lundi 20 juin 2016

Rythmes scolaires : une gigantesque énergie pour un résultat des plus controversé



Tout ça pour ça

Ces derniers jours, le journal Le Monde est revenu sur le bilan que l’on peut commencer à tirer sur la mise en place de la réforme dit des « rythmes scolaires », deux ans après sa généralisation, mais dans une diversité de situations puisque ce sont les communes et leurs revenus qui ont déterminé les conditions de leur mise en place. Le moins que l’on puisse dire est que la ministre de l’Education nationale est loin de pavoiser sur la question, elle qui peut au mieux déclarer qu’avec cette réforme les élèves sont tout autant fatigués, pas moins sans doute, mais pas plus ! Et elle peut se rassurer en voyant de son côté, selon elle et la méthode Coué, un côté éducatif positif de la réforme. En tout cas, même ce dernier point semble bien controversé.
         Mais la diminution de la fatigue des élèves était tout de même la justification fondamentale d’une réforme qui devait viser à diminuer le poids sur les élèves d’une journée d’école trop longue ! Apparemment, sur ce plan, c’est totalement raté. Au mieux, ces jeunes élèves de l’école primaire sont tout autant fatigués !
         Tout cela donc pour ça ! D’autant qu’en contrepartie, la réforme n’a pas rétabli l’école le samedi matin qui avait bien des avantages ! Qu’elle a pesé sur les personnels, enseignants et autres, obligés de travailler le mercredi matin ! Qu’elle grève les finances communales, puisque les financements gouvernementaux sont inférieurs aux dépenses réelles des communes.
         Bref, un gigantesque coup d’épée dans l’eau, mal ficelé, extravagant et coûteux.



Page suivante, un article qui explique l’imbroglio des remises en cause de la situation des travailleurs de la SNCF.

SNCF, décret-socle, convention collective, accord d'entreprise ou comment augmenter l'exploitation des travailleurs. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière



Décret-socle, convention collective, accord d’entreprise : un imbroglio dirigé contre les cheminots

Jusqu’à présent, les 150 000 cheminots de la SNCF étaient soumis à une réglementation du travail, le RH0077, datant de 1999. La réforme ferroviaire, adoptée en 2014, a prévu la suppression de cette réglementation au 1er juillet 2016 et la négociation d’un prétendu « cadre social harmonisé » pour l’ensemble de la branche ferroviaire, en vue de l’ouverture à la concurrence de l’ensemble du transport voyageurs : 2020 pour les TGV, 2023 pour l’ensemble du trafic.



         La logique aurait été d’étendre la réglementation actuelle, qui concerne 90 % des cheminots, à l’ensemble de la branche. Mais le but du gouvernement, de la direction SNCF et de l’ensemble du patronat du ferroviaire était de réaliser, au travers de cette réforme, un plan de compétitivité sur le dos de tous les cheminots, en allongeant la durée du travail, l’amplitude des journées et en instaurant une flexibilité des horaires.
         Le gouvernement a dégainé le premier en publiant un décret-socle. Connu dès la mi-février, il a été publié au Journal officiel le 9 juin. Censé définir le minimum applicable dans la branche, il constitue une régression considérable par rapport à la réglementation actuelle. Il prévoit un allongement de la durée du travail pouvant atteindre 39 heures, la suppression de 11 à 22 jours de repos annuels, de 22 repos doubles, de 8 dimanches. Il prévoit des fins de service avant repos à 22 h et non à 19 h et des reprises à 2 h du matin plutôt que 6 h, l’allongement d’une demi-heure à une heure de la durée maximale de travail quotidienne. De plus, la programmation des journées de travail peut être modifiée jusqu’à une heure avant la prise de service.
         Face à l’émoi provoqué par ce décret, la propagande de la direction a été de dire : Ne vous inquiétez pas, il s’agit du premier étage de la réglementation, il reste deux étages : une convention collective de tout le ferroviaire doit également être négociée, ainsi qu’un accord d’entreprise à l’échelle de la SNCF.
         Or cette convention collective, censée être plus favorable que le décret-socle, vient d’être signée par la CFDT, l’UNSA et la CFTC. Sans surprise, elle reprend l’essentiel des dispositions du décret-socle et constitue un recul important par rapport à la réglementation actuelle.
         Concernant l’accord d’entreprise SNCF, il est certain que la direction aurait tenté d’appliquer les mêmes dispositions scélérates s’il n’y avait pas eu la réaction et la mobilisation des cheminots. Cette mobilisation, qui pour les grévistes se confondait avec la lutte contre la loi travail, a fait dire au gouvernement qu’il lâchait du lest en reprenant l’essentiel de la réglementation actuelle, tout en ajoutant une flexibilité accrue.
         Les cheminots n’auraient donc obtenu au mieux qu’un sursis, ce qui a suffi à la CFDT et à l’UNSA pour signer l’accord d’entreprise, en oubliant que les grévistes n’en veulent pas, du fait de l’existence d’un article qui annule tous les autres en prévoyant que les « les roulements de service, tableaux de service et tableaux de roulement peuvent être modifiés au plan local » à condition « de respecter au minimum les dispositions de la convention collective nationale de la branche ferroviaire » et d’avoir « la majorité en nombre des organisations signataires du présent accord ».
         En clair, il suffira que l’UNSA et la CFDT, c’est-à-dire les collaborateurs officiels de la direction, signent, pour que le directeur de n’importe quel établissement de la SNCF puisse appliquer non pas la réglementation prévue par l’accord d’entreprise, mais celle de la convention collective du ferroviaire, bien plus défavorable. Il s’agit ni plus ni moins de l’application de loi El Khomri inversant la hiérarchie des normes à l’intérieur même de la SNCF.
         En réalité, tout cheminot pourrait, en vertu de cet article, perdre dès maintenant ses repos, travailler bien davantage et voir sa vie quotidienne démolie.
         Voilà pourquoi les assemblées de grévistes ont rejeté cet accord d’entreprise et exigé un décret-socle et une convention collective qui soient au niveau de la réglementation actuelle.

                                          C. B. (Lutte ouvrière n°2498)

dimanche 19 juin 2016

Argenteuil : chronique dominicale



La « partie » doit finir

Aux dernières nouvelles, il y aurait enfin un repreneur pour le magasin qui attend de rouvrir depuis septembre, place de la Commune de Paris, dans le quartier du Val-Nord. Super !
         Le hic est que, selon P. Doucet, le chef-vice-président d’AB-Habitat qui a mené l’affaire, cela ne sera effectif que si l’escalator menant du parking souterrain au magasin est réparé ! Cette réparation dépend de G Mothron, et la balle serait donc dérénavant dans son camp !
         Pour la vie des habitants, on espère que ce mauvais match va vite prendre fin.


Un requiem est prévu ?

Le conservatoire à rayonnement départemental d’Argenteuil fête ces jours-ci ses 50 ans.
         Il subit pourtant actuellement des remises en question visant l’ampleur des activités et la situation des personnels.
         Mais de ce côté-là, c’est motus et bouche cousue.
         Les festivités sont dans la lumière, les mauvais coups dans l’ombre.


Lui habituellement si disert

En voulant détruire l’espace et le complexe Jean Vilar, G Mothron affirme ne vouloir que reprendre le projet de son prédécesseur, et s’appuyer sur le même promoteur.
         P. Doucet demeure muet comme une carpe sur la question depuis qu’elle a été posée.
         Il doit sortir de son silence, dire ce qu’il en est, et indiquer le nom du promoteur sur lequel son successeur est silencieux. C’est facile. Il n’a pas besoin ni de BFM ni de RMC pour le faire.


Honteux !

C’est tout de même fou qu’au moment où il y a tant et tant de demandes de logements sur la Ville, il y ait des logements vides depuis de longs mois dans le « parc » de logements dits sociaux. Dans la cité Joliot-Curie d’Argenteuil dépendant d’AB-Habitat, il y a un logement vide depuis avril… 2015. (7 rue Yves Farges)
         Qui dit plus dans ce championnat de l’inadmissible ?