dimanche 24 janvier 2016

Pétrole : chute des cours, le capitalisme dans tous ses dangers. Un article de notre hebdomadaire Lutte ouvrière de cette semaine



Pétrole : mortelle absurdité capitaliste

Il n’y a pas si longtemps, deux ans tout au plus, le pétrole brut valait 115 dollars le baril. Il semblait alors profitable d’aller en chercher dans les océans, par trois mille mètres de fond, en Alaska, dans les glaces de Sibérie, en fracturant les roches jusque dans les jardins de paisibles citoyens américains.
         Peu importaient alors les attentats contre les hommes et la nature, peu importaient les sommes investies, les régions dévastées, peu importaient même les besoins réels en pétrole, ceux du marché, que personne ne sait calculer, comme ceux de l’humanité, que personne ne se préoccupe d’évaluer. Seul comptait le profit immédiat.
         Aujourd’hui le baril vaut 28 dollars et l’augmentation de l’offre consécutive à la réintégration de l’Iran dans le marché mondial risque de le conduire à une nouvelle baisse. Les ouvriers du pétrole sont donc licenciés, les installations abandonnées, les investissements gelés. Plus grave encore, des pays exportateurs de pétrole comme le Venezuela, le Mexique, le Nigeria sont menacés de faillite. D’autres, comme la Russie, voient leur économie déséquilibrée et jusqu’à l’Arabie saoudite qui a mis en place un plan d’austérité. Dans chaque cas, n’en doutons pas, les populations feront les frais des désordres de l’économie mondiale.
         La baisse du prix du pétrole a également pour conséquence absurde de rendre non rentables les économies d’énergie. Avec un baril à 20 dollars,  les éoliennes, hydroliennes, maisons solaires, etc. sont hors de prix !
         Ce jeu de yoyo aux conséquences à la fois terribles et paradoxales suffirait à condamner l’économie capitaliste, la course au profit et le pouvoir des trusts. Mais il peut être l’annonce de nouvelles catastrophes. En effet, au-delà du jeu de la concurrence, de la spéculation, de la guerre entre capitalistes, la baisse du cours du pétrole peut annoncer la récession de l’économie réelle.
         Cette récession, la baisse générale et profonde de la production matérielle, immédiatement suivie de la misère noire pour les prolétaires du monde entier, a été jusque-là repoussée par l’injection continue de monnaie de singe. Les États ont maintenu un marché fictif à coups de traites sur l’avenir et de surexploitation de la population travailleuse. Mais le procédé a ses limites et le capitalisme finit toujours par se réguler par la crise et la destruction des capacités productives excédentaires, posant crûment aux travailleurs du monde entier la question : eux ou nous.
                                                                                  Paul GALOIS

samedi 23 janvier 2016

Education nationale : postes en nombre insuffisant, une situation désastreuse. Un article de notre hebdomadaire en vente en kiosque et aussi publiquement, ce matin sur Argenteuil centre commercial Joliot-Curie, et demain au marché Héloïse



Éducation nationale : de quoi être en colère

L’Éducation nationale était la priorité de Hollande en campagne… Il s’engageait alors à créer 60 000 postes en cinq ans, ce qui ne compensait pas les 80 000 supprimés par Sarkozy, mais qui montrait au moins que la jeunesse était « au cœur de ses préoccupations ».
Mais loin de tenir ces engagements, la ministre Najat Vallaud-Belkacem empile les annonces, de « l’excellence pour tous » à la « lutte pour la mixité sociale » en passant par la réforme du collège à venir, censée permettre aux élèves de « mieux apprendre pour mieux réussir ». En réalité, de l’école primaire au lycée en passant par le collège, derrière les nouveaux cycles, les nouveaux programmes et autres réformes, ce sont les mêmes manques de moyens qui perdurent et s’aggravent.
En primaire, on sait déjà que les 3 835 créations de postes annoncées pour la prochaine rentrée ne suffiront pas à réduire le nombre d’élèves par classe, à reconstruire les Rased, ces réseaux d’enseignants spécialisés prenant en charge les élèves en difficulté, ni à recréer les brigades de remplacement pourtant indispensables. Au collège, le ministère promet 4 000 postes pour « accompagner la mise en place de la réforme »…. 4 000 postes pour plus de trois millions de collégiens, ce n’est pas ainsi que la réforme va transfigurer le collège ! Même flou artistique quant au nombre d’élèves maximum dans les petits groupes promis… Comme toujours, les moyens ne suivent pas le discours. Il serait certes indispensable, en particulier dans les quartiers les plus défavorisés, de prendre en compte les difficultés spécifiques de chaque élève, de favoriser des enseignements interdisciplinaires, d’apprendre à apprendre, etc. Mais pour tout cela, il faudrait une autre politique que ces économies. Il faudrait aussi en finir avec la multiplication des emplois précaires, moins bien payés, avec des situations où les enseignants se retrouvent à cheval sur un, deux, voire trois ou quatre établissements, et sommés tout de même de s’investir dans le travail en équipe, avec des conditions de travail dégradées et des salaires au point mort pour tous, fonctionnaires et contractuels.
Alors l’appel à la grève du 26 janvier – auquel se joignent les principaux syndicats de l’enseignement – même s’il ne met l’accent que sur la réforme du collège, est une occasion à saisir pour dénoncer la politique du gouvernement qui sacrifie l’éducation.
                                                                      Nadia CANTALE

Métropole du Grand Paris : dame Pécresse et sieur Mothron ne sont pas dans le même bateau avec le petit Xavier



Quand les femmes et les hommes des Républicains portent des lunettes ou des verres de contact à foyer variable

Lunettes sombres

Valérie Pécresse ne décolère pas à l’encontre de la Métropole du Grand Paris : «La droite devra s'engager à supprimer la Métropole du grand Paris» (en vue de l’élection présidentielle de 2017).  « La Métropole est dépassée avant même d'avoir été créée, puisqu'une Métropole de 7 millions d'habitants est condamnée à figurer en queue de peloton dans tous les classements internationaux après Londres, Shanghaï, New York… ». En décembre, elle avait déjà qualifié cette Métropole de "contresens historique" et d'"aberration administrative et économique". Rien que cela.
         La vraie question est qu’entre la Région Ile de France qu’elle préside dorénavant et le Métropole qu’elle ne dirige pas, il y a incontestablement doublon, et les frictions ne tarderont pas.

Lunettes roses

Extrait du numéro de décembre de la Lettre du maire d’Argenteuil, G. Mothron. Dithyrambique, enthousiasme exalté, il écrit :
« C’était notre « Grand Pari » 2015. C’est aujourd’hui « Pari gagné », malgré les esprits chagrins qui, à travers les médias, prédisaient notre échec. Une fois de plus, ils se sont trompés. En 2016, Argenteuil redessine son territoire et intègre le Grand Paris.
         En intégrant la Métropole du Grand Paris, le 1er janvier prochain, Argenteuil s’inscrira en effet dans un territoire à ambition mondiale : attractivité économique, visibilité internationale, développement touristique, création d’infrastructures, aménagement territorial (...) constituent quelques-unes des plus-values de ce territoire. Jeux Olympiques 2024, Exposition Universelle 2025 (...) autant de projets au cœur du Grand Paris. Autant de projets qui pourront contribuer au rayonnement d’Argenteuil.
         Loin du défaitisme et du fatalisme que certains entretiennent, je crois en notre Ville et ses habitants.
         En intégrant le Grand Paris, nous pourrons également nous appuyer sur la solidarité des autres communes de la Métropole et mettre en valeur les avantages, énergies et forces qui font d’Argenteuil cette Ville à laquelle nous sommes tous tant attachés. »

         Reste à connaître l’avis de l’autre Républicain concerné, le 1er adjoint d’Argenteuil mothronien, Xavier Péricat, mais il y a peu pécressien puisque candidat malheureux sur la liste de V. Pécresse. Un verre de lunette sombre, et l’autre rose, il pratique le grand écart ? DM