mercredi 6 avril 2016

Argenteuil dans Le Monde : quand le maire G Mothron tente de combattre la "mauvaise" image de la commune



Une connaissance très approximative de sa commune

le maire (LR) d’Argenteuil vient de commettre un article dans la rubrique « idées » du journal Le Monde où il tente de contrer l’image d’Argenteuil véhiculée par certains médias et certains politiciens, image qu’il a dans le passé contribué à construire, en ne refusant pas d’être aux côtés de Sarkozy sur la « Dalle » il y a dix ans, ou avec l’affaire du Malodor.
         Nous ne ferons pas un commentaire de son article, mais nous en aborderons quelques points seulement. D’abord sur le titre : « Argenteuil n’est pas un « Molenbeek français », comme si pour défendre l’image de sa ville il avait besoin de s’attaquer à une autre. Les habitants de cette ville qui dans leur immense majorité n’ont ni à voir avec le salafisme ni avec le terrorisme apprécieront.
         Ensuite, G. Mothron a l’art des réflexions à l’emporte-pièce
- « des populations, certes en grande partie immigrées ». Qu’est-ce que cela signifie ? Que la grande partie de la population de la Ville ne serait pas de nationalité française ? Pour près de 105 000 habitants, il y avait lors des dernières élections régionales 53 000 inscrits. Vous éliminez les habitants de moins de 18 ans… « En grande partie » ne tient absolument pas. Il aurait pu dire qu’Argenteuil fut une ville d’immigration, passée de 8000 habitants en 1870 à 105 000 aujourd’hui, grâce à l’immigration intérieure et à celle venue des quatre coins du monde… Même lui, G. Mothron dont paraît-il la lignée remonte au cœur du Moyen-Age a des ancêtres venus d’Afrique, si-si, comme tout le monde.
- «Je ne veux pas nier la réalité sociale de ma ville – chômage, délinquance, pratiques religieuses parfois radicales-». Non, monsieur Mothron, cela n’est pas la réalité de votre ville, à la rigueur, d’une fraction de votre ville ! 
- «La banlieue ne peut être considérée comme un ghetto ». Certes, d’autant que vous savez très bien au-delà du fait qu’il n’y a pas de ghetto dans votre commune, qu’il y a banlieue et banlieue. Demandez-le à vos collègues de Neuilly, Levallois, Rueil…
-« la capacité à intégrer le monde du travail ». Comme si la « classe dangereuse » à la vision de laquelle vous avez été peut-être formée avait besoin d’être intégrée à la société dont elle est en revanche l’élément productif moteur !
-Nos territoires de la périphérie parisienne présentent certes des poches de pauvreté, mais il ne faut pas les considérer comme des terres sans espoir, des culs-de-sac de la promotion sociale ». C’est le moins que l’on puisse dire, M. Mothron !

         Avec ces formules à « l’emporte-pièce » vous ne pouvez présenter une image réelle de la commune. Mais le cherchez-vous vraiment ?  Car en revanche, cette tribune est l’occasion de répéter votre plaidoyer pour justifier ce que vous appelez votre arrimage à la Métropole du Grand Paris : «  Nous avons besoin, nous, communes pauvres de banlieue, d’un arrimage solide aux territoires en croissance. Notre destin et celui de nos populations sont davantage liés aux potentialités que ces territoires nous offrent sur le plan économique, culturel et éducatif, qu’à un énième plan d’assistance. »
         Certes, ce n’est pas d’un « énième plan d’assistance » dont une commune comme Argenteuil (et à l’image de bien d’autres) a besoin. Certes, dans le cadre d’un développement où l’harmonie et l’égalité des territoires seraient l’objectif, l’arrimage qu’évoque le maire d’Argenteuil pourrait avoir un sens. Au-delà de la volonté, cela exigerait des moyens et un plan pour y parvenir. Du socialisme, le vrai en l’occurrence. A défaut, l’arrimage peut-être celui d’un bateau à la dérive remorqué par un remorqueur Abeille !
         L’affaire de l’espace « Jean Vilar » pourrait illustrer l’effet pervers que le faux intérêt pour Argenteuil pourrait avoir : celui d’être espace destiné aux appétits des prédateurs.

Pour lire in extenso la tribune de G. Mothron :

Argenteuil : employés municipaux : le dernier bulletin Lutte ouvrière des territoriaux d'Argenteuil



A propos d’un article du Parisien-95 concernant une petite commune du Val d’Oise, pas la seule où l’on trouve ce genre de tableau. Vous pouvez chercher où.
Vous avez dit « ailleurs » ?
«Il est question de dépressions en série, de mises au placard, de départs, de mission ou de mise en disponibilités, de pleurs dans les couloirs, mais aussi d’une tentative de suicide… ». Voilà le tableau très sombre décrit dans le Parisien 95, de ce qui se passe chez les territoriaux.
Le 3ème en a eu des sueurs froides.
Cela se passe à Vémars. Ouf, le 3ème respire !

Un certain nombre de brèves concernent la hiérarchie. De haut en bas
A tout « seigneur » tout « honneur » :
Crocodile !
C’est presque avec des trémolos dans la voix que le maire a parlé lors du dernier conseil municipal, des travailleurs qu’il avait été obligé, dit-il, de licencier depuis deux ans.
« Cela m’a empêché de dormir » « C’était épouvantable… ».
Pour faire face au manque criant de personnel dans de nombreux services, il peut stopper immédiatement tout licenciement et rappeler ces travailleurs au chômage.
Un coup de fil suffira, et il pourra enfin dormir !

Le premier-adjoint :
Dans de beaux draps
L’adjoint aux finances qui vient de bénéficier d’une jolie augmentation a du mal à se rendre en mairie. Conséquence : les parapheurs attendent sa signature, au point que dorénavant, il bénéficie d’une option « télétravail ».
Ce n’est pas trop dur de signer sous les couvertures ?
Puis le directeur de « cabinet ». c’est le Parisien-95 qui le dit :
« Chicken Run »
Au tribunal de Pontoise, le différend entre la tête du cabinet du maire et un soutien de ce dernier embauché après sa victoire aux municipales de mars 2014 s’est terminé par une victoire du sous-sous-fifre.
Même si c’est dans une affaire peu édifiante, la victoire du petit poussin pourtant pas brillant du tout, contre le grand coq fait toujours plaisir.

Passons un échelon de la hiérarchie, du côté des adjoints du « grand » directeur :
« L » comme Loto
Repas froid ici, repas chaud là, rien pour les adultes encore ici… La grande pagaille a continué dans les écoles !
Le directeur du service doit se prendre pour M. Loto : en guise de numéros, des noms d’écoles. On mélange le tout ! Et l’on tire au sort : aujourd’hui pour telle école : repas chaud, pour telle autre : repas froid… le lendemain, nouveau tirage.

On descend encore :
N’aurait-il pas besoin d’un petit matériel auditif ?
Le petit jeu de la municipalité concernant des mouvements de grève dans les écoles inventés par elle de toute part continue. Cela nous met en rage dans les écoles, les parents aussi.
À croire que quand le responsable du service écoles va chercher conseil auprès de son chef, comme il le fait systématiquement, il n’entend que d’une oreille ce que celui-ci lui dit et qu’il fait en conséquence n’importe quoi.

Des nouvelles de différents services :
Les Ecoles :
Qui ne mange pas finit par ne plus vouloir travailler
Résultat, de toute cette cacophonie, dans certaines écoles, certaines d’entre nous n’ont rien eu à manger certains jours.
Pendant ce temps, ils étaient où eux ? Au resto… ?

Les crèches
Méfiance
À propos des crèches, la municipalité a utilisé le terme « redéploiement »  lors du dernier conseil municipal.
Lorsque les travailleurs et les parents entendent le mot « redéploiement », ils répondent tous ensemble : « Résistance ! »

La culture
Culture… municipale
Au Figuier blanc, la municipalité a réussi le coup de force de mettre sur le carreau de nombreux travailleurs. Le Figuier a perdu ses feuilles.
Qu’ils se méfient. Le printemps refleurira.

La police municipale
Mieux que la tunique, les congés sont pourtant sacrés
Le service « police municipale » est en déliquescence. Le niveau des effectifs « constaté » comparé à celui  des effectifs « théorique » est à un niveau de basses eaux record.
Quid pour prendre ses jours de congé et de récupération ?

Et une pensée pour les anciens travailleurs licenciés :
Courte-vue anti-ouvrière
Puisque les indemnités chômage sont à la charge de la Ville, le licenciement de nombreux travailleurs depuis mars 2014 coûte finalement bonbon à la collectivité.
N’aurait-il pas été préférable de les laisser en poste ?
Elémentaire.

A propos des travailleurs de l’ex-Agglo qui viennent d’être intégrés dans le personnel territorial communal :
C’est eux qui l’écrivent !
Selon la délibération votée lors du dernier conseil, portant sur l’intégration des travailleurs de l’ex-Agglo, il est indiqué : «Ils conservent également, s’ils y ont intérêt, le bénéfice du régime indemnitaire qui leur était applicable ainsi que, à titre individuel, les avantages acquis en application de… ».
Donc, nos horaires ? Donc, nos tickets-restaurants ?
Les paroles, c’est comme le temps, cela s’envole…
Dans certains services relevant de l’Ex-Agglo, la hiérarchie a indiqué qu’à partir du 1er avril il fallait aligner les horaires sur ceux de la Ville.
Ouais, mais pourquoi ne veulent-ils pas mettre cela par écrit ?
Cela devait être un Poisson d’Avril !

La municipalité pense très fort que si les agents territoriaux sont absents c’est qu’ils ne sont pas vraiment malades. Nous reviendrons sur la question. En attendant, une brève portant sur les « contrôles médicaux » :

Contre les microbes, d’accord, mais pas contre les malades !
Petite enquête sur internet pour savoir combien coûte un « contrôle médical » opéré par un médecin d’une boîte spécialisée : entre 107 et 140 euros !
Combien coûte aux contribuables d’Argenteuil ce genre de choses totalement inutiles ?

Hôpital Simone Veil : quand se rendre à l'hôpital coûte très cher



Des amendes à rendre malades

Si l'hôpital Simone Weil d'Eaubonne a été rénové, en revanche, l'accès pour les usagers est devenu une vraie galère.
         Pour ceux qui viennent et repartent en bus, il n'y a plus ni abribus, ni banc où s'asseoir en l'attendant.
         Pour ceux qui viennent en voiture, alors qu'auparavant il était possible de stationner dans l'enceinte de l'hôpital, il faut désormais stationner à l'extérieur...  Mais les places sont en nombre excessivement limité. Résultat, les patients doivent se garer à cheval sur les trottoirs, et la police municipale passe son temps à mettre des amendes de 135€ !
         Ça fait cher pour venir se faire soigner ou rendre visite à un malade. Les voisins de l'hôpital râlent, les patients râlent encore plus, et la mairie tergiverse : elle n'a pas pensé à consulter la population ! Et ce qui semble se préparer, c'est un parking payant. On est bien loin d’un service public utile à la population !
         Une pétition a été lancée et rencontre un vif succès à Eaubonne et dans les villes environnantes. Une affaire à suivre.