lundi 9 avril 2018

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise de ce lundi 9 avril 2018 : "Une victoire des cheminots serait une victoire pour tous les travailleurs"


Une victoire des cheminots serait une victoire pour tous les travailleurs

Macron avait déclaré, le 15 mars, face à la manifestation des retraités et des personnels des Ehpad : « Je ne sens pas de colère dans le pays ». Eh bien maintenant, il ne peut plus l’ignorer !
La colère, il l’a sentie à l’hôpital de Rouen, où il a été interpellé par des aides-soignantes sur le manque de moyens, la fermeture de lits et de services. Il la voit à l’université, où les assemblées générales rassemblent de plus en plus d’étudiants et d’enseignants contre une sélection qui exclura des facultés les jeunes des milieux les plus populaires. Il sait que nombre d’écoles, de collèges et de lycées sont en ébullition, du fait, là encore, du manque de personnel.
Et même si Macron n’est pas en première ligne, il n’ignore pas la grève des salariés de Carrefour qui a conduit à la fermeture pure et simple de nombreuses grandes surfaces lors du week-end de Pâques, celle des salariés d’Air France. Puis il y a, bien sûr, la grève des cheminots qui continue et devient, pour lui, un véritable problème politique.
Pour toutes ces raisons, Macron a décidé de prendre la parole jeudi prochain lors d’une interview télévisée.
Son intervention sera sans surprise. Alors que les classes les plus riches du pays n’ont jamais été aussi prospères, que les actionnaires sont comblés et que la finance croule sous les milliards, Macron nous parlera de la dette et des déficits publics.
Quand, dans les quartiers bourgeois, on peut dépenser des dizaines de milliers d’euros pour un sac à main, une paire de chaussures ou un voyage, Macron nous expliquera qu’il faut compter le moindre euro mis dans les hôpitaux, dans les écoles ou dans la justice. Et, conseillé par des gens qui ne prennent jamais le métro, le RER ou les TER, Macron peindra un tableau apocalyptique de la SNCF…
Tout cela, pour nous convaincre de la nécessité de « réformer », de « moderniser » et de « remettre en marche » le pays.
Mais, comme pour le code du travail, toutes ses réformes sont synonymes de marche arrière pour les travailleurs. Elles consistent toujours à supprimer des droits sociaux, à rendre les salariés plus malléables et plus facilement licenciables. Et c’est le cas, aussi, de la réforme ferroviaire.

N’en déplaise aux commentateurs de la télévision qui rabâchent que les cheminots n’ont aucune raison de faire grève, ceux-ci savent pourquoi ils se battent. Ils veulent que leurs droits soient respectés, que leurs conditions de travail et leurs salaires ne reculent pas. Comme n’importe quels travailleurs, ils se battent contre la politique de suppressions d’emplois qui rendent de plus en plus dur le travail de ceux qui restent tout en condamnant les autres au chômage.
Ils se battent pour que les jeunes qui seront embauchés demain à la SNCF ne soient pas plus précaires et plus mal payés. Ils se battent parce qu’ils ne veulent pas devenir des pions ballotés au gré des appels d’offres capitalistes.
Le gouvernement se dit déterminé à mettre fin au statut des cheminots. Mais il est incapable d’expliquer en quoi cela aidera les trains à partir et à arriver à l’heure. Parce qu’il n’y a aucun lien !
L’attaque contre le statut des cheminots est une démonstration politique. Macron veut gagner, contre eux, son brevet de réformateur au service du patronat. Il voudrait prouver que rien n’arrêtera son offensive anti-ouvrière. Et s’il l’emporte contre les cheminots, il se servira de sa victoire pour mettre au pas l’ensemble du monde du travail. Car il ne s’arrêtera pas à la SNCF. Le gouvernement s’attèle d’ailleurs déjà aux réformes de l’assurance chômage, des retraites et de la fonction publique qui prévoit 120 000 suppressions d’emplois.
La grève de la SNCF n’est une partie de plaisir pour personne, ni pour les cheminots qui la font ni pour les usagers. Mais les problèmes qu’elle pose ne sont rien en comparaison des reculs qui nous attendent tous si Macron et la bourgeoisie sentent qu’ils ont les mains libres. Il faut donc souhaiter que les cheminots aillent jusqu’au bout de leurs possibilités.
Pour gagner, ils n’ont d’autre choix que de mener une grève déterminée, et il faut les soutenir. Dans cette société capitaliste, les exploités ne se font respecter qu’en montrant leur force. Avoir confiance en ses forces, c’est précisément ce qui manque au monde du travail depuis des décennies.
Eh bien, les cheminots sont en train de retrouver cette confiance ! Cela ne peut qu’être un encouragement pour tous les autres travailleurs. Pour faire reculer le gouvernement, vive la grève des cheminots, vive la solidarité de classe !

Grève des cheminots, solidarité : ils ne sont pas seuls


Solidarité ouvrière



Une collecte de soutien aux grévistes sur internet intitulée « Solidarité avec les cheminots grévistes »  avait déjà recueilli et ceci avant le week-end la contribution de 10 000 personnes et reçu 320 000 euros en quelques jours, selon ses initiateurs.
Espérons que ce soutien financier se transformera en soutien actif du monde du travail, en entrant en lutte aux côtés des cheminots.
En tout cas, cet élan de solidarité tord le cou à la propagande patronale et gouvernementale qui présente la grève des cheminots comme isolée.

Aujourd’hui lundi 9 avril 2018 à 13h, à Paris, place des Invalides
Un rendez-vous pour s’y rendre :
12 heures au tram de Bezons

Hôpitaux, aide-soignante face à Macron. RMC Radio : L'invitée de Bourdin Direct. Interview de Valérie Foissey suite à la visite de Macron au CHU de Rouen. (6mn)

Argenteuil, cité Joliot-Curie, travail bâclé





Ni fait ni à faire, et dangereux

                                                                      

La cité Joliot-Curie a bénéficié il y a plus de cinq ans d’une rénovation partielle qui a visé en particulier celle des cages d’escaliers.
         Elle n’a pas été menée à la satisfaction des locataires. Le résultat fut guère supérieur à la situation avant travaux.
         Depuis, un problème pose bien des soucis aux habitants. Les languettes plastiques des marches d’escaliers se décollent partiellement, avec le risque de se prendre dedans et de tomber.
         C’est particulièrement inquiétant pour les personnes âgées qui représentent une fraction importante des locataires de la cité Joliot-Curie.
         Je rappellerai à cette occasion ce que me répondit à l’époque une responsable du chantier que, j’interpellais à propos de la qualité des travaux effectués : « De quoi vous plaignez-vous, puisque ces travaux n’entraîneront pas une hausse des loyers » !
         En attendant, il devient urgent aujourd’hui de trouver une solution à ces marches d’escaliers dangereuses. DM

Emmanuel Macron, de fesses royales


Popotin tricolore


Elle au moins reste blanche
Macron et sa femme avaient pris un télésiège lors de leur venue à La Mongie dans les Pyrénées en mars 2017. Suite à cette visite royale, celui-ci vient d'être entièrement garni de tricolore. Et pas par n'importe-qui, par un célèbre sellier qui a déjà œuvré pour Rolls-Royce, Ferrari et Bugatti entre autres.
Leurs altesses avaient peut-être posé leurs fessiers princiers dans les toilettes du restaurant où ils ont fait ripaille. Alors, pourquoi ne pas avoir aussi repeint ce WC en tricolore ? Et tutti quanti…

Gaza : un massacre de sang-froid. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière écrit avant les derniers développements


Gaza : un massacre de sang-froid 

Vendredi 30 mars a eu lieu la manifestation annuelle des Palestiniens pour commémorer la Naqba, la « catastrophe » de 1948.
C’est ainsi que les Palestiniens désignent la reconnaissance de l’État d’Israël et le début, pour eux, de l’exil, de l’exode forcé et de la vie dans les camps. Depuis cette date, les organisations palestiniennes militent pour le droit au retour des expulsés et de leurs descendants.
Le 30 mars, à Gaza, des dizaines de milliers de manifestants se sont ainsi dirigés vers la frontière, c’est-à-dire vers la double ou triple rangée de barbelés, les miradors, les casemates et les soldats israéliens massés derrière, avec blindés, drones et mitrailleuses. Il n’était évidemment pas question de franchir ce mur et les manifestants étaient désarmés.
Cela n’a pas empêché l’armée israélienne d’ouvrir le feu : il y a eu 18 morts et plus d’un millier de blessés par balle. En plus de faire tirer au hasard sur les manifestants, le commandement avait positionné une centaine de tireurs d’élite, capables de repérer et d’éliminer les militants connus. Le Premier ministre israélien Netanyahou a félicité l’armée. Le ministre de la Défense, le nationaliste d’extrême droite Lieberman, a déclaré que les tireurs méritaient une médaille.
Il y a longtemps que l’État d’Israël procède à des assassinats ciblés à l’encontre des militants palestiniens. Les services secrets ont commencé par les nier, puis par laisser dire, pour finalement les revendiquer. Les exécutions ont eu lieu cette fois-ci devant les caméras du monde entier, programmées et annoncées à l’avance, l’armée ayant prévenu qu’elle tirerait à balles réelles.
Le gouvernement israélien se sait absout d’avance par « l’opinion mondiale », c’est-à-dire par les puissances impérialistes.

                                                 Paul GALOIS (Lutte ouvrière n°2592)


dimanche 8 avril 2018

Edouard Philippe et le prolétaire, Le Parisien et Lutte ouvrière, deux camps, deux classes dans la grève de la SNCF


"Tenez !"



Le gouvernement continue sa propagande contre les grévistes de la SNCF. Jour après jour, certains médias sortent de leur chapeau des sondages magiques contre la grève. Ce matin, Le Parisien fait sa une sur une photo de Philippe jouant les fiers-à-bras, avec en bulle : « Nous irons jusqu’au bout ». Rappelons que ce quotidien est la propriété de Bernard Arnault, le roi des riches.
         Le gouvernement joue sa partition, et il n’y a là rien d’étonnant.
         Mais, hier, nous avons entendu une toute autre musique, bien différente, celle du monde du travail.
        Hier matin samedi était notre journée de présence générale sur Argenteuil, à l’occasion de laquelle, avec notre journal Lutte ouvrière nous allons à la rencontre des travailleurs pour échanger sur la situation.
         Il n’y a pas à le cacher, la rencontre était difficile ces derniers mois, le moral n’y étant guère parmi les travailleurs.
         Mais hier, changement de décor. La grève de la SNCF est passée par là. Et nous avons pu constater combien l’énorme majorité des travailleurs des quartiers populaires étaient conscients du bras-de-fer qui a commencé et se retrouve aux côté des cheminots en lutte.
         Nous ne retiendrons qu’une interjection rencontrée à plusieurs reprises et qui résume le sentiment que nous avons pu mesurer hier matin, dans le centre d’Argenteuil, à l’entrée de la mairie, à Joliot-Curie, aux Champioux et au Val-Sud : « il faut qu’ils tiennent ! ».

Demain lundi 9 avril 2018 à 13h, à Paris, place des Invalides

Gaza : nouveaux massacres



Ah bas le blocus !



Des milliers d’habitants de Gaza ont de nouveau manifesté le long de la frontière avec Israël pour dénoncer le blocus imposé à ce territoire depuis dix ans et exiger le droit au retour des réfugiés palestiniens sur les terres dont ils ont été chassés par la politique de colonisation de l’État d’Israël. L’armée israélienne a riposté une nouvelle fois à balles réelles, faisant 7 morts et 300 blessés, qui viennent s’ajouter aux 20 morts de la semaine passée. Et ce, avec le silence des grandes puissances, promptes à dénoncer les terroristes, mais complices de l’oppression du peuple palestinien et du terrorisme d’État des dirigeants israéliens.