vendredi 24 juin 2016

Victoire du Brexit, une fausse alternative. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine écrit avant le referendum



Le « Brexit » l'a emporté lors du referendum organisé hier dans le Royaume-Uni, c’est-à-dire le oui à la sortie de l’Union européenne. Ci-dessous un article extrait de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine, écrit par nos camarades britanniques du groupe Worker’s Fignt, le combat des travailleurs

Grande-Bretagne : la fausse alternative du Brexit

À la veille du référendum du 23 juin sur la sortie ou non de la Grande-Bretagne de l’Union européenne (le Brexit), et après l’assassinat de la députée travailliste Jo Cox, nous publions la prise de position de nos camarades du groupe trotskyste britannique Worker’s Fight (Grande-Bretagne-UCI).
Quel que soit l’état de santé mentale de son meurtrier, l’assassinat de la députée travailliste du West Yorkshire, Jo Cox, reflète le climat empoisonné créé par des années de surenchère xénophobe des gouvernements et politiciens qui ont transformé les travailleurs immigrés en boucs émissaires.
         Avec la campagne pour l’actuel référendum, le climat est devenu tellement chargé de peur et de haine que le meurtrier, que ses voisins considéraient comme « normal et serviable », a cru légitime d’agir au nom de ses idées d’extrême droite. Il a pris deux pistolets, un couteau et a tué Jo Cox en criant « La Grande-Bretagne d’abord ». Pourquoi ? Probablement parce qu’elle était connue pour soutenir les enfants migrants que Cameron, le premier ministre, ne voulait pas accueillir dans le pays !
         Depuis on assiste à un répugnant festival d’hypocrisie au-dessus du cadavre de Jo Cox : les mêmes politiciens, qui ont attisé les flammes menant à son meurtre, ont pleuré à chaudes larmes sur son sort et ont loué sa générosité.

Campagnes xénophobes

         Le rôle joué par Nigel Farage et son parti antieuropéen Ukip dans la création de cette atmosphère empoisonnée est évident. En témoigne leur dernière affiche de campagne montrant une file ininterrompue de réfugiés qui semblent prêts à « envahir » la Grande-Bretagne sous le slogan « Le point de rupture ». Peu importe que la photo ait été prise à des milliers de kilomètres, sur la frontière entre la Croatie et la Slovénie. C’est juste un mensonge alarmiste de plus de l’Ukip à propos des réfugiés, après tant d’autres sur ce sujet, comme sur d’autres, depuis le début de cette campagne.
         Mais même si certains ténors eurosceptiques de la droite conservatrice, comme le ministre de la Justice Michael Gove, ou l’ancien maire de Londres Boris Johnson, tâchent à présent de prendre leurs distances avec Farage, de peur qu’il ne porte préjudice à la campagne de ceux qui veulent quitter l’Union européenne, ils ont aussi leur part de responsabilité dans le climat qui a coûté la vie à Jo Cox. Depuis le début de la campagne, ces responsables officiels du camp du Brexit ont utilisé de façon croissante les préjugés anti-immigrés, avec des méthodes proches de celles de l’Ukip.
         Comment aurait-il pu en être autrement ? Ce référendum a été organisé par Cameron pour contenir l’inquiétude causée par l’Ukip au sein de son propre Parti conservateur, en particulier celle des politiciens les plus droitiers craignant de perdre leurs postes confortables. Mais, bien loin de contenir la démagogie crasse anti-immigrés de l’Ukip, Cameron y a contribué, comme il l’a fait depuis des années.
         Bien avant la montée électorale de l’Ukip, Cameron brodait sur le mythe du « tourisme social » que pratiqueraient les travailleurs venant des pays de l’Union européenne, avec le soutien hystérique des journaux tabloïds conservateurs. Il y avait une logique politique à cela, qui n’avait rien à voir avec les faits.
         Avant cela, Cameron avait accusé les chômeurs et les pauvres d’être un poids pour les services publics, alors que le réel fardeau était les coupes budgétaires dont ils faisaient les frais. Puis il a désigné les travailleurs européens comme d’autres boucs émissaires qu’on pouvait rendre responsables de la défaillance du système de santé et des nouvelles coupes dans les budgets sociaux.
         Et durant cette campagne, on a vu à nouveau Cameron rappeler à tout le monde qu’il demeurait eurosceptique, expliquant que la meilleure façon de sévir contre l’immigration était de rester dans l’Union européenne, ce qui lui donnerait plus de moyens pour la contrôler grâce aux « concessions » obtenues de celle-ci l’an dernier.
Les deux bouts d’un même bâton

Ainsi, les deux camps représentent les mêmes politiques qui, dans le passé, ont consisté à serrer la vis aux travailleurs pour leur faire payer la crise provoquée par les patrons. Et les deux représentent, d’une façon ou d’une autre, la même politique future consistant à jouer une partie de la classe ouvrière contre une autre – les « britanniques » contre les « immigrés » – de façon à l’empêcher de riposter.
         Leur référendum est un cas classique de « pile je gagne, face tu perds ». Le magnat des médias Rupert Murdoch qui sait parfaitement utiliser les institutions politiques de la bourgeoisie à son profit, illustre cela à merveille. D’un côté l’édition anglaise de son quotidien à grand tirage Sun arborait une ligne pro-Brexit éclatante. Mais en Écosse et en Irlande du Nord, le Sun a changé sa une, car il ne fait aucun doute qu’elle n’y aurait pas été très populaire. Pendant ce temps-là, un autre journal de Murdhoch, le très classique et très sérieux Times, se joignait au camp anti-Brexit. Les Murdoch de ce monde sont toujours les gagnants de ces jeux politiques.
         Les travailleurs doivent se tenir à distance de ce faux choix entre deux façons différentes d’être pendus. La seule façon d’aller de l’avant est de se préparer à combattre leur ennemi intérieur, les patrons, leurs gouvernements et leur système, en s’unissant, quelle que soit leur nationalité, par-dessus toutes les divisions que les capitalistes voudraient créer dans leurs rangs !
                                                         Workers’ Fight

Victoire du Brexit, une fausse alternative. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine écrit avant le referendum



Le « Brexit » l'a emporté lors du referendum organisé hier dans le Royaume-Uni, c’est-à-dire le oui à la sortie de l’Union européenne. Ci-dessous un article extrait de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine, écrit par nos camarades britanniques du groupe Worker’s Fignt, le combat des travailleurs

Grande-Bretagne : la fausse alternative du Brexit

À la veille du référendum du 23 juin sur la sortie ou non de la Grande-Bretagne de l’Union européenne (le Brexit), et après l’assassinat de la députée travailliste Jo Cox, nous publions la prise de position de nos camarades du groupe trotskyste britannique Worker’s Fight (Grande-Bretagne-UCI).
Quel que soit l’état de santé mentale de son meurtrier, l’assassinat de la députée travailliste du West Yorkshire, Jo Cox, reflète le climat empoisonné créé par des années de surenchère xénophobe des gouvernements et politiciens qui ont transformé les travailleurs immigrés en boucs émissaires.
         Avec la campagne pour l’actuel référendum, le climat est devenu tellement chargé de peur et de haine que le meurtrier, que ses voisins considéraient comme « normal et serviable », a cru légitime d’agir au nom de ses idées d’extrême droite. Il a pris deux pistolets, un couteau et a tué Jo Cox en criant « La Grande-Bretagne d’abord ». Pourquoi ? Probablement parce qu’elle était connue pour soutenir les enfants migrants que Cameron, le premier ministre, ne voulait pas accueillir dans le pays !
         Depuis on assiste à un répugnant festival d’hypocrisie au-dessus du cadavre de Jo Cox : les mêmes politiciens, qui ont attisé les flammes menant à son meurtre, ont pleuré à chaudes larmes sur son sort et ont loué sa générosité.

Campagnes xénophobes

         Le rôle joué par Nigel Farage et son parti antieuropéen Ukip dans la création de cette atmosphère empoisonnée est évident. En témoigne leur dernière affiche de campagne montrant une file ininterrompue de réfugiés qui semblent prêts à « envahir » la Grande-Bretagne sous le slogan « Le point de rupture ». Peu importe que la photo ait été prise à des milliers de kilomètres, sur la frontière entre la Croatie et la Slovénie. C’est juste un mensonge alarmiste de plus de l’Ukip à propos des réfugiés, après tant d’autres sur ce sujet, comme sur d’autres, depuis le début de cette campagne.
         Mais même si certains ténors eurosceptiques de la droite conservatrice, comme le ministre de la Justice Michael Gove, ou l’ancien maire de Londres Boris Johnson, tâchent à présent de prendre leurs distances avec Farage, de peur qu’il ne porte préjudice à la campagne de ceux qui veulent quitter l’Union européenne, ils ont aussi leur part de responsabilité dans le climat qui a coûté la vie à Jo Cox. Depuis le début de la campagne, ces responsables officiels du camp du Brexit ont utilisé de façon croissante les préjugés anti-immigrés, avec des méthodes proches de celles de l’Ukip.
         Comment aurait-il pu en être autrement ? Ce référendum a été organisé par Cameron pour contenir l’inquiétude causée par l’Ukip au sein de son propre Parti conservateur, en particulier celle des politiciens les plus droitiers craignant de perdre leurs postes confortables. Mais, bien loin de contenir la démagogie crasse anti-immigrés de l’Ukip, Cameron y a contribué, comme il l’a fait depuis des années.
         Bien avant la montée électorale de l’Ukip, Cameron brodait sur le mythe du « tourisme social » que pratiqueraient les travailleurs venant des pays de l’Union européenne, avec le soutien hystérique des journaux tabloïds conservateurs. Il y avait une logique politique à cela, qui n’avait rien à voir avec les faits.
         Avant cela, Cameron avait accusé les chômeurs et les pauvres d’être un poids pour les services publics, alors que le réel fardeau était les coupes budgétaires dont ils faisaient les frais. Puis il a désigné les travailleurs européens comme d’autres boucs émissaires qu’on pouvait rendre responsables de la défaillance du système de santé et des nouvelles coupes dans les budgets sociaux.
         Et durant cette campagne, on a vu à nouveau Cameron rappeler à tout le monde qu’il demeurait eurosceptique, expliquant que la meilleure façon de sévir contre l’immigration était de rester dans l’Union européenne, ce qui lui donnerait plus de moyens pour la contrôler grâce aux « concessions » obtenues de celle-ci l’an dernier.
Les deux bouts d’un même bâton

Ainsi, les deux camps représentent les mêmes politiques qui, dans le passé, ont consisté à serrer la vis aux travailleurs pour leur faire payer la crise provoquée par les patrons. Et les deux représentent, d’une façon ou d’une autre, la même politique future consistant à jouer une partie de la classe ouvrière contre une autre – les « britanniques » contre les « immigrés » – de façon à l’empêcher de riposter.
         Leur référendum est un cas classique de « pile je gagne, face tu perds ». Le magnat des médias Rupert Murdoch qui sait parfaitement utiliser les institutions politiques de la bourgeoisie à son profit, illustre cela à merveille. D’un côté l’édition anglaise de son quotidien à grand tirage Sun arborait une ligne pro-Brexit éclatante. Mais en Écosse et en Irlande du Nord, le Sun a changé sa une, car il ne fait aucun doute qu’elle n’y aurait pas été très populaire. Pendant ce temps-là, un autre journal de Murdhoch, le très classique et très sérieux Times, se joignait au camp anti-Brexit. Les Murdoch de ce monde sont toujours les gagnants de ces jeux politiques.
         Les travailleurs doivent se tenir à distance de ce faux choix entre deux façons différentes d’être pendus. La seule façon d’aller de l’avant est de se préparer à combattre leur ennemi intérieur, les patrons, leurs gouvernements et leur système, en s’unissant, quelle que soit leur nationalité, par-dessus toutes les divisions que les capitalistes voudraient créer dans leurs rangs !
                                                         Workers’ Fight

jeudi 23 juin 2016

Manifestation contre la loi travail à Paris Interview de Nathalie Arthaud par BFM TV

Loi Travail : dans la rue aujourd'hui contre la loi Travail, la liberté d'expression et la dignité



Manifestation contre la loi travail

Lutte ouvrière appelle à participer aux manifestations contre la loi travail le 23 juin 2016. A Paris, le cortège de Lutte Ouvrière a rendez-vous à l'angle de la place de la Bastille et de la rue de la Roquette devant le café "Le Bastille".

Bien évidemment, je me rendrai à cette manifestation. Pour être aux côtés de tous ceux qui depuis plus de trois mois luttent contre la tentative d’aggraver dangereusement les conditions du monde du travail. Mais également pour protester contre tous ceux qui voudraient nous faire taire, jetant aux orties ce qu’ils prétendent être les « libertés fondamentales ». Les bourgeois envoient leurs enfants faire le tour du bassin du Luxembourg. Ils veulent nous faire faire le tour du bassin de l’Arsenal. Bastille, Arsenal, mais tout cela rappelle 1789 ? DM



Menaces gouvernementales : manifestons le 23 juin ! (communiqué)
Après avoir tenté de forcer les directions syndicales à annuler leur appel à manifester, après avoir proclamé qu’il ne tolérerait pas la manifestation syndicale appelée le 23 juin à Paris, le gouvernement a dû finir par l’autoriser, bien que sur un parcours réduit.
Le président et le Premier ministre refusent de reculer sur le fond et proclament qu’ils maintiendront la loi travail. Mais ils ne peuvent mettre fin à la colère et au dégoût croissant des travailleurs pour leur gouvernement.
Valls s’affirme pour la manière forte et démonstrative mais il ne fait qu’augmenter son discrédit et démontrer qu’il ne peut faire taire l’opposition à la loi travail.
La meilleure réponse que les travailleurs puissent donner aux gesticulations et aux menaces gouvernementales sera de continuer à manifester contre cette loi. Lutte ouvrière appelle à participer nombreux aux manifestations du 23 et du 28 juin, à Paris comme dans les autres villes.

         Pour Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud, le 22.06.16

Le ministre, les casseurs et l’air de la calomnie

Le 14 juin, les manifestants contre la loi travail et les commentateurs de bonne foi ont vu bien autre chose que les bris de vitrines décrits par les reportages complaisants des télévisions.
         Les forces de police encadraient très étroitement le cortège, le précédant, le suivant, bloquant les rues adjacentes, massées sur les trottoirs tout au long de la manifestation. Comme chaque fois, un groupe informel précédait le carré de tête officiel, dans lequel quelques individus arboraient la panoplie complète du casseur. Mais, quand quelques-uns sortaient de ce groupe pour aller s’en prendre à une vitrine de banque, la police ne bougeait pas, y compris lorsque cela se passait sous son nez.
         La raison officielle donnée pour ce fait maintes fois constaté est que la police n’agit pas sans ordre… Pourtant, si de l’intérieur de la manifestation une ou deux canettes partaient vers les rangs policiers, ces derniers n’attendaient pas les ordres pour répliquer immédiatement à coups de lacrymogènes. Les manifestants pouvaient alors à bon droit se demander pourquoi la police laissait agir les casseurs et gazait systématiquement les autres.
         Des syndicalistes policiers ont clairement répondu. Pour un responsable du syndicat policier Alliance « cela visait à discréditer le mouvement social ». Et un élu du syndicat SGP-FO d’ajouter : « On n’a pas toujours mis les moyens qu’il fallait pour empêcher les casseurs d’agir ». On ne saurait être plus clair.
         Le bilan réel de la casse est en fait heureusement assez minime, comparé par exemple à une rencontre fraternelle de supporters de football. Mais Valls et Cazeneuve ont agrémenté le récit, particulièrement à propos de l’hôpital Necker. Il semble qu’un seul individu ait été assez stupide pour s’en prendre aux vitres de l’hôpital. Cazeneuve en a fait une horde de barbares, s’acharnant, suprême lâcheté, sur les salles d’opérations de l’hôpital des enfants où se trouvait, comble de l’ignominie, le malheureux dont on venait d’assassiner les parents. Le ministre de l’Intérieur, suivi de quelques journalistes très complaisants, essayait ainsi d’amalgamer les manifestants contre la loi travail, le ou les quelques casseurs capables de dégrader la façade d’un hôpital, la peine des familles ayant un enfant dans cet hôpital, l’horreur suscitée par le meurtre des deux policiers et la compassion générale pour leur fils. Le procédé est tellement bas qu’il n’a tenu que le temps d’une soirée, mais il donne une idée des calomnies dont un ministre socialiste est capable pour accabler les travailleurs en lutte.
         La casse en question n’est sans doute pas provoquée par le gouvernement, encore qu’on puisse parfois se le demander. Mais en tout cas il ne demande pas mieux que de s’en servir à ses propres fins. Ainsi l’activité de quelques individus que la police choisit de laisser agir donne une arme au pouvoir contre des centaines de milliers de manifestants et les millions de travailleurs qui les soutiennent. Il est vrai que cette arme, celle de la calomnie, est en fait de peu d’efficacité tant le mouvement semble légitime aux travailleurs et tant le gouvernement, à l’inverse, est vomi.
       Car pour le monde du travail, les casseurs, les vrais, ce sont les patrons qui cassent les emplois et les conditions de travail, les ministres qui cassent le Code du travail et les conventions collectives. Ces casseurs-là causent à la société des dégâts bien plus graves que les vitrines brisées le 14 juin.

                                         Paul GALOIS (lutte ouvrière n°2499)