vendredi 15 avril 2016

Médias et Argenteuil : l'histoire dommageable continue



Assez loin du sujet


Mardi soir, le  débat du magazine Arte « 28 mn » (en replay jusq’au 19 avril) portait sur la « relégation urbaine » sous le titre « apartheid territorial - peut-on forcer la population à vivre ensemble  ? ». Cette émission entrait dans le cadre du énième « plan banlieue » annoncé le lendemain à Vaulx-en-Velin par le gouvernement.
         Cette émission a apparemment toujours un focus traité au vitriol sur une personnalité. En l’occurrence, il s’est agi ce soir-là de P Doucet, le député PS d’Argenteuil-Bezons, ancien maire d’Argenteuil, qui a effectivement été éreinté à cette occasion.
         Celui-ci se défendra comme il l’entend, c’est son affaire, et nous avons eu l’occasion à de nombreuses occasions d’écrire sur ce qui lui était reproché lors du zoom en question.
         Mais justement, cela n’avait pas grand-chose à voir avec le thème de l’émission : la question de l’ « apartheid territorial » (de notre point de vue, effectif ou supposé, à voir). Il est vrai que le député P. Doucet a tenté de se faire mousser il y a quelque temps en proposant 24 mesures d’urgence pour « casser les ghettos ». Mais il en a été dit bien peu de chose, hormis cette évocation du « busing » (transporter des élèves des quartiers pauvres vers des écoles de quartiers plus riches) sans qu’il soit même bien dit qu’elle relevait de ces 24 propositions.
         Bref, ce « zoom P. Doucet » venait comme un cheveu sur la soupe. Mais une nouvelle fois, il a été l’occasion de parler d’Argenteuil sans trop de rapport avec le sujet, et pas dans une évocation favorable.
         Et cela, c’est regrettable, car dommageable.

 http://www.tv-replay.fr/redirection/12-04-16/28-minutes-arte-11513163.html


Un article du journal le Monde sur les propositions de P Doucet évoquées dans cette brève :
 
http://www.lemonde.fr/banlieues/article/2015/03/06/les-propositions-d-un-depute-ps-contre-l-apartheid-territorial-social-et-ethnique_4588463_1653530.html

Loi travail, loi dictée par le patronat, ah bas !



A l’appel de l’Union des Syndicats CGT d’Argenteuil

Rassemblement
 A 12 heures
Mercredi 20 avril
Devant
La Sous-préfecture d’Argenteuil



A Paris
Grande Manifestation
Jeudi 28 avril
14 heures
Place Denfert-Rochereau



9 avril : dans la rue contre la loi travail

Après le 9 et le 31 mars, le samedi 9 avril près de 200 défilés ont eu lieu dans toute la France pour dénoncer la loi El Khomri. Bien que le nombre des manifestants soit en baisse, par centaines de milliers, des travailleurs continuent de se mobiliser.




         C’était la première manifestation organisée un week-end. Le choix du samedi peut permettre de se mobiliser sans se mettre en grève, ou encore d’aller manifester en famille. D’un autre côté, il rend plus difficile aux travailleurs d’une même entreprise de se regrouper et d’entraîner les indécis. Au bout du compte, la mobilisation a été deux fois plus faible que celle du 9 mars. Mais cela fait tout de même beaucoup de monde, au moins 120 000 personnes si on prend les chiffres les plus bas annoncés par la police. À Paris, celle-ci a annoncé avoir compté près de 20 000 personnes, alors qu’elle en comptait un peu moins de 30 000 le 31 mars.
         Il y avait moins de lycéens et d’étudiants dans les cortèges, en général. Mais il faut prendre en compte le fait que, pour deux zones scolaires sur trois, le 9 avril tombait en période de vacances de printemps.
         Les médias ont surtout mis en avant les heurts entre une toute petite partie des manifestants et la police, en tout cas bien plus que les slogans et les pancartes des manifestants. La police, en s’affichant tout près des manifestations, s’est souvent comportée à la limite de la provocation, cherchant les occasions d’intervenir de façon musclée. Tout cela fait l’affaire du gouvernement, qui peut dénoncer les casseurs et donner l’image de manifestations violentes, en espérant ainsi dissuader certains de manifester.
         Mais le gouvernement n’en a pas fini avec la mobilisation ! Les confédérations syndicales ont annoncé une autre journée de mobilisation le jeudi 28 avril, qui doit devenir un objectif pour tous les militants du mouvement. Et d’ici cette date, dans les zones où les établissements scolaires ne sont pas fermés à cause des congés, il y aura encore d’autres mobilisations de la jeunesse.
                                     P. R. (Lutte ouvrière n°2489)