mercredi 19 octobre 2016

Argenteuil, école Paul Langevin 1, une situation dramatique tellement révélatrice



La situation de l’Ecole et des quartiers populaires, un drame social

Lundi matin, un enseignant de l’école Paul-Langevin 1 du Val-Sud qui revenait d’un cours d’éducation physique s’est fait violemment agressé sur le chemin du retour du stade du Marais. Il a fallu cette agression ignoble pour que nombre de médias citent amplement un certain nombre d’agressions qui, dans des établissements scolaires ou aux portes de ceux-ci, ont eu lieu ces derniers jours. Habituellement, elles ne s’intéressent guère à la situation que ces faits révèlent : la violence grandissante dans la société, la difficulté de l’école publique dans les quartiers populaires, la marginalisation croissante bien au-delà de ce que l’on appelle « l’échec scolaire » d’une fraction de la jeunesse, provoquée par une société qui n’intègre plus à l’orée de l’âge adulte par le travail l’ensemble de la jeunesse mais en laisse une partie croissante sur le bord du chemin.
         Alors bien évidemment, il faut marquer sa solidarité avec cet enseignant -et tous les autres, ceux dont on parle et ceux dont on ne parle pas- victime d’un tel phénomène de violence gratuite enrobée ou pas de revendications pseudo-idéologiques. Mais il faut sérieusement réfléchir à ce qui a fait que de tels actes se sont multipliés ces dernières décennies.
         Ne comptons pas sur l’essentiel des médias pour le faire. Ne comptons bien évidemment pas également pour cela sur le gouvernement pour qui il n’a jamais été question sérieusement de se donner depuis 2012 les moyens pour inverser une situation catastrophique depuis longtemps. L’éducation dite nationale est marquée par une inégalité scolaire grandissante, l’attraction de l’école privée, l’augmentation de la charge de travail des enseignants et des autres travailleurs de l’éducation, qui n’en peuvent plus. Dans les quartiers populaires, cela se traduit par une école maternelle, une école primaire, et un collège confrontés à de très graves difficultés.
         C’est, au-delà du drame d’Argenteuil et des autres, ce que nous devons avoir en tête et réfléchir.
         La société capitaliste est malade. Pour commencer, seule la conscience de la fraction intéressée à son véritable changement peut permettre d’entrevoir comment la guérir. Nous avons du pain sur la planche pour le faire. Mais il n’y a pas d’autre voie.

Argenteuil : Maison de quartier du quartier Orgemont-Volembert-Joliot--Curie : Guy Môquet un point c'est tout !



Craintes des habitants

La nouvelle maison du quartier Orgemont-Joliot-Curie est actuellement en train d’être achevée. Sur l’emplacement de la précédente, elle a fière allure.
         Mais les habitants marqués par l’histoire de ce quartier s’inquiètent. Il serait question d’oublier dans cette reconstruction de cette maison la dédicace qui fut la sienne depuis toujours « Guy Môquet ».
         En 2007, on a beaucoup reparler de ce jeune fusillé à l’âge de 17 ans comme otage, à l’occasion de l’opération démagogique orchestrée autour de son nom, de sa vie, et de son exécution par Sarkozy, le chef actuel du parti du maire d’Argenteuil, Les Républicains.
         Bien évidemment, une dédicace ce n’est qu’un nom. Mais en l’occurrence, un nom qui est tout un symbole.
         Alors qu’est-ce qui pourrait « défriser » la municipalité pour qu’elle décide d’abandonner ce nom pour la nouvelle Maison de quartier ?
         Guy Môquet était fils d’un député du PCF arrêté pour ne pas avoir rompu avec son parti à l’automne 1939. Il était membre de la Jeunesse communiste.
         On ne peut même pas accuser ce jeune, qui avait 16 ans lors de son arrestation, de tous les méfaits du stalinisme. Il a même été emprisonné pour avoir milité pour une politique du PCF qui n’était pas nationaliste à ce moment-là, ce qui est pour nous plutôt une référence.
         En tout cas, pour ses aspirations généreuses, il a été fusillé en octobre 1941 parmi les otages emprisonné à Châteaubriant.
         Oui, aujourd’hui encore, et peut-être plus que jamais, un bel exemple pour la jeunesse. Celui de la détermination, celui de l’idéal, celui du dévouement, celui de l’engagement.
         Ce qui est écrit sur le panneau qui jouxte le bâtiment : «construction de la Maison de quartier Joliot-Curie » fait craindre le pire. Non pas que les habitants du quartier récusent le nom de « Joliot-Curie », mais pour leur Maison de quartier, ils veulent le maintien de celui de « Guy Môquet », un point c'est tout.

mardi 18 octobre 2016

Goodyear : relaxe pour les travailleurs. Un communiqué de Nathalie ARTHAUD.



Relaxe pour les travailleurs de Goodyear !
-Communiqué-

Les 19 et 20 octobre, huit travailleurs de l’usine Goodyear d’Amiens vont être jugés en appel à Amiens. Ils ont été condamnés en première instance à 24 mois de prison dont 9 mois ferme. Pourquoi ? Pour s’être opposés à la fermeture de leur usine et avoir tenté de sauver leurs emplois alors que le gouvernement entérinait la fermeture ! 
Cette condamnation, inédite est scandaleuse. Elle est le fait d’une justice de classe, une justice qui reconnaît à un grand groupe le droit de jeter des familles ouvrières dans la misère, et qui sanctionne ceux qui relèvent la tête.
Cette condamnation est d’autant plus révoltante qu’elle est politique. Hollande se retranche derrière « l’indépendance de la justice », mais sans les poursuites du parquet, il n’y aurait pas eu de procès. Le pouvoir socialiste a multiplié les cadeaux au patronat, il a attaqué le code du travail. Sa servilité vis-à-vis du patronat le conduit à envoyer des ouvriers en prison !
En traduisant les 8 de Goodyear en justice, comme en poursuivant les salariés d’Air France et des dizaines d’autres qui ont participé au mouvement contre la loi El Khomri, le gouvernement veut donner une leçon à tous ceux qui ne se laissent pas faire. Dans nombre d’entreprises, les militants sont licenciés et envoyés devant les tribunaux pour avoir diffusé un tract, protesté ou pris la parole. Il faut dénoncer cette répression,  affirmer le droit des travailleurs à s’organiser et se défendre. 
Alors soyons nombreux devant le tribunal d’Amiens pour soutenir les camarades de Goodyear. Relaxe pour les 8 de Goodyear ! Vive l’organisation et les luttes des travailleurs !

                                        Nathalie ARTHAUD, le 18.10.16.