jeudi 17 novembre 2016

Services à la personne : le point de vue de Nathalie ARTHAUD



Nous avons évoqué ces jours derniers l’opération de « job dating » que la municipalité organise aujourd’hui à Argenteuil, et qui s’adresse à des personnes qui recherchent un emploi dans le domaine des aide-ménagères, des auxiliaires de vie et de garde d’enfants. Sur ces emplois, sollicitée par un site internet dédié, Nathalie ARTHAUD a répondu de la façon suivante.

Services à la personne : une réponse de Nathalie

Le site Internet Aladom, consacré aux services à la personne, interroge les candidats à l’élection présidentielle pour connaître leurs positions et propositions sur ce secteur d’activités. Nathalie Arthaud, dans sa réponse, a dénoncé la façon dont les usagers, tout comme les travailleurs du secteur, subissent les conséquences de la politique de l’État.

« Je pense que ces services à la personne devraient être un service public, au même titre que la santé, les transports ou l’éducation. Or l’État se décharge de plus en plus de ses obligations dans ce domaine. Les subventions des mairies, du conseil général et des caisses d’allocations familiales sont calculées au plus juste, voire réduites, du fait du désengagement de l’État, laissant les associations et les bénévoles en supporter la charge ou offrant ce service, qui devient du coup lucratif, à des entreprises privées (…).
Les premières victimes de toutes ces restrictions, outre les particuliers qui ont besoin d’aide, sont les salariés de ce secteur, soit entre un et deux millions de personnes. Elles – car ce sont très majoritairement des femmes – travaillent à temps partiel, avec de grandes amplitudes horaires dues au cumul de plusieurs emplois, des coûts de transport importants, en particulier dans les zones rurales. Le personnel y est constamment en sous-effectif. Pourtant, il faut répondre à des besoins indispensables comme la toilette, les repas, les courses, le ménage, les gardes d’enfants, l’aide à la marche.
Les salaires annuels y sont faibles, car le nombre d’heures est faible : 713 en moyenne sur l’année. Un salarié n’y gagne en moyenne que 8 400 euros annuels (analyse de l’Insee faite en 2015 en région Rhône-Alpes). Et cela va s’aggraver, car la course au profit dans le privé, les restrictions incessantes dans le public se font surtout sur le dos des salariés, par l’accroissement des rythmes de travail, la réduction des heures, donc des salaires pour un même travail.
C’est ce « marché », celui des travailleurs les plus pauvres, qui est visé par la recherche de profit privé. Ce profit n’est en réalité rendu possible que grâce à la prise en charge très importante des cotisations salariales et à la perception d’aides financières, fiscales ou allocataires par les personnes qui ont recours aux services, donc grâce à l’aide du secteur public, une fois de plus ! (…)
En ce temps de crise, il est encore plus vital pour les classes populaires que l’argent public serve à aider les catégories les plus fragiles de la population et à créer les emplois indispensables au bon fonctionnement de la société. »

Dépakine : Sanofi doit payer, ce n'est pas à l'Etat de le faire



Dépakine : à Sanofi de payer

Le gouvernement a prévu pour 2017 un fonds de 10 millions d’euros pour l’indemnisation des victimes de la Dépakine, un antiépileptique qui, prescrit à des femmes enceintes, a causé de graves malformations à leurs enfants. En théorie, les indemnisations doivent être assurées par les laboratoires.
         Mais si le gouvernement a quand même prévu ce budget, c’est que Sanofi, le principal producteur en France de la molécule incriminée et propriétaire de la marque Dépakine, refuse toujours, par principe, de verser de l’argent aux victimes de ses produits. C’est donc l’Etat qui avancera l’argent aux victimes reconnues par un comité spécial, en espérant se faire rembourser un jour par les laboratoires récalcitrants.
         Les labos ont fait des profits en mettant les patients en danger, et ils refusent d’en assumer la responsabilité.

mercredi 16 novembre 2016

Nathalie Arthaud sur FR3 Alpes au moment où le nom de Macron s'ajoute à la longue liste des prétendants-serviteurs du patronat

Argenteuil : pour les chômeurs, un vrai travail, pas un job !



Elle prend les chômeurs pour des demandeurs de « jobs »

Très mode, la municipalité organise une opération « job dating » demain jeudi 17 novembre dans l’espace Jean Vilar (en l’occurrence, toujours aussi utile).
         Il s’agit de mettre en contact des demandeurs d’emploi et des entreprises qui recrutent pour des postes dans trois secteurs donnés : aide-ménagères, auxiliaires de vie, gardes d’enfants.
         La municipalité déclare que les 35 entreprises prévues proposent 900 postes dans ces trois domaines destinés à tout l’espace de l’Ile de France.
         C’est la seconde fois qu’elle organise ce genre de rassemblement. En juin dernier, elle en avait organisé un premier s’adressant à des « aides maternelles ». Le résultat n’avait pas été à cette occasion spécialement concluant.
         Mais il y aura pourtant un grand absent parmi les recruteurs de ce jeudi : la Ville d’Argenteuil elle-même qui pourrait pourtant directement recruter pour les activités concernées, et pour les besoins locaux, au lieu de passer par des « entreprises » et des associations. Par la même occasion, elle pourrait réembaucher les centaines et les centaines de travailleurs qui le souhaitent qu’elle a licenciés ces dernières années.
         Une absence bien à l’image de ce titre flambeur de « job dating ».
       Les chômeurs ne recherchent pas un « job », mais un vrai travail, et surtout, le revenu afférent qui leur permette de vivre.