuta au Maroc. Les autorités espagnoles se plaignent que cet assaut ait été « violent » puisque les migrants, pour réussir à franchir les doubles clôtures de barbelés et pour faire reculer la garde civile, ont lancé des sacs d’excréments et de la chaux vive sur eux. 
      Parler de violence des migrants, il faut oser ! Quand l’Union Européenne se comporte comme une forteresse jalousement verrouillée vis-à-vis de populations que les guerres ou la misère poussent à tenter leur chance ailleurs parfois au prix de leur vie, n’est-ce pas la pire violence, trop souvent meurtrière ?



EPR de Flamanville : ça fait cher le kWh


Il devait coûter 3 milliards, on en est à 11, et demain ?

 


Le chantier de l’EPR, la centrale nucléaire de Flamanville dans la Manche, prend encore du retard. Cette fois, c’est un problème de soudures qui est apparu sur les tuyauteries qui font circuler la vapeur. Cette nouvelle déconvenue représente un surcoût de 400 millions d’euros. L’EPR devait initialement entrer en service en 2012 et il devait coûter 3 milliards d’euros. Aujourd’hui, personne ne sait quand il démarrera vraiment, au mieux en 2020 selon Edf et la facture a déjà atteint près de 11 milliards d’euros.
Peu importe pour Bouygues, le maître d’œuvre, car dans ce type de chantiers titanesques, ses profits sont garantis : ce sera l’État et les consommateurs qui paieront !

Bonnes lectures (16) : Un paquebot dans les arbres, Valentine Goby, Actes Sud


Un paquebot dans les arbres

 


Valentine Goby explore depuis qu’elle écrit des pistes bien différentes. En l’occurrence, elle suit l’itinéraire de Mathilde, une fille de petits-commerçants, d’un cafetier plus précisément, d’un petit village, que la tuberculose va mener à l’hôpital et mettre fin à une vie qui aurait pu être facile. Ils n’avaient rien prévu. Ils rechignaient à se soigner, par une certaine inculture.
         Dans les années 1950, la sécurité sociale, créée au sortir de la guerre telle  que nous la connaissons encore (en partie au moins), ne concerne que les salariés. Pour les petits commerçants, la maladie peut les amener à la faillite et à la déchéance. C'est ce qui se produit dans le roman.
         La famille vole en éclat, là où la vie et l’espérance avaient été radieuses.
         Mathilde reste et restera debout, et luttera sans cesse pour sa famille en détresse, pour la réunir, par amour pour ses parents, pour son admiration envers son père en particulier, et devra assumer une situation qui n’aurait pas dû être, elle qui était attirée seulement par la nature.        

Un paquebot dans les arbres, Valentine Goby, Actes Sud

vendredi 27 juillet 2018

Police, Violence de l’Etat, officielle et officieuse. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière n°2608


Affaire Benalla : officielle ou officieuse, la violence de l’État

La vidéo qui a déclenché l’affaire Benalla, du nom de ce membre du cabinet présidentiel chargé de la sécurité de Macron, le montre frappant violement deux jeunes qui participaient à un rassemblement pacifique place de la Contrescarpe à Paris, dans la soirée du 1er mai, puis ordonnant leur arrestation.

 


La presse et l’opposition d’abord, puis le préfet de police ainsi que le ministre de l’Intérieur, pour se dédouaner et surtout pour protéger Macron, lui reprochent de s’être permis un tel comportement alors qu’il n’avait pas le droit de participer directement à l’opération, n’étant ni policier ni gendarme en activité. Mais les CRS, d’ailleurs présents pendant toute la scène filmée, se comportent quotidiennement de la même façon, et le fait qu’ils y soient autorisés par l’État ne rend pas leur violence plus légitime.
Ainsi, le même jour, sous prétexte des violences commises par les black blocs en marge de la manifestation parisienne du 1er mai, plus de 280 personnes avaient été arbitrairement arrêtées. Pour l’immense majorité d’entre elles, il n’y avait aucune preuve de leur participation à des dégradations, et elles ont été libérées sans poursuite, mais après avoir passé la nuit en garde à vue, et ont été obligées de se soumettre à un prélèvement ADN. Et plusieurs autres ont été condamnées pour des broutilles : un jeune homme à trois mois de prison ferme car il avait sur lui des massettes et des ciseaux, une femme à un mois ferme pour avoir refusé de donner son ADN, un autre jeune homme à de la prison avec sursis simplement pour s’être débattu pendant son arrestation.
La liste des récentes violences policières et arrestations arbitraires de manifestants est longue. Le 22 mai par exemple, 102 personnes, dont 40 mineurs, qui occupaient le lycée Arago à Paris pour protester contre le durcissement des conditions d’entrée à l’université, étaient placées en garde à vue pour 48 heures. À Notre-Dame-des-Landes, le déploiement de force ordonné en avril dernier par le gouvernement a provoqué de nombreuses blessures, parfois graves, parmi les défenseurs de la Zad. Et presque chaque fois que des travailleurs manifestent, refusent de se laisser licencier, font grève massivement, comme on l’a encore constaté récemment à la SNCF ou à Air France, l’État mobilise ses forces de répression. Et dans les quartiers populaires, c’est quotidiennement que les jeunes et moins jeunes subissent contrôles au faciès, brimades, humiliations, voire pire, un jeune homme ayant été tué à bout portant par un policier à Nantes début juillet. Sans parler des violences permanentes contre les migrants, encore plus vulnérables.
Alexandre Benalla, du fait de sa proximité avec le pouvoir, s’est senti le droit de se comporter comme une brute sans en avoir l’autorisation officielle. Il y a de quoi en être choqué. Mais les violences perpétrées au quotidien par des policiers et gendarmes en fonction sont exactement du même ordre, et tout aussi choquantes.

Claire DUNOIS (Lutte ouvrière n°2608)

SNCF Accident de Brétigny : manque d’entretien et catastrophe


Une incurie criminelle



 
Sur la ligne Limoges-Angoulême
Limoges-Angoulême : parmi les nombreuses lignes en mauvais étatCinq ans après l'accident du Paris-Limoges qui avait provoqué la mort de 7 personnes en gare de Brétigny, un nouveau rapport d'expertise est tombé : encore une fois l'accident est attribué à la vétusté et le manque d'entretien du matériel. "L'expertise dit que la rupture est due à une usure progressive et ancienne du métal, ce qui implique un défaut d'entretien prolongé" explique l'avocat de l'association des victimes de Brétigny.
Cela contredit la thèse de la SNCF et de RFF, mis en examen comme personnes morales, qui prétendent qu'il s'agit d'un défaut "imprévisible" de l'acier et tentent de se défausser ainsi de toute responsabilité dans ce déraillement mortel. Tout le monde le sait, c'est l'état de la ligne très mal entretenue depuis des années pour des raisons d'économies qui en est à l'origine !