mardi 21 juin 2016

Compteurs Linky : un conte à créer surtout des gros sous



Drôle de conteur

Nous avons reçu le message suivant :
« Je ne sais pas si vous avez entendu parler des nouveaux compteurs dits intelligents, qui créent tant de remous et contre lesquels 191 communes à ce jour sont opposées. J’ai fait le tour sur internet pour voir si des associations sont mobilisées sur Argenteuil, hélas il semble que non ».

         Bien évidemment, si des personnes sont actives sur la question et intéressées, nous pouvons transmettre leurs coordonnés à ce correspondant. En attendant, nous avons retrouvé l’article ci-dessous sur le sujet, extrait de notre hebdomadaire Lutte ouvrière.

Des compteurs intelligents... pour leur patron

ERDF (filiale à 100 % d’EDF pour la distribution d’électricité) a commencé, depuis fin 2015, la pose générale des 35 millions de compteurs Linky dits intelligents, en remplacement des compteurs existants. Ils devraient équiper l’ensemble du pays en 2021, après une expérimentation dans deux départements.
         Ces compteurs sont censés permettre aux utilisateurs de calculer leur consommation en temps réel et à ERDF d’effectuer les relevés et les interventions éventuelles sans envoyer un technicien sur place. Les Linky devraient également faciliter la gestion des contraintes dues à l’intermittence des énergies renouvelables, solaire et éolienne. Ainsi ce serait le progrès, proclame EDF, et il n’y aurait pas de raison de s’y opposer. Mais il faut y regarder de plus près.
         Si on ne voit pas ce que les usagers y gagneront, on comprend vite l’intérêt d’ERDF, qui fera là une économie importante de main-d’œuvre, comme celle des prestataires occupés à relever les compteurs, et dans certains cas des techniciens qui se déplacent pour de petites interventions. Surtout Linky facilitera considérablement les coupures pour non-­paiement et permettra à EDF d’imposer un abonnement plus cher en cas de dépassement de la puissance souscrite. Les autres fournisseurs d’électricité concurrents d’EDF espèrent aussi trouver leur compte avec Linky, en ciblant mieux les usagers.
         Ce changement de 35 millions de compteurs ne devrait, en principe, rien coûter aux clients. C’est invérifiable. Comme EDF a tendance à augmenter ses tarifs, bien malin qui pourra dire ce qui revient à Linky sur les factures ou aux autres dépenses d’EDF.
         Le marché des Linky est estimé à environ 5 milliards d’euros. C’est un pactole pour les six entreprises sélectionnées pour fabriquer ces appareils. L’une d’entre elles, Itron, située près de Poitiers, comptait licencier 124 salariés début janvier 2015 , soit la moitié de son personnel, et délocaliser une partie de sa production (mais pas les compteurs, paraît-il) en Hongrie. Beau début pour l’emploi !
         La pose des compteurs a fait l’objet d’une campagne annonçant la création de 10 000 emplois parmi les seize entreprises chargées de l’installation. Mais par exemple à Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne, premier secteur francilien à voir arriver Linky, trente jeunes de 16 à 25 ans devaient être recrutés avec des contrats de sept mois sous forme de service civique.



Page suivante, articles plus anciens, l’éditorial de la semaine intitulé : "Ils ne nous feront pas taire"

lundi 20 juin 2016

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise de ce lundi 20 juin 2016


Ils ne nous feront pas taire !

 

La manifestation du 14 juin à Paris et les dizaines de manifestations qui se sont tenues en région ont été une réussite. Même le chiffre de la police, qui a compté plus de 80 000 manifestants dans les rues de Paris, le prouve.

Alors que les manifestations s’enchaînent depuis plus de trois mois et que certains manifestants comptent deux semaines ou un mois de grève, cette mobilisation témoigne, une fois de plus, de la profondeur de la contestation.

Réduire cette journée, comme l’a fait le gouvernement, à quelques centaines de casseurs, voire à un abruti qui s’en est pris aux baies vitrées de l’hôpital Necker, est une insulte à l’encontre de tous les manifestants.

C’est une opération politique qui vise à occulter la mobilisation, à faire diversion et à cacher le fait qu’une grande majorité de travailleurs est résolument opposée à cette loi. Car c’est évidemment cela qui gêne le gouvernement.

Incapable de convaincre que cette loi sera bonne pour les travailleurs, le gouvernement est passé au chantage, aux invectives et aux calomnies.  

Relayé par les médias, il s’était déjà lancé dans de violentes attaques contre les grévistes des raffineries et les cheminots, accusés de prendre en otage le pays, de manquer de solidarité vis-à-vis des sinistrés des inondations et de saboter la belle fête qu’est supposée être l’Euro de football. Tout y est passé, y compris l’accusation de « terrorisme social ».

Maintenant, il accuse la CGT d’être complice, responsable, voire à l’origine des violences commises par les casseurs. Dimanche, Valls a encore invoqué sans vergogne l’attentat djihadiste contre le couple de policiers pour exiger… la fin du mouvement. Et il menace d’interdire les manifestations. Ce n’est sûrement pas comme cela que le gouvernement fera taire les travailleurs !

La loi El Khomri a montré, s’il en était besoin, à quel point la politique du gouvernement est anti-ouvrière. Sa campagne haineuse montre combien un gouvernement prétendument socialiste peut mépriser les travailleurs. Et on voit comment, à force de singer Sarkozy, Valls est en train de le dépasser en arrogance.

L’interdiction de manifester n’est encore qu’une menace, mais c’est aussi une façon pour Valls de préparer les esprits à faire taire les travailleurs les plus combatifs en les réprimant et les bâillonnant.

Le Parti socialiste est capable de réprimer des manifestions et des grèves dans le sang. En 1948, déjà, le ministre de l’Intérieur socialiste Jules Moch avait envoyé l’armée contre les mineurs en grève. Six grévistes avaient été tués. Sur les 300 000 grévistes, plus d’un millier avaient écopé de peines de prison ferme pour avoir défendu leur gagne-pain. Le tout dans le contexte historique du début de la guerre froide et d’une intense campagne contre la CGT et les communistes.

On n’en est pas là. Valls s’en tient encore aux insultes et aux coups de menton. Ils sont déjà inacceptables. Loin d’impressionner les travailleurs qui se battent, ils ne peuvent que renforcer les manifestants dans leur détermination à se faire entendre.

Des centaines de milliers de travailleurs se sont mobilisés à un moment ou à un autre au cours de ces trois mois pour affirmer qu’ils existent, qu’ils ont des droits et qu’ils ne veulent plus être sacrifiés sur l’autel des profits patronaux.

Ils ne représentent qu’une fraction du monde du travail, une « minorité », ne cessent de répéter le gouvernement et les médias à son service. Mais cette minorité bénéficie de la sympathie et du soutien de la grande majorité parce qu’elle porte les intérêts de tous les travailleurs et parce qu’elle exprime la colère de l’ensemble du monde du travail.

Cette colère s’est nourrie des multiples reniements de Hollande qui ont été perçus comme autant de trahisons. Elle a été attisée par ses milliards de cadeaux au patronat, la généralisation du travail du dimanche. Aujourd’hui, elle est alimentée par les postures de Valls et de Cazeneuve qui démontrent chaque jour qu’ils comptent parmi les pires adversaires des travailleurs.

La contestation dépasse désormais l’enjeu de la loi El Khomri. Elle est devenue un combat pour la dignité de la classe ouvrière. Un combat pour affirmer la fierté d’une classe qui veut se faire respecter.

Deux journées de manifestations sont prévues pour le jeudi 23 et le mardi 28 juin. Il faut être présents nombreux pour faire ravaler leur morgue à tous ces serviteurs du patronat.

 

Argenteuil, AB-Habitat : café social et citoyen. Citoyen ? Au profit de quelle politique ?



Manoeuvres

Un « café social et citoyen » doit s’installer dans les locaux, propriété d’AB-Habitat, de l’ancienne permanence du Secours populaire, avenue Gabriel Péri, vers la rue des Gobelins et la MJC.
         Il semble que la fonction de ce « café » qui dépend du bailleur-HLM « historique » de la Ville soit de servir déjà de lieu d’assistance sociale, puisqu’il n’y a plus de service de ce type chez AB-Habitat. Mais il s’agit également de tout autre chose.
         Car le terme « citoyen » a de quoi nous interpeller.
         Le contrôle d’AB-Habitat par son vice-président, son inspirateur central, le député du cru, n’est pas la preuve d’un dévouement sans limite à la grande cause du « logement social » de sa part. Il lui donne bien d’autres ambitions, à un an des élections du printemps prochain.
         Ne soyons pas naïfs. Ce genre de contrôle, à travers ce type de réseau, permet de diffuser l’ « influence » de celui qui le dirige, voire davantage si affinités.
         C’est certes la loi du genre, mais ce n’est pas une raison pour nous en féliciter. Pour nous il n’y a que l’influence des idées qui compte, les seules qui peuvent donner confiance à la population et préparer son action. Le reste concerne la politique de réseau et le clientélisme.

Logement, AB-Habitat et bien d'autres bailleurs : une situation inadmissible



Dans la transparence, prendre à bras le corps la question du logement

Nous portons à la connaissance de nos lecteurs deux commentaires parus suite à deux de nos brèves sur la situation du logement, qui concernaient plus spécialement le bailleur dit « social », AB-Habitat :

Le premier, de Fr. LN, au sujet de l’opacité sur les attributions :

« Tout à fait d'accord sur cette préoccupation. Lors de la reprise des actifs d'AB-Habitat, nous avons souhaité que le Préfet donne la préférence à l'organisme qui assurerait la transparence des commissions d'attribution, comme c'est le cas à Paris et dans d'autres villes (elles sont publiques et les demandeurs sont cités de façon anonymes). Malheureusement, soit personne ne le proposait, soit cela n'a pas été le critère décisif. »

Information très intéressante !

Le second commentaire porte sur la question des logements trop longtemps vacants de notre point de vue. Nous prenions l’exemple d’un logement vide depuis 14 ou 15 mois. Notre commentatrice écrit :
 
« Concernant les logements vides à Joliot Curie Il y a plusieurs cas de figure 1 Des logements qui appartiennet à des contingents que nous ne maitrisons pas 2) quelques logements en vacance technique du fait que chaque locataire qui part le logement fait l'objet de la réhabilitation douce, 3) les appartements qui servent a heberger les personnes ayant des baux de plus de trente ans dont on refait le logement auquel s'ajouite deux ou trois logements incendiés… Je te dis cela à peu près de mémoire … »

Soit, mais dans les trois cas, ces longs délais pour une nouvelle attribution sont inadmissibles. Les moyens de la société permettent et exigent toute autre chose.